Claude Costy

Claude Costy
Présentation
Nom de naissance Claude Costy
Autres noms Claude Häusermann-Costy
Naissance (95 ans)
Genève
Nationalité Franco-suisse
Mouvement Architecture organique
Formation École d’architecture et d’urbanisme de Genève
Œuvre
Réalisations École maternelle de Douvaine (Haute-Savoie) ; Maison Unal (Ardèche) ; Maison Cavy (Essonne)
Entourage familial
Famille Pascal Häusermann (conjoint entre 1966 et 1972)
Maison de Minzier connue également sous le nom de maison ruine

Claude Costy, connue aussi sous le nom Claude Häusermann-Costy, est une architecte franco-suisse née le à Genève en Suisse. Elle est affiliée au mouvement de l'architecture organique et elle a réalisé essentiellement des maisons bulles. De 1966 à 1972, la plupart de ses œuvres sont cosignées avec Pascal Häusermann, son compagnon. Ils construisent ensemble de nombreuses maisons individuelles utilisant la technique novatrice du voile de béton projeté. On trouve l'essentiel de ces constructions en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Biographie

Claude Costy s’intéresse à l'architecture très jeune : elle s'initie et se forme auprès de Maurice Novarina qui était voisin et ami de ses parents,.

Elle fait ses études à l'école d'architecture et d'urbanisme de Genève, étant une des rares femmes de sa promotion. Dans sa carrière, elle dut d'ailleurs s'imposer dans ce milieu peu féminisé. Elle rencontre Pascal Häusermann à l'école de Genève, ils obtiennent leur diplôme tous les deux en 1962 et ils formeront un couple entre 1966 et 1972. Ils cosignent pratiquement tous les projets de cette période,.

Partie faire un stage aux États-Unis pour ses études à Carmel en Californie en 1954-1955, elle rencontre Frank Lloyd Wright et Paolo Soleri dont elle visite la maison. C'est également là-bas qu'elle découvre l'utilisation du gunitage pour les piscines. La première réalisation avec Pascal Häusermann, Eric Hoechel et Bruno Camoletti est la maison Novéry dans la cour du château dans lequel ils habitaient. C'est un prototype de maison en plastique publié dans le magazine L'Architecture d'aujourd'hui en 1964,. Un autre article a été publié dans le magazine Elle au printemps 1966 sur deux maisons construites au bord du Rhône par Pascal Häusermann, ce qui valu au couple de nombreuses demandes dans toute la France ; mais la difficulté à obtenir des permis de construire et de former des entrepreneurs à la technique du béton projeté limitent le nombre de leurs réalisations.

En 1965, ils adhèrent au Groupe international d'architecture prospective (GIAP) fondé par Michel Ragon.

En , ils commencent à construire leur maison à Minzier sur la ruine d'un presbytère sur un terrain qu'elle avait acheté en 1962.

Joël Unal voyant cette maison décide de construire la sienne et c'est ainsi qu'il bâtit seul sa maison en Ardèche selon les plans de Claude Costy de 1973 à 2008,. Cet ensemble a été inscrit en 2010 aux monuments historiques et est connue sous le nom de maison Unal.

En 1970, le couple Costy-Häusermann crée le Groupe évolutif, avec Jean-Louis Chanéac et Antti Lovag, qui commence à construire ses premières maisons bulles. En 1971, il se structure en association, « Habitat évolutif », réunissant des architectes, des industriels du plastique, des étudiants, des sculpteurs, un promoteur immobilier et le maire de Douvaine, Jacques Miguet.

En 1971, Jacques Miguet lance le projet du centre urbain de sa ville alliant commerces, équipements communaux et logements, et charge Claude Costy et Pascal Häusermann de sa réalisation. Ils se répartissent les constructions et Claude Costy construit l'école maternelle qui ouvre pour la rentrée de 1978. L'ensemble a été labellisé Patrimoine du XXe siècle par la DRAC en 2003 puis inscrit aux monuments historiques en 2017. Récemment, l'architecte a été consultée pour l'extension récente de l'école afin d'y ajouter une cuisine et une salle polyvalente.

La dernière réalisation commune du couple sera la permanence médicale de Cornavin à Genève en 1971.

Le couple se sépare en 1972, puis Claude s'installe à Paris et travaille sur des projets plus traditionnels. À la fin des années 1970, elle collabore avec Jacques Couëlle pour une maison à Vence (non réalisée) et pour un hôtel en Sardaigne. Sa dernière maison bulle est la maison Cavy à Orsay.

À propos du principe de l’auto-construction, Claude Costy expliquera, dans la préface du livre de Joël Unal en 1981 : «dans notre ère écologique réapparaît cette possibilité de créer soi-même sa propre habitation.»

Après un voyage en Crète, elle découvre la poterie, et prend à son retour des cours à Paris. Elle se lance dans cette activité dans sa maison de Minzier lorsqu’elle arrête son activité d'architecte à la fin des années 1990,.

Les maisons bulles

Le choix de construire une maison bulle est d'abord économique. Ses avantages sont l'emprise au sol restreinte et des fondations légères : la bulle repose sur une surface d'appui très réduite pour un grand volume,. De plus, elle offre le plus grand volume intérieur pour la plus petite surface extérieure. La quantité de béton nécessaire est ainsi quatre fois moins importante et le volume à chauffer 1,5 fois moindre pour une surface au sol comparable à une maison parallélépipédique. Cependant, le second œuvre revient plus cher que dans une maison traditionnelle car tout doit être adapté à cette forme, notamment les fenêtres et le mobilier.

Mais au-delà de ces considérations purement économiques, une philosophie est bien présente chez tous les adeptes du mouvement de l’architecture organique , dont fait partie Claude Costy. Pascal Haüsermann, son compagnon de route, l'explique dans un reportage de la Télévision Suisse Romande, en 1974 : « C’est l’architecture qui doit s’adapter à la vie des individus, et pas l’inverse. La forme ronde est la plus naturelle, les mouvements du corps évoluent mieux dans un environnement rond plutôt que carré.»

En 1963, l'idée de départ de la cellule Novéry était de pouvoir combiner des modules bulles en plastique achetés en grande surface, des modules Häusermann, Chanéac ou Lovag, assemblés grâce à des raccord universels. Chacun aurait pu construire une maison différente avec des modules de base identiques. Mais ce concept n'a pas marché et a été abandonné.

Le couple a ensuite développé la technique du voile de béton projeté sans coffrage, qui permet également de concevoir des formes ovoïdes de grande portée. Dans ce type de maison, on peut concevoir le mobilier en béton intégré dans la structure,,. Et il est également possible de les agrandir, les portes-fenêtres pouvant servir de connexion avec de nouvelles sphères comme dans l'école maternelle de Douvaine. On peut facilement les démonter (maison Coquillage) et les transporter (théâtre mobile Antoine).

La technique du gunitage, du béton projeté sur une armature métallique entourée de grillage, présente cependant de nombreux désavantages, en termes thermique, phonique et d'entretien. Les constructeurs étant souvent autoentrepreneurs, se posent la question de la qualité du dosage du béton, du traitement des joints, de la qualité de la matière première... qui rendent difficile la préservation de ces maisons. Leur rénovation engendre des coûts importants (Balcon de Belledonne, Motel de l'eau vive) .

Réalisations

Principales réalisations avec Pascal Häusermann

Réalisations de Claude Costy

Annexes

Bibliographie

Ouvrages

Documentaire

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 6 7 Journal de l'exposition, Interview de Claude Costy, p. 4.
  2. 1 2 3 4 Journal de l'exposition, Trajectoires croisées, p. 13.
  3. 1 2 3 Oudin 1994, p. 223.
  4. 1 2 3 4 5 6 Saint-Pierre 2015, p. 53.
  5. 1 2 Saint-Pierre 2015, p. 52.
  6. ↑ « Recherches », L'architecture d'aujourd'hui, no 115,‎
  7. ↑ Mélina Ramondenc, « Archéologie du futur. Une rétro-modélisation de l’architecture expérimentale de Pascal Häusermann, Claude Costy et Jean-Louis Chanéac », sur shs-conferences.org, (consulté le ).
  8. 1 2 3 Saint-Pierre 2015, p. 54.
  9. 1 2 Unal 1981.
  10. 1 2 Unal et Abel 2012.
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  12. ↑ Raphaëlle Saint-Pierre, « Häusermann et Costy, Le Centre de Douvaine », Le Moniteur Architecture, no 242,‎ , p. 65
  13. 1 2 Journal de l'exposition, Le centre prospectif de Douvaine, p. 7.
  14. ↑ « Subventions attribuées en Haute-Savoie au titre : - de la dotation d'équipement des territoires ruraux (DETR) 2021 », sur haute-savoie.gouv.fr, (consulté le ).
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  42. ↑ « Maison bulle cathédrale à Orsay » [vidéo], sur youtube.com, (consulté le ).
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