| Clos-des-lambrays | |
Le clos des Lambrays. | |
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
|---|---|
| Reconnue depuis | 1981 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble de Bourgogne |
| Sous-région(s) | vignoble de la côte de Nuits |
| Localisation | Morey-Saint-Denis (Côte-d'Or) |
| Climat | océanique dégradé, à tendance continentale |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
1 890 heures (à Dijon-Longvic) |
| Sol | argilo-calcaire |
| Superficie totale | 8 hectares et 84,02 ares |
| Superficie plantée | 8,71 ha (en 2022) |
| Nombre de domaines viticoles | 3 (en 2023) |
| Cépages dominants | pinot noir N |
| Vins produits | rouges |
| Production | 365 hectolitres (en 2023) |
| Pieds à l'hectare | minimum 9 000 ceps/ha |
| Rendement moyen à l'hectare | 41 hl/ha (en 2022), |
| modifier |
|
Un clos-des-lambrays est un vin rouge français d'appellation d'origine contrôlée produit surtout sur le climat du clos des Lambrays (47° 11′ 54″ N, 4° 57′ 32″ E) à Morey-Saint-Denis, en Côte-d'Or.
Il s'agit d'un grand cru du vignoble de la côte de Nuits (une subdivision du vignoble de Bourgogne). C'est une des cinq appellations classées grands crus situées sur la commune de Morey-Saint-Denis, les autres étant, du nord au sud : le clos-de-la-roche, le clos-saint-denis, le clos-de-tart et les bonnes-mares (ce dernier situé principalement sur Chambolle-Musigny).
L'abbaye de Cîteaux (créée en 1098) avait des plantations en Côte-d'Or, dont un domaine à Morey-Saint-Denis. Le domaine qui appartenait aux moines de Cîteaux fut démembré et vendu à la Révolution française. En 1816, André Jullien ne mentionne pas le climat dans son ouvrage (au contraire du clos de Tart et du clos à la Roche).

En 1855, l'ouvrage de Jules Lavalle classe les Lambrays (de 6 hectares et 99,85 ares) comme « première cuvée » de Morey (avec le clos de Tart ainsi que les Bonnes-Mares présentés comme supérieurs), tandis que Meix-Rentier (un ha et 17,05 a) est parmi les « troisièmes cuvées », avec les Larreys et les Bouchots parmi les « quatrièmes cuvées ». En 1861, le Comité d'agriculture de l'arrondissement de Beaune, préparant l'Exposition universelle de 1862, classe Meix Rentiers (un ha et 16,45 a) en 1re classe, tandis que les Larrets (5 ha et 99,05 a) et les Bouchots (2 ha et 1,7 a) sont en partie dans la 2e classe.
Suite à la création de la notion d'appellation d'origine contrôlée (AOC) par le décret-loi du , reconnaissant la validité des AO antérieures, le climat actuel fait partie de l'appellation morey-saint-denis à partir de 1936 ; il est classé parmi les premiers crus de cette AOC en 1943. Il obtient le classement en grand cru le ,. Le le groupe LVMH annonce l'acquisition du Domaine du Clos des Lambrays pour 100 millions d'euros.
Le dernier cahier des charges date du (le rendement maximum passe de 35 à 42 hl/ha),.
Un clos désigne un terrain clôturé, ici d'un simple muret de pierre (plusieurs autres clos bourguignons ont complètement perdu leurs murs).
Pour le nom « Lambrays », une hypothèse serait l'appartenance ancienne du clos originel (le lieu-dit « Les Larrets ou Clos des Lambrays ») à une famille de la noblesse, celle de Lambray (attestée au XIVe siècle) dans l'actuelle Haute-Saône.
| Images externes | |
| Carte de l'aire d'appellation du clos-des-lambrays | |
| Cartes cadastrales de l'appellation | |
| Orthophoto du parcellaire de l'AOC | |
L'aire d'appellation du clos-des-lambrays est sur la commune de Morey-Saint-Denis, incluse dans l'AOC morey-saint-denis ; elle est bordée au nord par le clos Saint-Denis, à l'est et à l'ouest par le morey-saint-denis et au sud par le clos de Tart. La majeure partie appartient au Domaine des Lambrays et une toute petite partie est détenue par le Domaine Taupenot-Merme (420 m2). Le Domaine des Lambrays n'est donc pas en mesure de revendiquer le monopole de cette parcelle et d'apposer la mention sur ces bouteilles.
La superficie classée grand cru est d'un total de 8 hectares et 84,02 ares. L'aire d'appellation couvre une série de lieux-dits (climats) de la commune de Morey-Saint-Denis :
Le caractère quasi-monopolistique du vignoble ne permet pas au service des Douanes de publier les données de production (superficie ou volume) chaque année. En 2022, la superficie de production était de 10,52 ha.
Sols marneux en haut, argilo-calcaires en bas. Situé à 250 mètres d'altitude, exposé au levant.
Le climat bourguignon est un climat tempéré océanique à légère tendance continentale ; l'ensoleillement annuel a été de 1 890 heures (moyenne 1991-2020 à Dijon-Longvic). La station météorologique de Marsannay-la-Côte (à 280 mètres d'altitude, à la sortie sud de la commune : 47° 16′ 00″ N, 4° 59′ 12″ E), quelques kilomètres plus au nord, est représentative du climat au bas du coteau viticole.
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures (°C) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Maximale moyenne | 5,7 | 7,7 | 12,6 | 16,4 | 20,6 | 24,7 | 27,1 | 26,7 | 22 | 16,1 | 9,8 | 6,3 | 16,3 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Moyenne | 2,8 | 4 | 7,8 | 11,1 | 15,2 | 19,1 | 21,3 | 20,8 | 16,6 | 11,8 | 6,6 | 3,5 | 11,7 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Minimale moyenne | −0,1 | 0,2 | 3,1 | 5,9 | 9,9 | 13,5 | 15,5 | 15 | 11,2 | 7,6 | 3,4 | 0,6 | 7,1 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nombre de jours avec gel | 16,7 | 14,4 | 6,5 | 1,3 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 1 | 6,3 | 14,2 | 60,4 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Précipitations | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hauteur (mm) | 66,8 | 53,8 | 55,9 | 60,4 | 75,3 | 70,5 | 65 | 61 | 60,9 | 75 | 84,1 | 74,3 | 803 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Le pinot noir N compose exclusivement les vins rouges de l'AOC.
Il est constitué de petites grappes denses, en forme de cône de pin composées de grains ovoïdes, de couleur bleu sombre. C'est un cépage délicat, qui est sensible aux principales maladies et en particulier au mildiou, au rougeot parasitaire, à la pourriture grise (sur grappes et sur feuilles), et au cicadelles. Ce cépage, qui nécessite des ébourgeonnages soignés, a tendance à produire un nombre important de grapillons. Il profite pleinement du cycle végétatif pour mûrir en première époque. Le potentiel d'accumulation des sucres est élevé pour une acidité juste moyenne et parfois insuffisante à maturité. Les vins sont assez puissant, riches, colorés, de garde. Ils sont moyennement tanniques en général.
Le travail manuel commence par la taille, en « Guyot simple », avec une baguette de cinq à huit yeux et un courson de un à trois yeux. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Puis vient le pliage des baguettes. Éventuellement, après le pliage des baguettes, une plantation de nouvelles greffes est réalisée. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. La vendange en vert est pratiquée de plus en plus dans cette appellation. Cette opération est faite dans le but de réguler les rendements et surtout d'augmenter la qualité des raisins restants. Pour finir avec le travail manuel à la vigne, se réalise l'étape importante des vendanges.
Pour le travail mécanique, l'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments, réalisé lorsque les sarments sont tirés et mis au milieu du rang. De trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants, en vue de planter des greffes au printemps. De labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes. De désherbage fait chimiquement pour tuer les mauvaises herbes. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.) et certains insectes (eudémis et cochylis). De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage.
Le rendement maximum visé par le cahier des charges de l'appellation est de 42 hl/ha et ne peut dépasser 49 hl/ha (rendement butoir).
Les vins produits sur l'aire d'appellation du clos-des-lambrays peuvent être repliés en appellation morey-saint-denis premier cru.
Le volume de production en 2023 était de 366 hectolitres. Cette production était en moyenne de 238 hl (sur cinq ans, 2017-2021), exclusivement en vin rouge (cépage pinot noir).
| AOC | Rouge | Rouge |
| Titre alcoométrique volumique | minimal | maximal |
| Grand cru | 11,5 % vol | 14,5 % vol |
Voici les méthodes générales de vinification de cette appellation. Il existe cependant des petites différences de méthode entre les différents viticulteurs et négociants.
La récolte des raisins se fait à maturité et de façon manuelle. La vendange manuelle est le plus souvent triée, soit à la vigne soit à la cave avec une table de tri, ce qui permet d'enlever les grappes pourries ou insuffisamment mûres. La vendange manuelle est généralement éraflée puis mise en cuve. Une macération pré-fermentaire à froid est quelquefois pratiquée. La fermentation alcoolique peut démarrer, le plus souvent après un levurage. Commence alors le travail d'extraction des polyphénols (tanins, anthocyanes) et autres éléments qualitatifs du raisin (polysaccharides etc.). L'extraction se faisait par pigeage, opération qui consiste à enfoncer le chapeau de marc dans le jus en fermentation à l'aide d'un outil en bois ou aujourd'hui d'un robot pigeur hydraulique. Plus couramment, l'extraction est conduite par des remontages, opération qui consiste à pomper le jus depuis le bas de la cuve pour arroser le chapeau de marc et ainsi lessiver les composants qualitatifs du raisin. Les températures de fermentation alcoolique peuvent être plus ou moins élevées suivant les pratiques de chaque vinificateur avec une moyenne générale de 28 à 35 degrés au maximum de la fermentation. La chaptalisation est réalisée si le degré naturel est insuffisant : cette pratique est réglementée. À l'issue de la fermentation alcoolique suit l'opération de décuvage qui donne le vin de goutte et le vin de presse. La fermentation malolactique se déroule après mais est dépendante de la température. Le vin est soutiré et mis en fût ou cuve pour son élevage. L'élevage se poursuit pendant plusieurs mois (12 à 24 mois) puis le vin est collé, filtré et mis en bouteilles.
Rubis sombre. Arômes complexe avec par exemple des fruits cuits, arômes de sous-bois, de cuir. Bouche ronde (jeune), profonde et grave (âgé).
S'accorde bien avec du gibier à plumes, des volailles laquées, de l'entrecote, du veau braisé, de l'agneau roti, du fromage forts, à pâte molle ou croute lavée...
Se sert entre 12 et 14 degrés (jeune) et 15 à 17 degrés (âgé). Se garde entre 10 et 15 ans (20 ans pour les grands millésimes).