Colchicum
| Règne | Plantae |
|---|---|
| Sous-règne | Tracheobionta |
| Division | Magnoliophyta |
| Classe | Liliopsida |
| Sous-classe | Liliidae |
| Ordre | Liliales |
| Famille | Liliaceae |
| Clade | Angiospermes |
|---|---|
| Clade | Monocotylédones |
| Ordre | Liliales |
| Famille | Colchicaceae |
Colchicum (les colchiques) est un genre de plantes herbacées vivaces de la famille des Liliaceae selon la classification classique de Cronquist (1981) ou des Colchicaceae selon la classification phylogénétique. La World Checklist (World Checklist of Selected Plant Families (WCSP) ()) en répertorie une centaine d'espèces.
Le nom Colchicum est dérivé de Colchide, Colchis ou Kolchis (dans les langues géorgienne et laze : კოლხეთი, k'olkhéti ; en grec Κολχίς, Kolchis, sans doute lié au khalkos désignant le cuivre) ancien État, royaume puis région de Géorgie.
Le plus grand nombre d'espèces se rencontre en effet dans les Balkans et en Asie mineure. Le colchique est également connu sous les noms « safran bâtard », « safran des prés » ou encore, de par sa grande toxicité, « tue-chien ».

Les colchiques sont des plantes à corme. Comme chanté dans la ritournelle Colchiques dans les prés, c'est la fin de l'été, les fleurs de la plupart des espèces apparaissent à l'arrière-saison. La fleur disparaît ensuite jusqu'au printemps suivant, lorsque les feuilles ainsi que les fruits émergent (Filium ante patrem ou « Mères Filles de leurs filles » dans Les Colchiques un poème de Guillaume Apollinaire).
Quelques espèces cependant, comme Colchicum bulbocodium Ker Gawl. des Alpes occidentales, Colchicum hungaricum Janka des Balkans et Colchicum luteum Baker d'Asie centrale — la seule espèce à fleurs jaunes —, fleurissent à la fin de l'hiver parmi des feuilles déjà bien développées.
La plupart des espèces ont la partie inférieure du périanthe soudée en un long tube. Leurs fleurs, qui ressemblent à celles des crocus, possèdent six étamines (contre trois pour le crocus).
La nomenclature du genre Colchicum est actuellement confuse.
L'identification correcte d'une espèce nécessite souvent un examen attentif des fleurs et des feuilles, ce qui est en pratique difficile à réaliser sur le terrain car, comme mentionné ci-dessus, les feuilles et les fleurs de la plupart des espèces apparaissent à des saisons différentes.
De nombreuses espèces ont ainsi reçu deux ou trois noms par différents auteurs et un même nom a été par ailleurs donné à des espèces différentes par ces mêmes ou d'autres auteurs.
Les phylogénies publiées par Vinnersten et Reeves indiquent que les espèces à tépales entièrement libres, placées jusqu’il y a peu dans les genres Merendera — styles entièrement libres (environ quinze espèces) — et Bulbocodium — styles soudés sauf au sommet (deux espèces), doivent être (ré)intégrées dans le genre Colchicum. Les travaux les plus récents suggèrent en outre que le genre Androcymbium devrait également être intégré dans le genre Colchicum. Androcymbium est un genre méditerranéen et africain comportant quelque 40 espèces, dont deux existent en Europe :
Les espèces suivantes sont incluses dans le genre Colchicum. De nombreuses espèces précédemment classées dans Androcymbium, Bulbocodium et Merendera ont été déplacées à Colchicum sur la base de preuves génétiques moléculaires. Androcymbium est actuellement considéré comme un genre séparé par certains.


Les éleveurs craignent le colchique tout comme les animaux. Le bétail le dédaignera isolé dans les champs, mais il peut arriver qu'une vache en mange lorsqu'il est mélangé à d'autres plantes en fourrage. Les vétérinaires connaissent bien les effets de cette plante hautement toxique, même à faible dose.
Les médecins arabes s'en servaient au Moyen Âge. À doses non infinitésimales, la plante crée des troubles nerveux, des convulsions, du délire. Elle peut aussi provoquer l'arrêt cardiaque, la paralysie respiratoire.
Les symptômes de l'empoisonnement sont une irritation très forte des voies urinaires (c'est un diurétique) et digestives (selles sanguinolentes), tremblements, suffocation, l'abaissement de la température corporelle, le pouls imperceptible, la salivation excessive, les convulsions.
La mort peut survenir jusqu'à dix jours après l'ingestion.
Par un arrêté du , l'État français donne l'obligation aux distributeurs et vendeurs de colchique d'informer leurs clients, via un étiquetage spécifique, de sa toxicité en cas d'ingestion,,.

La plante entière produit un alcaloïde très toxique, la colchicine, qui possède des propriétés mutagènes et antimitotiques (qui bloque les mitoses). La colchicine, dont l'indice thérapeutique est étroit, est utilisée :
La colchicine est présentée en comme un candidat potentiel dans le traitement de la Covid-19, mais quelques mois plus tard, les espoirs fondés en elle semblent marquer le pas puisque jugée inefficace par une étude britannique.
En horticulture, la colchicine est utilisée comme agent mutagène pour modifier génétiquement des plantes, sans insertion de gènes étrangers, afin de produire au hasard de nouvelles variétés parmi les sujets viables produits. C'est un moyen de doubler ou quadrupler le nombre de chromosomes (polyploïdie). Ce type de molécule pourrait éventuellement jouer dans la nature un rôle en produisant de nouvelles variétés, voire de nouvelles espèces, mais les mutations induites par cette molécule sont rarement viables.
La démécolcine (en) est une molécule proche de la colchicine, mais n'est guère utilisée de nos jours. Le thiocolchicoside (Coltramyl, Miorel), un dérivé semi-synthétique, est utilisé comme myorelaxant.
Le colchique d'automne est souvent confondu avec l'Ail des ours, plante comestible. Afin de les différencier, il convient de prêter attention aux feuilles : celles du colchique sont rigides, charnues et sans tiges, avec une extrémité arrondie, tandis que celles de l’Ail des ours sont plus fines, ovales, pointues et portées par des tiges. De plus, l’Ail des ours dégage une odeur d'ail lorsqu'on froisse ses feuilles. Les fleurs sont également un indicateur important : celles du colchique, mauves, apparaissent en automne, tandis que celles de l’Ail des ours, blanches et en forme d'étoile, s'épanouissent au printemps, entre avril et début juin.
Selon World Checklist of Selected Plant Families (WCSP) () :