Colchique

Colchicum

Colchicum
Description de cette image, également commentée ci-après
Colchique d'automne (Colchicum autumnale)
Classification
Règne Plantae
Sous-règne Tracheobionta
Division Magnoliophyta
Classe Liliopsida
Sous-classe Liliidae
Ordre Liliales
Famille Liliaceae

Genre

Colchicum
L., 1753

Classification phylogénétique

Clade Angiospermes
Clade Monocotylédones
Ordre Liliales
Famille Colchicaceae

Colchicum (les colchiques) est un genre de plantes herbacées vivaces de la famille des Liliaceae selon la classification classique de Cronquist (1981) ou des Colchicaceae selon la classification phylogénétique. La World Checklist (World Checklist of Selected Plant Families (WCSP) ()) en répertorie une centaine d'espèces.

Étymologie

Le nom Colchicum est dérivé de Colchide, Colchis ou Kolchis (dans les langues géorgienne et laze : კოლხეთი, k'olkhéti ; en grec Κολχίς, Kolchis, sans doute lié au khalkos désignant le cuivre) ancien État, royaume puis région de Géorgie.

Le plus grand nombre d'espèces se rencontre en effet dans les Balkans et en Asie mineure. Le colchique est également connu sous les noms « safran bâtard », « safran des prés » ou encore, de par sa grande toxicité, « tue-chien ».

Description

Fruits de Colchicum autumnale entre les feuilles au printemps

Les colchiques sont des plantes à corme. Comme chanté dans la ritournelle Colchiques dans les prés, c'est la fin de l'été, les fleurs de la plupart des espèces apparaissent à l'arrière-saison. La fleur disparaît ensuite jusqu'au printemps suivant, lorsque les feuilles ainsi que les fruits émergent (Filium ante patrem ou « Mères Filles de leurs filles » dans Les Colchiques un poème de Guillaume Apollinaire).

Quelques espèces cependant, comme Colchicum bulbocodium Ker Gawl. des Alpes occidentales, Colchicum hungaricum Janka des Balkans et Colchicum luteum Baker d'Asie centrale — la seule espèce à fleurs jaunes —, fleurissent à la fin de l'hiver parmi des feuilles déjà bien développées.

La plupart des espèces ont la partie inférieure du périanthe soudée en un long tube. Leurs fleurs, qui ressemblent à celles des crocus, possèdent six étamines (contre trois pour le crocus).

Nomenclature

La nomenclature du genre Colchicum est actuellement confuse.

L'identification correcte d'une espèce nécessite souvent un examen attentif des fleurs et des feuilles, ce qui est en pratique difficile à réaliser sur le terrain car, comme mentionné ci-dessus, les feuilles et les fleurs de la plupart des espèces apparaissent à des saisons différentes.

De nombreuses espèces ont ainsi reçu deux ou trois noms par différents auteurs et un même nom a été par ailleurs donné à des espèces différentes par ces mêmes ou d'autres auteurs.

Les phylogénies publiées par Vinnersten et Reeves indiquent que les espèces à tépales entièrement libres, placées jusqu’il y a peu dans les genres Merendera — styles entièrement libres (environ quinze espèces) — et Bulbocodium — styles soudés sauf au sommet (deux espèces), doivent être (ré)intégrées dans le genre Colchicum. Les travaux les plus récents suggèrent en outre que le genre Androcymbium devrait également être intégré dans le genre Colchicum. Androcymbium est un genre méditerranéen et africain comportant quelque 40 espèces, dont deux existent en Europe :

Liste d'espèces

Les espèces suivantes sont incluses dans le genre Colchicum. De nombreuses espèces précédemment classées dans Androcymbium, Bulbocodium et Merendera ont été déplacées à Colchicum sur la base de preuves génétiques moléculaires. Androcymbium est actuellement considéré comme un genre séparé par certains.

Colchicum alpinum
dans les Grandes Rousses
Colchicum speciosum
Colchicum bulbocodium

Espèces à tépales soudés

Espèces européennes

Espèces d'Asie mineure

Espèces à tépales libres

Floraison printanière

Floraison automnale

Photos d’autres espèces

Sélections horticoles

Cultivars

Hybrides

Toxicité

Les éleveurs craignent le colchique tout comme les animaux. Le bétail le dédaignera isolé dans les champs, mais il peut arriver qu'une vache en mange lorsqu'il est mélangé à d'autres plantes en fourrage. Les vétérinaires connaissent bien les effets de cette plante hautement toxique, même à faible dose.

Les médecins arabes s'en servaient au Moyen Âge. À doses non infinitésimales, la plante crée des troubles nerveux, des convulsions, du délire. Elle peut aussi provoquer l'arrêt cardiaque, la paralysie respiratoire.

Les symptômes de l'empoisonnement sont une irritation très forte des voies urinaires (c'est un diurétique) et digestives (selles sanguinolentes), tremblements, suffocation, l'abaissement de la température corporelle, le pouls imperceptible, la salivation excessive, les convulsions.

La mort peut survenir jusqu'à dix jours après l'ingestion.

Par un arrêté du , l'État français donne l'obligation aux distributeurs et vendeurs de colchique d'informer leurs clients, via un étiquetage spécifique, de sa toxicité en cas d'ingestion,,.

Colchicine

Formule de la colchicine

La plante entière produit un alcaloïde très toxique, la colchicine, qui possède des propriétés mutagènes et antimitotiques (qui bloque les mitoses). La colchicine, dont l'indice thérapeutique est étroit, est utilisée :

La colchicine est présentée en comme un candidat potentiel dans le traitement de la Covid-19, mais quelques mois plus tard, les espoirs fondés en elle semblent marquer le pas puisque jugée inefficace par une étude britannique.

En horticulture, la colchicine est utilisée comme agent mutagène pour modifier génétiquement des plantes, sans insertion de gènes étrangers, afin de produire au hasard de nouvelles variétés parmi les sujets viables produits. C'est un moyen de doubler ou quadrupler le nombre de chromosomes (polyploïdie). Ce type de molécule pourrait éventuellement jouer dans la nature un rôle en produisant de nouvelles variétés, voire de nouvelles espèces, mais les mutations induites par cette molécule sont rarement viables.

La démécolcine (en) est une molécule proche de la colchicine, mais n'est guère utilisée de nos jours. Le thiocolchicoside (Coltramyl, Miorel), un dérivé semi-synthétique, est utilisé comme myorelaxant.

Risques de confusion

Le colchique d'automne est souvent confondu avec l'Ail des ours, plante comestible. Afin de les différencier, il convient de prêter attention aux feuilles : celles du colchique sont rigides, charnues et sans tiges, avec une extrémité arrondie, tandis que celles de l’Ail des ours sont plus fines, ovales, pointues et portées par des tiges. De plus, l’Ail des ours dégage une odeur d'ail lorsqu'on froisse ses feuilles. Les fleurs sont également un indicateur important : celles du colchique, mauves, apparaissent en automne, tandis que celles de l’Ail des ours, blanches et en forme d'étoile, s'épanouissent au printemps, entre avril et début juin.

Liste des espèces

Selon World Checklist of Selected Plant Families (WCSP) () :

Divers

Notes et références

  1. ↑ (en) Arthur Cronquist, An Integrated System of Classification of Flowering Plants, New York, CUP, (ISBN 0-231-03880-1, OCLC 1136076363, LCCN 80039556, lire en ligne).Voir et modifier les données sur Wikidata
  2. ↑ WCSP. World Checklist of Selected Plant Families. Facilitated by the Royal Botanic Gardens, Kew. Published on the Internet ; http://wcsp.science.kew.org/, consulté le .
  3. 1 2 « Annuaire des plantes toxiques - Le Colchique »
  4. ↑ Colchiques dans les prés est une chanson des guides (scoutes) Francine Cockenpot (mélodie) et Jacqueline Debatte (paroles), chantée par Francis Cabrel en 1977
  5. ↑ A. Vinnersten & G. Reeves. Phylogenetic relationships within Colchicaceae. Amer. J. Bot. 90:1455-1462, 2003
  6. ↑ J. Manning, F. Forest, A. Vinnersten. The genus Colchicum L. redefined to include Androcymbium Willd. based on molecular evidence. Taxon, 56 (3): 872-882, 2007 - (ISSN 0040-0262)
  7. ↑ « Colchicum atropurpureum Stapf ex Stearn — The Plant List », sur www.theplantlist.org (consulté le )
  8. ↑ Royal Horticultural Society : Parentage de Colchicum 'Waterlily'
  9. 1 2 3 4 Hyma La Hyène, « Les plantes dont il faut se méfier », Survival no 5,‎ décembre 2016 / janvier 2017, p. 39
  10. ↑ « Etiquetage obligatoire pour les végétaux en vente susceptibles de porter atteinte à la santé humaine - FREDON FRANCE », sur fredon.fr
  11. ↑ « Légifrance - Publications officielles - Journal officiel - JORF no 0223 du 12/09/2020 », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
  12. ↑ « Colchique », sur Plantes Risque
  13. ↑ Animaux
  14. ↑ « Des plantes-poisons : aconit, belladone, ciguë et digitale », sur Futura Santé, (consulté le )
  15. ↑ « Coronavirus. Colchicine : réel traitement contre le Covid-19 ou faux espoir ? », sur www.republicain-lorrain.fr (consulté le )
  16. ↑ « La colchicine, "premier médicament oral" anti-Covid ? Attention aux faux espoirs », sur LCI (consulté le )
  17. ↑ « La colchicine jugée inefficace chez les malades du Covid-19 hospitalisés », sur L'Obs (consulté le )
  18. ↑ « Gare aux confusions lors de la récolte d'ail des ours », sur Plantes Risque,
  19. ↑ WCSP. World Checklist of Selected Plant Families. Facilitated by the Royal Botanic Gardens, Kew. Published on the Internet ; http://wcsp.science.kew.org/, consulté le .
  20. ↑ Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 19.

Voir aussi

Sources

Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :