| Commanderie de Chantoin | |
| Présentation | |
|---|---|
| Fondation | |
| Reprise | |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Auvergne-Rhône-Alpes |
| Département | Haute-Loire |
| Ville | Bains |
| Géolocalisation | |
| Coordonnées | 44° 58′ 24″ nord, 3° 46′ 57″ est |
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La commanderie de Chantoin, ou Saint-Jean de Chantoin, est un ancien établissement de l'ordre du Temple, puis de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, situé à Bains, dans la Haute-Loire. Son domaine est attesté vers 1170 par une donation de droits de Pons III, vicomte de Polignac, faite en compensation d'un legs de son père Armand II. Cette première attestation ne fournit ni une date exacte de construction ni une charte de fondation de la maison.
Dépendante de la maison templière du Puy, Chantoin passe ensuite aux Hospitaliers et devient un membre de la commanderie de Devesset. Une décision de 1544 l'affecte à la mense de la langue d'Auvergne ; la prise de possession intervient en 1549. À l'époque moderne, le domaine est administré par des représentants de la langue, des fermiers et des administrateurs à vie.
Chantoin est situé sur le plateau du Devès, dans le secteur de Bains et de Séneujols, au sud-ouest du Puy-en-Velay. Le domaine s'est constitué autour des anciens mas de Chantoin, Chazaux et Collanges, dans une plaine au pied des reliefs boisés de Séneujols. Son développement associe l'exploitation agricole, la perception de droits et l'administration d'une seigneurie.
La prospection archéologique publiée par Laurent d'Agostino décrit un ensemble rural à caractère fortifié, disposé en quadrilatère autour d'une cour. Des reconstructions postérieures au Moyen Âge ont modifié les bâtiments ; la chapelle a disparu. Cette organisation conservée ne permet donc pas d'attribuer indistinctement toutes les maçonneries à l'époque templière.
Les descriptions d'époque moderne font apparaître une chapelle Saint-Jean, une habitation de granger et des bâtiments agricoles. Un recueil de plans daté de 1779 documente les bâtiments et les terres de Chantoin ainsi que les dépendances de Belvezet,.
Vers 1170, Pons III de Polignac abandonne au Temple les droits qu'il possède sur le mas de Chantoin pour acquitter un legs de cinquante marcs d'argent fait par son père Armand II. Les Polignac sont ainsi les premiers bienfaiteurs identifiés dans le recueil d'Augustin Chassaing. L'acte établit une acquisition de droits, sans faire du vicomte le fondateur assuré des bâtiments subsistants.
Le patrimoine s'accroît par achats, renonciations, échanges et donations. Vers 1190, Étienne et Guillaume de Chantoin vendent au Temple des rentes non nobles ; Pons Comarc renonce à ses prétentions. Vers 1204, Itier Saunier vend ses droits sur le mas. En juin 1210, Guillaume Jourjon cède à son tour des droits à Chantoin et Jacques de Chazaux accompagne son entrée comme donat du Temple d'une donation sur le mas de Chazaux.
Les familles de Fay, de Mirmande et de La Rode participent également à la formation de cet ensemble foncier. André de Fay donne des biens aux Bineyres à l'occasion de sa réception dans l'ordre. Les accords concernant Armand Portafaix et Armand de Mirmande assurent aux Templiers des droits dans le secteur de Séneujols et des usages forestiers. En 1212, un partage est conclu avec Guillaume de La Rode. En février 1215, Folque de Mirmande, épouse de Béraud de Cordes, cède des droits à Chazaux et Collanges dans un accord comprenant l'admission de son fils Pierre comme donat et une somme versée par le Temple.
En juin 1236, un échange avec Hérail de Montlaur porte notamment sur la Glutonie, le Rossignol et Belvezet. Les Templiers cèdent en contrepartie leurs biens de Montcoudiol, près d'Arlempdes, avec un complément en argent et en avoine. L'opération contribue à recomposer le patrimoine du Temple dans ce secteur du Velay.
Au XIIIe siècle, Chantoin relève de la maison templière du Puy, placée sous le vocable de saint Barthélemy. Le répertoire d'Émile-Guillaume Léonard relève expressément cette dépendance pour 1253. Il distingue les établissements du diocèse du Puy dans l'organisation provençale du Temple.
En 1285, les hommes de Séneujols rendent hommage à Chantoin au précepteur du Temple du Puy. Le lieu sert donc aussi à l'exercice de la seigneurie et à la réception des fidélités, au-delà de sa fonction agricole.
Après la suppression de l'ordre du Temple, ses biens sont dévolus aux Hospitaliers. Chassaing situe la remise des possessions vellaves en 1313. Chantoin entre dans l'ensemble administré depuis Devesset et Saint-Jean-la-Chevalerie du Puy.
En janvier 1357, Pons de Fay, agissant pour son oncle Artaud de Fay, commandeur de Saint-Jean-la-Chevalerie, concède à des habitants de Séneujols un bail emphytéotique sur le bois de Coste Donenche. En 1381, Robert de Châteauneuf et Guy de Montlaur, seigneur de Montbonnet et de Mirmande, règlent l'exercice de la justice à Chantoin, Belvezet, Séneujols et aux Bineyres. Les relations avec les seigneurs voisins portent ainsi sur les limites des juridictions et les droits des habitants.
En 1449, les hommes de Séneujols renouvellent leur hommage au représentant de Jacques de Milly, grand prieur d'Auvergne. Les règlements pénaux de Chantoin, publiés en langue vernaculaire au nom de Guy de Blanchefort en 1499, témoignent de l'activité de sa juridiction.
Le chapitre général décide en 1544 de séparer Chantoin de la chambre prieurale de Devesset et de l'affecter à la mense de la langue d'Auvergne. Chassaing explique cette décision par les besoins financiers de la langue après la perte de Rhodes. L'union devient effective après la mort du grand prieur Émery de Réaulx. Le 8 juin 1549, Annet de Varax, commandeur de Limoges, prend possession de Chantoin au nom de la langue.
Ce changement modifie le bénéficiaire des revenus et l'administration du domaine. La présence dans les actes de plusieurs dignitaires ne signifie pas qu'ils exercent tous une même fonction de commandeur résident. Jean Pays est notamment qualifié de gouverneur de Chantoin et de Belvezet ; Annet de Varax intervient comme mandataire de la langue.
Chassaing rapporte des déprédations commises pendant les guerres de Religion par les seigneurs de Séneujols, notamment Pierre de La Rodde. La gestion foncière est ensuite réorganisée : en 1606, Claude Duguyé et Just de Fay de Gerlande font renouveler le terrier au profit de la langue d'Auvergne.
En 1615, Pierre-Louis de Chantelot de La Chèze, commandeur de Limoges et mandataire de la langue, afferme Chantoin et Belvezet pour neuf ans à compter de mai 1616. Le fermier, Géraud Valençon, marchand de Montfaucon, doit verser huit cents livres annuelles et assurer à ses frais le service de la chapelle Saint-Jean. Un bail de 1626 est consenti au nom de la langue par Philippe des Gouttes, commandeur de Montchamp et des Bugnets. En 1632, la ferme est adjugée à Hector de La Rivoire, commandeur de Blaudeix et de Celles.
En juillet 1648, la langue accorde la ferme à vie à Jean-Jacques de La Rochefoucauld, dit le chevalier de Langeac, également lié à Saint-Paul, Montchamp et au prieuré de Domeyrat. Le prix est fixé à six cents livres payables à Malte. Les administrateurs à vie du XVIIIe siècle comprennent notamment Marc de La Richardie de Besse, Jacques de Sainte-Colombe du Poyet et Louis de Chalus-Prondines.
En 1765, Philippe Amat de Marcellange obtient la ferme à vie de Chantoin et Belvezet pour trois mille huit cents livres. Un nouvel accord de 1766 ramène le prix à trois mille cinq cents livres à compter de janvier 1767, dans un contexte de difficultés d'exploitation.
La Révolution met fin à l'administration du domaine par l'ordre. La présentation des Archives départementales de la Haute-Loire signale sa division et des acquisitions par la famille Reynaud, dont les bâtiments et une partie des terres.
La prospection archéologique régionale publiée en 2004 reconnaît encore l'organisation de la cour et des bâtiments, malgré les transformations de l'ensemble et la disparition de la chapelle.
Les possessions associent des terres cultivées, des prés, des pâturages et des bois. Les acquisitions médiévales portent aussi sur des droits d'alleu, de fief et d'usage. L'exploitation forestière et l'accès aux pâturages suscitent des accords et des litiges durables avec les habitants de Séneujols,.
Une sentence de la cour royale de Velay, en juin 1507, distingue les droits des habitants sur leurs propres troupeaux du pacage d'animaux introduits pour l'estivage. Elle règle l'accès aux parties haute et basse du bois selon les saisons et reconnaît au commandeur des moyens de s'opposer au parcours des troupeaux étrangers. Ce différend concerne les rapports entre économie pastorale, usages collectifs et exploitation seigneuriale.
Belvezet, dans le secteur de Saint-Jean-Lachalm, est administré avec Chantoin à l'époque moderne. Les baux en numéraire et en nature y font apparaître des livraisons de céréales et de produits d'élevage. Le recueil cartographique de 1779 réunit les plans des deux ensembles,.
Les Garnaux, près des Bineyres, comprennent un domaine et des moulins. Les droits de dîme y donnent lieu à un contentieux avec le prieuré Sainte-Foy de Bains. Un arrêt de 1545 est favorable au prieur. Au XVIIe siècle, les jésuites du Puy, détenteurs du prieuré de Bains, poursuivent les fermiers de Chantoin ; l'arrêt de 1661 distingue le cas de Chantoin de celui des Garnaux.
En 1715, Marc de La Richardie concède les Garnaux en emphytéose perpétuelle à des habitants de Bains et des Bineyres. Son successeur obtient l'annulation de ce contrat en 1750, au motif qu'il constitue une aliénation contraire aux statuts de l'ordre. Ces litiges montrent que toutes les composantes du domaine ne possèdent pas le même régime fiscal et juridique.
La chapelle de Chantoin est attestée sous le vocable de saint Jean dans le bail de 1615. L'obligation d'en assurer le service incombe au fermier. Cette mention établit la fonction cultuelle du lieu à l'époque moderne, sans permettre de dater à elle seule la construction de la chapelle.
La visite de 1700-1701 mentionne une maison de granger, une cuisine avec cheminée, une fontaine, une grange et des écuries. Cette description éclaire le fonctionnement résidentiel et agricole du domaine. Les bâtiments actuels sont remaniés ; le caractère fortifié et le plan autour d'une cour relevés par la prospection doivent être distingués d'une datation précise de chaque construction.
L'arpentement de 1757 et les plans de 1779 constituent des sources pour l'étude de l'emprise des bâtiments et des terres.
Les visites conservées permettent de suivre l'état des bâtiments. Celle de 1646 distingue la chapelle et un petit logis appelé chambre du commandeur. Les réparations sont également documentées par un prix-fait du 1er août 1768 concernant Chantoin et Belvezet.
Les dates sont des attestations ou des dates de bail. Les fonctions ne sont pas équivalentes : le grand prieur, le mandataire de la langue, le gouverneur et le fermier peuvent intervenir simultanément. La liste suivante reprend les personnes identifiées par Chassaing, en conservant cette distinction.
Chantoin dépend de la maison du Puy. Les précepteurs de cette dernière ne doivent pas être transformés sans preuve en une série de commandeurs autonomes de Chantoin. Le répertoire de Léonard ne fournit pas, sous Chantoin, une succession distincte comparable à celle de Saint-Barthélemy.
| Attestation | Personne | Qualité ou intervention |
|---|---|---|
| 1357 | Pons de Fay | Mandataire de son oncle Artaud de Fay, commandeur de Saint-Jean-la-Chevalerie. |
| 1381 | Robert de Châteauneuf | Grand prieur ; accord de justice avec Guy de Montlaur. |
| 1386 | Pierre Pastre | Figure dans la série de titulaires publiée par Chassaing. |
| 1401 | Pierre des Issarteaux | Figure dans cette série ; acte CV. |
| 1449 | Jacques de Milly | Grand prieur ; hommage des hommes de Séneujols à son mandataire. |
| 1449 et 1502 | Jean Pays, Pahes ou Payes | Gouverneur de Chantoin et Belvezet ; attestations séparées. |
| 1499 | Guy de Blanchefort | Grand prieur ; règlements pénaux établis en son nom. |
| 1507 et 1544 | Antoine Lescut | Attestations données par Chassaing. |
| 1544 | Émery de Réaulx | Grand prieur lors de la décision d'affectation à la langue. |
| 1549 | Annet de Varax | Commandeur de Limoges ; prise de possession au nom de la langue. |
| 1549 | Gaspard de Valiers ou Vallières | Grand maréchal ; nommé dans les documents d'administration. |
| 1552 et 1566 | Hugues de Nagu, dit Varennes | Commandeur des Échelles ; attestations relatives à Chantoin. |
| Date | Personne | Intervention |
|---|---|---|
| 1606 | Claude Duguyé et Just de Fay de Gerlande | Renouvellement du terrier pour la langue d'Auvergne. |
| 1615 | Pierre-Louis de Chantelot de La Chèze | Mandataire de la langue ; bail à Géraud Valençon. |
| 1626 | Philippe des Gouttes | Commandeur de Montchamp et des Bugnets ; bail à Gaspard Gérentes, sieur de Chadrac. |
| 1632 | Hector de La Rivoire | Commandeur de Blaudeix et de Celles ; adjudicataire de la ferme. |
| 1640 | Louis de La Rivoire | Adjudicataire de la ferme. |
| 1643 | Christophe Brunel, sieur d'Aunac | Fermier. |
| 1648-1680 | Jean-Jacques de La Rochefoucauld, dit le chevalier de Langeac | Ferme à vie ; décès en 1680 selon Chassaing. |
| 1696 | D'Oradour d'Authezat | Administrateur à vie mentionné par Chassaing. |
| 1706-1746 | Marc de La Richardie de Besse | Commandeur de Limoges ; administrateur à vie. |
| 1747-1757 | Jacques de Sainte-Colombe du Poyet | Administrateur à vie ; terrier et travaux documentés. |
| 1762 | Louis de Chalus-Prondines | Administrateur à vie ; se démet après des difficultés agricoles. |
| 1765-1766 | Philippe Amat de Marcellange | Ferme à vie accordée en 1765, bail révisé en 1766. |
Le fonds principal est conservé aux Archives départementales du Rhône et de la métropole de Lyon, sous les cotes 48 H 1368 à 1399. Les Archives départementales de la Haute-Loire en ont réalisé une reproduction numérique et conservent un complément en 34 H. Leur site propose une sélection de documents.
Les Archives nationales conservent également des pièces relatives au martelage, à l'estimation et à la vente des bois de Chantoin en 1746-1747, dans les archives de l'ambassade de Malte.
Les pièces identifiées comprennent notamment :
Le fonds complémentaire de Haute-Loire comprend une visite de 1686 et un état des biens au XVIIIe siècle en 34 H 1, ainsi que des reconnaissances de tenures de 1780 en 34 H 2. Le fonds du collège des jésuites du Puy contient aussi des documents indexés pour Chantoin.
| Établissement | Nature du lien documenté |
|---|---|
| Saint-Barthélemy du Puy | Maison templière dont Chantoin dépend au XIIIe siècle. |
| Saint-Jean-la-Chevalerie du Puy et Devesset | Administration hospitalière après la dévolution ; Chantoin est détaché de Devesset au milieu du XVIe siècle. |
| Prieuré de Séneujols et Saint-Chaffre | Accensement documenté en 1229 ; lien contractuel, distinct de la dépendance de Chantoin envers le Temple du Puy. |
| Prieuré Sainte-Foy de Bains | Contentieux de dîmes ; intervention ultérieure des jésuites du Puy. |
| Belvezet et les Garnaux | Dépendances et domaines administrés avec Chantoin. |
| Montchamp | Philippe des Gouttes intervient en 1626 ; Jean-Jacques de La Rochefoucauld est également titulaire de Montchamp. Le lien repose sur les personnes, sans établir une dépendance de Chantoin envers Montchamp. |
| Celles et Blaudeix | Hector de La Rivoire, commandeur de ces maisons, prend la ferme de Chantoin en 1632. |
| Limoges | Plusieurs représentants et administrateurs de Chantoin sont commandeurs de Limoges, notamment Annet de Varax et Marc de La Richardie. |
| Prieuré de Domeyrat | Autre bénéfice de Jean-Jacques de La Rochefoucauld signalé par Chassaing ; aucune dépendance réciproque n'en découle. |
Les liens sont documentés par les titres édités par Chassaing, la série d'administrateurs et les instruments de recherche,,.