| Commanderie de La Garde-Roussillon | ||||
| Présentation | ||||
|---|---|---|---|---|
| Fondation | Maison attestée en 1293 Date de fondation et fondateur non établis |
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| Reprise | Après la suppression du Temple en 1312 Membre de la commanderie de Montchamp |
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| Géographie | ||||
| Pays | ||||
| Région | Auvergne-Rhône-Alpes | |||
| Département | Cantal | |||
| Commune | Lieutadès | |||
| Géolocalisation | ||||
| Coordonnées | 44° 49′ 47″ nord, 2° 55′ 37″ est | |||
| Géolocalisation sur la carte : Cantal
Géolocalisation sur la carte : Auvergne-Rhône-Alpes
Géolocalisation sur la carte : France
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La commanderie de La Garde-Roussillon, ou maison du Temple de La Garde, est une ancienne maison de l'ordre du Temple, attestée en 1293, située au hameau de Lagarde, dans la commune de Lieutadès, dans le Cantal. Sa date de fondation et l'identité de son fondateur ne sont pas établies. L'historien Hippolyte Bouffet attribue hypothétiquement son origine à Raimond-Bérenger de Barcelone, par rapprochement avec les possessions templières de Carlat.
Après la suppression de l'ordre du Temple en 1312, l'établissement passe à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. À l'époque hospitalière, La Garde-Roussillon est un membre de la commanderie de Montchamp, relevant du grand prieuré d'Auvergne. Une chapelle et des vestiges du château subsistent sur le site.
L'existence de la maison est documentée en 1293 par les comptes du bailli royal Jean de Trie, qui mentionnent le précepteur de La Garda, redevable de trois livres et six sols. Cette mention établit l'existence d'une maison templière à cette date ; elle ne correspond pas à un acte de fondation.
Bouffet observe que les droits sur la châtellenie de La Garde se partageaient entre les Templiers et les comtes de Rodez, comme à Carlat. Il en déduit l'hypothèse d'un même fondateur, Raimond-Bérenger de Barcelone. La notice du Projet Beaucéant précise cette attribution en évoquant une donation de la moitié de la châtellenie par Raimond-Bérenger III en juillet 1131. Cette date relève de l'attribution de fondation rapportée par cette notice ; la mention de 1293 constitue l'attestation citée par Bouffet.
Les familles de Peyre et de Canillac sont également citées par Bouffet parmi les bienfaiteurs de la maison, sans qu'il leur attribue dans ce passage sa fondation.
Dans l'organisation hospitalière, La Garde-Roussillon est un membre, c'est-à-dire une dépendance de la commanderie de Montchamp. Émile Amé la décrit aussi comme un mandement de cette commanderie.
L'établissement se trouve au hameau de Lagarde, au sud-est du bourg de Lieutadès, aux confins du Cantal et de l'Aveyron. La chapelle occupe une butte, à proximité des vestiges des autres bâtiments. Elle est localisée vers 44° 49′ 47″ N, 2° 55′ 37″ E.
Dans son Dictionnaire topographique du département du Cantal, Émile Amé relève les formes La Garda en 1293, La Guarda dans le pouillé du XIVe siècle, puis La Guarde Roussilhon en 1508. Il décrit La Garde-Roussillon comme un mandement de la commanderie de Montchamp.
Bouffet décrit des biens comprenant deux moulins, des bois, des pâturages et des cens portant sur une partie de la châtellenie de La Garde.
La notice touristique publiée par l'office de tourisme des Pays de Saint-Flour rapporte qu'un inventaire de la maison du Temple est ordonné le 13 octobre 1307 par le bailli des montagnes d'Auvergne, Étienne de Noirestang, et confié à Raymond le Sacriste.
Après la suppression de l'ordre du Temple en 1312, La Garde-Roussillon passe aux Hospitaliers. Elle est intégrée à la commanderie de Montchamp, relevant du grand prieuré d'Auvergne. Elle constitue alors un membre, c'est-à-dire une dépendance de cette commanderie.
Le patrimoine du membre comprend des droits sur l'église Saint-Jean et la cure de Jabrun, deux moulins dits du Temple, des dîmes, des cens, des bois et des droits de justice haute, moyenne et basse. Les redevances sont perçues dans les paroisses de Jabrun, Lieutadès, Saint-Urcize, Chaudes-Aigues et Lacalm. Les dîmes de Jabrun comportent toutefois une exception pour le secteur situé entre La Requistat et le ruisseau des Bordes.
Selon les documents exploités par Bouffet, le château est ruiné pendant les premières guerres de Religion. La disparition de la résidence fortifiée n'entraîne pas celle des droits seigneuriaux et des revenus du membre. Au XVIIe siècle, La Garde-Roussillon est notamment affermée à un nommé Albaret. Le 26 novembre 1738, le commandeur Jean-Philibert de Fay de La Tour-Maubourg nomme Jean-Joseph Azémard juge de la terre de La Garde-Roussillon.
La chapelle a fait l'objet d'une restauration et d'une mise en valeur par la commune de Lieutadès. Elle est intégrée au circuit de randonnée de Lagarde, qui passe également auprès du four du hameau.
L'étude de reconstitution du rocher de Carlat réalisée par Marion Amalric pour Vox Historiae mentionne La Garde-Roussillon à titre de comparaison. Elle attribue la reconstruction de sa chapelle au XIVe siècle et signale une croix à huit pointes des Hospitaliers placée au-dessus du portail d'entrée.
Les vestiges du château comprennent un pan de tour de plan carré. Les descriptions historiques signalent aussi les moulins du domaine et un four banal. Des fondations et un pan de mur isolé sont également signalés sur le site.
À l'époque hospitalière, le rattachement de La Garde-Roussillon à Montchamp détermine son administration. L'église et la cure de Jabrun figurent parmi les dépendances religieuses du membre. Bouffet signale une restauration de l'église de Jabrun sous l'administration de Jean-Philibert de Fay de La Tour-Maubourg.
Bouffet distingue la portion de la châtellenie appartenant aux Templiers de celle relevant des comtes de Rodez, en raison de la vicomté de Carlat. Il rapporte une donation de Hugues de Rodez à Astorg de Peyre concernant cette seconde portion et cite les familles de Peyre et de Canillac parmi les bienfaiteurs de la maison.
Le Dictionnaire statistique et historique du Cantal décrit également un partage du fief entre les seigneurs de Sévérac et le commandeur de Montchamp. Il mentionne, pour l'histoire du fief laïc, Louis de Foix, seigneur de Mardogne, en 1508, puis une vente à Raymond de Jouvenroux en 1550.
La documentation publiée ne fournit pas de succession continue des précepteurs de La Garde.
| Date | Responsable | Observations |
|---|---|---|
| 1293 | Nom non indiqué | Un précepteur de La Garda figure dans le compte du bailli Jean de Trie. |
| 1307 | Vital Fabre | Présenté comme précepteur de La Garde dans la notice attribuée à Marcel Vigouroux. Bouffet associe à l'administration de la maison les noms d'Étienne de Lagarde et de Vital Fabre. |
La Garde-Roussillon étant un membre de Montchamp, les titulaires à considérer sont les commandeurs de Montchamp. La liste suivante reprend les repères de l'appendice publié par Bouffet en 1916 ; elle ne constitue pas une succession autonome de commandeurs résidant à La Garde.
| Repères chronologiques donnés par Bouffet | Commandeur de Montchamp |
|---|---|
| 1331 | Étienne de Montaigu |
| 1372 | Jean Achard |
| 1382 | Pons de Lastic |
| 1410 | Jean de Lastic |
| 1428 | Désiré Chevriers |
| 1501 | Guillaume de Bayle |
| 1508 | Philibert de La Forest |
| 1525 | Raymond de Roger |
| 1531 | Désiré des Chevriers |
| 1570 | Louis de Lastic |
| 1570-1578 | Antoine de Villemontée |
| 1578-1596 | Antoine de Villars |
| 1596-1618 | Jacques de Blot du Viviers |
| 1618-1644 | Philippe Raguin des Gouttes |
| 1644-1652 | Jean de Girard de Saint-Paul |
| 1652-1680 | Jean-Jacques de La Rochefoucauld |
| 1680-1712 | André-Paul de Félines de La Renaudie |
| 1712-1720 | Claude de Lestang de Murat |
| 1720-1726 | Henri de Vogüé de Gourdan |
| 1726-1738 | Claude d'Aubery de Vatan |
| 1738-1759 | Jean-Philibert de Fay de La Tour-Maubourg |
| 1759-1787 | François Jean-Alexis de Boislinard de Margoux |
| 1787-1793 | Charles-Abel de Loras |
Ces dates appellent des vérifications : le récit de Bouffet situe la nomination de Jean de Girard de Saint-Paul en 1646 et son départ en 1657, alors que l'appendice lui attribue la période 1644-1652.