Complot de Ridolfi

Le Complot de Ridolfi visait à mettre Marie Stuart sur le trône d'Angleterre.

Le complot de Ridolfi est un complot datant de 1571, visant à assassiner la reine Élisabeth Ire d'Angleterre et à la remplacer par Marie, reine d'Écosse. Le complot fut organisé et planifié par Roberto di Ridolfi, un banquier international qui était en mesure de voyager entre Bruxelles, Rome et Madrid afin de recueillir du soutien sans attirer trop de soupçons.

Contexte

Le duc de Norfolk, un cousin de la reine Élisabeth et le plus riche propriétaire foncier du pays, avait été proposé comme un possible mari de Marie d'Écosse depuis son emprisonnement en 1568. Cela convenait à Norfolk, qui avait de l'ambition et trouvait qu'Élisabeth le sous-estimait constamment. Dans la poursuite de ses objectifs, il accepta de soutenir la rébellion du Nord, mais il perdit rapidement son sang-froid. Norfolk fut emprisonné dans la Tour de Londres pendant neuf mois, et libéré et assigné à résidence seulement lorsqu'il eût tout avoué et imploré le pardon.

Le Pape Pie V, dans sa bulle pontificale Regnans in Excelsis de 1570, excommunia la protestante Élisabeth et permit à tous les fidèles catholiques de faire tout ce qu'ils pouvaient pour la supplanter. La majorité des catholiques ignorèrent cette bulle, mais en réponse à cela, Élisabeth devint beaucoup plus sévère envers les catholiques et leurs sympathisants.

Complot

Roberto Ridolfi, un banquier florentin et fervent catholique, avait été impliqué dans la planification de la rébellion du Nord et complotait en vue de renverser Élisabeth dès 1569. Avec l'échec de la rébellion, il conclut qu'une intervention étrangère était nécessaire pour rétablir le Catholicisme et offrir à Marie le trône d'Angleterre. Il commença donc à contacter de potentiels conspirateurs. Le conseiller de Marie, John Lesley, l'évêque de Ross, donna son consentement au complot qui visait à la libérer.

Le plan prévoyait une invasion menée par Fernando Álvarez de Toledo, 3e duc d'Albe depuis les Pays-Bas avec 10 000 hommes, le lancement d'une rébellion du la noblesse anglaise du nord, le meurtre d'Élisabeth, et le mariage entre Marie et Thomas Howard, 4e duc de Norfolk. Ridolfi, optimiste, estimait que la moitié du peuple anglais était catholique, et qu'il pourrait rassembler au moins 39 000 hommes. Norfolk affirma à Ridolfi qu'il était catholique, bien qu'en tant que disciple de John Foxe, il resta protestant toute sa vie,. Marie et Norfolk, impatients de remédier à leurs situations respectives, acceptèrent le complot. Avec leur bénédiction, Ridolfi partit pour le continent afin de gagner le soutien du duc d'Albe (commandant aux Pays-Bas espagnols), de Pie V et du roi d'Espagne Philippe II.

Liste des conspirateurs

Les co-conspirateurs de Ridolfi, dont certains ont été mentionnés ci-dessus, ont joué un rôle important dans le complot visant à renverser Élisabeth :

Découverte

En 1571, le réseau d'Élisabeth, sous l'égide de Francis Walsingham, lui faisait parvenir des informations à propos des complots contre sa vie. En gagnant la confiance de l'ambassadeur d'Espagne en Angleterre, John Hawkins apprit les détails de la conspiration et en informa le gouvernement de manière à arrêter les conspirateurs. Élisabeth reçut également un avertissement de Cosme Ier de Médicis, grand-duc de Toscane, qui avait appris le complot mené contre elle. Charles Baillie, le messager de Ridolfi, fut arrêté aux environs du à Douvres en possession de lettres compromettantes, et par l'utilisation de la torture et de la prison, il fut forcé de révéler le chiffrement des messages qu'il transportait.

Notes et références

  1. ↑ Williams 1972, p. 91.
  2. ↑ Williams 1972, p. 101–02.
  3. 1 2 Dures 1983, p. 17.
  4. ↑ Starkey 2001, p. 322.
  5. ↑ Elton 1978, p. 298.
  6. ↑ Williams 1972, p. 102–03.
  7. ↑ Williams 1972, p. 102.
  8. ↑ Lockyer 1964, p. 186.
  9. ↑ Jenkins 1958, p. 176.
  10. ↑ « Letter Signed, at the Head ("Elizabeth R"), To Lord Charles Howard », Sothebys
  11. ↑ Hamshere 1976, p. 32.

Bibliographie