
La copla, aussi appelée copla andaluza, canción española ou canción folklórica, est une musique populaire, issue du folklore espagnol ; elle se caractérise par une structure flexible, avec des chants composés de rimes ou en strophes A-B-C-B.
La copla est l'héritière des anciennes romances. Elle est directement liée aux chansons qui ont servi à dénoncer les abus, décrire les coutumes, raconter des histoires plus ou moins vraies et parler d'amour. Le genre prospère dans les années 1930 et 1940, incarné par les auteurs-compositeurs Antonio Quintero (es), Rafael de León et Manuel Quiroga.
De nombreux artistes espagnols appartiennent à l'histoire de la copla : Lola Flores, Estrellita Castro, Estrellita de Palma, Miguel de Molina, Rocío Jurado, Carlos Cano, Manolo Escobar, Concha Piquer ou Raquel Meller. La copla est jouée par de nombreux chanteurs de flamenco, en particulier dans la première moité du XXe siècle, à l'époque où se développe l'Opera Flamenca. L'un d'eux était Juanito Valderrama, qui commence sa carrière artistique en chantant le flamenco. Il y a eu aussi Rafael Farina, Angelillo, Rocío Jurado, À l'époque contemporaine, on peut mentionner Arcángel et Miguel Poveda.
Il convient de ne pas la confondre avec la copla argentine (es) qui est une composition poétique de quatre vers de moindre importance, généralement avec une rime assonante dans les vers pairs (schéma : -A-A).
Les tenants de la copla andalouse affirment qu'elle est plus ancienne que le flamenco : il faudrait chercher ses origines au début du XIXe siècle, alors que le flamenco émerge à la fin du même siècle.
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, la musique espagnole est marquée par une tendance nationaliste. Elle a été initiée par le musicien catalan Felipe Pedrell, le créateur de la musicologie moderne en Espagne. Il sera suivi, entre autres, par Isaac Albéniz, Enrique Granados, Manuel de Falla et Joaquín Turina. Plus tard, cette tendance nationaliste atteint la chanson populaire.
La copla andalouse est née au début des années 1920, en Espagne et trouve son origine dans les chansons du théâtre musical, du cabaret et du théâtre. Par la suite, elle subit un processus de « folklorisation », qui l'a fait passer pour ce qu'elle n'était pas : un genre folklorique de la tradition espagnole. En réalité, la copla émerge au sein d'un mouvement culturel et espagnol plus large. Sa principale caractéristique était d'ajouter une musique compréhensible pour le peuple et des paroles qui concentrent tout le contenu d'un roman en quelques vers. Elle prospère à partir des années 1940. Les chansons racontent l'amour, le chagrin, la jalousie et la tragédie. Une des clés de son succès est sa capacité à développer une trame scénique musicale complète en trois ou quatre minutes. Suspiros de España (1902) a été la première chanson à être considérée comme une copla. À l'arrivée de la République (dans les années 1930), la copla devient un genre musical. Lola Flores, Estrellita Castro, Miguel de Molina, Rocío Jurado, Manolo Escobar, Concha Piquer ou encore Raquel Meller l'ont rendue célèbre, avec des chansons comme María de la O, Pena, penita, pena ; Ojos verdes et Carmen de España.
L'accompagnement musical est orchestral, dans la tradition de la zarzuela. Les professeurs Antonio Quintero, Rafael de León, en tant que paroliers, et Manuel Quiroga, en tant que compositeur, sont les auteurs les plus prolifiques et les plus populaires de la copla.
À partir des années 1950, la copla est présente dans le cinéma espagnol et le théâtre. À partir de la décennie des années 1970, un déclin s'amorce avec l'arrivée d'autres styles musicaux.
La copla n'est la propriété d'aucune tendance politique, religieuse, économique ou sexuelle. Elle a été et reste une forme d'expression qui contourne toutes les censures. Le régime franquiste la soutient comme symbole de l'identité nationale, ce qui lui a valu des critiques,. Certaines tonadilleras (chanteuses) sont devenues des figures nationales, par la volonté du dictateur. Elles ont cristallisé le stéréotype d'une Espagne nationaliste ; elles ont aussi écrit l’histoire sentimentale d'une époque,. Carlos Cano ou Joan Manuel Serrat refusèrent de l'identifier à la dictature et contribuèrent à son renouveau. Le meilleur de son répertoire vient d'une triade, formée par les paroliers Luis de León, Antonio Quintero et le compositeur Manuel Quiroga : ils ont exploré tous les thèmes de la passion amoureuse : les plaisirs interdits, l’amour et la mort, l’homosexualité cachée, la prostitution ou l’adultère.
A la fin du XXe siècle, l'apparition d'Internet a favorisé l'hétérogénéité de la copla, qui reste enracinée dans l'identité culturelle de l'Espagne. Dans la plupart des cas, c'est une adaptation de vers populaires chantés par des artistes copla classiques ; mais il y a aussi des exemples de fusion musicale entre la tradition de la copla andalouse traditionnelle et la modernité dans de nombreuses productions. De nombreux artistes ont permis à la copla de survivre dans les difficultés du marché du disque,.




