Facteur de puissance

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En pratique : Quelles sources sont attendues ? Comment ajouter mes sources ?

Le facteur de puissance est une caractéristique d'un récepteur électrique qui rend compte de son efficacité pour consommer de la puissance lorsqu'il est traversé par un courant.

Pour un dipôle électrique alimenté en régime de courant variable au cours du temps (sinusoïdal ou non), il est égal à la puissance active P consommée par ce dipôle, divisée par le produit des valeurs efficaces du courant I et de la tension U (puissance apparente S). Il est toujours compris entre 0 et 1.

En particulier, si le courant et la tension sont des fonctions sinusoïdales du temps, le facteur de puissance est égal au cosinus du déphasage entre le courant et la tension :

Analogie

Une comparaison mécanique possible serait le facteur d'embrayage d'une boîte de vitesses :

Caractérisation d'un récepteur en fonction de son facteur de puissance

Lorsque le facteur de puissance est égal à 1 on dit que le récepteur est purement résistif, ce qui signifie que c'est un conducteur ohmique idéal (ou résistance pure) et que le courant a la même allure que la tension et que ce récepteur n'a aucun caractère inductif ou capacitif : il n'y a aucun déphasage entre le courant qu'il appelle et la tension qui lui est appliquée.

Lorsque le facteur de puissance est égal à 0 on dit que le récepteur est purement réactif, il ne dissipe aucune énergie sous forme de chaleur. Dans la même période, il absorbe à certains instants de l'énergie du réseau et la restitue intégralement aux autres instants.

Ces deux cas extrêmes ne correspondent qu'à des modèles, les récepteurs réels n'étant jamais idéaux. Mais ces modèles peuvent bien convenir dans les conditions d'utilisation du récepteur considéré.

Importance du facteur de puissance pour le distributeur

Les distributeurs d'électricité facturent généralement la puissance active consommée sur la base de la mesure réalisée au point de fourniture, alors que les pertes dans les lignes sont facturées globalement. Or celles-ci dépendent de l'intensité apparente appelée par les consommateurs (pertes par effet Joule). Si le facteur de puissance d'une installation est faible, l'intensité appelée est grande mais la puissance consommée est faible. C'est pourquoi, pour les gros consommateurs (installations raccordées à la haute tension), la facturation ne tient pas uniquement compte de la puissance active consommée. En France, cette facturation est très complexe ; elle est réglementée par le ministère de l'Industrie par le tarif d'utilisation du réseau public d'électricité (TURPE). Elle ne concerne actuellement que les clients raccordés à la haute tension, les mois d'hiver et au cours des heures pleines[réf. nécessaire].

Exemple : soit un dipôle purement réactif (un condensateur par exemple) traversé par un courant alternatif sinusoïdal d'intensité 1 A sous 230 volts. Ce dipôle introduisant un déphasage de entre la tension et le courant, le facteur de puissance est nul. La puissance active, facturée par le distributeur, est donc nulle. Pourtant, la puissance apparente vaut 230 VA et il passe réellement 1 A dans la ligne, ce qui implique des pertes par effet joule et oblige le distributeur à dimensionner son matériel (transformateurs, lignes, etc.) en conséquence.

Pour le consommateur, la puissance réactive ainsi « consommée » n'est qu'un échange de charges électriques entre le générateur et le dipôle, de puissance moyenne nulle sur la période.

Facteur de puissance en régime sinusoïdal de courant

Effets du facteur de puissance

Courbes représentant l'évolution dans le temps de la tension V(t), du courant I(t) et de la puissance P(t) en fonction du temps ainsi que la valeur moyenne de la puissance. Courbe du haut : facteur de puissance égal à 1 ; courbe du milieu : 0,7 ; courbe du bas : 0,2.

Le schéma ci-contre représente la puissance instantanée (produit de la tension et du courant instantanés) consommée par un dipôle soumis à une tension de 230 V et traversé par un courant de 18 A dans trois cas :

La figure visualise la situation d'un dipôle inductif tel une bobine : le courant est en retard sur la tension. La puissance périodiquement restituée provient de l'énergie magnétique stockée.

Une situation « symétrique » se produit avec un dipôle capacitif : dans ce cas, le courant est en avance sur la tension. La puissance périodiquement restituée provient de l'énergie de la charge électrique stockée.

Les effets de dipôles plus complexes (par exemple un grand nombre de télévisions) peuvent modifier la tension nominale du réseau d'alimentation, engendrer des perturbations de l'onde sinusoïdale et produire des courants harmoniques susceptibles de perturber le bon fonctionnement d'autres appareils. Le gestionnaire du réseau de distribution s'engage à maintenir un taux de distorsion harmonique acceptable, quitte à imposer des contraintes à certains clients qui les génèrent.

Les pertes des lignes électriques sont égales à  :

où est la longueur de la ligne, la puissance active transportée, la conductivité du conducteur, la tension entre phases et la section du fil. Le maintien d'un facteur de puissance élevé est donc intéressant au niveau des pertes. La relation ci-dessus peut d'ailleurs s’écrire plus simplement :

avec la résistance de la ligne et la valeur efficace du courant qui circule dans la ligne, car :

et

Amélioration du facteur de puissance

Illustration de la compensation électrique sur une ligne haute tension

En triphasé sinusoïdal, on utilise les définitions des puissances suivantes pour intermédiaires de calculs :

En France, pour les industriels alimentés en haute tension, la partie de puissance réactive totale est gratuite à concurrence de . L'excédent est facturé pendant les heures pleines des mois d'hiver)[Passage à actualiser]. Il est toujours judicieux de modifier l'impédance de sa charge afin de minimiser sa puissance réactive.

Les facteurs de puissance dégradés d’un grand nombre de points de consommation sont compensés de diverses manières :

Utilisation de batterie de condensateurs

À l'aide de la méthode de Boucherot, on détermine la valeur minimale de , puissance réactive toujours négative des condensateurs, de manière que :

L'industrie utilisant majoritairement des machines inductives, est positive. On en déduit ensuite la valeur minimale des capacités à ajouter au circuit pour respecter le cahier des charges prévu. Ces batteries de condensateurs sont parfois agencées en filtre anti-harmonique.

Utilisation de compensateurs synchrones

Certaines entreprises utilisent des génératrices synchrones pour produire des courants en avance sur la tension afin de compenser le retard des courants consommés par les moteurs électriques, appelées compensateurs synchrones.

Utilisation de systèmes de transmission flexible en courant alternatif (FACTS)

Ces systèmes sont des équipements à base d'électronique de puissance qui ont pour vocation d'améliorer la qualité de l'énergie électrique. Parmi eux, certains comme les compensateur statique d'énergie réactive (ou SVC) permettent à la fois une régulation de la tension et une amélioration du facteur de puissance.

Facteur de puissance et facteur de qualité

En électronique, on définit un facteur de qualité pour les dipôles oscillants qui est d'autant plus grand que le facteur de puissance est faible. La raison en est que la perspective n'est pas la même en électronique et en électrotechnique.

Facteur de puissance en régime non sinusoïdal de courant

Dans le cas où le courant absorbé n'est pas sinusoïdal, le problème est plus complexe : même si le courant est en phase avec la tension (le déphasage est nul), la puissance n'est pas égale au produit des valeurs efficaces

Deux méthodes d'études sont généralement utilisées :

Définitions

Le calcul de la puissance active donne comme résultat :

D'autre part la puissance apparente peut s'écrire :

De ce fait, le facteur de puissance, toujours égal à , s'écrit :

avec les définitions des intermédiaires de calcul suivants :

et :

Détail des calculs

on a avec et ,

d'où :

Notes et références

  1. ↑ Journal officiel de la République française, no 170, 23 juillet 2002, pages 12600 et suivantes.
  2. ↑ Hoffman, Schlabbach et Just 2012, p. 24
  3. ↑ Décret n° 2002-1014 du 19 juillet 2002 fixant les tarifs d'utilisation des réseaux publics d'électricité, en application de l'article 4 de la loi n° 2000-108 du 10 février 2000 relative à la modernisation et au développement du service public de l'électricité.
  4. ↑ Schneider Electric, « Guide de la compensation d’énergie réactive et du filtrage des harmoniques », publication Schneider Electric,‎

Annexes

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes