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Petite Mère |
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Mère Sofia, nom en religion de Cristina Cecchini, née le à Hergiswil en Suisse et morte le à Lausanne dans le même pays, est une moniale orthodoxe italo-suisse[à vérifier] en tant qu'aumônière de rue.
En pionnière, elle participe à la création de multiples structures destinées à venir en aide et à accompagner les plus démunis et les marginalisés, à Lausanne, sans discrimination.
Mère Sofia naît Cristina Cecchini le au Mütter- und Kinderheim Alpenblick à Hergiswil bei Willisau dans le canton de Lucerne, en Suisse, d'une mère femme de ménage et aide-cuisinière, émigrée d'Italie dans les années 1940 du Tyrol, et d'un père autrichien, employé dans une cave viticole. Cette rencontre est éphémère et, ne se sachant pas enceinte, sa mère émigre dans le canton de Lucerne. Cristina Cecchini ne connaîtra jamais son père,,.
Sa mère doit gagner sa vie et place Cristina dans un home. Elle se marie avec un autre homme et s'installe en Suisse romande, puis reprend Cristina. Le retour dans un environnement familial se passe mal : Cristina est une enfant perturbée et le beau-père est violent. Cristina est envoyée à Flos Carmeli, dans le canton de Fribourg, une institution tenue par des carmélites. Cette institution est un internat pour jeunes filles en difficulté où Cristina Cecchini restera jusqu'à la fin de sa scolarité obligatoire. Des dires de sa mère : « …dès qu'elle a eu 10-12 ans, elle s'est mise à dire qu'elle voulait entrer au couvent. »
Dès la fin de sa scolarité obligatoire, Cristina Cecchini vit d'expédients. Dès sa vingt-neuvième année, en , c'est la rupture familiale et son parcours devient flou.
Dès 1985, on revoit déambuler Cristina Cecchini dans les rues en soutane bleue avec sandales et Perfecto, tenue qui deviendra sa « marque de fabrique ». Elle découvre des personnes « blessées par la vie » de ses dires, la souffrance cachée des rues lausannoises. C'est aussi à ce moment qu'elle rencontre les malades du Sida, alors passablement inconnus. C'est en qu'elle prononce ses vœux auprès de Damaskinos d'Andrinople, évêque du diocèse orthodoxe de Suisse. Dès lors, son ministère sera celui de la rue. Elle reçoit le surnom de « Petite Mère »,,.
Dès la fin des années 1980, Mère Sofia obtient des contrats de confiance et des prêts à usage pour aider les malades du sida en fin de vie, entre autres. En , elle est mandatée par le Département de la santé et de l'action sociale du canton de Vaud pour établir un bilan de santé de la rue,.
En , Mère Sofia crée le Parachute à Lausanne. Cette structure d’accueil à bas seuil est destinée à l'origine aux marginalisés et aux malades du Sida en fin de vie. Le Parachute se réoriente par la suite vers l'accueil de jeunes en rupture sociale,.
En , la Soupe populaire est créée par Mère Sofia à Lausanne. Au départ, les plus démunis, sans discrimination et quatre soirs par semaine, trouvent à la place du 14-Juin (ou place Saint-Laurent), un bol de soupe aux légumes et une tranche de pain. Cette même année, la fondation Mère Sofia est créée. Cette dernière permet de décharger Mère Sofia de la recherche de fonds et des tâches administratives. Quatre ans plus tard, la « Soupe » se voit mandatée par le médecin cantonal pour distribuer du matériel d'injection,. Plus tard, la soupe est distribuée 5 soirs par semaine à la place de la Riponne de Lausanne dès , puis des locaux sont investis en à la rue Saint-Martin à Lausanne pour une ouverture journalière.
La distribution du mensuel Macadam Journal est lancée en . En 2007, la vente à la criée de ce journal est remplacée par une institution qui propose des petits travaux à des personnes fragilisées, en marge du marché du travail, Macadam Services,.
Mère Sofia meurt le d'un cancer à Lausanne, à l'âge de 49 ans.
Elle est inhumée le au cimetière du Bois-de-Vaux.
Une polémique, éclate quelques jours après son décès, à la suite des révélations,, du magazine L'Illustré sur le passé de la moniale, qu'elle avait largement inventé, dans un grand entretien accordé au Nouveau Quotidien et publié la veille de Noël 1993.
En 1995, Mère Sofia est désignée comme l’une des cent femmes qui changent le monde par le magazine Marie Claire et reçoit le prix Adèle Duttweiler de Gottlieb und Adele Duttweiler-Stiftung. Mère Sofia est aussi décrite dans l'ouvrage 100 femmes qui ont fait Lausanne,,.
En , une élue socialiste au Conseil communal (législatif) de Lausanne dépose une motion visant à rebaptiser la place se trouvant devant l'église Saint-Laurent en place Mère Sofia. La Municipalité s'y oppose en 1998, soulignant d'une part la nécessité de disposer d'un recul temporel suffisant et d'autre part la polémique entourant les mensonges de la moniale sur son passé.
Fin 1997, la Municipalité annonce qu'une plaque commémorative sera apposée sur la maison accueillant la structure dite Le Parachute. Le projet est cependant abandonné au début de l'année suivante face à l'opposition de la Fondation Mère Sofia, qui plaide pour le renommage de la place se trouvant devant l'église Saint-Laurent. Une plaque commémorative est finalement apposée devant l'église en 2002, à l'endroit où la soupe populaire était servie.
Une terrasse Mère Sofia devrait voir le jour en 2026 dans le quartier du Centre de Lausanne , à l'angle de la rue Louis-Auguste Curtat et du Pont Bessières.
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