Le Crucifix de Lucques est un crucifix de bois de cèdre sculpté, attribué à saint Nicodème, ayant contenu des reliques saintes aux vertus miraculeuses.
Il est exposé au tempietto du Duomo de Lucques, après avoir été rapporté de Judée.
Nicodème, disciple du Christ ayant aidé Joseph d'Arimathie à l'ensevelir, aurait, selon la légende, fabriqué plusieurs effigies du Christ en croix, qui sont des images acheiropoïètes : la face du Christ aurait été faite par un ange.
Dans l'un des exemplaires, qui pourrait n'être qu'une copie de « l'original », celui de Lucques rapporté de Judée par un évêque de Lucques au VIIIe siècle, sont découvertes, à l'intérieur, des reliques du Christ : un clou de la Croix, une partie de la couronne d'épines, une fiole du Saint Sang. Une fois découvertes le crucifix se referma sans que personne puisse le rouvrir.
La face du Christ (exécutée par un ange) est dite « Volto Santo di Lucca » dans la Leggenda Leobiniana qui relate l'origine et la translation de la relique (Relatio de revelatione sive inventione ac translatione sacratissimi vultus) et de nombreux miracles lui sont attribués.

Selon légende, elle aurait été sculptée d'après le Saint-Suaire par Nicodème, le disciple venu trouver Jésus de nuit, et enrichie ensuite par lui d'une couronne d'épines. Le visage du Christ aurait été sculpté par un ou par des anges. Au VIIIe siècle, elle aurait été transportée à Lucques depuis Jérusalem, par un bateau sans voile ni rame, ce transfert merveilleux ayant été raconté par un diacre nommé Leobinus.
Cette face fut tellement vénérée par les Lucquois qu'elle fut même considérée comme leur roi, qu'ils l'habillaient de chaussures différentes en semaine et le dimanche, qu'elle portait couronne et qu'ils frappèrent même monnaie à son effigie.
Une cérémonie de la vestition a lieu chaque année le , veille de la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix.
Elle a ensuite suscité de nombreuses répliques aux XIIe siècle et XIIIe siècle, dont celle de la cathédrale de Sansepolcro et dans certaines régions comme la Catalogne.
Dans l'Église Saint-Blaise de Brunswick se trouve un crucifix de bois au cours de la deuxième moitié du XIIe siècle.
Plusieurs villes d'Italie (Bologne, Ponte San Salvatore, Rome) possèdent des crucifix portant un Volto Santo de même origine miraculeuse.