Eugène Dabit

Eugène Dabit
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Eugène Dabit, Autoportrait, huile sur toile, 1926 (coll. ville de Mers-les-Bains).
Naissance
Mers-les-Bains (France)
Décès (à 37 ans)
Sébastopol (Union soviétique)
Activité principale
écrivain
Autres activités
Distinctions
Prix du roman populiste, 1931 (rebaptisé « Prix Eugène-Dabit » en 2012)
Auteur
Langue d’écriture français
Mouvement littérature prolétarienne
Genres
roman

Œuvres principales

Eugène Dabit, né le à Mers-les-Bains (département de la Somme), mort le à Sébastopol (U.R.S.S., actuelle Crimée), est un écrivain et un artiste peintre français.

Il a fait partie du groupe de la littérature prolétarienne et a eu un très grand succès pour son roman L'Hôtel du Nord (dont sera tiré le film portant le même titre), qui fut couronné du prix du roman populiste et porté à l'écran en 1938 par Marcel Carné, avec les acteurs Arletty et Louis Jouvet (dans des rôles inventés pour le film). Il a entretenu une longue correspondance avec Roger Martin du Gard.

Biographie

Sur la maison natale d'Eugène Dabit, rue Jules-Barni à Mers-les-Bains.

Alphonse Eugène Dabit est issu d'une famille de commerçants parisiens.

Son père, Émile Eugène Dabit, né en 1873 à Paris (11e arrondissement), est bandagiste ; il épouse en 1897 Louise Hildenfinger, fabricante d'éventails.

Eugène Dabit naît à Mers-les-Bains (département de la Somme) rue Jules-Barni alors que ses parents s'y trouvent en congés.

En 1899, la famille déménage du passage Duhesme (18e arrondissement) pour la rue du Mont-Cenis. En 1903, elle déménage rue de Suez. En 1904, enfin, elle déménage rue Calmels (1904).

Eugène Dabit effectue ses études primaires à l'école communale de la rue Championnet où il obtient, en 1912, le certificat d’études primaires.

Au début de la Grande Guerre, tandis que son père est mobilisé au 5e régiment du génie, Eugène Dabit interrompt son apprentissage de serrurier-ferronnier et est embauché au métro Nord-Sud de Paris. En 1916, âgé de dix-huit ans, il s'engage volontairement par devancement d'appel pour la durée de la guerre au titre du 109e régiment d'artillerie lourde.

Après six mois d'instruction à Poitiers, il connut un moment de dépression, simulant la folie puis, profitant d’une permission, s’échappa pour rejoindre Paris où il fit une tentative de suicide, se blessant une jambe sans gravité, dans le métro. Remis de ses blessures, il réintégra l'artillerie lourde et fut envoyé en opérations dans le tragique secteur du Chemin des Dames, à Oulches, puis à Reims et Épernay, sa blessure parisienne le faisant muter comme radio-télégraphiste de l'armée et l'appelant à réparer parfois les lignes sous les bombardements. Il a évoqué les images qui lui sont restées des années 1917-1918 dans un poème, J'ai été soldat à dix-huit ans.

Après la fin de la guerre, il vécut avec les troupes d’occupation de la Ruhr en Allemagne puis revint à Paris travailler comme secrétaire-dessinateur au Service de Cartographie de l’Armée.

Enfin démobilisé en 1919, admirant Paul Cézanne, Vincent Van Gogh et Henri Matisse, il préféra étudier l’art de la peinture à l’Académie Biloul en 1920 et 1921, faisant alors la connaissance de nouveaux camarades : Christian Caillard (avec qui il s'installe dans un petit atelier trouvé rue des Mignottes par Émile Dabit) et Georges-André Klein. Grâce à ces derniers, Eugène se plongea pour la première fois dans la lecture, avec Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Stendhal, André Gide.

En 1922, Eugène Dabit, aidé de ses parents, entreprit de se lancer dans l’industrie de la soie peinte avec son ami et associé Christian Caillard. Grâce à une amie de ce dernier, Irène Champigny, propriétaire et gérante d’une galerie d’art, le commerce tourna vite au succès, leur faisant ainsi gagner une petite fortune.

En 1923-1924, Eugène Dabit poursuivit ses études artistiques à l’Académie de la Grande Chaumière où il rencontra notamment Béatrice Appia, dont il devint le préféré, et Maurice Loutreuil. Avec ce dernier comme chef de file, Christian Caillard, Béatrice Appia, Georges-André-Klein et Pinchus Krémègne, Eugène Dabit fit partie du « Groupe du Pré-Saint-Gervais », école dans laquelle la peinture est pour eux un passionnant sujet de discussions et d’essais.

L'Hôtel du Nord, 102 quai de Jemmapes.

En 1923, grâce en partie à l'argent gagné par la vente de soie peinte et à des prêts consentis par deux oncles d’Eugène Dabit, Émile et Auguste Hildenfinger, ses parents devinrent propriétaires de l’« Hôtel du Nord », sis au 102, quai de Jemmapes à Paris (10e) au bord du canal Saint-Martin et s’y installèrent en tant que gérants.

Eugène Dabit, logé chez eux, se fit parfois portier de nuit, observant la clientèle de passage qui inspira ses romans.

En 1924, Eugène Dabit se maria avec Béatrice Appia. Ils firent alors construire, au 7, rue Paul-de-Kock, « une grande et confortable demeure faite pour la peinture, avec un vaste atelier aux hautes verrières ».

Il prend part en 1927-1928 et 1929 au Salon des indépendants. À partir de 1928, de retour d’un voyage au Maroc et lassé de constater un désintérêt pour sa peinture (s'il exposa avec Amedeo Modigliani, Chaïm Soutine et Maurice Utrillo, il aurait surtout aimé recevoir les encouragements de Maurice de Vlaminck « dont il imitait les atmosphères », mais ceux-ci ne vinrent jamais), Eugène Dabit entreprit de devenir écrivain et se trouva une nouvelle muse : Véra Braun, d’origine hongroise, dessinatrice et artiste-peintre de Paris. Dabit, ainsi taxé d’infidélité conjugale, difficilement supportée par sa femme, frôla le divorce à deux reprises pour se résigner finalement à la séparation temporaire.

En 1929, il présente au Salon des Tuileries les toiles Paysage de neige et Mauresque. Son roman L'Hôtel du Nord a été publié en 1929 et obtint en 1931 le Prix du roman populiste, d’une valeur de cinq mille francs. À partir de cette année-là, il commença à militer pour la cause des pauvres gens et pour la littérature « révolutionnaire » en participant à des débats et en faisant des conférences.

En 1932, il bénéficia d’une bourse de la Fondation Blumenthal, fondation américaine pour la pensée et l’art français, d’un montant de vingt mille francs. La même année, l’Association des écrivains et des artistes révolutionnaires étant créée, il s’y inscrivit en tant que membre actif et y rencontra d’illustres personnalités du monde artistique et littéraire avec lesquels il fut souvent en relation amicale. En octobre, caressant le projet de porter Hôtel du Nord à l'écran, il entama des pourparlers avec Henri Jeanson, puis avec Jean Renoir (c'est Marcel Carné qui réalisera le film en 1938).

Tombe d'Eugène Dabit au cimetière du Père-Lachaise (division 44).

En 1936, à l'invitation d’André Gide, Eugène Dabit effectua en U.R.S.S. un voyage à caractère littéraire en compagnie d'André Gide, Jef Last, Louis Guilloux, Jacques Schiffrin et Pierre Herbart, visitant successivement en juillet et août Moscou, Tbilissi, Batoumi, Sokhoumi, Sotchi où la fièvre et la dysenterie s'emparèrent de lui. À sa mort (prétendument de la scarlatine, peut-être d'un typhus qu'on ne sut diagnostiquer : la nature de sa maladie demeura incertaine et apparut même suspecte à Louis Aragon, Maurice Lime parle lui directement de meurtre opéré par les équipes de Staline), survenue inopinément le à l'hôpital de Sébastopol (Crimée d’U.R.S.S.), il ne laissa aucune postérité. André Gide qui relatera ce voyage dans Retour de l'U.R.S.S., lui dédicacera cet ouvrage : « à la mémoire de Eugène Dabit. Je dédie ces pages, reflets de ce que j'ai vécu et pensé près de lui, avec lui. »

Eugène Dabit repose aujourd’hui auprès de ses parents au cimetière du Père-Lachaise (division 44) à Paris. Louis-Ferdinand Céline lui dédie en 1937 Bagatelles pour un massacre. C'est encore André Gide qui dira : « On ne pouvait imaginer quelqu'un plus digne d'être aimé que Dabit ».

Œuvres du peintre

Expositions du peintre

Expositions collectives

Expositions personnelles

Œuvres de l'écrivain

Livres

L'Hôtel du Nord en 2013.

Articles

Réception critique et témoignages

Le peintre

L'écrivain

Eugène Dabit, Paysage, huile sur toile (coll. particulière).

Prix et distinctions

Musées et collections publiques

Pour approfondir

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Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. ↑ « État civil de Mers-les-Bains, registre des naissances de 1897 à 1904, vue 34 / 169, 2E533/9 » Accès libre, Archives départementales de la Somme (consulté le ).
  2. ↑ « État civil du 11e arrondissement, registre des naissances du 2 au 18 septembre 1873, vue 25 / 31, V4E 3887 » Accès libre, Archives de Paris (consulté le ).
  3. ↑ « État civil du 20e arrondissement, registre des mariages du 7 au 18 décembre 1897, vue 9 / 31, V4E 10736 » Accès libre, sur paris.fr, Archives de Paris (consulté le ).
  4. 1 2 « Registres matricules militaires, 4e bureau de recrutement, classe 1893, matricule n°2052, Dabit, Emile Eugène, D4R1 762 » Accès libre, Archives de Paris (consulté le ).
  5. 1 2 Pierre-Edmond Robert, « André Gide en U.R.S.S. Conférence faite à l'université de Kyushu » Accès libre, sur docplayer.fr, (consulté le ).
  6. ↑ « Registres matricules militaires, e bureau de recrutement, classe 1918, matricule n°2522 Dabit, Alphonse Eugène, D4R1 2085 » Accès libre, Archives de Paris (consulté le ).
  7. 1 2 Maurice Rieuneau, Guerre et révolution dans le roman français de 1919 à 1939, Slatkine Reprints, Genève, 2000; voir le chapitre III consacré à Eugène Dabit : Persistance du témoignage personnel, pages 265-273.
  8. ↑ « Eugène Dabit, J'ai été soldat à dix-huit ans, collège Madame de Sévigné, Mauron (Morbihan) » [PDF] Poème intégralement cité par André Gide dans Feuillets d'automne et quelques récents écrits, Mercure de France, 1949.
  9. ↑ « La ville des gens - Écrivains de Belleville : Eugène Dabit », sur des-gens.net via Wikiwix (consulté le ).
  10. ↑ Vincent Vidal, « Hôtel du Nord : l'hôtel centenaire du canal Saint-Martin », Le Journal du village Saint-Martin,‎ (lire en ligne).
  11. ↑ David Nahmias et François Possot, « Eugène Dabit », sur encres-vagabondes.com (consulté le ).
  12. ↑ Pierre-Edmond Robert, D'un "Hôtel du Nord l'autre : Eugène Dabit, 1898-1936, Bibliothèque de littérature française contemporaine de l'Université Paris VII, 1987.
  13. 1 2 René Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, t. 1, A-E, Art & Édition, , p.339.
  14. ↑ « Marie-Thérèse Siméon, « Redécouvrir Eugène Dabit » », sur L'Humanité via Internet Archive, (consulté le ).
  15. 1 2 Arthur Greenspan, dans Dictionnaire des littératures de langue française, Bordas, 1994.
  16. ↑ Voir cependant l'hommage posthume rendu par Maurice de Vlaminck à Eugène Dabit dans l'ouvrage collectif Hommage à Eugène Dabit, Gallimard, 1939.
  17. 1 2 « Céline Le Saint, Eugène Dabit, CLS Éditions », sur celinelesaint.fr via Internet Archive (consulté le ).
  18. ↑ « Marcel Carné, « Ce qu'on ne verra pas dans "Hôtel du Nord" » », sur Marcel Carné, Cinémonde spécial Noël 1938 (consulté le ).
  19. ↑ Bernard Morlino, Parce que c'était lui - les amitiés littéraires de Montaigne et La Boétie à Boudard et Nucera, Éditions Écriture, 2015.
  20. ↑ Louis Aragon, La mise à mort, Gallimard, 1965, pages 39-43.
  21. ↑ Maurice Lime, Les risques de la sincérité, La Pensée Universelle, 1975, pages 85-86.
  22. ↑ « Pierre-Edmond Robert, André Gide en U.R.S.S., conférence prononcée à l'Université du Kyushu le 27 avril 2009 », sur docplayer.fr via Internet Archive (consulté le ).
  23. ↑ « Bibliothèques spécialisées, photos de l'enterrement d'Eugène Dabit ».
  24. 1 2 3 Laffont et Bompiani, Le Nouveau Dictionnaire des auteurs de tous les temps et de tous les pays, Éditions Robert Laffont, 1994.
  25. ↑ Me Blanchet et Ass, 16 novembre 2011, Drouot, Paris, lot no 60,.
  26. 1 2 Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, tome 4, page 170.
  27. ↑ Gérald Schurr, « Les expositions », La Gazette de l'Hôtel Drouot, no 33, 30 septembre 1977, page 17.
  28. 1 2 Michel Florisoone, « Dans les galeries - L'œuvre peinte d'Eugène Dabit, Galerie Bernheim-Jeune », L'Amour de l'art, no 9, novembre 1937, p. 309.
  29. ↑ George Besson, « Les expositions : Eugène Dabit », L'Humanité, no 14223, 27 novembre 1937.
  30. 1 2 Gérald Schurr, « Les expositions Rive Droite : Eugène Dabit », La Gazette de l'Hôtel Drouot, no 17, 25 avril 1986, page 49 (article citant Roger Martin du Gard).
  31. ↑ « Jacbayle, "L'île" d'Eugène Dabit, présentation du livre ».
  32. ↑ « « Les livres d'art anciens et modernes : Eugène Dabit. Les Maîtres de la peinture Espagnole - Le Greco, Vélasquez », Cahiers d'art, 1937, p. 104 ».
  33. ↑ Hervé Bel, « Les aventures de Pierre Sermondade, présentation du livre, 2015 ».
  34. ↑ Jean Giono, « Dabit à Manosque », dans La Nouvelle Revue Française, no 39, juin 1939. Texte repris dans « De Monluc à la "Série noire" », Les cahiers de la NRF série Giono, no 5, pp. 124-130, Éditions Gallimard, 9 octobre 1988.
  35. ↑ Roger Bezombes, L'exotisme dans l'art et la pensée, Elsevier, 1953, p. 193.
  36. ↑ Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996, p. 217.
  37. ↑ « Antoine Compagnon, Eugène Dabit, in Encyclopædia Universalis ».
  38. ↑ Musée Carnavalet, Eugène Dabit dans les collections.
  39. ↑ « Vie à Mers - Le Lions-Club offre un autoportrait d'Eugène Dabit à la ville », Mers'Info,‎ (lire en ligne).