| Fondation | |
|---|---|
| Fusion de |
| Sigle |
DDT-M |
|---|---|
| Zone d'activité | |
| Type | |
| Domaine d'activité |
Urbanisme, Aménagement du territoire, Logement, Environnement, Agriculture. |
| Pays |
| Dépend de | |
|---|---|
| Affiliation |
La direction départementale des Territoires (DDT) est un service déconcentré de l'État français créé au , prenant la forme d'une direction départementale interministérielle (DDI), et officiant auprès du préfet de département dans les domaines des politiques d'aménagement des territoires et de leur développement durable.
Cette administration territoriale est issue de la fusion : des directions départementales de l'équipement (DDE), des directions départementales de l’agriculture et de la forêt (DDAF), des bureaux environnement des préfectures et dans les départements littoraux, des directions départementales des affaires maritimes (DDAM).
Dans les départements côtiers, le service prend le nom de direction départementale des Territoires et de la Mer (DDTM). Il s'agit des départements : Alpes-Maritimes, Aude, Bouches-du-Rhône, Calvados, Charente-Maritime, Côtes-d'Armor, Eure, Finistère, Corse-du-Sud, Haute-Corse, Gard, Gironde, Hérault, Ille-et-Vilaine, Landes, Loire-Atlantique, Manche, Morbihan, Nord, Pas-de-Calais, Pyrénées-Atlantiques, Pyrénées-Orientales, Seine-Maritime, Somme, Vendée et Var. Il y a donc 26 DDTM et 66 DDT.
Les Directions départementales de l'agriculture sont créées en 1965, puis sont devenues des Directions départementales de l'Agriculture et de la Forêt (DDAF) en 1984. Les Directions départementales de l'Équipement (DDE) sont créées en 1967, elle dépendent du Ministère de l'Équipement créé l'année précédente.
Avec l'arrivée au pouvoir de la gauche, en 1982, débute une politique de décentralisation en France. Les DDE sont particulièrement affectées par les changements d'organisation administrative de la France, notamment car une partie de leurs missions sont transférées aux nouveaux conseils généraux.
En 1993, un rapprochement entre services des DDE et DDAF est engagé par la circulaire du . Cette première tentative n'a pas eu de résultats concrets fautes d'objectifs clairement définis et de pilotage au niveau central et dans un contexte de réduction des budgets. Cependant des Mission interservice de l'eau sont progressivement mise en place dans les départements.
En 2007, Nicolas Sarkozy lance une Révision générale des politiques publiques dont l'objectif est de réduire les dépenses publiques. Cette réforme passe entre autres par une réorganisation des administrations centrales et territoriales. Dans ce contexte, le décret no 2006-1740 du planifie la fusion entre DDE et DDAF, pour créer les Directions Départementales de l'Équipement et de l'Agriculture (DDEA). L'expérimentation commence le dans huit départements-test : Ariège, Aube, Cher, Loir-et-Cher, Lot, Yvelines, Territoire de Belfort et Val-d'Oise, puis le décret no 2008-1234 du étend, pour le , la fusion dans 47 départements supplémentaires. Les derniers départements devaient être concernés à partir de 2010, mais le processus est interrompu et une autre réforme, dite Réforme de l'administration territoriale de l'état (RéATE), met en place des Directions départementales des territoires par regroupement des DDEA (dans 55 départements) ou des DDE et DDAF (dans les 40 autres départements) avec les services « environnement » des préfectures, au ,.
La fusion s'est accompagnée d'une réduction des effectifs et d'un transfert de certaines missions au profit des services régionaux (DREAL, DRAAF), créés la même année, par fusion d'anciens services déconcentrés de l’État, en particulier en ce qui concerne le ministère de l'écologie. Ainsi, le sociologue François-Matthieu Poupeau calcule que « la plupart des DDT(M) affichent des baisses d’effectifs de l’ordre de 10 à 15 % en 2009 et 2010 ».
Par ailleurs, la RGPP puis la RéATE positionnent le préfet comme pilote des services déconcentrés de l’État au niveau du département. Les directeurs départementaux des territoires perdent donc leur autonomie au profit des préfets et des directeurs des services régionaux, d'après plusieurs sociologues comme Debar ou Poupeau.
Le Sénat note une « attrition » (une diminution continue) des effectifs, dans les DDT entre 2012 et 2019, le nombre d'agents étant passé de environ 22 000 ETP à 15 000 ETP. La Cour des comptes précise que ce sont les DDTM qui accusent les réductions d'effectifs les plus fortes, qu'elles sont excessives et que leur répartition est sans rapport avec l'évolution de la population départementale ou l'évolution de la réglementation.
Une série d'inspections, menées entre 2017 et 2018, dans les DDT(M) de 9 départements tendait à montrer que ces administrations continuaient a exercer globalement l'ensemble de leurs missions à cette époque. Malgré tout, les DDT(M) ne participaient plus au comité de pilotage des SAFER et diminuait les contrôles dans tous les domaines (contrôles de légalité en matière d’urbanisme, des déclaration au titre de la loi sur l'eau, des bailleurs sociaux ...) ainsi que l'accueil du public, le suivi des plaintes et le conseil juridique.
Presque dix ans plus tard, dans un rapport sur la police de l'eau, publié en mai 2026, la Cour des comptes note que les DDT(M) se concentrent sur un rôle d'instruction de demandes d'autorisation au détriment des contrôles qui sont peu nombreux et ne donnent que très peu lieu à des sanctions. La cour juge ainsi la mise en œuvre de cette politique à la fois inefficiente par rapport aux moyens qui y sont consacrés et inefficace pour atteindre les objectifs d'amélioration de la qualité de l'eau,.
Entre 2020 et 2021, les services des ressources humaines et autres services supports (par exemple logistique, et informatique) des différentes directions départementales dépendantes des préfets (entre autres DDT et préfectures) sont fusionnés, pour créer des services généraux communs départementaux (SGCD). Une enquête de l'Inspection générale de l'administration montrait en 2023 que la fusion n'avait pas atteint ses objectifs de diminution des dépenses publiques et avait eu des conséquences négatives sur la qualité des services tant pour les personnels de l’État que pour les usagers du service public. Parallèlement les SGCD rencontrent des difficultés de recrutement.
La Direction départementale est une direction départementale interministérielle. Elle tient ses ordres du préfet de département, et elle est gérée au quotidien par un directeur départemental des territoires. Ce dernier est nommé par arrêté conjoint du premier ministre et du ministre de l'intérieur. Depuis 2025, un avis du préfet de département est requis dans le cadre de la procédure de recrutement du directeur des territoires.
Les services de la DDT(M) sont organisés de façon spécifique dans chaque département.
Les principales missions des DDT recouvrent les domaines suivants :
Il est important de noter que la répartition des compétences entre les services de l’État n'est pas uniforme dans tout les départements, ainsi certaines missions, exercées dans un département par la DDT(M), peuvent l'être dans un autre département par le bureau environnement de la préfecture ou par la DREAL ou la DRAAF. Par exemple, dans le domaine de la biodiversité, les demandes de dérogation à l'interdiction de porter atteinte aux espèces protégées sont instruites par les DDTM en région Pays-de-la-Loire, Bretagne ou Centre, alors qu'en région Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes ou Nouvelle-Aquitaine, ce sont les DREAL qui instruisent ces dossiers.
À leur origine, dans les années 1970, les Directions départementales de l'équipement réalisent les projets des collectivités, à la fois à l'étape de l'ingénierie et des travaux. En 1979, une nouvelle mission est confiée aux services départementaux de l'État (à la fois DDE et DDAF), celle de conseiller et d'assister les communes « en matière d'aménagement et d'habitat ». La nature des missions évolue peu avec la décentralisation même si une partie se voit confiée aux collectivités nouvellement créées.
En 2001, la loi Murcef prévoit que la prestation de service devienne soumise au Code des marchés publics et donc à la concurrence, on parle alors d’ingénieure publique concurrentielle. Exceptionnellement pour les petites communes rurales les services déconcentrés continuent de réaliser ces mission dans le cadre de la politique dite d'assistance technique pour raisons de solidarité et d'aménagement du territoire (Atesat) sans être soumis à la concurrence. La compétence d'ingénierie publique concurrentielle est finalement supprimée en 2011 comme prévu par une circulaire du ), puis c'est au tour de l'ATESAT en 2014 (date de suppression dans la loi des finances) y compris pour les petites communes.
Le nouveau gouvernement socialiste met en place un « nouveau conseil au territoire », en 2016, pour pallier la perte de l'ATESAT. La nouvelle mission est confiée aux DDTM prioritairement et aux Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA).
Depuis la loi de décentralisation du 7 janvier 1983, ce sont les communes qui ont le pouvoir de délivrer les autorisation d'occupation du sol (permis de construire et autres autorisations d'urbanisme). Cependant, les services déconcentrés de l'État ont continué d'instruire ces demandes pour le compte des communes, dans de nombreuses communes jusqu'en 2007.
À partir de 2007, seule les communes de moins de 10 000 habitats peuvent faire instruire les demandes d'autorisation d'urbanisme par les services de l'État, et finalement cette possibilité disparait pour toutes les communes au . Aucune ressource n'est transférée de l'État aux collectivités pour assurer cette mission.