| Conseiller du roi en son conseil d’État, notaire et secrétaire de Sa Majesté, Maison et Couronne de France et de ses finances, premier secrétaire du cardinal de Richelieu |
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| Naissance |
V. 1580 Paris |
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| Décès | Paris |
| Sépulture |
Église Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris |
| Activité | |
| Période d'activité |
1609-1642 |
Denis Charpentier, né à Paris vers 1580 et mort à Paris le , seigneur de Saint-Mard, est un proche collaborateur du cardinal de Richelieu. À partir de 1609 et jusqu'en 1642 il exerça les fonctions de premier secrétaire auprès du cardinal-ministre.
Denis Charpentier est le fils cadet de Claude Charpentier (1510-1584), chirurgien et opérateur-oculiste du roi, et de Louise Foucher ( ?-v. 1630), sa femme. La famille semble être bien implanté à Paris depuis plusieurs décennies.
Claude Charpentier fut marié deux fois. Il épousa d’abord une certaine Jeanne Guyot, dont il eut au mois deux enfants :
Après le décès de sa première femme, Claude Charpentier le père se remaria avec Louise Foucher qui lui donna encore trois enfants :
Avant de devenir secrétaire de Richelieu, Denis Charpentier figure, en , comme suivant les finances, c’est-à-dire un commis employé aux écritures et aux affaires d’un officier des finances.
Il devint secrétaire de Richelieu vers 1609, faisant partie du tout premier cercle qui fut formé autour du jeune évêque de Luçon. Dans les années 1609-1629 Denis Charpentier partagea les fonctions de secrétaire avec son collègue Michel Le Masle avant de devenir un véritable chef du Cabinet et premier secrétaire du cardinal. De son côté, Le Masle exerça les fonctions de factotum, c’est-à-dire « à la fois intendant, homme d’affaires, voire maître d’hôtel et argentier » de Richelieu. C’est lui qui dirigea toute l’administration privée du cardinal ainsi que sa fortune personnelle. Maximin Deloche, érudit et savant reconnu, a admis que, contrairement aux autres serviteurs, comme Michel Le Masle, la personnalité de Charpentier restait « effacée et imprécise ».
Denis Charpentier, qui était d’abord un « scribe professionnel » employé pour écrire sous la dictée de Richelieu et imiter sa main, lisait à haute voix la correspondance, épargnant à son maître la lecture ennuyeuse des rapports et mémoires de moindre importance qui affluaient de toutes parts. À la tête du cabinet privé de Richelieu, il fut l’un des instruments indispensables du travail personnel du cardinal pendant près de trente-trois ans.
Ayant acquis une grande expérience, Denis Charpentier vit rapidement grandir la confiance que lui accordait Richelieu. Cette situation exceptionnelle auprès du premier ministre peut être restituée grâce à des lettres personnelles conservées pour une grande part à la Bibliothèque nationale de France, dans le fonds Baluze. La lecture attentive de sa correspondance a fait émerger le rôle fondamental joué par Charpentier au service du cardinal : celui d’informateur-intermédiaire entre Richelieu et d’autres personnages. Ne voulant pas importuner le cardinal, de nombreux personnages s’adressaient à Charpentier qui triait et transmettait les informations à son maître. Ces courriers regorgent de détails se rapportant, entre autres, aux rivalités entre les évêques et les gouverneurs civils, aux conflits militaires, à la politique maritime du cardinal ou aux affaires languedociennes. Gérant principalement les grâces demandées et obtenues, le secrétaire ne participait pas pour autant directement à l’élaboration et à la prise des décisions d’ordre politique.

En 1629, Denis Charpentier fit rentrer au Cabinet Pierre Cherré (1607-1689), parent de sa femme Antoinette Le Conte qui écrira principalement sous la dictée de Richelieu. Ce renfort soulagera Charpentier et lui permettra d’accomplir d’autres missions, telles que la rédaction des « Mémoires » de Richelieu. Grâce à l’aide de Cherré Charpentier pouvait consacrer davantage de temps à sa correspondance touchant souvent aux affaires du royaume et répondre plus régulièrement à ses solliciteurs.
D'une fidélité exemplaire, Denis Charpentier entama rapidement son ascension sociale dans la Maison du roi, qui était un véritable « agent de mobilité sociale » :
Le , Denis Charpentier se procura une charge de conseiller et secrétaire du roi, Maison et Couronne de France du collège des Soixante-six. Grâce à cette acquisition, il devint un noble héréditaire comme s’il l’avait été de quatre générations, ce qui en fit juridiquement un gentilhomme. En 1633, il devint commissaire général de la Marine du Ponant.
À partir de 1635, Denis Charpentier fit l’acquisition d’une belle demeure, rue Saint-Thomas-du-Louvre. Il s’agissait très certainement d’une grande maison remaniée au XVIe siècle. Sa demeure présentait toutes les caractéristiques d’un hôtel : l’existence d’une cour, « cet espace clos intérieur qui fait l’hôtel », autour de laquelle se regroupent les locaux et les dépendances, et d’un jardin.
Le et le , il devint propriétaire de la seigneurie de Saint-Mard aux portes de Dammartin-en-Goële.
Comblé de dons et de faveurs, non seulement Denis Charpentier constitua une fortune importante, mais il cumula un certain nombre de dignités. Dans l’un des derniers actes notariés au bas duquel il apposa sa signature, son titre officiel et complet était « Messire Denis Charpentier, seigneur de Saint-Mard, conseiller du roi en son conseil d’État, notaire et secrétaire de Sa Majesté, Maison et Couronne de France et de ses finances ».
Denis Charpentier mourut à Paris le et fut très probablement enterré dans son église paroissiale Saint-Germain-l’Auxerrois.
Denis Charpentier fut marié, le , à Antoinette Le Conte (v. 1600-1661), originaire de Nogent-le-Rotrou, fille de Denis Le Conte, receveur de tailles de la seigneurie d’Arcisses, et d’Antoinette Féron. De cette union naquirent au moins quatre enfants – deux garçons et deux filles –, dont trois atteignirent l’âge adulte :