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Denis Fernand Py |
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Crèche de Fernand Py (d) |
Denis Fernand Py, dit Fernand Py, né le à Versailles et mort le à Sommeville, est un sculpteur, ivoirier et médailleur français,,.
Artiste d’art sacré chrétien, il est essentiellement connu pour ses sculptures sur ivoire qui ornent un grand nombre d’objets liturgiques, ses statues en bois, ses crèches et ses médailles,.
Fernand Py naît en 1887 dans une modeste maison de la rue du Hasard à Versailles. Son père, Louis Charles Py, est graveur. Sa mère s’appelle Eugénie Ernestine Gras. Il semble qu’il ait eu plusieurs frères dont Charles, Gaston, Marcel et Georges, ainsi que deux sœurs Marguerite et Alice.
Il vit une enfance difficile. Malentendant, son handicap l’isole des autres enfants et il est l’objet de harcèlement. L’origine de cette demi-surdité n’est pas claire. D’après Henri Brochet, il est malentendant de naissance. D’après Henri Charlier, son handicap résulte d’une typhoïde. De plus, en raison de « malheurs familiaux », il entre avec ses frères Gaston et Marcel à l’assistance publique en 1899. Il a alors onze ans.
Heureusement, un oncle de Fernand, avocat, apprend sa situation après environ 6 mois et l’en retire. Décelant peut-être un don chez son neveu, il le place à 13–14 ans comme apprenti sculpteur sur bois chez des fabricants de meubles du faubourg Saint-Antoine de Paris,. Il y reste trois ans, d’abord comme simple apprenti puis comme ouvrier apprenti. Py s’y fait remarquer en raison de son goût pour la création, au grand dam de son patron qui souhaiterait que son ouvrier se contente de copier les motifs demandés par le client.
Son oncle protecteur meurt quelque temps après l’avoir placé, laissant Py seul pour faire ses premiers pas dans la vie active. Une fois son apprentissage effectué, Py ne peut pas rester chez son patron du faubourg Saint Antoine, car celui-ci ne peut pas le payer comme un véritable salarié. De plus, sa surdité le rend timide et mal à l’aise avec les manières des autres compagnons. Enfin, il ne veut pas continuer à reproduire encore et encore les mêmes ornements.
Vers 1908, il s’intéresse à la sculpture sur ivoire et rencontre des marchands ou des antiquaires,,. Pour eux, il réalise des Vierges ou des Christs dans un style médiéval. Artistiquement, il est déjà plus libre au niveau du mouvement et des détails de ses figures. Son talent est tel qu’une de ses sculptures est authentifiée comme médiévale par un expert ! Néanmoins, ces milieux marchands ne sont pas toujours honnêtes et certains n’hésitent pas à faire passer volontairement ses œuvres pour des pièces d’époque. Cela irrite Py pour qui la foi et la morale chrétienne sont des choses sérieuses.
Il déménage à la campagne pour « travailler dans une atmosphère morale plus digne, faire des statuettes ou des Christs qui iraient dans les églises ou chez des chrétiens ». Cela lui permet également de s’affranchir de la copie et de réaliser ses propres œuvres.

En 1912, il rencontre Henri Charlier et noue avec lui une solide amitié,,,. Ce dernier lui communique son « esprit », c'est-à-dire le goût de la taille directe. Il lui permet également d’acquérir la culture artistique qui lui manque,. Charlier lui fait découvrir Rodin, Cézanne, les primitifs flamands, etc.
Ils collaborent de 1919 à 1923.
Dès 1920, il rejoint et travaille avec « L’Arche ». Ce groupement d’artistes chrétiens est fondée en 1917 par l’architecte Maurice Storez et Valentine Reyre. Il a pour objectif de promouvoir le renouveau de l’Art sacré, en réaction au style saint-sulpicien encore très présent à l’époque, et de retrouver l’esprit des anciennes corporations d’artisans.

En 1921, il vient habiter pour les beaux jours à Monéteau (Sommeville) près d’Auxerre. Il y aménage son atelier dans une maison de paysan,.
Devenu progressivement un maître reconnu, il enseigne la sculpture à des élèves dont François Brochet,.
Tout au long de sa vie d’adulte, son épouse, Jeanne Riquet, partage sa foi et le soutient,,.
Py est un homme simple et d’après Charlier, il est « trop artiste et désintéressé pour songer à autre chose qu’à l’art même ». Il ne s’adonne donc qu’à très peu de mondanités. Néanmoins, il présente régulièrement au public des œuvres. Ainsi il expose au Salon d'automne en 1922, aux Salon des indépendants en 1923 et au Salon des artistes décorateurs en 1924.
Son caractère aimable et jovial lui permet de devenir l’ami de Valéry-Radot, de Henri Ghéon et d’Henri Brochet. C’est ce dernier qui après sa mort survenue le , rédige une biographie en son hommage qui parait dans la revue L’Art d’Eglise en 1953,.

Ses funérailles se déroulent le dans la cathédrale Saint-Étienne d'Auxerre qu'il aimait particulièrement et pour laquelle il avait sculpté une grande statue de Sainte Thérèse,,,.
Il est inhumé, avec son ciseau et son marteau,, au cimetière Saint-Amâtre d'Auxerre.
Après sa mort, Abel Moreau, journaliste au journal La Croix, le présente de la manière suivante :
« Fernand Py avait une âme d'enfant toujours ouverte aux émerveillements ; comme les enfants, il vivait dans un monde de rêve où se mouvaient une quantité de personnages venus en droite ligne des âges de foi et de fantaisie…
Foncièrement bon, toujours joyeux malgré une surdité précoce, aimant la compagnie, les visites, les bons mots, les histoires gaies, il était avant tout un artiste et un artiste chrétien…
On l'aimait bien. Sa maison au bord de l'eau, sa silhouette un peu lourde, et cette œuvre innombrable que l'on imaginait autour de lui, faisaient partie de cet admirable paysage d'Auxerre, l'un des plus beaux qui soient. »
Py pratique la taille directe sur bois, ivoire et parfois sur pierre.

Parmi ses œuvres, on trouve de nombreux objets ou éléments d’objets liturgiques en ivoire, des statues en bois représentant divers saints, des crèches dont une a été particulièrement reproduite et des médailles.
Voici une liste d'œuvres, loin d'être exhaustive :
Certaines médailles de Py sont éditées par Riquet et certaines de ses sculptures sont reproduites en plâtre par la Librairie de l'Art Catholique de Louis Rouart,.
Pour l'orfèvre François Biais, Py créé des nœuds de calice et de ciboire ainsi que des crosses,.
Plusieurs expositions se tiennent dans les décennies après sa mort :
Des crèches de Fernand Py sont régulièrement présentées au public dans les expositions de crèches, notamment durant les fêtes de fin d'année.
Une médaille de Fernand Py représentant saint Joseph tient un rôle central dans le film l'Exorciste de William Friedkin sorti en 1973.