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Didymus Chalcenterus (en grec ancien Δίδυμος χαλκέντερος / Dídumos khalkénteros) (vers -63, 10), grammairien de l'école d'Aristarque d'Alexandrie, contemporain d'Auguste.
Il se rendit célèbre par ses travaux immenses (on le surnomma pour ce motif χαλκέντερος / khalkénteros, signifiant « aux entrailles de bronze »), et par la multitude de ses ouvrages, qu'il porta jusqu'au nombre de 4 000, et qui étaient, pour la plupart, des commentaires sur un très grand nombre d'orateurs et de poètes grecs. Il s'intéressait à tous les aspects des livres commentés : critique du texte, interprétation, explication des termes mythologiques, géographiques ou historiques, analyse rhétorique. Il rédigea ainsi six livres de critiques contre Cicéron, qualifiés de « jappements de roquet contre un lion » par Ammien Marcellin. Il est également l'auteur de traités de grammaire. Quintilien rapporte que, ayant écrit plus de livres qu'il ne pouvait s'en souvenir, Didyme ne crut pas une histoire qu'on lui raconta. On lui montra alors un de ses propres ouvrages dans lequel il la tenait pour vraie.
Cependant le chercheur Paul Foucart avance une explication permettant d'expliquer la réputation d' auteur très prolifique attachée à Didyme dès l'antiquité
De ce travail immense, seuls des fragments nous sont parvenus, rassemblés en 1854 par M. Schmitt.
En 1904 a été découvert une partie assez conséquente de son commentaire sur les Philippiques de Démosthène.
Ce nouveau papyrus permet d'entrevoir le véritable travail d'érudition de Didyme, dans la tradition solide Alexandrine.
Pour établir le commentaire de l'œuvre, il part toujours de la vulgate du texte fixée par Aristophane de Byzance, à Alexandrie, puis tout au long du texte original, il explicite des termes, des concepts, ou des évènements en prenant appui sur une pluralité de source de qualités. il confronte ses sources, établit des comparaisons logiques, y applique le sens critique. Cette méthode se laisse bien voir dans les vestiges du papyrus P berol 9780 de son commentaire de Démosthène.
Dans l'esprit de Didyme, tels que le démontrent les fragments papyrologiques, il ne s'agissait pas rééditer le texte même des œuvres de chaque auteur, avec des notes enrichies, mais bien plutôt des commentaires indépendants reprenant les extraits avec des commentaires d'érudition à leurs suites. Il fut bien supérieur à ses devanciers, et fit preuve de sagacité dans le choix de ses sources, et des thématiques a préciser . au final il avait su déployer une grande qualité d'érudition dans ses analyses.
Dans l'esprit de Didyme, selon la tradition alexandrine, il s'agissait d'éclairer, de dater, de contextualiser les termes et faits reproduits dans les œuvres majeures des auteurs anciens. C'est un travail d'érudition philologique, stylistiques et historique.
Il fournit un éclaircissement, mentionne une erreur historique, ou une déformation au regard de plusieurs témoignages externe sur le sujet . Il s'agit d'un commentaire savant, solide qui fait preuve d'érudition philologique.
Un papyrus en mauvais état Oxyrhynchus papyrus n°2506 part XXIX, nous a révélé la première partie de son commentaire des poètes lyriques anciens.
Les 176 fragments préservés nous redonnent quelques éléments d 'érudition de Didyme. Il explicite des éléments poétiques, et biographiques sur Stésichore ( la palinodie sur Troie ), Alcman ( nationalité), Sappho ( ses relations avec ses frères), Alcée ( et son accusation de meurtre)...
Pour l'aider dans ce travail d'exégèse de qualité, il pouvait compter sur les riches et ressources de la bibliothèque d'Alexandrie.
Son commentaire sur Démosthène est une bonne illustration de sa manière de procéder à l'exégèse de textes célèbres. Tous les commentaires réalisés par Didyme partaient d'un point de vue contextuel et historique (avec citations textuelles variées à l'appui). Il commençait toujours par discuter de la date de l'œuvre étudiée. Ensuite, selon la nécessité du texte commenté, il établissait de nombreux renvois historiques, des précisions du contexte, lieux, dates d'évènements, et éléments biographiques des personnes concernées par l'œuvre étudiée[réf. nécessaire].
La méthode exégétique de Didyme est la suivante : il commence par résumer l'argumentaire du discours, puis en discute l'authenticité, et sa date historique. Ensuite il s'attache paragraphe par paragraphe à y rattacher son commentaire savant visant toujours a préciser le sens et/ou fournir des éléments de contexte historique ou savants[réf. nécessaire].
D'après le papyrus retrouvé[Lequel ?], on peut ainsi concrètement retrouver sa méthode de commentateur :
Papyrus colonne 1 (fragmentaire) : Démosthène sur la couronne
Ainsi par exemple Didyme, dans son commentaire Les Philippiques de Démosthène au sujet du séjour d'Aristote auprès du satrape Hermias en Asie mineure confronte un récit historique soit favorable à Aristote et Hermias - Hermippe de Smyrne, auteur d'une biographie du philosophe de Stagire, ou Callisthène neveu d'Aristote -, soit défavorable - Anaximène de Lampsaque nettement hostile au philosophe, ou Théopompe.
Didyme connait de première main les œuvres de Callisthène (biographie d'Hermais), Théopompe (histoire de Philippe), Anaximène de Lampsaque (histoire de Philippe), Hellanicos de Lesbos (Mythologie), Andron d'Halicarnasse, Domitios Callistratos, etc.
De plus, il nous est resté un témoignage de ses commentaires sur les auteurs de comédies grecques. Il savait expliquer les allusions ou les reprises, redites effectuées par un auteur en s'inspirant d'un autre. C'est le cas de la pièce des rois d'Aristophane qui comporte une allusion sur l'usage du vin pour favoriser l'inspiration dont Cratinos en faisait une de des thématiques de sa pièce La pytinie.
Formé dans l'environnement solide d'érudition alexandrine, il élaborait ses commentaires avec soins en croisant systématiquement une pluralité de sources antiques, et aussi parfois en interrogeant l'authenticité de tel ou tel passage par l'utilisation d'une analyse stylistique pertinente. Cette démarche rigoureuse associant érudition profonde, et esprit critique permettait à Didyme de contextualiser d'une manière érudite les œuvres majeures d'auteurs anciens. En cela il fut un digne successeur de l'érudition alexandrien illustrée par Callimaque dans son corpus de Pinakes (catalogue savants d'œuvres antiques).
Cette large et solide érudition permet de faire justice à la plaisanterie qui courait parmi ses contemporain sur ses contradictions présentes dans ses commentaires. En effet même un grand érudit comme lui, de surcroit très prolifique, pouvait parfois se contredire ci ou là. Cela ne déprécie en rien la qualité du travail réalisé par ce grand érudit, et grand lecteur. Un homme savant parcourant les bibliothèques pour y trouver aussi des témoignages anciens, oubliés, originaux ou méconnus lui permettant d'établir des commentaires savants. Didyme était un érudit de l'École d'Alexandrie, un homme érudit et à ce titre il a eu accès a la bibliothèque Alexandrine, qui au 1er siècle av. J.C., possédait encore un catalogue d'œuvres très abondant et diversifié.
De l'époque antique jusqu'aux temps byzantin, Didyme restera la référence inégalée du commentateur philologue. Bien peu après lui ne feront que compléter son immense travail philologique.
Sur le théâtre grec :
Commentaire suivi des comédies suivantes :
| Aristophane | Cratinos | Eschyle | Euripides |
|---|---|---|---|
| les grenouilles | La Pytinie | les perses | Les Pheniciennes |
| les oiseaux | Les eleusiens | ||
| les seigneurs | Promethée |
Sur les tragédiens
Eschyle

Achéos d'Eretrie
Euripide
Sur les orateurs grecs :
Commentaires sur les poètes grecs :
commentaire sur l'ouvre d'un contemporain :
une contradiction envers Cicéron ? ( peut être attribuée à tort a cet auteur )