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La barrière à dingos (en anglais : Dingo Fence) est la plus longue clôture construite au monde, référencée dans le livre Guiness des records.
Située en Australie, elle est destinée à protéger les élevages de moutons des incursions des dingos, les chiens sauvages australiens. La clôture parcourt ses 5 320 kilomètres en allant des Darling Downs dans le Queensland, jusqu'à la péninsule d'Eyre, en Australie-Méridionale. Elle protège ainsi tout le sud-est du pays des incursions du prédateur, notamment les États de Nouvelle-Galles du Sud et de Victoria.
Les premières clôtures de ce type en Australie ont été créées pour protéger les petites parcelles de terres cultivées contre la prédation par les marsupiaux. Dans les années 1860 et 1870, les populations de lapins introduits par les colons ont commencé à se propager rapidement dans le sud de l'Australie. En 1884, une clôture contre les lapins a été construite. Devant l'échec complet de cette dernière, le gouvernement australien décida dès les années 1880 de transformer la clôture en barrière contre les dingos. En 1953, le New York Times chiffrait le coût des attaques de dingos à 500 000 moutons tués par an dans le Queensland, représentant 42 millions de dollars australiens de pertes (par an également).
Près de Ceduna, ville côtière d'Australie-Méridionale où elle commence, elle est nommée la Wild Dog Fence (« Barrière à chien sauvage »).
En Nouvelle-Galles du Sud, elle est appelée la Border Fence (« Barrière frontalière »), car elle suit le tracé des frontières nord-ouest de l'État jusqu'au Cameron Corner dans le désert Strzelecki.
Au Queensland, où elle finit près de Toowoomba, ville située à 132 km à l'ouest de Brisbane, elle est connue sous le nom de Barrier Fence.
Il ne faut pas confondre cette clôture avec l'ancienne barrière anti-lapins située en Australie-Occidentale qui elle, fut édifiée pour éviter l'invasion des lapins, et qui était mentionnée dans le livre de Doris Pilkington Garimara, Follow the Rabbit-Proof Fence, sur l'histoire vraie de trois petites filles aborigènes qui ont longé la clôture pour retrouver leurs mères, et qui fut également adapté au cinéma avec le film Le Chemin de la liberté.
La clôture en grillage a une hauteur de 1,80 m et s'enfonce sur 30 cm sous terre. La construction d'une clôture n'est pas autorisée à 5 m de part et d'autre de la « Dingo Fence ». Les poteaux de clôture en acier sont espacés tous les 9 m.
Une partie de la clôture est éclairée la nuit par des tubes fluorescents à cathode froide qui sont alternativement de couleur blanche et rouge. Ils sont alimentés par des batteries longue durée fournies en énergie solaire photovoltaïque durant la journée.
Une série de portes permettent aux véhicules de traverser la clôture.
En Nouvelle-Galles du Sud, l'entretien de la clôture est assuré par une équipe de 13 personnes qui résident pour la plupart dans des maisons situées le long de celle-ci. Le coût de cet entretien s'élevait en 2012 à plus de 10 million de dollars par an,, et est partiellement comblé par une taxe annuelle de 2,2 cents par hectare sur la location des terres. Cette taxe versée à The Wild Dog Destruction Board (« Bureau de Lutte Contre la Prolifération du Dingo ») est complétée par une subvention d'un minimum de 100 000 dollars versés chaque année par le gouvernement.
En 2021, une étude basée sur l'analyse d'images satellites révèle un impact visible depuis l'espace : en effet, les deux côtés de la barrière présentent une nette différence au niveau de la couverture végétale. De fait, l'établissement de cette barrière, en empêchant un superprédateur d'accéder à certains territoires, en a durablement modifié l'écosystème :
« là où les dingos disparaissent, la prolifération des kangourous peut entraîner un surpâturage. Ce dernier, à son tour, dégrade la qualité des sols et rend le paysage plus vulnérable à l'érosion. »
Une autre étude conclut en 2022 que la barrière est néfaste pour les écosystèmes :
« La structure physique et ses systèmes de soutien mortels représentent un danger pour la faune et les communautés humaines. La zone de mortalité autour du tracé de 5 614 km de la clôture constitue une vaste zone hostile et inhabitable. Elle a remplacé l’occupation et la gestion traditionnelles et stables des terres — occupées avant la colonisation par plus de 23 groupes linguistiques aborigènes — par un élevage instable et aléatoire, au prix de conséquences culturelles et écologiques incalculables. »