
Le discours de Simone Veil à l'Assemblée nationale le occupe une place historique dans la controverse autour de l'avortement dans les années en France. Ce discours est prononcé par Simone Veil, alors ministre de la Santé du 1er gouvernement Chirac, pour introduire le projet de loi qui portera son nom, la loi Veil, relative à l'interruption volontaire de grossesse.
Dans le contexte de débat autour de la question de l'avortement et devant une assemblée composée en majorité d'hommes, le discours est applaudi et est étudié aujourd'hui comme un exemple de discours de controverse. Plusieurs extraits du discours restent aujourd'hui très connus, telle la phrase d'accroche : « Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement ». Après trois jours de débat, la loi est acceptée.
Selon Thierry Herman, professeur de rhétorique à l'université de Neuchâtel, Simone Veil prend le parti de sortir de l'affect, elle déplace l'enjeu sur une analyse factuelle et rationnelle de la situation, car elle présume qu'utiliser la corde sensible desservirait son propos face aux nombreux opposants à son projet de loi.
Alfredo Lescano, professeur de sémantique, estime quant à lui que la paire « pourquoi – parce que » contribue à construire l'espace de la controverse. Selon lui, les opposants au projet sont les partisans du statu quo. Simone Veil affronte donc frontalement la question, exposant leur point de vue avant de bâtir son argumentation.
Le discours de Simone Veil est souvent étudié dans les écoles d'art oratoire. Le rythme du discours, la portée de sa voix, plutôt égale… servent d'exemples.
Au-delà de la loi elle-même, le discours de Simone Veil a une portée historique parce qu'il a contribué à changer le regard de la société française sur les femmes qui avortent. Avant ce discours, les femmes ayant eu recours à l'avortement sont considérées comme des « salopes », comme le rappelle le surnom donné au manifeste des 343 en .