| Fondation |
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| Sigle |
EHNE |
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| Type |
Encyclopédie numérique |
| Domaine d'activité | |
| Pays |
| Direction |
Olivier Dard |
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| Affiliation |
Sorbonne Université et Ministère de l'Éducation nationale |
| Publication | |
| Site web |
L’EHNE (Encyclopédie d’Histoire Numérique de l’Europe) est une encyclopédie en ligne issue du LabEx EHNE (Écrire une Histoire Nouvelle de l’Europe) et aujourd’hui soutenue par Sorbonne Université et le ministère de l’Éducation nationale. L’Encyclopédie propose des articles scientifiques rédigés et expertisés par des universitaires. En libre accès, bilingues (français, anglais) et référencés, ces contenus couvrent l’ensemble des périodes historiques et des espaces du monde. Cette encyclopédie s’adresse en priorité aux enseignants du secondaire et du supérieur, ainsi qu’aux étudiants, aux élèves et à tous celles et ceux désirant approfondir leurs connaissances historiques.
L’EHNE propose des dossiers thématiques conçus autour des questions de concours, notamment celles des concours des ENS et des concours de recrutement des enseignants (CAPES et Agrégationd'histoire et géographie). Régulièrement actualisées, ces ressources sont également organisées en lien avec les programmes du collège et du lycée, dans le cadre du tronc commun comme des enseignements de spécialité.
Grâce à plusieurs partenariats, l’EHNE propose également de nombreuses ressources de valorisation de collections patrimoniales, autour de fonds photographiques, scientifiques et manuscrits.
En février 2012, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche valide la création du LabEx EHNE (Écrire une histoire nouvelle de l’Europe), l’un des 71 lauréats de la deuxième vague des « Laboratoires d’excellence », (LabEx). Son activité vise à réinsérer l’histoire de la construction européenne dans l’histoire générale de l'Europe.
L’objectif principal du projet EHNE est d’éclairer la crise de solidarité que connaît l’Europe depuis 2008 en construisant une histoire rénovée de l’Europe. Ce projet s’adresse aux citoyens, aux enseignants du secondaire, aux étudiants et aux chercheurs. Il aborde à la fois les grands enjeux actuels et les débats historiographiques les plus contemporains.
Le projet, engagé pour huit ans (2013-2020), réunit des chercheurs français en coopération avec des réseaux européens et internationaux. Il est porté par six laboratoires partenaires issus de trois établissements (universités Paris-Sorbonne, Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de Nantes) :
L’équipe du LabEx EHNE est composée d'une centaine de chercheurs, dirigés par Éric Bussière entre 2012 et 2018.
Sept thèmes de recherche ont été définis pour atteindre l’objectif du LabEx EHNE :
Les sept axes du LabEx EHNE participent et organisent autour de leur thème de recherche de nombreux colloques, séminaires, journées d’études et tables rondes, comme en 2014, en 2015, et en 2016.
Le , le Labex EHNE collabore au colloque De Gaulle, Coudenhove-Kalergi, les gaullistes et l’Europe, au Sénat et il participe, le 26 février 2016, à une manifestation organisée par la Fondation Charles de Gaulle dans le cadre de l'année Malraux et en hommage à la revue Liberté de l'esprit. En 2016, le Labex EHNE participe notamment au MOOC Summer School Ukraine, sur le thème de la guerre et des conflits violents dans les sociétés socialistes et post-socialistes.
Les membres du LabEX EHNE présentent également régulièrement leurs recherches et activités dans les médias. Ils participent notamment à plusieurs émissions de radio. Dans le cadre du Centenaire de la Première Guerre mondiale, du au , des émissions hebdomadaires de Radio France internationale sont enregistrées en partenariat avec le laboratoire, notamment pour évoquer le rôle des femmes dans la Grande Guerre.
Créés dans le cadre des investissements d’avenir (loi de 2010), le modèle statutaire et financier des LabEx reposait sur une durée de conventionnement déterminée. Au terme de huit ans de travaux, le Labex EHNE disparait donc en 2020. Dès son lancement, la création d’une encyclopédie en ligne appuyée sur le travail de chacune des sept équipes était l’un des objectifs du LabEx. En 2020, au terme du LabEx, la catalogue de l’EHNE comprend environ 200 textes universitaires, consultés par environ 500 visiteurs par jour. Pour préserver cet outil, les équipes de l’EHNE concentrent leurs activités sur le développement de l’encyclopédie numérique. Désormais associée à l’initiative Interculturalités Europe de Sorbonne Université et intégrée à l’alliance européenne 4EU+, le projet conserve son acronyme en changeant de nom, devenant l’« Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe ». Son fonctionnement est depuis permis par le soutien de partenaires universitaires, du ministère de l’éducation nationale et d’Eduscol.
Dirigée par Olivier Dard, la nouvelle équipe éditoriale est composée de quatre responsables éditoriaux, une agence digitale et un community manager. L’équipe éditoriale collabore avec des coordinateurs éditoriaux, réunis dans un comité éditorial chargé de la relecture et l’expertise des notices.
L’encyclopédie a publié en 2026 plus de 1370 articles, rédigés par plus de 980 auteurs. Elle totalise en 2024 entre 5000 et 10 000 lecteurs par jour.
L’objectif défendu par les créateurs de l'encyclopédie est de mettre à la disposition du plus grand nombre, en accès libre et gratuit, le travail de chercheurs historiens et historiennes. Les articles doivent ainsi être rédigés de manière à être compréhensibles par des non-spécialistes et sont retravaillés, de concours avec leurs auteurs, afin de correspondre au niveau d’accessibilité visé. Les thèmes abordés sont variés et entendent intégrer les apports les plus récents de la recherche scientifique historique : l’histoire matérielle, l’histoire environnementale ou l’histoire du genre notamment.
Les articles proposés sont organisés selon différents formats et classements de notices. L’encyclopédie thématique propose des contenus scientifiques courts, illustrés et enrichis d’une bibliographie synthétique de référence. Onze thématiques transpériodes sont proposées :
En 2022, l’Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe est devenue le site expert du ministère de l’Éducation nationale pour la publication d’articles d’histoire à destination des enseignants. Depuis 2022, elle a publié des notices destinées aux enseignants sur différents formats destinés aux enseignants sur différentes formats.
Les notices destinées aux enseignants du collège et du Lycée comprennent plusieurs mises au point scientifiquesur les sujets abordés dans le programme d’histoire ainsi que des commentaires d’archivesproposés par des chercheuses et chercheurs.
Les articles publiés sur l’Encyclopédie EHNE reprennent notamment les « points de passage et d’ouverture » du programme de Seconde, de Première et de Terminale. Les articles sont également destinés aux enseignants du collège, notamment en histoire médiévale.
Ce format éditorial présente aux enseignants des livres de recherche universitaire en histoire pour actualiser leurs connaissances historiques et imaginer des pistes pédagogiques à partir de documents à utiliser en classe.
Ces articles se présentent sous la forme de question posées par ou pour les élèves : "pourquoi la presse écrite a-t-elle publié les mêmes photographies des attentats du 11 septembre 2001?" , "Qui sont les meurtriers de la Saint-Barthélémy ?", ou encore "Comment la Wehrmacht a -t-elle participé à la guerre d’extermination en Europe ?".
Ces articles, rédigés par des chercheurs en histoire, proposent une relecture scientifique des images fréquemment publiées dans les manuels scolaires. L’objectif est de proposer une analyse rigoureuse de ces archives iconographiques pour en retrouver la signification historique.
Ces articles proposent un autre regard sur des images iconiques pour l’enseignement de l’histoire pour aborder autrement des cours consacrés à la colonisation, l’école républicaine, l’histoire des femmes au 19e siècle ou les sociétés médiévales.
Les articles publiés dans la section « Histoires sonores » proposent d’analyser les sons de passé comme archive et document pour l’écriture et l’enseignement de l’histoire. Ce format associe l’expertise scientifique de chercheurs avec l’inventivité pédagogique des enseignants du secondaire. Il aborde des sujets aussi différents que la reconstitution sonore des châteaux forts du Moyen Âge, les archives sonores du débarquement de Normandie, l’enregistrement de la voix d’Alfred Dreyfus en 1912 ou les disques de propagande communiste dans les années 1930.
L’EHNE propose également une sélection classée de ses notices consacrées aux sujets des concours de l’enseignement (CAPES, agrégations externes d’histoire et de géographie, agrégation interne) et des Écoles normales supérieures. Elle renouvelle ces ressources pour chaque nouvelle question au concours.
En outre, l’EHNE a mis en place en octobre 2026 un « glossaire » organisé autour des mots-clés, des notions et des concepts récurrents dans les programmes scolaires et dans le débat public. Les notices au format glossaire proposent une définition approfondie, un questionnement sur le terme ou la notion, ainsi qu’un document utilisable en classe.
Plusieurs partenariats avec des institutions scolaires, universitaires et muséales ont donné lieu à la valorisation de fonds archivistiques par l’EHNE : collections photographiques, scientifiques ou manuscrites.
Un ensemble de photographies sur plaques de verre destiné à la projection a été découvert par par l’enseignante Laurence Giordano dans les réserves du lycée Colbert dans le 10e arrondissement de Paris, entreposé dans une quarantaine de boîtes de bois au fond d'un placard poussiéreux.
Ce fonds, composé de 1 816 plaques de verre, est constitué de photographies de la France, de l’Europe et des colonies européennes. Il permet de voir une représentation française du monde de la Belle Époque.

Après des recherches menées tout d'abord par le lycée Colbert puis par le Labex EHNE, il est avéré que le fonds provient des ateliers Molteni à Paris qui, sous l'impulsion d'Alfred Molteni - neveu du fondateur-, crée dans les années 1870 un fonds de photographies prises à travers le monde par des amis photographes. Dès les années 1880, Alfred Molteni fait éditer des catalogues commerciaux des vues sur verre. En 1884, les ateliers Molteni proposent à la vente plus de 8 000 titres de vues sur plaque de verre et à la fin du XIXe siècle ce seront plus de 60 000 plaques. Alfred Molteni revend l'entreprise en 1899 à la firme Radiguet & Massiot. Le fonds Colbert a été édité par Radiguet & Massiot et date donc probablement d'après 1899. Sur l'impulsion de Jules Ferry, alors ministre de l'Instruction Publique, et de son directeur de l'enseignement primaire, Ferdinand Buisson, les projections lumineuses se démocratisent dans les écoles : plus de 8 000 boîtes de projections sont prêtées dans toute la France, et un musée pédagogique de collection de plaques fondé. Augustin Bessou, enseignant au lycée Colbert, serait à l'origine de l'utilisation du fonds dans l'établissement. Le fonds Colbert est constitué à vingt six pour cent de représentations de la France, dix huit pour cent de l'empire colonial Français du début du XXe siècle, trente cinq pour cent de l'Europe et dix huit pour cent du reste du monde.
Le LabEx EHNE a fait numériser l’intégralité du fonds et le propose en libre accès. Le fonds a fait l’objet d’une première exposition « L’Europe en 1900 » réalisée par les élèves du lycée Colbert en . Cette exposition itinérante a été par la suite présentée à la Sorbonne et à la Maison de l’Europe à Nantes.
Le fonds a été également présenté dans le cadre de l’exposition « Lumineuses projections » (-), organisée au musée national de l’Éducation de Rouen.
En 2021, l’Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe s’associe avec le laboratoire LIP6 (Sorbonne Université) pour explorer le fonds Colbert grâce à la reconnaissance d’images par intelligence artificielle. La reconnaissance d’images établit des correspondances entre les photographies du fonds Colbert en identifiant automatiquement les grandes formes et les objets qui y figurent.
A partir de 2021, une série de vidéos et d’articles est mise en ligne par l’équipe éditoriale de l’EHNE sous le titre « Chambre noire ». Cette série propose à des historiennes et historiens de partir de choisir une photographie parmi toutes celles qu’ils ont rencontrées dans leurs travaux de recherche et d’en faire une analyse historienne et archivistique. « Chambre noire » promeut l’analyse des photographies comme de véritables archives contre la tendance à considérer celles-ci comme de simples illustrations dans l’édition et l’écriture de l’histoire.
Ce travail éditorial a conduit à la création de cinq saisons : Cadrages coloniaux (2021), Le genre dans l’objectif (2022), Guerre d’Algérie prise de vues (2022), Shoah : mises au point (2023), et Le Cameroun : une guerre de décolonisation oubliée (2025). Trois d’entre-elles ont fait l’objet d’un partenariat avec le média Le Monde et donné lieu à la publication d’adaptations pour le journal.
Porté par l’EHNE et le CERES (Centre d'expérimentation en méthodes numériques pour les recherches en sciences humaines et sociales – Sorbonne Université), le projet VIRAPIC – Histoire, photographies et viralité numérique réunit des chercheurs en histoire et en informatique pour documenter la viralité de milliers de photographies en lien avec des évènements historiques, quotidiennement publiées et partagées en ligne sans légende ni commentaires académiques. En mobilisant des outils d'intelligence artificielle pour analyser de vastes corpus d’images publiées sur les sites web et les réseaux socionumériques, le projet VIRAPIC entend restituer l’origine et la trajectoire de ces images pour mieux comprendre leur détournement et leur décontextualisation.
L’enjeu recherché est également d’agir directement sur les pratiques des internautes en essayant de rendre accessible le commentaire scientifique de ces images dans les premiers résultats des moteurs de recherche grâce au bon référencement de l'encyclopédie numérique.
Dans le cadre du programme Sound (ANR - SOrbonne University for a New Deal) l’EHNE a également noué des partenariats avec plusieurs institutions de conservation et de valorisation du patrimoine membres de l’Alliance Sorbonne Université. Plusieurs notices sont ainsi rédigées autour des collections scientifiques du Cnam, du Muséum national d’Histoire naturelle, ou encore des collections de la bibliothèque numérique patrimoniale de Sorbonne Université (SorbonNum et SorbonNum +). Parmi ces notices l’on trouve notamment un article de l’historienne Margo Stemmelin sur la fabrique des savoirs zoologiques en Algérie coloniale rédigé à partir de la correspondance d’Émile Maupas et d’Henri de Lacaze-Duthiers numérisée par SorbonNum; ou encore une histoire du dodo de l’île Maurice née d’un entretien croisé de la professeure de morphologie fonctionnelle Anick Abourachid et de l’historien Marc Tomas autour des spécimens conservés au Muséum national d’Histoire naturelle.
L’EHNE est également partenaire de l’initiative Genre en cours portée par le réseau Philomel de l’Alliance Sorbonne Université et accompagnée par le CERES. Cette plateforme pédagogique vise à offrir aux enseignants, comme à un plus large public, des contenus scientifiques en études de genre. Plusieurs articles sont ainsi rédigés conjointement par les deux équipes éditoriales.