Edme Charles Chabert

Edme Charles Chabert, né le à Paris 4e et mort le à Paris 19e, est un ouvrier graveur et homme politique socialiste français.

Cofondateur, avec Paul Lafargue et Jules Guesde, du Parti ouvrier français et membre de l'Association internationale des travailleurs, il fut membre du Conseil municipal de Paris et de membre du Conseil général de la Seine.

Biographie

Il participe à la Révolution française de 1848 et adhère, puis préside le club communiste de l’île de la Cité fondé par Brucker. Il participe aux journées de Juin, émeutes ouvrières de . Il est arrêté le 24, est condamné à dix-huit mois de déportation.

Figurant parmi les opposants actifs au coup d’État du 2 décembre 1851 de Louis-Napoléon Bonaparte, il est arrêté, condamné et déporté au bagne de Lambèse.

Amnistié et libéré, il rentre à Paris et participe aux clubs parisiens membres de l’Association internationale des travailleurs (AIT, la première Internationale) puis est un orateur important lors des réunions publiques de 1868-1869 et fait partie du Comité central républicain des Vingt arrondissements.

Durant la Commune de Paris, il participe à la Commission fédérale des artistes et prend part aux affrontements, comme soldat ou officier dans le 149e bataillon de la Xe légion. Il se présente en mais n’est pas élu. Après cinq mois de détention sur un ponton, il obtient un non-lieu.

Après la Commune, Chabert participe aux débats et aux activités de reconstruction du mouvement ouvrier. Il est d’abord, en , un des organisateurs de l’Union syndicale ouvrière, avec un programme mutuelliste, mais cette organisation est dissoute par Thiers en . Puis il participe à la commission directrice de la société d’études pratiques pour le développement des associations coopératives, espérant qu’elle sera tolérée par la république conservatrice de Thiers. Il participe à la création de plusieurs organismes coopératifs. Il rédige le rapport de la délégation française à l’exposition universelle de 1873 à Vienne, dans lequel il rejette la grève comme moyen d’action du mouvement ouvrier et lui préfère l’épargne. En , il participe au premier congrès ouvrier français, puis au deuxième en 1878. Ses opinions changent : il devient favorable au collectivisme, mais est minoritaire sur ce point. Il est également candidat républicain radical à l'élection partielle de 1876 à Batignolles contre Pascal Duprat.

En 1877-1878, il organise une coopérative pour la publication du journal Le Prolétaire, publié à partir d’ et qui est publié jusqu’en 1884. Il adhère très tôt aux thèses guesdistes, notamment contre l’intrusion de l’élément bourgeois dans le mouvement ouvrier. Il adhère au parti ouvrier français et en est un orateur en province. Il se présente sous sa bannière aux élections municipales de 1881 à Paris, dans le quartier du Combat (19e arrondissement de Paris), et obtient un résultat honorable ; aux élections législatives de 1881, il a le meilleur résultat du parti à Paris. Il recueille également un millier de voix à Troyes.

En 1882, les guesdistes et les possibilistes se séparent au congrès de Saint-Étienne. Il fait partie des seconds, dans la fédération des travailleurs socialistes de France (FTSF). Le Prolétaire faisant faillite, il contribue à la création d’un journal pour lui succéder, Le Prolétariat. Lors d’un congrès de la FTSF et des syndicats britanniques à Lyon, il se déclare favorable à un tunnel sous la Manche. Ses talents et sa stature reconnues font qu’il est demandé pour discourir aux congrès. Il est aussi demandé pour des conférences en province.

En 1885, il se présente sur la liste fédérative socialiste aux élections législatives, avec d’anciens Communards et des femmes, malgré leur inéligibilité. Il se représente en 1889, mais n’est jamais élu député.

En , il se présente aux élections municipales de Paris dans le 19e arrondissement de Paris avec Édouard Vaillant pour le mouvement socialiste. Ils sont élus avec 38 729 voix. Second possibiliste, après Jules Joffrin, à aller siéger à l'Hôtel de Ville, il est réélu, en 1887 et en 1890,.

À sa mort, une foule grosse de 15 000 personnes, où l’on compte plus de soixante drapeaux, accompagne son cercueil au cimetière du Père-Lachaise, dans une concession gratuite, par arrêté préfectoral en date du . Sa tombe est surmontée d’un buste en bronze, œuvre du sculpteur Charles Lafuma.

Références

  1. ↑ Roger Bordier, La Grande Vie, Paris, Albin Michel, , in-8º (ISBN 9782226232281, OCLC 1476256237, lire en ligne), p. 83.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Justinien Raymond, « Chabert Charles Edme », sur Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement socia, .
  3. ↑ « Mort de M. Chabert : Un des chefs du parti possibiliste », Le Bulletin de Vouziers, Vouziers, vol. 8, no 447,‎ (ISSN 2103-1800, lire en ligne sur Gallica).
  4. ↑ (en) Eleanor Marx, « Record of the International Popular Movement », (consulté le )
  5. ↑ « Édouard VAILLANT » (consulté le )
  6. ↑ « Les Obsèques de M. Chabert : Au Père-Lachaise. — Les drapeaux rouges. - Pas d'incidents. », La Lanterne, Paris, vol. 14, no 4785,‎ , p. 2-3 (ISSN 2419-1108, lire en ligne sur Gallica).

Liens externes