| Naissance | Buchholz, Empire allemand |
|---|---|
| Décès |
(à 62 ans) Bassum, Allemagne de l'Ouest |
| Nationalité |
Allemande |
| Activité |
Industriel, responsable de l'économie de guerre |
| Parti politique |
Parti national-socialiste des travailleurs allemands (à partir du ) |
|---|---|
| Distinction |
Edmund Geilenberg, né le à Buchholz et mort le à Bassum, est un responsable allemand de l'industrie d'armement sous le Troisième Reich. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il dirige un programme destiné à maintenir la production allemande de carburants malgré les bombardements alliés. Ce programme, connu sous le nom de programme Geilenberg (Geilenberg-Programm), repose notamment sur l'emploi de travailleurs forcés et de détenus des camps de concentration.
Edmund Geilenberg naît le 13 janvier 1902 à Buchholz, dans l'Empire allemand. Il exerce des responsabilités dans l'industrie allemande de l'armement pendant le régime national-socialiste.
Au printemps 1944, les bombardements alliés contre les installations pétrolières et les usines de carburants synthétiques provoquent une crise d'approvisionnement en Allemagne.
Le 30 mai 1944, Adolf Hitler nomme Geilenberg commissaire général aux mesures d'urgence auprès du ministre de l'Armement et de la Production de guerre, Albert Speer. Il dispose de pouvoirs étendus pour organiser la réparation des installations endommagées et le maintien de la production de carburants.
Le Mineralölsicherungsplan, ou programme Geilenberg, vise à préserver la production allemande de produits pétroliers. Il comprend la réparation des raffineries bombardées, la dispersion des installations industrielles, la construction de sites souterrains et le développement de productions de substitution.
Les travaux mobilisent des entreprises industrielles, l'Organisation Todt, des travailleurs forcés et des détenus des camps de concentration.
L'opération Wüste (Unternehmen Wüste) constitue l'un des projets du programme Geilenberg. Elle prévoit l'exploitation de gisement de schiste bitumineux dans le Wurtemberg afin de produire du carburant.
Sept camps annexes du camp de concentration de Natzweiler-Struthof sont associés à cette opération. Des milliers de détenus sont contraints de travailler dans les carrières et sur les chantiers des installations industrielles. Les conditions de détention, le travail forcé et les violences provoquent une mortalité élevée.
Le programme Geilenberg concerne également les travaux réalisés dans plusieurs régions industrielles allemandes, notamment à Hambourg et en Basse-Saxe.
Au camp annexe de Schandelah-Wohld, dépendant du camp de concentration de Neuengamme, des détenus sont employés à l'extraction et au traitement de schistes bitumineux. Plus de 200 détenus de ce camp ne survivent pas à leur captivité, selon les témoignages recueillis après la guerre.
À Hambourg, des détenus sont également affectés au déblaiement et à la remise en état d'installations pétrolières bombardées.
Le programme Geilenberg ne parvient pas à rétablir durablement la production de carburants allemande avant la défaite du Troisième Reich en mai 1945.
Edmund Geilenberg meurt le 19 octobre 1964 à Bassum, en Allemagne de l'Ouest.
Les recherches historiques consacrées au programme Geilenberg soulignent le rôle de ses responsables industriels et administratifs dans l'organisation du travail forcé.
L'historien Andreas Zekorn décrit les liens entre l'état-major de Geilenberg, les structures de la SS chargées de fournir les détenus et l'Organisation Todt responsable de travaux de construction.