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Emile Jespers, né à Deurne le et mort à Anvers le , est un sculpteur belge.
Emile Louis Martin Jespers, né à Deurne le , est le fils d'Emile Jespers (1838-1884), commissaire de police, et de Catherine Van Rosen (1841-1895), couturière, légitimé par le mariage de ses parents le . Il épouse à Mortsel le Catherine Verelst (née à Mortsel le , morte en 1935). Parmi leurs quatre enfants figurent le sculpteur Oscar Jespers (1887-1970) et le peintre Floris Jespers (1889-1965).
Emile Jespers souhaite s'inscrire à l'École militaire d'Anvers à l'âge de 14 ans. Cependant, des retards administratifs l'enjoignent à annuler son inscription et à s'adonner à la sculpture, sa passion. En 1876, il débute son apprentissage chez Joseph Van Genk, où il demeure durant deux ans, sans progresser dans l'art. Il entre ensuite dans l'atelier de Jean-Baptiste De Boeck et de Jean-Baptiste Van Wint, où il apprend le modelage, ainsi que la taille du bois et de la pierre. Entretemps, il fréquente assidûment les cours de l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers. Il est élève de la classe de dessin d'Edward Dujardin et de la classe de sculpture de Joseph Geefs. En 1880, il passe à l'Académie Saint-Luc, où l'on enseigne surtout le style gothique. Il y remporte un premier prix en tête ombrée, puis retourne durant deux ans à l'Académie d'Anvers, où il travaille d'après nature.
En 1884, la mort de son père le contraint à abandonner ses études afin de soutenir financièrement sa famille. Il prodigue comme praticien dans différents ateliers, dont celui de Frans De Vriendt à Borgerhout, où il enseigne la sculpture. En 1884, à Borgerhout, il co-fonde avec Jean Van Riet, le cercle Eigen Vorming promouvant les œuvres de jeunes artistes. Il présente ses œuvres à Spa, Namur et Malines. Vu ses succès, en 1889 il reçoit un subside de la commune de Borgerhout pour se rendre à l'Exposition universelle de Paris et admirer les sculptures de Jean-Baptiste Carpeaux et Auguste Rodin. Il est ensuite régulièrement présent aux salons triennaux belges.
Son œuvre est couronnée à plusieurs reprises par des récompenses, notamment au Salon de Paris de 1893 pour Âge d'or et la même année à Bruxelles pour Au point du jour. Il bénéficie du mécénat d'Édouard Osy de Zegwaart, gouverneur de la Province d'Anvers. Après l'Exposition universelle d'Anvers de 1894, Au point du jour est commandé en marbre pour le Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers. En 1895, son ami le peintre Evert Pieters et lui bénéficient d'une exposition particulière à la salle Verlat. En 1897, il envoie son buste Non qui trouve acquéreur.
Le , après une pénible maladie de plusieurs mois, Emile Jespers meurt, à l'âge de 56 ans, à Anvers.



Au début de sa carrière, Emile Jespers crée des têtes d’enfants, des bustes de ses amis et des œuvres d'imagination. En plus de ses figurines, il réalise des statues pour les façades des maisons bourgeoises à Anvers. Pour couler ses œuvres en bronze, Emile Jespers fait habituellement appel à la Compagnie des Bronzes. Il maîtrise le travail du marbre, de l'ivoire du bronze, ainsi que du plâtre et de l'argile. S'inscrivant dans la tradition académique et réaliste, il reprend le mouvement, la fluidité et la théâtralité de Carpeaux dans le traitement de ses figures.
En 1898, le critique d'art du quotidien La Métropole écrit à propos de son Débardeur au port d'Anvers :
« Le sculpteur Emile Jespers vient de terminer la plus grande œuvre qu'il ait faite jusqu'ici. Le monument a trois mètres cinquante de haut et représente un débardeur portant sur les épaules le lourd fardeau, une grande balle de marchandises. C'est le type réussi de nos ouvriers du port ; l'expression vigoureuse de la figure brutale, mais énergique, a été rendue d'une façon heureuse, ainsi que les membres musclés et la structure de ce corps gigantesque montrant l'homme à la force herculéenne, l'ouvrier aux rudes labeurs, usant d'une façon démesurée les dons que lui a prodigués la nature. La composition est originale et très significative. »
En 1914, le critique d'art du quotidien Le Matin écrit :
« C'est la grâce surtout de la silhouette féminine et la tendre fraîcheur des profils de jeune fille qui enchantent le maître statuaire Emile Jespers. Son atelier est tout empli de leur fragilité svelte. […] M. Jespers a cette coquetterie de tailler le marbre lui-même, en bon tailleur de pierre, artiste mais ouvrier comme les maîtres d'autrefois. »