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| Nom de naissance |
Émélie Espérance Barret |
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Émilie Charmy |
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Émilie Charmy, née Émilie Espérance Barret le à Saint-Étienne et morte le à Crosne (Essonne), est une artiste peintre française qui s'est forgée une place unique au sein de multiples mouvements d'avant-garde. Si sa peinture a été rapprochée de l'École moderne de peinture lyonnaise, de l'École de Paris, des expressionnistes et des fauves, elle n'en a assimilé que certaines influences, conservant toujours un langage autonome. Son œuvre, qui comprend notamment des fleurs, des paysages et de nombreux autoportraits, se caractérise également par une importante production de nus féminins, dont nombre d'entre eux se distinguent par leurs poses érotiques.
Née le à Saint-Étienne dans une famille bourgeoise d'origine alsacienne, elle devient orpheline à 5 ans au décès de sa mère. Vers 1895, son grand frère Jean devient son tuteur. Lorsqu'elle peint ses premiers tableaux en 1895, Jean repère en elle un talent précoce et décide alors de quitter Saint-Étienne.
En 1898, ils partent s'installer à Lyon. Jusqu’en 1902, Émilie Charmy prend des cours privés auprès du peintre lyonnais Jacques Martin, l’école des beaux arts de Lyon étant alors inaccessible aux femmes. Grâce à la modernité de son mentor, elle se forme dans un climat de liberté déjà éloigné de la tradition académique de son époque.
Avec son frère, elle part s'installer à Saint-Cloud. En 1903, elle expose à Paris au Salon des indépendants huit de ses œuvres ; elle y exposera chaque année jusqu'en 1910. C'est d'ailleurs à cette occasion qu'elle est remarquée par la galeriste de Montmartre Berthe Weill en 1905 : « C’est cette année-là que j’y remarque les peintures d’une jeune fille qui ne m’a pas encore présenté ses œuvres, que je ne connais pas et en laquelle je sens une personnalité. Je lui écris, la priant de m’apporter une ou deux peintures, ce qu’elle fait.» Elle l'expose régulièrement entre 1905 et 1923.
Elle expose aussi régulièrement au Salon des artistes lyonnais, et au Salon d'automne à Paris, avec une première participation du au , où elle présente des natures mortes. Ce dernier évènement marque l'apparition du fauvisme. C’est à une exposition collective à la galerie Berthe Weill en qu’une première peinture de Charmy est vendue.
En 1906, elle débute une relation avec le peintre fauve Charles Camoin avec qui elle fait plusieurs voyages : en Corse, puis à Toulon en 1906, Lyon, Toulon et Porquerolles en 1909, et la Corse et Cassis en 1910. Leur relation durera six ans. En 1908 Charmy possède un atelier, 88 rue de Clichy, loué par son frère devenu antiquaire, au bas de la butte Montmartre.
En 1910, elle installe son atelier au 54, rue de Bourgogne à Pariset, selon Berthe Weill, y emménage définitivement en 1912.
Sa première exposition personnelle importante se tient en 1911 à la galerie d’Eugène Druet. L’exposition comprend quarante toiles et vingt-cinq aquarelles, principalement des paysages de Corse peints durant l’été 1906, puis en 1910. Un peu plus tard, la galerie Druet présente une œuvre de Charmy « Vue de l’Estaque » de 1906 à l’exposition de l’Armory Show, à New York, en 1913. Cette toile est achetée par le collectionneur Arthur Jerôme Eddy qui en fait don en 1931 à l’Art Institute de Chicago.
Entre 1911 et 1912, Charmy rencontre George Bouche, peintre lyonnais né en 1874. Elle passe ses étés avec lui à Marnat en Auvergne pour peindre. En 1914, George Bouche part à la guerre ; elle reste seule à Marnat. Elle donne naissance à son fils Edmond en 1915 à Paris, qu’elle fait immédiatement garder par une nourrice à Étampes, ne supportant pas la présence d'un enfant. Pour officialiser leur union vis à vis de leur fils, Bouche et Charmy ne se marient qu'en 1931.
Le comte Étienne de Jouvencel, son principal collectionneur après la guerre, la soutient et la promeut dans le monde littéraire et artistique. Il lui organise en 1921 une exposition personnelle aux Galeries d'œuvres d'art, 50 rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris, avec un grand succès. Les textes du catalogue sont écrits par Henri Béraud, Roland Dorgelès et Pierre Mac Orlan.
En 1924, Colette écrit sur Charmy à l’occasion de l’exposition « Quelques toiles de Charmy, quelques pages de Colette » à la galerie d'Art ancien et moderne à Paris où elle expose vingt toiles dont Portrait de Colette, Femme nue en buste et une Baigneuse à Deauville : « le pinceau subtil, sans artifice, et guidé par une lucide passion, le pinceau qui suspend, au-dessus de la mer, un pli onctueux de vague, une écume d’argent, une brume où jouent, insaisissables et visibles, les changeantes couleurs de l’iris, c'est bien ce pinceau-là qui attache, d'une léchade infaillible, la goutte de lumière aux feuilles vernies du camélia, le gras velours au pétale de la rose, la houppe ensoleillé à la branche du corchorus — et la plaque de nacre sur l’épiderme d'une hanche ou d'un sein bien tendu. Car les forces les plus impérieuses de son génie semblent conduire Charmy, ou la ramener à ce but, à cet obstacle incomparable : une femme nue. » Colette lui servira de modèle à de multiples reprises.
Par l'entregent d'Élie-Joseph Bois, directeur du Petit Parisien, Émilie Charmy est décorée de la Légion d'honneur en 1926 . Il la présente à de nombreuses personnalités politiques, Édouard Daladier, Aristide Briand et Louise Weiss, dont elle sera proche. George Bouche acquiert la même année une grande demeure à Ablon-sur-Seine pour sa famille, Edmond habitant avec eux depuis 1923.
Outre ses expositions personnelles régulières dans les galeries Jeanne Castel et Charpentier, elle expose en 1946 au Salon des Femmes Artistes Modernes dont elle est la secrétaire et Marie-Anne Camax-Zoegger la présidente. Elle est présente sur la liste des artistes présentant une œuvre à la Galerie Bernheim-Jeune en 1935.
En juin 1928, elle participe à une importante exposition au profit de la Société des amis du Musée du Luxembourg, intitulée Portraits et Figures de Femmes d’Ingres à Picasso. Plus de 180 tableaux sont présentés, notamment peints par Césanne, Boldini, Gaugin, Ingres, Matisse, Modigliani, Picasso, Toulouse-Lautrec..., ce qui démontre son importance. Elle expose le portrait de la célèbre couturière Jenny Sacerdote.
Le 11 juin 1940, devant l'avancée des troupes nazies, Émilie Charmy et George Bouche quittent précipitamment leur maison d'Ablon-sur-Seine pour rejoindre Marnat. Déjà très affaibli, le peintre apprend quelques mois plus tard que sa demeure a été pillée et qu'une partie des œuvres restées sur place a été saccagée, il meurt à Marnat le 12 mai 1941. Après la Libération, elle revient dans son atelier de la rue de Bourgogne. Charmy participe au Salon des femmes peintres et sculpteurs au palais des Beaux-Arts à Paris aux côtés de Berthe Morisot, Marie Laurencin et bien d’autres. En 1950, elle se rend au Maroc. Elle expose chez Jeanne Castel en 1949 et en 1952, à la galerie Paul Pétridès en 1963. Dans la préface du catalogue par Dorgelès est mentionnée et reproduite une œuvre de Valadon offerte à Charmy en 1926 avec la dédicace « À Charmy pour son beau talent. » Elle continue à travailler dans la solitude, une période au cours de laquelle elle réalise notamment de nombreux autoportraits.
Elle meurt en 1974 à 96 ans. Elle est enterrée dans le cimetière de Celles-sur-Durolle (Puy-de-Dôme) auprès de George Bouche.
L'exposition organisée par le musée de Villefranche-sur-Saône en 2008 a permis de la faire connaître du grand public.
Ses paysages tel Piana, Corse, (musée Paul-Dini) se caractérisent par de larges aplats de couleurs vives dans un dessin sans profondeur, à peine ébauché et enserré dans d'épais cernes noirs. Sa palette franche et sa liberté de composition est qualifiée par le critique André Warnod de « masculine, vigoureuse, brutale même parfois ».
Les œuvres d'Émilie Charmy sont exposées dans plusieurs musées français.
Et à l’international :