| Naissance | |
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ENSAE Paris (à partir du ) École nationale supérieure des mines de Paris (docteur en philosophie) (à partir du ) |
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Délégation Paris B (d) (depuis le ) Centre national de la recherche scientifique |
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| Directeur de thèse |
Emmanuel Didier est un sociologue français, spécialiste de Sociologie de la quantification ou socio-histoire de la quantification. Il est à l'origine, avec Isabelle Bruno et Julien Prévieux, de la théorie du "Statactivisme".
Directeur de recherche au CNRS, il est membre du Centre Maurice-Halbwachs (ENS et EHESS) et dirige l'Institut Santé Numérique et société au sein de PariSanté Campus.
Il est également professeur attaché à l'Université PSL, directeur du programme Médecine-Humanités de l’École normale supérieure, membre du Comité consultatif national d'éthique et rédacteur en chef de la revue Statistique et société depuis 2012.
Après avoir étudié la sociologie à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, la statistique à l'École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE) et l'histoire des sciences à l'université Harvard, il s'engage dans un doctorat de sociologie à l'École des Mines de Paris sous la direction de Bruno Latour, Luc Boltanski et Alain Desrosières, au cours duquel il étudie réflexivement la quantification comme instrument de gouvernement et en tire un premier livre, En quoi consiste l'Amérique, qui porte sur l'invention des sondages aléatoires aux États-Unis sous le New Deal, et montre comment cette techniques a été l'enfant des politiques interventionnistes économiques d'après guerre. En 2020, ce livre paraîtra en Anglais dans une version remaniée chez MIT Press sous le titre America by the Numbers.
Alors membre du CESDIP, puis du Groupe de sociologie politique et morale, (dont il devient directeur adjoint en 2012), il intègre le CNRS en 2005 avec pour sujet la "Politique du chiffre", c'est-à-dire à l'usage massif d'indicateurs et d'objectifs quantifiés pour gouverner la police de sécurité publique, utilisés pendant les années 1990 - 2000. Cette enquête a donné lieu à un livre avec Isabelle Bruno, Benchmarking, dans lequel ils explorent les techniques quantitatives de gouvernement de plusieurs administrations publiques - police, hôpital et enseignement supérieur et recherche - et analysent leurs effets souvent néfastes.
Désireux cependant de démontrer aussi la puissance positive des chiffres, il a édité avec la politiste Isabelle Bruno et l'artiste Julien Prévieux le livre intitulé Statactivisme, regroupant des travaux d'universitaires, de militants et d'artistes qui utilisent les nombres pour s'opposer au pouvoir ou pour faire exister des causes négligées par les autorités.
Entre et , il fonde Epidapo, une unité mixte du CNRS implantée à UCLA, dont il est le directeur adjoint, afin de lancer un chantier sur la politique des données de santé, sujet qu'il continuera d'investiguer avec notamment les transformations opérées par le développement des technologies du numérique sur le système de soin. Il explore en particulier le phénomène des fake news liées à la santé, les effets sociaux des projets de centralisation des données de santé dans des plateformes numériques, ou encore les transformations du diagnostic médical opéré par le recours à l'intelligence artificielle.
En 2018, à l'occasion de son habilitation à diriger des recherches obtenue à l'École normale supérieure sous la direction de Florence Weber, il propose une théorie générale et ramassée du lien entre politique et quantification qui a été publiée en anglais sous le titre Quantitative Marbling, New Conceptual Tools for the Socio-history of Quantification, Anton Wilhelm Amo Lectures n°7, Martin-Luther-Universitat Halle-Wittenberg press. Il est nommé directeur de recherche au CNRS l'année suivante.
En 2019 il entre au Comité consultatif national d'éthique et au Conseil français de l'Intégrité scientifique et sera signataire de la motion de réserve à l'avis 139 du CCNE (portant sur les "questions éthiques relatives aux situations de fin de vie : autonomie et solidarité"), qui s'oppose à une évolution législative sur l’aide active à mourir.
Ses travaux se développent ensuite au sein de l'Institut Santé numérique et Société (dont il est directeur), qui est membre de PariSanté Campus où il travaille sur le rôle de l'éthique, qui se développe avec une puissance surprenante, dans les évolutions de la santé numérique.
États-Unis : Harvard - visiting scholar pendant 16 mois en 1996-1997, l'Université de Chicago - invited lecturer en 2008, UCLA - visiting professor entre 2014 et 2016 ; en Allemagne - fellow au MPIWG en 2001 et 2006 et au Wiko en 2013, en Égypte - CEDEJ, l'Argentine - cours à l'Université de Buenos Aires, et Brésil - tournée de conférences en universités.
Fondateur de la Society for the Social Studies of Quantification (SSSQ) qui est un réseau ouvert à qui associe UCLA, l'Université Northwestern, la LSE et Wits University en Afrique du Sud.