Emmanuel Ronin

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 Emmanuel Ronin
Emmanuel-Auguste-Abel Ronin
Naissance
Cherbourg (Manche), Drapeau de la France France
Décès (à 67 ans)
Rabat (Maroc)
Origine Française
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Cavalerie puis aéronautique militaire puis artillerie
Grade Général de division
Années de service 1905 – 1945
Commandement Artillerie de la 1re division marocaine (1939-1940) ; artillerie du Commandement supérieur des troupes du Maroc (1940-1943) ; division territoriale d'Oran (1943-1944)
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur ; Croix de guerre 1914-1918 (2 palmes, 2 étoiles de vermeil) ; Croix de guerre 1939-1940 (1 palme)
Autres fonctions Premier pilote à assurer une liaison postale aérienne officielle en France (15 octobre 1913)
Signature de Emmanuel Ronin

Emmanuel Ronin, né Emmanuel-Auguste-Abel Ronin le 4 février 1886 à Cherbourg et mort le 4 mars 1953 à Rabat, est un officier de cavalerie puis aviateur militaire français, devenu général de division. Officier de cavalerie breveté pilote militaire dès 1912, il accomplit le 15 octobre 1913, alors lieutenant, la première liaison postale aérienne officielle en France, entre Villacoublay et Pauillac (Gironde). Il poursuit ensuite une carrière militaire qui le mène, pendant la Seconde Guerre mondiale, au commandement de l'artillerie de la 1re division marocaine en 1940, puis, comme général, au commandement de l'artillerie des troupes françaises au Maroc et de la division territoriale d'Oran, jusqu'à sa mise en congé en 1945. Il est le frère aîné du général Georges Ronin (1894-1954), responsable du renseignement aérien français pendant l'Occupation.

Origines et famille

Extrait de l'acte de naissance d'Emmanuel-Auguste-Abel Ronin, né le 4 février 1886 à Cherbourg. Copie certifiée conforme délivrée le 2 octobre 1907.

Emmanuel Ronin naît le 4 février 1886 à Cherbourg (Manche), fils d'Emmanuel (Marie) Auguste Ronin (1860-1943), officier de marine, et d'Anna Bergasse du Petit-Thouars. Il a quatre frères et sœurs, dont le futur général Georges Ronin (1894-1954), qui dirigera le service de renseignement de l'aviation française (SR Air) sous le régime de Vichy.

Il se marie une première fois le 28 mars 1917 à Brest avec Simone Le Bègue de Germiny, dont il a un fils, Jacques Ronin (1920-2010) ; le couple divorce en 1926. Il se remarie le 10 janvier 1927 à Paris avec Françoise Jourdan (union sans descendance, également dissoute par la suite).

Formation et débuts dans la cavalerie (1905-1912)

Entré à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr le 21 octobre 1905, Emmanuel Ronin appartient à la 90e promotion, dite « La Dernière du Vieux Bahut » (1905-1907), dans l'arme de la cavalerie. Il en sort sous-lieutenant de cavalerie et est affecté, le , au 3e régiment de chasseurs d'Afrique.

Officier-pilote et la liaison postale Villacoublay-Pauillac (1912-1914)

Formation de pilote militaire

Le 24 juillet 1912, le lieutenant Ronin obtient son brevet de pilote-aviateur (brevet civil no 923). Il participe dès le mois de septembre suivant aux manœuvres militaires du Poitou au sein de l'escadrille A, équipée de Blériot XI et de Borel. Le 9 octobre 1912, il quitte le cadre de la cavalerie pour rejoindre le 1er groupe aéronautique militaire, avant d'être affecté en 1913 à l'escadrille d'Épinal.

Le vol du

Après les expériences pionnières de transport de courrier par ballon durant le siège de Paris de 1870-1871, puis le premier service postal aérien régulier lors d'une exposition à Allahabad (Inde) en 1911 par Henri Péquet, la France effectue son premier essai postal aérien officiel le  : le lieutenant Nicaud relie Nancy à Lunéville (27 km) sur un biplan Farman.

Photographie publiée par La Revue aérienne le 25 octobre 1913 sous la légende « M. Massé, ministre du Commerce et le lieutenant Ronin avant le départ ».

Le projet est annoncé en conseil de cabinet par le ministre du Commerce, de l'Industrie, des Postes et des Télégraphes : il s'agit d'organiser un transport aérien du courrier entre Paris et Pauillac, port d'embarquement des paquebots à destination de l'Amérique du Sud. Le ministère de la Guerre en étudie l'itinéraire et les points de départ et d'atterrissage avec Mazoyer, directeur de l'exploitation des services postaux, le terrain de départ devant être choisi entre Juvisy, Buc et Villacoublay. La Revue aérienne rapporte alors que l'administration évalue la charge transportable de 30 à 50 kilogrammes pour un monoplan et à environ 40 kilogrammes pour un biplan, et envisage une surtaxe de 50 centimes à un franc.

Le , alors affecté à l'escadrille d'Épinal, le lieutenant Ronin décolle de l'aérodrome de Villacoublay à bord d'un monoplan Morane-Saulnier (type G selon certaines sources),,, à la demande du ministère du Commerce, de l'Industrie, des Postes et des Télégraphes (alors dirigé par Alfred Massé), qui obtient du ministère de la Guerre la mise à disposition de l'avion et du pilote. Il emporte 10,5 kg de courrier destiné aux Antilles françaises et à l'Amérique centrale, fait escale à Vendôme puis à Poitiers,, et parcourt en tout environ 400 km. Il atterrit non pas à Pauillac même mais à Saint-Julien-Beychevelle, d'où le courrier est acheminé en automobile jusqu'à Pauillac-Trompeloup, où il est remis au capitaine du paquebot-poste Pérou, en partance pour les Antilles.

Dans une note ajoutée le 16 octobre, la même revue indique que « l'expérience a parfaitement réussi » : le lieutenant Ronin, après une escale à Poitiers, atterrit à Pauillac à une moyenne de 100 kilomètres à l'heure, et remet le sac de dépêches à l'inspecteur des postes Sessac, qui le porte en automobile à bord du paquebot Pérou, en partance.

Les sources divergent sur la mention postale employée : Aérostèles y voit le premier emploi officiel de la mention « poste aérienne », tandis que le Musée de La Poste indique que ces courriers portent pour la première fois la mention « par avion ». Ce vol est présenté comme l'acte de naissance de la poste aérienne en France,. Malgré son succès, l'expérience reste sans lendemain immédiat : une lettre de 1918 d'Alfred Massé explique les raisons de cette absence de suite. Il faudra attendre le 17 août 1918 pour que soit inaugurée la première ligne postale aérienne régulière française, entre Le Bourget et Saint-Nazaire via Le Mans.

Première Guerre mondiale (1914-1918)

Au , Ronin passe au 2e groupe aéronautique. À la mobilisation, le 9 septembre 1914, il est réaffecté à la cavalerie, au 14e régiment de hussards, avec le grade de capitaine à titre temporaire. Le 3 décembre 1914, il est fait chevalier de la Légion d'honneur. À partir de juin 1915, il sert à l'état-major du 5e corps d'armée, probablement comme officier aviateur, avant de rejoindre le 1er groupe d'aviation le 27 mai 1917.

Entre-deux-guerres (1918-1939)

Le 2 octobre 1920, Ronin est affecté au 6e régiment de cuirassiers et fait officier de la Légion d'honneur. Du 4 novembre 1920 au 2 novembre 1922, il suit les cours de l'École supérieure de guerre (42e promotion du brevet d'état-major). Il sert ensuite à l'état-major de la division aérienne de Metz (1923), puis au 8e régiment de dragons (1924). Il est promu colonel le 25 juillet 1938[réf. nécessaire].

Seconde Guerre mondiale (1939-1945)

Du 2 septembre 1939 au 31 mai 1940, le colonel Ronin commande l'artillerie de la 1re division marocaine, unité de l'Armée d'Afrique engagée dans la bataille de France, notamment lors de la bataille de Gembloux (15 mai 1940) puis lors de la défense de Lille fin mai 1940. Fait prisonnier entre le 31 mai et le 5 juin 1940, il s'évade.

Après une période de disponibilité (juin-août 1940), il est nommé adjoint au commandant de la division territoriale de Casablanca (4-20 août 1940), puis commandant de l'artillerie du Commandement supérieur des troupes du Maroc, basé à Rabat (20 août 1940 - 7 août 1943). Il est promu général de brigade (1re section) le 20 août 1941, et fait commandeur de la Légion d'honneur le 18 juillet 1941 avec effet rétroactif au 12 juin 1941, décoration remise à Rabat par le général Alphonse Juin.

Il est ensuite promu général de division à titre temporaire le 25 décembre 1942, et commande la division territoriale d'Oran du 7 août 1943 (effectif au 27 septembre) au 4 novembre 1944. Après trois mois de congé, il est placé en 2e section (réserve) le 4 février 1945 ; sa nomination au grade de général de division est confirmée à titre définitif le .

Sa tombe au carré militaire français du cimetière européen de Marrakech.

Il meurt le 4 mars 1953 à Rabat, à l'âge de 67 ans.

Décorations

Sa fiche matricule de la Légion d'honneur : chevalier par décret du 3 décembre 1914, officier par arrêté du 2 octobre 1920 (rang du 16 juin 1920), commandeur par arrêté du 18 juillet 1941 (rang du 12 juin 1941).

Postérité liée au vol de 1913

Timbre commémoratif

Pour le 65e anniversaire du vol Villacoublay-Pauillac, l'administration des Postes françaises émet le un timbre de la série « Poste aérienne » (valeur faciale 1,50 F, référence Yvert & Tellier PA51), dessiné et gravé par Jacques Combet.

Monument à Pauillac

Une maquette d'avion Morane-Saulnier type G, montée sur un pylône, a été installée à Pauillac (quai Paul Doumer) à l'occasion du centenaire de la liaison en 2013.

Livre

Notes et références

Notes

  1. ↑ Une source (compilation Jacques Moulin, site Aérophile) orthographie le troisième prénom « Albert » plutôt que « Abel » ; la majorité des sources (Service historique de la Défense, Archives nationales/base Léonore) retiennent « Abel ».
  2. ↑ Les sources divergent sur le poids et la destination du courrier : Lucien Simon indique un sac de dix kilogrammes, l'Agence France-Presse 10,5 kilogrammes à destination des Antilles et de l'Amérique centrale, et le Musée de La Poste des sacs à destination des Antilles et de l'Amérique du Sud.

Références

  1. ↑ Jean Boÿ (Général de brigade (2s)), « Historique de la 90e promotion (1905-07) », sur La Saint-Cyrienne.
  2. 1 2 « La poste en aéroplane », La Revue aérienne, no 121,‎ , p. 588 (lire en ligne, consulté le ).
  3. 1 2 « Centenaire de la poste aérienne – Pauillac, 15 octobre 1913 », sur Aérostèles.
  4. 1 2 Lucien Simon, « La Poste aérienne a cent ans », Le Piège, no 215,‎ , p. 12-13 (lire en ligne, consulté le ).
  5. 1 2 3 « La Poste dans les airs » [PDF], sur Musée de La Poste (consulté le ).
  6. 1 2 3 « Villacoublay-Pauillac, 15 octobre 1913 – Naissance de la Poste aérienne en France », sur Éditions de l'Entre-deux-Mers.
  7. 1 2 « Les débuts glorieux de l'aventure aéropostale », Le Courrier du Vietnam, AFP,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. 1 2 3 4 « Cote 19800035/43/5382 », base Léonore, ministère français de la Culture.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes