| Enfumades de Sebih | |
| Date | 8 aout 1845 |
|---|---|
| Lieu | Debboussa Aïn Merane |
| Type | Enfumades |
| Morts | 500 |
| Guerre | Conquête de l'Algérie par la France |
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Les Enfumades de Sebih (en : ar محرقة صبيح ) sont deux massacres perpétrés par l'armée française en Algérie à l'encontre des habitants de la tribu Sbih, qui vivaient dans l'actuel Aïn Merane. Elles ont eu lieu en deux temps : un premier massacre eu lieu le 11 juin 1844, sous le commandement du général Cavaignac, et un second, plus violente encore un an après, sous le commandement du général de Saint-Arnaud le 8 août 1845. Cela s'inscrivait dans le cadre du plan du général Bugeaud, qui appliquait la politique de la terre brûlée contre l'émir Abdelkader.
Le témoignage du lieutenant-colonel Canrobert, qui servait sous les ordres du général Cavaignac, concernant le massacre, est l'un des rares récits importants et mémorables, où il décrit l'opération :
« J'étais avec mon bataillon dans une colonne commandée par Cavaignac. Les Sbéahs venaient d'assassiner des colons et des caïds nommés par les Français ; nous allions les châtier. Après deux jours de course folle à leur poursuite, nous arrivons devant une énorme falaise à pic. Dans la falaise était une excavation profonde formant grotte. Les Arabes, cachés derrière les rochers de l'entrée, tiraillaient contre nous. [...] Nous nous sommes fort rapprochés et avons commencé à parlementer. On promet la vie sauve aux Arabes s'ils sortent. La conversation fait cesser les coups de fusil. [...] Mais le capitaine Jouvencourt est sorti du rocher derrière lequel il était caché et s'avancé seul devant l'entrée. Alors qu'il leur parle, il reçoit une décharge, et tombe raide mort, atteint de plusieurs balles. Il fallait prendre d'autres moyens. On accumula à l'entrée de la grotte des fagots et des broussailles. Le soir, le feu fut allumé. Le lendemain, quelques Sbéahs se sont présentés à l'entrée de la grotte en demanda l'aman à nos poste avancés . leur compagnons , les femmes et les enfants étaient morts . les médecins et les soldats offrirent aux survivants le peu d'eau qu'ils avaient et en ramenèrent plusieurs à la vie ; le soir les troupes rentraient à Orléans ville . Telle fut la première affaire des grottes »
— Jean - Jaque TUR, Ombres et lumières de l'Algérie française
Le second témoignage provenient d'un soldat ayant servi sous les ordres du colonel Plessier :
« « Quelle plume saurait rendre ce tableau ? Voir, au milieu de la nuit, à la faveur de la lune, un corps de troupes françaises occupé à entretenir un feu infernal ! Entendre les sourds gémissements des hommes, des femmes, des enfants et des animaux ; le craquement des rochers calcinés s'écroulant, et les continuelles détonations des armes ! Dans cette nuit, il y eut une terrible lutte d'hommes et d'animaux ! Le matin, quand on chercha à dégager l'entrée des cavernes, un hideux spectacle frappa des yeux les assaillants. J'ai visité les trois grottes, voici ce que j'y ai vu :Les grottes sont immenses ; on a compté hier sept cent soixante cadavres ; une soixantaine d'individus seulement sont sortis, aux trois quarts morts ; quarante ont pu survivre ; dix sont à l'ambulance dangereusement malades ; les dix derniers qui peuvent se traîner encore ont été mis en liberté pour retourner dans leurs tribus.À l'entrée, gisaient des bœufs, des ânes, des moutons ; leur instinct les avait conduits à l'ouverture des grottes, pour respirer l 'air qui manquait à l'intérieur. Parmi ces animaux et entassés sous eux, se trouvaient des femmes et des enfants. J'ai vu un homme mort, le genou à terre, la main crispée sur la corne d'un bœuf. Devant lui était une femme tenant son enfant dans ses bras. Cet homme, il était facile de le reconnaître, avait été asphyxié, ainsi que la femme, l'enfant et le bœuf, au moment où il cherchait à préserver sa famille de la rage de cet animal ». »
Les sources historiques relatent les événements de ce massacre, perpétré par trois régiments français sous le commandement du général de Saint-Arnaud, qui se dirigeaient vers le cheikh Boumaza pour le surprendre le 8 août 1845. Le général contraignit le cheikh à fuir. Le même jour, il inspecta les grottes de la région de chaaba Lbiar, appartenant à la tribu Sbih, qui possédaient cinq entrées. Les membres de la tribu les accueillirent par des tirs.
Le 9 août, le siège commença (barrages, bombes et mines). Les habitants ripostèrent par des coups de feu. Les 10 et 11 août, Saint-Arnaud mit le feu aux grottes pendant deux jours entiers pour forcer les habitants à sortir, mais son objectif ne fut pas atteint. Il décida alors de sceller toutes les entrées et de transformer les grottes en une véritable fosse commune.