| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité |
Italienne |
| Activité | |
| Formation |
Central Saint Martins |
| Lieu de travail | |
| Distinction |
Sélection pour le prix Turner (2009) |
Ultra Paste (2007) Absuction Cardigan (2009) Life Sentences (2014) Assumption of we (2014-2025) |
Enrico David, né en 1966 à Ancône, est un sculpteur, peintre et dessinateur italien établi à Londres. Son travail associe sculpture, peinture, dessin, textile et installation, et prend le corps humain pour sujet principal.
Installé à Londres à la fin des années 1980 et formé à la Central Saint Martins, il est sélectionné en 2009 pour le prix Turner et représente l’Italie, avec Liliana Moro et Chiara Fumai, au pavillon italien de la Biennale de Venise de 2019. Des rétrospectives lui sont consacrées aux États-Unis en 2018-2019, puis au Castello di Rivoli, près de Turin, en 2025-2026.
Enrico David naît en 1966 à Ancône, dans une famille d’artisans,,. D’après l’artiste, son père, entrepreneur de l’après-guerre, lui a transmis la culture du faire et des matériaux. Selon le Castello di Rivoli, de nombreuses œuvres de David naissent du besoin d’élaborer des expériences traumatiques, comme la perte soudaine de son père.
Après des études de langues modernes à Bologne, il s’installe à Londres en 1988,,. Il occupe d’abord des emplois alimentaires, dont un poste dans un McDonald’s de Kensington High Street, choisi pour observer les tendances de la mode, puis s’établit à Brixton, où il commence à peindre chez lui. Il obtient en 1994 une licence en sculpture à la Central Saint Martins, école surtout connue pour son département de mode, où étudient à la même époque Stella McCartney et Alexander McQueen,,. Selon le Rennie Museum, il ne se reconnaît dans aucun groupe et ne se rattache pas à la génération dite de « Freeze », réunie autour de Damien Hirst ; avec son ami Thomas Houseago, il pratique une expérimentation libre de pressions commerciales.
Il expose pour la première fois en 1995, à Londres. À la fin des années 1990, il se fait connaître par de grandes toiles brodées, comme Cora, Butterfly Woman ou Dinnisblumen (1999), où les visages des figures sont masqués par des orchidées et des papillons,.
En 2003, il participe à l’exposition principale de la 50e Biennale de Venise, dirigée par Francesco Bonami,,. Du au , la Tate Britain présente dans la série Art Now sa sculpture Chicken Man Gong, à la fois sculpture publique et instrument rituel ; des membres du personnel du musée devaient la frapper comme un gong.
En 2007, l’Institute of Contemporary Arts de Londres présente l’exposition Ultra Paste. L’installation du même titre reconstitue à l’échelle réelle la chambre que son père avait conçue pour lui dans les années 1970 et transpose un collage de Dora Maar, Vieille femme et enfant (1935),. En 2008, il participe à une exposition au Palazzo Grassi conçue par Francesco Bonami, et le Seattle Art Museum présente Bulbous Marauder,.
Du au , le Museum für Gegenwartskunst de Bâle présente How Do You Love Dzzzzt by Mammy?, sous le commissariat de Nikola Dietrich. L’exposition réunit deux installations, Ultra Paste et Throat Plugs, réalisée pour l’occasion.
Pour ces expositions de Bâle et de Seattle, David est sélectionné pour le prix Turner 2009, avec Roger Hiorns, Lucy Skaer et Richard Wright,. Il présente à la Tate Britain, du au , l’installation Absuction Cardigan, composée de peintures, de collages et de sculptures, dont deux « hommes-œufs » en papier mâché venus de l’exposition de Bâle. Rita Selvaggio rapproche ces figures d’un jouet dessiné par Koloman Moser en 1905 et le présente comme le deuxième artiste italien de l’histoire du prix, après Giuseppe Penone. Le prix revient à Richard Wright.
En 2011, il présente sa première exposition personnelle en Italie, Repertorio Ornamentale, à la Fondazione Bevilacqua La Masa, au Palazzetto Tito de Venise, avec Milovan Farronato,,. Au printemps 2012, il expose en même temps à New York au New Museum (Head Gas) et à la galerie Michael Werner,. En 2013, il présente des peintures, des tapisseries et des sculptures dans The Encyclopedic Palace, exposition de la 55e Biennale de Venise conçue par Massimiliano Gioni ; la même année, le Hammer Museum de Los Angeles lui consacre une exposition,.
Selon Sculpture, il se consacre surtout à la sculpture dans les années 2010. Du au , The Hepworth Wakefield présente plus de vingt œuvres récentes et une série de sculptures commandées pour l’occasion, en bronze, en fibre de verre et en jesmonite ; c’est sa première exposition personnelle dans une institution britannique depuis celle de l’ICA en 2007. La Collezione Maramotti de Reggio d'Émilie l’expose aussi en 2015, puis la Sharjah Art Foundation et Lismore Castle Arts en 2016.
Du au , le Musée d'Art contemporain de Chicago présente Gradations of Slow Release, sous le commissariat de Michael Darling, première rétrospective de son œuvre aux États-Unis, qui couvre vingt ans de production. L’exposition est reprise du au au Hirshhorn Museum and Sculpture Garden de Washington, où elle est organisée par Stéphane Aquin.
En 2019, David représente l’Italie au pavillon italien de la 58e Biennale de Venise, dans l’exposition Neither Nor: The Challenge to the Labyrinth, conçue par Milovan Farronato, avec Liliana Moro et Chiara Fumai,. Soutenue par Gucci, l’exposition prend la forme d’un labyrinthe blanc, avec deux entrées et plusieurs parcours. David y présente Tutto il Resto Spegnere.
Sa première exposition à la galerie Gió Marconi de Milan, Cielo di giugno, recensée par Artforum en mai 2021, ne comprend que des peintures et des dessins,. Du au , le KW Institute for Contemporary Art de Berlin présente Destroyed Men Come and Go, sa première exposition personnelle dans une institution allemande, consacrée à la seule sculpture ; le titre est emprunté à Maurice Blanchot. L’exposition est accompagnée d’un livre d’artiste qui reprend le format d’une publication de 1929 sur la Wiener Werkstätte.
En 2025, il présente sa première exposition personnelle à Paris, The Soul Drains the Hand, à la galerie White Cube, du au ,. Le Castello di Rivoli lui consacre ensuite, jusqu’au , la rétrospective Domani torno, sous le commissariat de Marianna Vecellio, première rétrospective de son œuvre en Italie,,. Organisée en six sections, elle intègre des œuvres de Felice Casorati, Giorgio De Chirico, Mario Giacomelli, Natalia Gontcharova, Giacomo Manzù et Francis Picabia issues des collections du musée et de la collection Francesco Federico Cerruti. Le catalogue, publié par Walther König, réunit des textes de Marianna Vecellio, Francesco Manacorda, Federico Campagna, Dawn Ades et Polly Staple. L’installation lumineuse Il centro dei miei occhi è 160 (1995-2025), produite avec le Kunsthaus de Zurich, y est présentée,,. Il vit et travaille à Londres,.
Selon l’artiste, le dessin est le point de départ de la plupart de ses œuvres. Dans le texte publié par la Tate en 2005, il dit emprunter des techniques artisanales et des styles de design pour structurer sa réponse émotionnelle à la réalité, et voir dans le langage un moyen de donner forme à un besoin de discontinuité, de rupture et de détournement. D’après Francesca Gavin, ses sculptures, installations, peintures, textiles et collages naissent tous de dessins, qu’il conserve en grand nombre et réexamine régulièrement ; il déclare ne jamais dessiner en pensant à une sculpture ou à une peinture. « Mes dessins sont ma principale source de matière première », dit-il à Transfuge. La galerie White Cube décrit le dessin comme un point de départ et comme « une provocation pour la sculpture ».
Selon le Kunstmuseum Basel, il emprunte matériaux et motifs à la technique artisanale traditionnelle et au design moderniste des années 1920 et 1930, et mêle sources littéraires, figures de magazines pornographiques et souvenirs d’enfance. Ses sculptures associent, selon les œuvres, bronze, jesmonite, bois, cuivre, acier patiné, mousse expansive, laine, cire, graphite, os, acrylique ou papier de soie. Le Rennie Museum relie cette facilité à changer de matériau à l’observation du travail de sa famille. L’artiste dit avoir « redirigé la tradition familiale liée à certaines façons de travailler les matières pour exprimer des choses difficiles sur la condition humaine ».
Il réalise aussi des collages textiles, technique pour laquelle il a collaboré avec sa sœur, antiquaire et restauratrice de textiles. Les tapisseries exposées à Paris en 2025 sont faites de cachemire, de poil de chameau et de laine offerts par Max Mara une dizaine d’années plus tôt, et portent des figures en cuivre repoussé.
Pour Catherine Wood, ses assemblages d’images et d’objets invitent le spectateur dans un tableau fictif et traitent la rencontre avec l’œuvre comme une scène de théâtre. Selon le Castello di Rivoli, ses installations deviennent, à partir de la fin des années 1990, des mondes où se mêlent chronique, mémoire, culture populaire et rhétorique théâtrale, comme Madreperlage (2003), Ultra Paste (2007) et Absuction Cardigan (2009). Depuis 2005, il réalise une série de petits théâtres, les teatrini.
D’après Francesca Gavin, il passe ensuite de ces grands environnements à des objets isolés, souvent posés sur des socles inspirés de constructions indiennes du XVIIe siècle destinées à l’observation astronomique, à Delhi et à Jaipur. L’artiste dit concevoir ses sculptures à la taille d’un enfant de six ou sept ans.
Le Musée d’Art contemporain de Chicago décrit le corps, chez David, comme fragile, vulnérable, grotesque, torturé ou extatique. Selon Francesca Gavin, ses figures, d’abord stylisées et proches des silhouettes de Francis Picabia ou des figures androgynes d’Aubrey Beardsley, s’allongent jusqu’à devenir presque des « non-corps ». L’artiste se dit complice de son propre désir de laisser le corps inachevé et le considère comme un dispositif de langage plus que comme une anatomie. À partir de l’exposition Life Sentences (2014), il modèle des visages en cire. Il déclare que le genre est, dans son travail, d’une importance inconsciente et secondaire.
Le KW Institute relève parmi ses références l’art maya, la dynastie Tang et la Wiener Werkstätte ; ses figures, souvent lues comme des autoportraits, prolongent parfois le mobilier par des membres. Dans les sculptures présentées à Paris en 2025, une figure s’allonge en pied de lampe (Sleepwalker) ou soutient une table en chêne (Intruder). Il a invité le psychanalyste Darian Leader à écrire un essai sur son œuvre et dit voir dans l’art une capacité de guérison.
En 2009, la Tate le présente comme un surréaliste contemporain et décrit son installation pour le prix Turner comme une parade de corps fragmentés, où l’instabilité et l’aliénation se mêlent à un humour inquiétant,. Pour Lloyd Wise, dans Artforum (2012), ses œuvres traitent le corps à travers une dialectique de l’éphémère et du permanent, et ses figures vaporeuses évoquent moins l’interconnexion que la dispersion. Rita Selvaggio, dans Flash Art, décrit un corps segmenté et suggère de voir dans son œuvre une forme de récupération de l’hystérie comme savoir poétique du corps.
Francesca Gavin, dans Sculpture (2019), le compte parmi les sculpteurs les plus intéressants de sa génération. Elle cite Stéphane Aquin, qui voit dans Henry Moore, Barbara Hepworth et Giacomo Manzù des références pour son travail, et Milovan Farronato, qui insiste sur la « position de résistance » de ses figures. The Hepworth Wakefield et le KW Institute relèvent ses affinités avec Hepworth, Moore et Alberto Giacometti,. Dans AnOther, Francesca Gavin note que les figures sans genre et souvent sans corps présentées à Venise en 2019 ne sont pas explicitement sexuelles et proposent une autre idée de l’humain.
La recension de l’exposition milanaise publiée par Artforum en 2021 relève son goût pour le grotesque et un lyrisme d’autant plus fort que les traits sont réduits. En 2025, Andrew Hodgson compare la déformation de la chair dans les sculptures-meubles exposées à Paris à celle des films de David Cronenberg. Julie Chaizemartin, dans Transfuge, rapproche ses figures des idoles cycladiques, des kouroï archaïques et de certaines lignes de l’Art nouveau. Pour Fleur Baudon, ses textiles « ne décorent pas, ils cicatrisent ». Cristina Meli, dans Exibart, estime que le corps déformé de ses figures dénonce l’absurdité de la condition humaine.
| Année | Exposition | Lieu |
|---|---|---|
| 2005 | Art Now: Enrico David | Tate Britain, Londres |
| 2007 | Ultra Paste | Institute of Contemporary Arts, Londres |
| 2008 | Bulbous Marauder | Seattle Art Museum, Seattle |
| 2009 | How Do You Love Dzzzzt by Mammy? | Museum für Gegenwartskunst, Bâle |
| 2011 | Repertorio Ornamentale | Fondazione Bevilacqua La Masa, Venise |
| 2012 | Head Gas | New Museum, New York |
| 2013 | — | Hammer Museum, Los Angeles |
| 2015 | — | Collezione Maramotti, Reggio d’Émilie |
| 2015-2016 | Enrico David | The Hepworth Wakefield, Wakefield |
| 2016 | Fault Work | Sharjah Art Foundation, Charjah |
| 2016 | Autoparent | Lismore Castle Arts, Irlande |
| 2018-2019 | Gradations of Slow Release | Musée d’Art contemporain de Chicago ; Hirshhorn Museum, Washington, |
| 2023 | Destroyed Men Come and Go | KW Institute for Contemporary Art, Berlin |
| 2025 | The Soul Drains the Hand | White Cube, Paris |
| 2025-2026 | Domani torno | Castello di Rivoli, Rivoli |
| Année | Exposition | Lieu |
|---|---|---|
| 2003 | 50e Biennale de Venise | Venise, |
| 2004 | — | Kunsthalle Basel, Bâle |
| 2008 | — | Palazzo Grassi, Venise, |
| 2009-2010 | Prix Turner 2009 | Tate Britain, Londres |
| 2013 | The Encyclopedic Palace, 55e Biennale de Venise | Venise |
| 2019 | Neither Nor: The Challenge to the Labyrinth, pavillon italien, 58e Biennale de Venise | Venise, |
La Tate conserve trois de ses œuvres : Untitled (2002), Costume Design (2008) et Untitled (2010). Ses œuvres figurent aussi dans les collections du Musée d’Art contemporain de Chicago, du Hirshhorn Museum and Sculpture Garden et du Hammer Museum. Selon la galerie White Cube, le MOCA de Los Angeles, le Stedelijk Museum d’Amsterdam, le Metropolitan Museum of Art et le Museum of Modern Art de New York en conservent également.
| Année | Titre | Technique | Notes |
|---|---|---|---|
| 1999 | Dinnisblumen | Toile brodée | Raf Simons Collection, Anvers, |
| 2002 | Untitled | Tate, Londres | |
| 2003 | Madreperlage | Installation | |
| 2005 | Chicken Man Gong | Sculpture | Tate Britain, Art Now |
| 2005 | Bubble Protest | Acrylique, crayon, encre, papier, bois, tissu et cosse, 280 × 450 cm | Collection particulière |
| 2007 | Ultra Paste | Installation | Institute of Contemporary Arts, Londres, |
| 2008 | Bulbous Marauder | Gouache sur papier | |
| 2009 | Throat Plugs | Installation photographique | Museum für Gegenwartskunst, Bâle |
| 2009 | Absuction Cardigan | Installation | Prix Turner, Tate Britain |
| 2011 | Odorless Rot, Empathy Bubble, Enrico Aphid | Peintures | New Museum, New York |
| 2012 | Light Days | Polystyrène, mousse de polyuréthane, cuivre, papier de soie, aquarelle, os | |
| 2012 | Bog-Piper | Fil de cuivre, papier de soie peint, papier mâché | |
| 2013 | Mother Tunnel | Acrylique sur toile, 278 × 286 cm | |
| 2014 | Life Sentences | Bronze, 43 × 106 × 12,5 cm | Rennie Collection, Vancouver |
| 2014 | Tools and Toys III | Jesmonite, graphite et cuivre | |
| 2015 | Gradations of Slow Release | Bois, cuivre, jesmonite, papier et pigment | |
| 2019 | Tutto il Resto Spegnere | Pavillon italien, Biennale de Venise | |
| 2020 | Il fraterno silenzio del fango | Peinture | |
| 2022 | Study for Circulation of the Eye: Our Body and the Body of the Thing | Assemblage | |
| 2014-2025 | Assumption of we | Plâtre polymère et graphite | , |
| 2025 | Intruder | Chêne et bronze | , |
| 2025 | Sleepwalker | Bronze coulé à froid, acier, onyx | , |
| 1995-2025 | Il centro dei miei occhi è 160 | Installation lumineuse | Castello di Rivoli |