| Naissance | Medea, Italie |
|---|---|
| Décès |
(à 18 ans) Toulouse, France |
| Nationalité |
italienne |
| Activité |
Enzo Godeas, né le à Medea, en Italie, et fusillé le à Toulouse, est un résistant italien, membre de la 35e brigade FTP-MOI, dite brigade Marcel-Langer. Dans la Résistance, il utilise le pseudonyme de René et la fausse identité de Jean Delpech.
Le , il participe avec Rosine Bet et David Freiman à une opération contre le cinéma des Variétés de Toulouse. Grièvement blessé par l'explosion prématurée de la bombe, il est hospitalisé puis incarcéré à la prison Saint-Michel. Condamné à mort par une cour martiale du régime de Vichy, il est fusillé le 22 juin 1944, à l'âge de 18 ans.
Enzo Godeas naît le 31 août 1925 à Medea, dans la province de Gorizia, en Italie. Il est le fils d'Oliviero Godeas, cultivateur, et de Maria.
Sa famille s'installe à Castelculier, dans le Lot-et-Garonne. Enzo Godeas, indiqué comme né à Medea en 1925, apparaît avec ses parents dans le recensement de population de Castelculier dès 1926. La famille est encore recensée dans la commune en 1931 et en 1936.
Son parcours s'inscrit dans celui de l'immigration italienne dans le Sud-Ouest de la France pendant l'entre-deux-guerres. Marc Brafman cite les Godeas parmi les familles italiennes installées dans la région dont sont issus des combattants de la 35e brigade FTP-MOI.
Enzo Godeas rejoint les FTP-MOI. Il est actif au sein de la 35e brigade FTP-MOI, dite brigade Marcel-Langer.
Dans la clandestinité, il utilise le pseudonyme de René et la fausse identité de Jean Delpech.
Une notice du Musée de la Résistance en ligne rattache Godeas au réseau des antifascistes italiens du Lot-et-Garonne lié au Parti communiste italien. Elle indique qu'au début de 1943, il participe avec Enzo Lorenzi, dit « Robert », à la création d'un maquis FTP-MOI à Castelculier, dont la ferme de la famille Godeas sert de lieu de rendez-vous.
Un état nominatif des cadres de la 35e brigade lui attribue le grade FFI de sous-lieutenant et la fonction de chef de détachement.
L'historienne Laure Teulières cite Enzo Godeas parmi les jeunes résistants italiens de la brigade et inscrit son parcours dans celui de la seconde génération issue de l'immigration italienne engagée dans la Résistance en France.
Le , la 35e brigade FTP-MOI organise une opération contre le cinéma des Variétés, situé place Wilson à Toulouse. L'établissement est alors notamment utilisé pour la diffusion de films de propagande.
Le 29 février, le Service allemand de propagande réquisitionne la salle afin d'y projeter le film antisémite Le Juif Süss, puis La Libre Amérique.
Victor Bardach, dit Jean Gerhard, commandant militaire de la brigade, organise une nouvelle opération contre le cinéma. Le groupe chargé de déposer la bombe est composé de David Freiman, dit Marius, Rosine Bet, dite Yvette, et Enzo Godeas, dit René.
L'explosion est prévue entre deux séances, lorsque la salle doit être vide afin de ne pas faire de victimes. Marc Brafman indique pour sa part que l'engin doit exploser environ quarante minutes après la fin de la séance.
La bombe explose cependant prématurément. Les circonstances exactes du déclenchement demeurent incertaines : le Musée de la Résistance en ligne évoque soit un contact avec un spectateur, soit une erreur de manipulation.
David Freiman est tué sur le coup. Rosine Bet et Enzo Godeas sont grièvement blessés. Bet meurt peu après, tandis que Godeas survit à ses blessures,.
Après l'explosion, Godeas est hospitalisé à l'hôpital de La Grave, à Toulouse, où il est interrogé par la police.
Une lettre manuscrite qu'il rédige depuis son lit d'hôpital le est conservée dans son dossier de police aux Archives départementales de la Haute-Garonne. Il y demande la restitution de ses vêtements, de son portefeuille et de ses effets personnels.
Un procès-verbal d'audition du le décrit comme âgé de 18 ans, domicilié à Castelculier et détenu en traitement à La Grave.
Selon le Musée de la Résistance en ligne, le docteur Géraud tente de prolonger son hospitalisation afin de le soustraire aux poursuites. Le , Godeas est finalement incarcéré à la prison Saint-Michel.
Le , Enzo Godeas est jugé par une cour martiale composée de miliciens et condamné à mort sans possibilité d'appel.
Un document du secrétariat général au Maintien de l'ordre daté du 22 juin 1944 indique qu'à 9 heures la cour martiale décide que Godeas doit être « passé par les armes ». Une annotation manuscrite portée sur ce document indique son exécution le même jour à 10 h 30.
Ses blessures l'empêchant encore de marcher, il est fusillé assis sur une chaise dans la cour de la prison Saint-Michel, aux côtés du résistant espagnol Diego Rodríguez Collado.
L'exécution est effectuée par un peloton des Groupes mobiles de réserve (GMR).
Enzo Godeas meurt à l'âge de 18 ans.
La mémoire d'Enzo Godeas est entretenue après la guerre, notamment à Toulouse et dans le Lot-et-Garonne.
Une plaque commémorative est apposée devant l'ancien cinéma des Variétés
Son nom figure sur une plaque de l'ancienne prison Saint-Michel consacrée aux résistants exécutés en 1944. La plaque porte pour Godeas les mentions « né le 31 août 1925 » et « fusillé le 22/6/44 ».
À Castelculier, où il avait vécu avec sa famille, une plaque commémorative apposée au monument aux morts porte également son nom.
Le , la ville de Toulouse inaugure l'espace Enzo-Godeas dans le quartier des Argoulets, en présence de représentants de la municipalité, d'associations mémorielles et de membres de sa famille.