Escuela moderna

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Escuela Moderna
Le bulletin de l'École Moderne, décembre 1905.
Histoire
Fondation
Statut
Type
Localisation
Pays
Francisco Ferrer.

La Escuela moderna ou École moderne est une école rationaliste fondée à Barcelone le , par Francisco Ferrer.

Son projet pédagogique d'inspiration libertaire s'appuie sur la mixité, l’égalité sociale, la transmission d’un enseignement rationnel, l’autonomie et l’entraide.

Elle fut la première d'un réseau qui en comptait plus d'une centaine d’établissements en Espagne en 1907. Elle inspira les modern schools américaines et les nouveaux courants pédagogiques.

Le projet

L'école n'est pas gratuite car elle ne dispose d'aucune subvention publique ou privée. Pour être viable, elle doit donc s'auto-financer. En fixant un prix de pension uniforme, elle risque néanmoins d'aboutir à une sélection par l'argent et d'écarter les enfants issus des milieux les plus défavorisés, ce qui est évidemment contraire à sa vocation. La contribution financière des familles est proportionnelle à leurs ressources, même si cette somme peut avoir une valeur symbolique. De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins.

L'Escuela moderna est mixte, comme l'Orphelinat de Cempuis de Paul Robin ou La Ruche de Sébastien Faure. La mixité représente une innovation particulièrement audacieuse dans une Espagne très chrétienne. Francisco Ferrer doit vaincre bien des réticences à ce sujet, dans son propre entourage, mais il reste intraitable et finit par obtenir gain de cause.

L'Escuela moderna est aussi laïque mais son fondateur évite cependant d'utiliser cet adjectif pour ne pas entrer immédiatement en conflit avec les autorités ecclésiastiques toutes puissantes.

Une citation de Francisco Ferrer résume le projet :

« Notre enseignement n'accepte ni les dogmes ni les usages car ce sont là des formes qui emprisonnent la vitalité mentale (...) Nous ne répandons que des solutions qui ont été démontrées par des faits, des théories ratifiées par la raison, et des vérités confirmées par des preuves certaines. L'objet de notre enseignement est que le cerveau de l'individu doit être l'instrument de sa volonté. Nous voulons que les vérités de la science brillent de leur propre éclat et illuminent chaque intelligence, de sorte que, mises en pratique, elles puissent donner le bonheur à l'humanité, sans exclusion pour personne par privilège odieux. »

La pédagogie rationaliste

The Modern School, de Francisco Ferrer, traduit par Voltairine de Cleyre en 1909.

La pédagogie élaborée par Francisco Ferrer repose sur cinq piliers : la mixité, l’égalité sociale, la transmission d’un enseignement rationnel, l’autonomie et l’entraide.

Le Bulletin et les éditions

De 1901 à 1906, l'école publie un Bulletin de l'École moderne imprimé sur 16 puis 24 pages, la collection compte 62 numéros. On y trouve des articles de fond à caractère pédagogique et social, des informations diverses, des rédactions d'élèves.

Une maison d'édition est créée, qui publie des manuels scolaires, des livres pour enfants et quelques ouvrages scientifiques. Un manuel de lecture est imprimé à 10 000 exemplaires et rapidement épuisé. Les aventures de Nono, livre de Jean Grave font l'objet de deux éditions successives. Au total, l'école édite une trentaine d'ouvrages.

Parallèlement, elle développe des activités culturelles. Véritable Université populaire, elle organise avec succès des conférences et des cours du soir à l'intention des adultes. Elle met ses locaux et sa bibliothèque à la disposition des syndicats ouvriers.

La fin de l’École moderne

Échappant au contrôle de l’État et des institutions religieuses, et véhiculant un projet émancipateur de transformation sociale, l’École moderne s’attire vite les foudres du gouvernement et du clergé qui n’aspirent qu’à une chose, la fermer.

Le , le jour du mariage du roi Alphonse XIII, une bombe (fabriquée par Salvador Creus) explose au milieu du cortège, provoquant la mort de 28 personnes ; le coupable est Mateo Morral, traducteur et bibliothécaire de l'École Moderne. Son appartenance à l’École moderne suffit aux autorités pour ordonner sa fermeture. Par la même occasion, Francisco Ferrer est arrêté, puis finalement acquitté le .

En 1908, il retourne en France où il fonde, à Paris, la Ligue internationale pour l’éducation rationnelle de l’enfance, dont la présidence est confiée à Anatole France. Il crée également la revue L'École rénovée dans laquelle il présente les théories et les activités de la Ligue.

En 1909, à la suite des événements de la semaine tragique à Barcelone, il est accusé, notamment par le clergé catholique, d'en être l'un des instigateurs. Condamné à mort par un tribunal militaire à l'issue d'une parodie de procès, il est fusillé le . Son exécution provoque un important mouvement international de protestation.

Fermée à Barcelone, l’École moderne a cependant essaimé en Espagne où, en 1909, on dénombre 32 écoles fonctionnant selon la pédagogie élaborée par Francisco Ferrer.

Postérité

L'École Moderne de la ville de New York vers 1911/12. Will Durant et ses élèves. L'image a paru sur le premier numéro du magazine Modern School.
L'école moderne no 1 de São Paulo en 1913.

Anciens élèves

Bibliographie

Articles connexes

Notices

Notes et références

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