Fausse bannière

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Ne doit pas être confondu avec Opération secrète.

Les opérations sous fausse bannière ou sous faux pavillon (parfois désignées « sous faux drapeau », calque de l'anglais false flag) sont des actions menées avec utilisation des marques de reconnaissance d’un tiers, souvent d’un ennemi.

L'usage momentané d'une fausse bannière est une ruse de guerre courante destinée à tromper les observateurs tiers. Par contre, l'opération militaire effectuée avec une fausse bannière, c'est-à-dire l'usage des armes en se déguisant en ennemi, est considérée comme une perfidie, qui est un crime de guerre.

Statut

Article connexe : Perfidie (crime de guerre).

La ruse de guerre, y compris sous la forme du déguisement, a toujours fait partie de l'arsenal du guerrier ou du soldat. La convention de La Haye de 1907 reconnaissait ce fait dans son article 23 qui interdisait « l'usage impropre » de l'uniforme ennemi. Un amendement fut rédigé après la Seconde Guerre mondiale afin de lever l'ambiguïté de cette formule, précisant que c'est l'usage des armes sous uniforme ennemi qui est visé.

Exemples notoires

À la suite de l'incident de Mukden, des experts japonais inspectent le site du « sabotage ».

Assertions non démontrées

En mer

Les ruses de pavillon sont très anciennes en matière de guerre sur mer : les corsaires (à distinguer des pirates) comme Robert Surcouf y ont eu abondamment recours au XVIIIe et XIXe siècles.

Durant la guerre de Sécession américaine, les forceurs de blocus sudistes comme le CSS Alabama s'approchaient souvent de leurs proies sous pavillon neutre (en général britannique).

Durant la Première Guerre mondiale, les bateaux-pièges ou Q-ships (des navires fortement armés mais camouflés en innocents cargos ou voiliers) opèrent sous pavillon neutre, pour piéger les sous-marins allemands, de même que les croiseurs auxiliaires de surface allemands attaquant les navires de commerce anglais tels le SMS Emden ou le voilier Seeadler du capitaine Von Luckner.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les croiseurs auxiliaires allemands (des cargos rapides équipés d'une abondante artillerie camouflée) utilisent encore ces ruses de pavillon. C'est notamment le cas du Kormoran, un simple cargo militarisé qui, arborant un faux pavillon hollandais, réussit à se placer suffisamment près du croiseur HMAS Sydney pour engager un duel d'artillerie qui est fatal aux deux navires, alors même que son adversaire, un vrai bâtiment de guerre, était beaucoup mieux armé.

La règle absolue dans ces engagements sous faux pavillon est d'affaler le pavillon fictif (en général à la dernière seconde) et d'ouvrir le feu une fois le vrai pavillon de guerre hissé.

Espionnage

En matière d'espionnage, il existe des recrutements sous fausse bannière qui consistent à recruter des agents en les trompant sur la puissance qu'ils sont amenés à servir.

Dans la fiction

Un recrutement sous fausse bannière a lieu dans le roman Le Quatrième Protocole de Frederick Forsyth et une tentative de recrutement sous fausse bannière a lieu dans la saison 3 de la série télévisée Le Bureau des légendes.

Conspirationnisme

Dans les milieux complotistes contemporains, l’expression « false flag » est, selon Conspiracy Watch, fréquemment utilisée après la survenue d’actes terroristes, « afin d’instiller l’idée que le terrorisme est, sinon directement fabriqué par le propre gouvernement du pays visé, du moins mis en scène avec sa complicité »,.

Notes et références

  1. ↑ « Art. 23 de la Convention de la Haye de 1907 », icrc.org
  2. 1 2 3 4 5 Cécile Marin, « Petites histoires de faux drapeau », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. ↑ Google livre « Au cœur des théories du complot » de Christian Doumergue, édit. de l'opportun, consulté le .
  4. ↑ Otto Skorzeny et Saint-Paulien (trad. de l'allemand), La guerre inconnue, Paris, Albin Michel, , 442 p. (ISBN 978-2-226-00150-4), p. 301 et suivantes.
  5. ↑ Shabtai Teveth (en), Ben-Gurion's Spy, Columbia University Press, 1996, p. 81.
  6. ↑ Vryonis, Speros, 1928-, The mechanism of catastrophe : the Turkish pogrom of September 6-7, 1955, and the destruction of the Greek community of Istanbul, Greekworks.com, (ISBN 0-9747660-3-8 et 978-0-9747660-3-4, OCLC 61193271, lire en ligne)
  7. ↑ Philippe Broussard, « Les secrets d'une bombe », sur L'Express, (consulté le ).
  8. ↑ Rémi Brulin, « Quand Israël créait un groupe terroriste pour semer le chaos au Liban », Orient XXI,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. ↑ (en) « Terrorist Organization Profile: Masada, Action and Defense Movement », sur The Global Terrorism Database (GTD) (version du sur archive.org)
  10. ↑ Laure Marchand, « Sur la piste des commandos d'Erdogan », LExpress.fr,‎ (lire en ligne).
  11. ↑ (en) Scott Shane (en) et Alan Blinder, « Secret Experiment in Alabama Senate Race Imitated Russian Tactics », The New York Times, , en ligne.
  12. ↑ Ian Kershaw, Hitler Hubris pages 456–458 & 731–732.
  13. ↑ Le Canard enchaîné, .
  14. ↑ (en) Israel 'faked al-Qaeda presence', BBC NEWS, .
  15. ↑ (en) Theodore Shackley (en) (avec Richard A. Finney), Spymaster: My Life in the CIA, Brassey's, 2005, p. 9-10.
  16. ↑ « False flag », sur Conspiracy Watch | L'Observatoire du conspirationnisme (consulté le )
  17. ↑ « De la Syrie à l'Ukraine : dix ans de complotisme russe », sur Conspiracy Watch | L'Observatoire du conspirationnisme, (consulté le )

Voir aussi

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