Le fausset, également appelé voix de tête ou voix de fausset, est le troisième registre, ou «mécanisme 2» (on compte de 0 à 3) d'émission des cordes vocales aussi appelé «registre léger», obtenu par leur accolement «mince» (seule la partie ligamentaire vibre, sans la partie musculaire).
Le terme est souvent utilisé en opposition à l’émission de la voix de poitrine, ou «mécanisme 1», plus fréquemment utilisé en voix parlée. C'est d'ailleurs son origine étymologique, falsus: qui feint, imite, la voix de femme ou d'enfant dans l'aigu.
Le falsetto (terme d'origine italienne), peut signifier deux choses. En musique classique, il désigne les voix chantant principalement dans cette émission, et principalement les voix masculines (les contre-ténors). En musiques actuelles, il désigne une technique utilisant ce registre tout en laissant entendre la présence d'air dans la voix. Le falsetto—ou la «sexy head voice» en anglais— est alors moins puissant et donne un effet plus doux.
La voix de fausset et le falsetto peuvent donc désigner soit un principe d'émission au niveau des cordes vocales, soit une technique vocale, selon le contexte: classique ou musiques actuelles (pop).
À la naissance du «bel canto» —au début du XVIIesiècle—, les falsettistes ont progressivement été concurrencés par les hautes-contre, les ténors et surtout, les castrats, puis ont fini par disparaître à la période classique.
Au cours du XIXesiècle, la technique sera presque complètement délaissée, à l’exception toutefois des emplois comiques masculins du théâtre — ténor bouffe et bassebouffe — qui utiliseront parfois le falsetto exclusivement dans le but d’accentuer le caractère grotesque des personnages qu’ils incarnent, mais jamais comme technique à part entière.
Le yodel, technique vocale des montagnes de Suisse et du Tyrol, dont la principale caractéristique est d’utiliser en alternance la voix de fausset et la voix de poitrine, consiste en une succession rapide d’intervalles vocalisés mettant en valeur le passage entre les deux registres.
Roger Taylor, le batteur de Queen, a utilisé la voix de fausset dans des chansons lorsqu'il participait à des passages chantés. Mike Brant faisait souvent des passages en voix de tête très puissante, notamment à la fin de la chanson Laisse moi t'aimer. Le jamaïcain Cedric Myton, du groupe The Congos, en a fait sa spécialité dès l'album Heart of the Congo en 1977. Michael Jackson utilise la voix de fausset dans Don't Stop 'Til You Get Enough (1979). Mick Jagger chante la plus grande partie de Emotional Rescue en voix de fausset, en 1980. Phil Collins utilise aussi cette technique dans plusieurs chansons de Genesis;