| Famille Le Caron de Chocqueuse | ||
Armes de la famille. | ||
| Blasonnement | D'argent au chevron de gueules accompagné en pointe d'un trèfle de sinople. | |
|---|---|---|
| Fondateur | Jean Le Caron, seigneur de Bouillancourt (cité en 1504) | |
| Lignées | Branche de Chocqueuse, Marieux et Varennes (seule subsistante) Branche de Louvencourt (éteinte au début du XVIIIe siècle) Branche de La Mothe et d'Hauteville (éteinte) |
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| Période | XVIe siècle - aujourd'hui | |
| Origine | ||
| Allégeance | ||
| Fiefs tenus | Chocqueuse, Marieux, La Boissière, etc. | |
| Demeures | Château de Choqueuse Château de Marieux Château de La Boissière Château de la Mare Château Champenois de Marac Hôtel de Chocqueuse (Amiens) Hôtel du 120 rue du Bac (Paris) |
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| Charges | Receveur des aides de la ville d'Amiens Avocats et conseillers au bailliage et siège présidial d'Amiens Échevins et premiers échevins d'Amiens Maire d'Amiens (1785-1788) Membre de l'Assemblée des notables de 1787 Conseiller d'État (1660) Conseillers généraux Maires |
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| Fonctions militaires | Garde du corps du roi Officiers de cavalerie et d'infanterie Officier de l'armée de Condé Contrôleur général de l'armée Commissaire en chef de la Marine |
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| Fonctions ecclésiastiques | Maître de la confrérie du Puy Notre-Dame d'Amiens (1501) Prieur d'Olincourt (prémontré) Religieuse au Paraclet d'Amiens Administrateurs de l'œuvre des Enfants bleus d'Amiens |
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| Récompenses civiles | Légion d'honneur Ordre national du Mérite Palmes académiques Mérite agricole |
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| Récompenses militaires | Chevaliers de Saint-Louis Légion d'honneur Croix de guerre 1914-1918 avec palme Médaille commémorative du Maroc |
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| Preuves de noblesse | ||
| Réformation de la noblesse | Déclarée noble par la Cour des aides (1664) ; maintenue par l'intendant de Picardie (1704) | |
| Alliances | Morel, Cavé d'Haudicourt, du Crocquet de Guyencourt, Gigault de Bellefonds, Lur-Saluces, Villeneuve-Esclapon, Huchet de La Bédoyère, etc. | |
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La famille Le Caron de Chocqueuse (autrefois Le Caron ; au XXIe siècle, nom d'usage de Chocqueuse) est une famille subsistante de la noblesse française, de noblesse d'extraction, originaire d'Amiens en Picardie.
Sa filiation suivie remonte à Jean Le Caron, receveur des aides de la ville d'Amiens et maître de la confrérie du Puy Notre-Dame en 1501, cité en 1504. Déclarée noble par arrêt de la Cour des aides en 1664, puis maintenue dans sa noblesse d'ancienne extraction en 1704 par l'intendant de Picardie, elle a donné des échevins et premiers échevins d'Amiens, un maire d'Amiens membre de l'Assemblée des notables de 1787, des magistrats au bailliage et siège présidial d'Amiens, un conseiller d'État, des chevaliers de Saint-Louis, puis, aux XIXe siècle et XXe siècle, des maires, des conseillers généraux et de nombreux officiers.
La famille tire son nom de la seigneurie de Chocqueuse, aujourd'hui Choqueuse-les-Bénards (Oise), acquise en 1670.
« La famille Le Caron de Chocqueuse, originaire d'Amiens, y est fort anciennement connue ; maintenue dans sa noblesse en 1704, elle a fourni plusieurs échevins d'Amiens, des magistrats au présidial, un conseiller d'état, des chevaliers de Saint-Louis. La filiation commence à Jean Le Caron, seigneur de Bouillancourt, qui vivait en 1510. »
Le nom Le Caron apparaît à Amiens dès le XIVe siècle : un Tassart Le Caron est sergent du roi au bailliage d'Amiens en 1325, un Jehan Le Caron maïeur de bannière en 1359 et un Louis Le Caron sergent du roi au même bailliage en 1429 ou 1439. Le rattachement de ces personnages à la filiation suivie n'est toutefois pas établi.
La filiation suivie commence avec Jean (ou Jehan) Le Caron, seigneur de Bouillancourt-sous-Miannay (aujourd'hui Moyenneville) et de Sélincourt, receveur des aides de la ville et élection d'Amiens, échevin d'Amiens en 1485, 1486, 1487, 1501 et 1502 et maître de la confrérie du Puy Notre-Dame en 1501,. Le tableau qu'il offre à la confrérie lors de sa maîtrise est aujourd'hui conservé au musée de Cluny.
Au XVIe siècle, les Le Caron forment une famille de notables amiénois, alliée à la bourgeoisie et à la petite noblesse de la ville (Bertin, Le Boullanger, Picart, Sacquespée). Un fils de Guillaume Le Caron, Antoine, seigneur de Boyart, est garde du corps du roi ; un autre, Charles, est conseiller et médecin du roi et forme la branche de Louvencourt.
En 1577, des membres de la famille figurent parmi les signataires de l'adhésion de la noblesse picarde à la Ligue catholique, sous le règne d'Henri III, dans le contexte des guerres de Religion.
Au XVIIe siècle, la famille se divise en trois branches (La Mothe, Louvencourt, Chocqueuse) dont les membres occupent des charges municipales (échevinage et premier échevinage d'Amiens), judiciaires (avocats et conseillers au bailliage et siège présidial d'Amiens) et financières (contrôleur du domaine). Antoine Le Caron, seigneur de La Mothe, premier échevin d'Amiens en 1658-1659, est fait conseiller d'État par brevet du . En 1670, son neveu Jean-Baptiste Le Caron, conseiller au présidial d'Amiens, achète la seigneurie de Choqueuse, dont la branche aînée prend le nom, puis en 1680 celle de Marieux.
Au XVIIIe siècle, les Le Caron de Chocqueuse conservent leur rang au présidial d'Amiens et administrent, par héritage des Lucas de Demuyn, l'œuvre charitable des Enfants bleus d'Amiens.
À la veille de la Révolution française, Antoine-François Le Caron de Chocqueuse, maire d'Amiens de 1785 à 1788, siège à l'Assemblée des notables de 1787 à Versailles. Le nom de la famille figure dans les états de liquidation de l'indemnité accordée en 1825 aux anciens propriétaires de biens confisqués sous la Révolution (dite « milliard des émigrés »).
Au XIXe siècle, la famille reste implantée en Picardie, notamment à Marieux, dont plusieurs de ses membres sont maires, et à Amiens, où le chevalier de Chocqueuse fait partie en 1843 de l'administration des Enfants bleus. Elle s'établit en partie en Normandie, au château de la Mare à Cavigny (Manche), qu'elle possède depuis 1822, et à Paris, où elle occupe depuis 1880 l'appartement où avait vécu et était mort Chateaubriand, au 120 rue du Bac. Elle offre à l'église Saint-Léger de Marieux, reconstruite en 1828, un grand tableau du Christ en croix, inscrit aux monuments historiques en 2021.
À partir de la fin du XIXe siècle, ses membres embrassent majoritairement la carrière des armes. Paul Valet écrit à leur sujet : « Après avoir rempli, avec distinction, d'importantes charges dans la magistrature et les hauts Corps de l'État, les Le Caron de Chocqueuse, par leurs plus jeunes descendants, suivent, aujourd'hui, la carrière des armes. Je salue en eux de bons Français, des serviteurs loyaux et dévoués de la République. Bon sang jamais ne s'appauvrit. »
Plusieurs membres de la famille servent pendant la Première Guerre mondiale ; le capitaine Charles Le Caron de Chocqueuse est tué à Bikschote en 1914. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château de la Mare est occupé par une Kommandantur allemande ; à la Libération, les Américains y installent un camp de réfugiés pour les sinistrés des environs, qui accueille jusqu'à 300 personnes, ainsi qu'un hôpital de campagne, avant que des religieuses bénédictines n'y résident quelques mois à la fin de 1944 ; en 1984, la famille y organise une fête pour le quarantième anniversaire du Débarquement avec des vétérans américains, britanniques et canadiens.
La famille Le Caron a été déclarée noble par arrêt de la Cour des aides du , rendu en faveur d'Antoine Le Caron, seigneur de La Mothe, conseiller d'État, et de son neveu Jean-Baptiste Le Caron, comme issue d'un receveur des aides de la ville d'Amiens,.
Elle a été maintenue dans sa noblesse d'ancienne extraction par jugements de Jérôme Bignon, intendant de Picardie, sur preuves remontant à Jean Le Caron, vivant le :
À travers ses différentes branches, la famille a possédé les seigneuries et fiefs suivants,, :
| Seigneurie ou fief | Localisation actuelle | Entrée dans la famille | Branche ou possesseur | Observations |
|---|---|---|---|---|
| Bouillancourt-sous-Miannay | Moyenneville (Somme) | début du XVIe siècle | Jean Le Caron (receveur des aides) | Jean Le Caron est dit « Le Caron de Bouillancourt ». |
| Sélincourt | Selincourt (Somme) | début du XVIe siècle | Jean Le Caron (receveur des aides) | |
| Métairie de Fontaine | Fontaine-sur-Somme (Somme) | acquise le | Jean Le Caron (receveur des aides), puis ses descendants jusqu'à Antoine de La Mothe | Fief situé au terroir de Fontaine-sur-Somme. |
| Ardeville (ou Ardiville) | Amiens, près de la porte de Noyon | acquise le | Jean Le Caron (receveur des aides), puis son fils Jean | Acte passé devant Le Tas et Du Pille, notaires. |
| La Mothe (Lamothe) | non identifiée | XVIe siècle | Guillaume, puis Guillaume le jeune et la branche de La Mothe | Donné par testament à Guillaume, homme d'armes, fils de Guillaume. |
| Boyart | non identifiée | XVIe siècle | Antoine, garde du corps ; puis Antoine de La Mothe | |
| Hauteville | non identifiée | XVIIe siècle | Branche de La Mothe et d'Hauteville | Branche maintenue le . |
| Louvencourt et Hurtevent | Louvencourt (Somme) | fin du XVIe siècle | Charles, conseiller et médecin du roi, et sa postérité | Branche éteinte au début du XVIIIe siècle. |
| Chocqueuse et Les Bénards | Choqueuse-les-Bénards (Oise) | 1670 | Jean-Baptiste Le Caron, conseiller au présidial d'Amiens, et ses descendants | Achetée à François des Essarts de Lignières. |
| Ambreville (ou Embreville) | non identifiée avec certitude | XVIIe siècle | Jean-Baptiste Le Caron, conseiller au présidial d'Amiens, puis son fils Antoine | |
| Marieux | Marieux (Somme) | 1680 | Jean-Baptiste Le Caron, conseiller au présidial d'Amiens, et ses descendants | Achetée à Charles-Michel de Monthomer, seigneur de Frucourt, avec tous les droits féodaux. |
| La Carrière de la Fontaine | non identifiée | XVIIe siècle | Jean-Baptiste Le Caron, conseiller au présidial d'Amiens | |
| Varennes (Varennes-en-Croix) | Varennes (Somme) | XVIIe siècle | François Le Caron, fils de Jean-Baptiste, conseiller au présidial d'Amiens, et sa postérité (éteinte) | |
| Thièvres | Thièvres (Somme) | XVIIIe siècle | Antoine-François Le Caron de Chocqueuse | Mentionné en 1789. |
| Le Quesnoy | Puchevillers (Somme) | XVIIIe siècle | Antoine-François Le Caron de Chocqueuse | Mentionné en 1789. |
| Fresnes | non identifiée | XVIIIe siècle | Marie-Élisabeth-Colette Le Caron, dame de Fresnes (1723-1777), puis Antoine-François | En 1789, Antoine Le Caron est seigneur du lieu. |
| La Boissière | Laboissière-en-Santerre (Somme), près de Montdidier | 1761 | Antoine-François Le Caron de Chocqueuse, puis ses descendants | Achetée en 1751 par Pierre Cavé d'Haudicourt pour 105 000 livres et donnée à sa fille lors de son mariage ; passe ensuite par héritage à la famille de Soussay,. |
Le Cabinet historique de l'Artois et de la Picardie cite également le fief du Gard et La Carrière de Forest.

Les armes de la famille sont : D'argent au chevron de gueules accompagné en pointe d'un trèfle de sinople. Elles sont timbrées d'une couronne de comte, avec pour cimier une licorne naissante et pour supports deux licornes,.
Les armes de Marie-Catherine Le Caron, d'Antoine Le Caron, écuyer, seigneur de Choqueuse, de Marieux et d'Embreville, conseiller au présidial d'Amiens, et de Jean-Baptiste Le Caron, seigneur de Choqueuse et de Marieux, conseiller vétéran au bailliage et siège présidial d'Amiens, sont enregistrées dans l'Armorial général de France de 1696,,.

Certaines représentations montrent l'écu soutenu par deux licornes.

La filiation est connue par la notice de l'Annuaire de la noblesse de France de 1903, qui s'appuie notamment sur les manuscrits de Du Cange (bibliothèque de l'Arsenal), le Grand nobiliaire de Picardie de Villiers de Rousseville et le Catalogue des gentilshommes de La Roque et Barthélemy, puis par les actes d'état civil. Au XXIe siècle, le nom d'usage de la famille est « Chocqueuse (de) ».
Les premiers degrés de la filiation sont les suivants, d'après l'Annuaire de la noblesse de 1903 : Jean Le Caron, seigneur de Bouillancourt-sous-Miannay et de Sélincourt, receveur des aides d'Amiens, époux de Marie Bertin ; son fils Jean, seigneur de Fontaine, époux de Marguerite Le Boullanger ; Guillaume, seigneur de Fontaine et de La Mothe (testament de 1592), époux en 1572 de Jeanne Picart, père de sept enfants dont Charles, médecin du roi, auteur de la branche de Louvencourt, et Antoine, garde du corps ; Jean, avocat au présidial d'Amiens (testament de 1623), époux de Jeanne de Sacquespée ; François, docteur en médecine (mort en 1640), époux en 1639 de Marie Morgan ; Jean-Baptiste (né vers 1640), époux en 1659 de Marie Berthe, qui acquiert Chocqueuse en 1670 ; Antoine (né en 1661), époux en 1685 d'Élisabeth Lucas ; puis Jean-Baptiste (1686-1727). La suite de la filiation est la suivante (entre parenthèses, en petits caractères, les années pendant lesquelles chaque membre fut chef de la famille) :
Jean (ou Jehan) Le Caron, seigneur de Bouillancourt, échevin d'Amiens, devient en 1501 maître de la confrérie du Puy Notre-Dame, dont le maître choisissait chaque année une devise servant de thème aux « chants royaux » en l'honneur de la Vierge et offrait un tableau à la cathédrale. Sa devise est « Sacrée ampoule à l'onction royale ». Le triptyque qu'il offre se compose d'un panneau central représentant la Vierge à l'Enfant sur un trône, au pied duquel figurent le pape, l'empereur, le roi de France et les souverains de l'Europe, et de deux volets représentant le sacre de David et le sacre de Louis XII ; le donateur y figurait avec l'écu de ses armes et les membres de sa famille. Conservé au musée de Cluny, le tableau est reproduit dans la 22e miniature du recueil des chants royaux offert en 1517 à Louise de Savoie, mère de François Ier, aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale de France. Ses armes figuraient aussi sur la 27e plaque d'argent du piédestal de la statue de Notre-Dame du Puy, décrite dans l'inventaire dressé au XVIIe siècle par les anciens maîtres Jehan Patte, Nicolas Blasset, Honoré Guignon et Antoine Mouret.
Jean-Baptiste Le Caron, né vers 1640, fils de François Le Caron et de Marie Morgan, écuyer, seigneur de Chocqueuse, Embreville, Marieux et La Carrière de la Fontaine, avocat en parlement, conseiller du roi au bailliage et siège présidial d'Amiens, est déclaré noble avec son oncle Antoine en 1664. Il achète la seigneurie de Choqueuse en 1670,, puis en 1680 celle de Marieux, que lui vend Charles-Michel de Monthomer, seigneur de Frucourt. Premier échevin d'Amiens en 1690 et 1691,, il se démet de son office de conseiller en faveur de son fils Antoine et obtient des lettres de vétéran le ; ses armes sont enregistrées dans l'Armorial général de 1696, où il est qualifié de conseiller vétéran au présidial.
Par contrat du , il épouse Marie Berthe, fille de Jean Berthe, l'un des plus riches négociants d'Amiens, et de Madeleine de Theis,,, dont :
Antoine Le Caron, né en 1661, écuyer, seigneur de Marieux, Chocqueuse, Embreville, etc., avocat en parlement, est pourvu le de l'office de conseiller au bailliage et siège présidial d'Amiens dont son père s'est démis en sa faveur. Il est maintenu dans sa noblesse d'ancienne extraction avec ses frères le . Par contrat du , il épouse Élisabeth Lucas, fille d'Honoré Lucas, chevalier, seigneur de Demuyn et de Courcelles, conseiller du roi, intendant de la marine du Ponant à Rochefort, et de Marie-Françoise Galland, dont sept enfants,,. Sa fille Élisabeth recueille la succession de sa mère sous bénéfice d'inventaire.
Jean-Baptiste Le Caron de Chocqueuse, né à Amiens le , chevalier, seigneur de Chocqueuse et de Marieux, épouse à Amiens, le , Marie-Thérèse Morel, fille de François Morel, échevin d'Amiens, et de Françoise Destrées.
Par héritage maternel, en représentation de la famille Lucas de Demuyn, il devient protecteur et administrateur de l'école des Enfants bleus (ou orphelins) d'Amiens, œuvre charitable fondée par son arrière-grand-oncle Guillain Lucas, seigneur de Demuyn, Courcelles, Épaumesnil et Ronseval, chanoine de la cathédrale d'Amiens, conseiller et aumônier du roi, mort le , dont le tombeau, surmonté de l'Ange pleureur de Nicolas Blasset, se voit dans la cathédrale. Ce protectorat se transmet de génération en génération au chef de la famille, qui l'exerce encore en 1903,. Il meurt à Amiens le .
De son mariage naissent six enfants, dont Antoine-François, qui suit, Marie-Élisabeth-Colette, dame de Fresnes (1723-1777), et Thérèse, émancipée en 1744 à l'âge de 16 ans,.
Antoine-François Le Caron de Chocqueuse, né à Amiens le , chevalier, seigneur de Chocqueuse, des Bénards, de Marieux, de Fresnes, de La Boissière, de Thièvres, du Quesnoy, etc., réside en 1746 rue de Beauregard à Amiens ; il agrandit le domaine de Marieux par l'achat d'une masure (1746) et d'un fief (1747).
Échevin d'Amiens de 1783 à 1785, il est choisi par le roi, sur l'avis de l'intendant d'Agay, parmi les trois sujets élus pour la charge de maire, et nommé par brevet du pour trois ans,. Maire d'Amiens de 1785 à 1788, il propose en décembre 1786 que la ville contribue à la dépense du buste du poète Jean-Baptiste Gresset, natif d'Amiens, destiné à la grande salle de l'hôtel de ville. Son mandat prend fin le ; François Galand de Longuerue lui succède.
À ce titre, il est convoqué par lettre de cachet du à l'Assemblée des notables de 1787, réunie à Versailles par Charles-Alexandre de Calonne pour examiner la réforme fiscale du royaume ; l'assemblée réunit des princes du sang, des prélats, des gentilshommes, des magistrats et les maires des principales villes. Il siège au troisième bureau, présidé par le duc d'Orléans, avec les maires d'Orléans et de Nancy. La liste officielle des notables indique qu'il loge alors à Versailles dans la « maison Veret », vis-à-vis de la rue de Mazière. L'historien Albéric de Calonne rapporte les circonstances de sa convocation :
« Le 4 janvier 1787, Le Caron de Chocqueuse, maire de la ville d'Amiens, reçoit avis de se rendre à Versailles afin d'entrer dans les vues de Sa Majesté pour le soulagement de ses peuples, l'ordre de ses finances et la réformation de plusieurs abus. Le 22 février eut lieu l'ouverture de la session dans la salle des Menus-Plaisirs. Chacun des notables avait revêtu, conformément aux instructions, l'habit de cérémonie de sa charge. Chocqueuse portait la robe de drap de soie noire avec bandes et parements, collet de velours violet et toque de même couleur ; sa qualité de gentilhomme l'autorisait à ceindre l'épée sous la robe municipale. »
Au cours de l'assemblée, il est désigné comme « le baron de Chocqueuse, maire d'Amiens » dans une déclaration sur la gabelle qu'il signe avec le marquis d'Estourmel, le comte de Rochechouart et Crignon de Bonvalet, maire d'Orléans, et qui est inscrite à la suite d'une délibération de leur bureau. Il rend compte de l'assemblée à la municipalité le . Une estampe satirique amiénoise de 1787 le représente se rendant à l'assemblée ; elle a été étudiée par Octave Thorel en 1914.
En 1789, il comparaît en personne à l'assemblée de la noblesse du bailliage d'Amiens comme seigneur de Chocqueuse, Marieux, La Boissière, Le Quesnoy, Fresnes, etc. ; il y porte les procurations de Pierre de Fremont du Mazi, président honoraire au parlement de Paris, et des enfants mineurs du vicomte de Bizemont, et signe le procès-verbal,. Il figure en juillet 1789 parmi les électeurs de la noblesse associés au conseil de ville d'Amiens.
Le , il épouse Marie-Louise-Juliette Cavé d'Haudicourt, fille de Pierre Cavé, écuyer, seigneur de La Boissière, Diencourt, Tartigny et de la vicomté de Cannes, lieutenant particulier au bailliage de Montdidier puis conseiller (et doyen des conseillers en 1787) à la Cour des monnaies de Paris, et de Marie-Louise Maillard, elle-même fille d'une Le Caron,,,. Son beau-père lui donne à cette occasion la terre de La Boissière. Mme de Chocqueuse pose la première pierre de l'hôtel de Chocqueuse, rue des Trois-Cailloux à Amiens ; la plaque commémorative en a été retrouvée et déposée au musée d'Amiens. Il meurt à Amiens le .
Né à Amiens le , il est maire de Marieux et conseiller général de la Somme à partir du . Il épouse à Amiens, par contrat du , Pauline du Crocquet de Guyencourt (morte à Amiens en 1857), fille de Firmin-Jean-Baptiste du Crocquet de Guyencourt, échevin d'Amiens, et de Jeanne-Augustine-Léonore Le Fort du Hamel. Il meurt au château de La Boissière le ,.
Né à Amiens le , dit le chevalier de Chocqueuse, il est cadet gentilhomme au régiment de la Reine cavalerie le . Il émigre et sert comme sous-lieutenant dans l'armée de Condé. Il est fait chevalier de Saint-Louis. En 1843, il fait partie, avec Gorguette d'Argœuves et Hesse-Aclocque, de l'administration des Enfants bleus, qui fait restaurer à ses frais le monument du chanoine Lucas dans la cathédrale d'Amiens. Il meurt à Amiens le .
Né à Amiens le , il épouse à Paris (contrat du ) Augustine-Félicité d'Hanmer-Claybrooke, morte au château de Marieux le , fille d'Édouard, baron d'Hanmer-Claybrooke, officier de cavalerie, et d'Adèle Bernard. Propriétaire du château de Marieux, il est maire de la commune. Il meurt le . Il est le père d'Édouard, de Paul et de Marie-Guillaume Le Caron de Chocqueuse. Sa veuve, « la douairière de Chocqueuse », vit encore en 1886.
Antoine-Marie-Édouard Le Caron de Chocqueuse, né à Amiens le , chef de nom et d'armes, reste sans alliance. Il partage sa vie entre le château de Marieux et l'hôtel du 120 rue du Bac à Paris,, et meurt au château de Marieux le .

Charles-Marie-Antoine Le Caron de Chocqueuse naît le à Montreuil-sur-Lozon (Manche). Fils d'Augustin-Marie-Paul Le Caron de Chocqueuse et de Marguerite Gigault de Bellefonds, il entre en 1890 à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (promotion « de Cronstadt », 1890-1892), puis quitte l'armée active par démission ; lieutenant de réserve d'infanterie en 1903, il est capitaine au 80e régiment d'infanterie territoriale pendant la guerre.
Le à Paris, il épouse Guillemette Le Vaillant du Douët de Graville (1884-1907), fille d'Henry-Léopold-Gérard Le Vaillant du Douët et d'Odette Fourmont de Boispréaux. Elle meurt à 22 ans, le , en Seine-Inférieure, quelques jours après la naissance de leur fils Antoine (1907-1978). Veuf, il se remarie en août 1910 en l'église Saint-François-Xavier de Paris avec Henriette-Marie-Amédée de Lur-Saluces (1883-1963), fille du comte Eugène de Lur-Saluces, ancien officier supérieur de cavalerie, propriétaire du château d'Yquem, et de la comtesse, née de Mac-Mahon,, ; ils ont deux filles, Marguerite (1912-1932) et Anne-Marie-Françoise (1914-1995), mortes sans postérité.
Il est tué à la tête de son bataillon à Bikschote (Belgique), pendant la Première bataille d'Ypres, le . Reconnu Mort pour la France, il est cité en ces termes : « Est tombé mortellement frappé, le 10 novembre 1914, comme il chargeait bravement à la tête de son bataillon. » Il est fait chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume ; il était titulaire de la croix de guerre 1914-1918 avec palme et de la médaille commémorative du Maroc.
Son nom figure sur les monuments aux morts de Cavigny, de Choqueuse-les-Bénards et de Marieux, sur des plaques commémoratives dans les églises de Choqueuse-les-Bénards et de Marieux et à l'église Saint-François-Xavier de Paris, sur le carrousel de plaques du 7e arrondissement de Paris et sur les plaques commémoratives des vingt arrondissements de Paris.

Marie-Marcel-Hervé Le Caron de Chocqueuse naît à Paris le , fils de Marie-Guillaume Le Caron de Chocqueuse et de Joséphine Dessirier. Il entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1897 et est nommé lieutenant au 54e régiment d'infanterie, en garnison à Compiègne, en octobre 1901. Élève de l'École supérieure de guerre de 1908 à 1910 (brevet d'état-major de la promotion 1908), il est promu capitaine en septembre 1912.
Pendant la Première Guerre mondiale, il sert auprès du général Charles Mangin, notamment lors de la bataille de la Marne (1914) et de la bataille du Chemin des Dames (1917). Il est cité à l'ordre du 6e corps d'armée en avril 1918. Après l'armistice, il est adjoint au directeur des transports au Ministère des Régions libérées (1919). Il prend sa retraite en 1925 avec le grade de lieutenant-colonel,. Officier de la Légion d'honneur et titulaire de la croix de guerre 1914-1918, il meurt en 1942.
Ses papiers de la Première Guerre mondiale (ordres d'opérations, ordres du jour, cartes d'état-major, notamment sur la Marne et le Chemin des Dames, textes de conférences et notes sur l'emploi de l'artillerie, de l'artillerie spéciale, de l'aéronautique et des transmissions) ont été donnés au Service historique de la Défense, où ils forment le fonds « lieutenant-colonel Le Caron de Chocqueuse » (DE 2014 PA 70) ; son dossier individuel y est conservé sous la cote GR 6 YE 26263.
De son mariage avec Carmen de Roucy naissent notamment François-Joseph (1907-1997), futur commissaire de la Marine, et Guillaume-Maurice (né en 1909), officier de marine,,.

Serge-Hervé-Marie-Raynald Le Caron de Chocqueuse naît le à Levallois-Perret, fils de Marie-Guillaume Le Caron de Chocqueuse et de Joséphine Dessirier. Élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (promotion « du Centenaire de la Légion d'honneur », 1901-1903), il y entre le et devient élève de 1re classe le . Il est affecté au 5e régiment de cuirassiers comme sous-lieutenant le , promu lieutenant le et capitaine le . Lieutenant au 4e régiment de cuirassiers à Cambrai, où naît son fils Jean en 1909, il est admis en décembre 1905 à la société historique militaire la Sabretache.
L'historique du 4e cuirassiers mentionne qu'au début de la guerre le « peloton de Chocqueuse », attaqué à l'aube près de la ferme et du pont de Morelemont, repasse le pont en ramenant des armes, des trophées et trois chevaux pris à l'ennemi, dont une monture d'officier. Il rédige à l'intention de son fils Jean un manuscrit critiquant la hiérarchie militaire et réfléchissant à l'adaptation de la cavalerie à la guerre industrielle. Admis à l'école de l'administration de l'armée comme contrôleur adjoint le , il est nommé contrôleur adjoint à la mission de contrôle du ministère de la Guerre ; il est fait chevalier de la Légion d'honneur le , puis officier le .
En 1927, contrôleur de 1re classe de l'administration de l'armée, il rédige un rapport sur le Laboratoire militaire de recherche vétérinaire, dont il souligne l'efficacité. Affecté au ministère de l'Air, créé en 1928, il y représente la direction du contrôle au sein de la commission centrale des marchés de l'aéronautique, réorganisée en mars 1929. Promu contrôleur général de 2e classe en 1930, il est placé sur sa demande, par anticipation, dans la 2e section (réserve) du cadre des contrôleurs généraux à compter du . Le , le ministre de l'Air Paul Painlevé le charge par intérim de la direction du contrôle, du budget et de la comptabilité générale du ministère. Il est rappelé à l'activité en 1939-1940,.
Sous le régime de Vichy, par arrêté du , il est délégué dans les fonctions d'administrateur général de la Radiodiffusion nationale, avec le titre d'administrateur général délégué. À la Libération, dans le cadre de l'épuration administrative, il est révoqué sans pension par décret du Gouvernement provisoire du , sur avis de la commission spéciale d'épuration du ministère de l'Information.
Militant bonapartiste, il est délégué du comité bonapartiste pour les Alpes-Maritimes et délégué départemental de l'Appel au peuple ; il remplace à l'occasion le général prince Napoléon Murat lors de conférences. Ses interventions sont publiées à plusieurs reprises dans le journal Brumaire entre 1935 et 1939.
Le à Paris (17e arrondissement), il épouse Raoule-Roseline-Charlotte-Marie de Villeneuve-Esclapon (1888-1966). Ce mariage fait entrer le château Champenois de Marac dans la famille.

Antoine-Marie-Laurent-Édouard Le Caron de Chocqueuse naît le à Saint-Vincent-Cramesnil et meurt le à Caen. Fils de Charles et de Guillemette Le Vaillant du Douët de Graville, qui meurt quelques jours après sa naissance, il perd son père à l'âge de sept ans. Propriétaire-exploitant agricole, il épouse en 1934 Symone Huchet de La Bédoyère, dont postérité.
Pendant l'Occupation, il demande dès 1942 la protection du château de la Mare au titre des monuments historiques afin de le préserver ; elle est obtenue en 1944,.
Il est maire de Cavigny de 1947 à sa mort, succédant à Charles Jeanne. Élu le , lors d'une élection partielle consécutive au décès d'Édouard Lavieille, conseiller général indépendant (apparenté RPF, puis UDF-PR) du canton de Saint-Jean-de-Daye, il conserve ce mandat jusqu'à sa mort ; Marcel Rauline lui succède à la mairie de Cavigny. Il préside également l'Office départemental de la jeunesse et des sports de la Manche.
Nommé chevalier puis promu officier (1975) de l'ordre national du Mérite, il est fait chevalier de la Légion d'honneur pour la « fidélité d'une existence passée au service de l'agriculture ». Il est en outre officier des Palmes académiques et du Mérite agricole, titulaire de la médaille d'argent de la jeunesse et des sports et de la médaille d'honneur départementale et communale (vermeil).
Une rue de Cavigny porte son nom, et une course hippique annuelle, le prix Antoine-de-Chocqueuse, est disputée sur l'hippodrome de Graignes,.
François-Joseph-Gaston Le Caron de Chocqueuse, fils de Marcel et de Carmen de Roucy, naît le à Compiègne et meurt le à Neuilly-sur-Seine. Il épouse à Paris, le , Cécile-Marie-Louise Rougni. Il entre dans le commissariat de la Marine comme élève-commissaire le . Commissaire de 3e classe (1929), de 2e classe (1930) puis de 1re classe (1933), il est affecté au port de Toulon en 1937. Commissaire principal le , commissaire en chef de 2e classe le puis de 1re classe le , il dirige le 3e secteur social au commandement de la Marine à Paris (1954), puis le service des subsistances à la direction du commissariat de la Marine à Brest (1955). Placé hors cadre en 1959, il est nommé commissaire en chef de 1re classe de réserve en 1962. Il est chevalier, puis officier de la Légion d'honneur.
Les alliances connues sont, par ordre chronologique :
La famille a possédé au cours de son histoire les châteaux, hôtels particuliers et domaines suivants :
| Demeure | Localisation | Période de possession | Observations |
|---|---|---|---|
| Hôtel rue de Beauregard | Amiens | XVIIIe siècle | Résidence d'Antoine-François Le Caron de Chocqueuse en 1746. |
| Hôtel de Chocqueuse | Amiens, rue des Trois-Cailloux | seconde moitié du XVIIIe siècle | Première pierre posée par Mme de Chocqueuse, née Cavé d'Haudicourt ; compté parmi les plus beaux hôtels de la ville ; sa plaque commémorative est conservée au musée d'Amiens. |
| Hôtel de la famille | Amiens | — | Situé à l'emplacement occupé plus tard par le magasin des Nouvelles Galeries,. |
| Château (puis manoir et ferme) de Choqueuse | Choqueuse-les-Bénards (Oise) | à partir de 1670 | Ancien château fort dont le logis reprend le tracé du chemin de ronde ; transformé en ferme. |
| Château de Marieux | Marieux (Somme) | 1680 - XXe siècle | Nouveau château construit en 1777 ; résidence d'Antoine-Jean-Baptiste-Augustin, maire de Marieux, de sa veuve († 1892) et d'Édouard († 1911) ; Paul de Chocqueuse, son épouse née Gigault de Bellefonds et leur fils Charles y sont également domiciliés en 1906 ; classé et inscrit aux monuments historiques en 1973 ; appartient aujourd'hui à la famille de Chizelle,. |
| Château de La Boissière | Laboissière-en-Santerre (Somme) | 1761 - XIXe siècle | Château de brique avec tour, vestige d'une forteresse ; Antoine-Marie-Pierre y meurt en 1855,. |
| Château de la Mare | Cavigny (Manche) | depuis 1822 | Construit vers 1624-1630 dans un style Louis XIII ; chapelle privée ; inscrit aux monuments historiques le ; non ouvert au public,. |
| Hôtel du 120 rue du Bac | Paris (7e arrondissement) | depuis 1880 | La famille y occupe l'appartement où vécut et mourut Chateaubriand (1848), ; « hôtel » d'Édouard puis de Paul de Chocqueuse au début du XXe siècle,. |
| Château Champenois de Marac | Marac (Haute-Marne) | depuis 1908 | Entré dans la famille par le mariage de Serge Le Caron de Chocqueuse avec Marie de Villeneuve-Esclapon. |