Ferdinand Kulmer

Ferdinand Kulmer
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Naissance
Décès
(à 73 ans)
Zagreb
Sépulture
Nationalité
Activité
Formation
Mouvement
Distinction

Ferdinand Kulmer est un artiste peintre et lithographie croate né le à Roquebrune-Cap-Martin, mort le à Zagreb.

Biographie

Fils d'Aleksander Kulmer (1890-1964) et de son épouse née Edeltrud Bopp von Oberstadt (1892-?), Ferdinand Kulmer est issu d'une famille aristocratique - son aïeul, le baron Franjo Kulmer (hr) (1806-1853) était une personnalité influente de la Cour de Vienne - et fortunée: sa naissance au Cap Martin, ses études secondaires géographiquement disséminées, s'expliquent par un patrimoine parental où, outre le Kulmerovi dvori (« le château des Kulmer » de Zagreb), les résidences secondaires vont de la Croatie (avec le château de Cernik) à la Côte d'Azur, l'Autriche et la Hongrie.

Les études secondaires du jeune Ferdinand Kulmer s'effectuent ainsi successivement à Budapest, Karlsburg et Nova Gradiska. Il accompagne ses parenrs dans des villégiatures qui lui offrent une avant-guerre encore heureuse: une croisière en Méditerranée en 1938 suivie en 1939 d'un périple américain (New York, Chicago, Detroit, Washington). Il est en 1942 l'élève de Burghardt Rezső (hu) à l'Université hongroise des beaux-arts de Budapest et, en 1945, contraint de regagner Zagreb avec l'entrée des troupes russes dans la capitale hongroise[réf. nécessaire], de Omer Mudjadžić (hr) et Ljubo Babić (en) à l'Académie des beaux-arts de Zagreb, pour entrer en 1948 à l'école de peinture du peintre Đuro Tiljak (hr). Il travaille dans l'atelier de Krsto Hegedušić de 1950 à 1957.

Ferdinand Kulmer, devenant en 1957 membre du Groupe Mars avec qui il entame un cycle d'expositions itinérantes, complète alors ses études par des séjours à Venise, Rome et Florence. Il est ensuite professeur à l'Académie des beaux-arts de Zagreb, successivement en tant qu'assistant de Krsto Hegegušić en 1961, professeur adjoint en 1964, professeur agrégé en 1969 (année où il entre à la Galerie Forum avec une exposition personnelle), professeur titulaire de 1975 à sa retraite professorale en 1990 où il est reçu membre de l'Académie croate des sciences et des arts.

Ferdinand Kulmer décède en et repose dans le caveau familial, dans la crypte de l'église Saint Mirko (en croate: Svetog Mirka) à Zagreb. On retient qu'Edo Murtić et lui demeurent « les premiers artistes croates à s'être aventurés dans les courants d'avant-garde européens et américains de l'abstraction lyrique, de l'art informel et de l'expressionnisme abstrait ». Comme l'observait Miodrag B. Protić, directeur du Musée d'art contemporain de Belgrade, ils sont ensemble les représentants de « cette peinture d'action qui identifie le geste extérieur purement physique au geste intérieur et moral, en notant sur le séismographe de l'acte physique les palpitations de l'extase intérieure ».

Œuvre

Les plus anciens tableaux répertoriés de Ferdinand Kulmer, figuratifs, révèlent une influence de l'École de Paris, notamment Henri Matisse et Raoul Dufy. Vers 1955, il trouve sa propre voie en commençant à désagréger les formes et à isoler des fragments de figuration sur des surfaces de matière-lumière qui, progressivement, vont se transformer en rythmes colorés - « Ruzicasto Smede (rose brun) » - rapprochant son art du dripping et l'orientant à partir de 1965 vers une pure abstraction lyrique, d'abord librement gestuelle, suggérant une parenté picturale avec Hans Hartung ou Pierre Soulages, pour se structurer dans les années 1970, énonçant une relation réfléchie de notre artiste avec le signe calligraphique. « Des créations d'espaces hautement colorés qui rayonnent d'un enchantement incantatoire de la plus heureuse euphorie tant artistique qu'esthétique » observe alors Michel Tapié.

Ferdinand Kulmer revient en 1983 à la figuration avec une peinture allégorique, nous proposant un univers peuplé de personnages mythologiques et d'animaux fabuleux, s'auto-définissant comme « néo-expressionniste » tout en offrant à Natasia Ivancević de le voir incarner « l'aile maniériste des trans-avant-gardistes ».

Expositions

Personnelles

Collectives

Réception critique

« Chacune des expositions de Ferdinand Kulmer est une nouvelle confrontation entre la peinture croate et une dynamique personnelle qui defie les tendances collectivement reconnues. Jerko Ješa Denegri (en) considère Kulmer comme un paradigme de peintre pour qui la peinture est un métatexte. Appliquant le jugement de Heidegger sur Hölderlin, Kulmer est le peintre d'un peintre reflétant le destin de la peinture. Sa méta-peinture non conceptuelle se trouve dans son élément naturel quand le peinture est elle-même sujet. Des phénomènes fantasmagoriques apparaissent dans les œuvres récentes de Kulmer (1988, n.d.l.r.). Ses Ganymède, Grâces, griffons, cynocéphales, licornes, sirènes et gorgones ne seraient pas si impressionnants s'ils n'étaient pas les fantasmes de la peinture même. Le pouvoir métamorphique de Kulmer est concentré sur l'association du divin et de l'humain, du beau et du bestial, du spirituel et du matériel. Quant aux références picturales, Kulmer n'est pas dans la manie des citations des post-modernistes, mais évoque à l'encontre une harmonie qui se situe au carrefour des œuvres médiévales, du maniérisme et de l'Art nouveau - périodes stylistiques fortement empreintes d'autoréflexion picturale. »

— Zvonimir Mrkonjić (en)

Prix et distinctions

Musées et collections publiques

Cinéma

Philatélie

Notes et références

  1. ↑ Google Maps, photos du Kulmerovi dvori, le "château des Kulmer Le château, confisqué et nationalisé en 1945, est aujourd'hui propriété de l'homme d'affaires croate Ivan Todorić (en), les démarches juridiques entreprises pour sa restitution familiale par Barbara Kulmer, fille de notre artiste, n'ayant pas abouti.
  2. ↑ Présentation du château de Cernik
  3. 1 2 3 Galerie d'art international, Paris, Ferdinand Kulmer, dossier de presse, décembre 1989.
  4. ↑ Ivica Župan (texte) et Miljenko Marolinić, Ferdinand Kulmer, INA Croatie
  5. ↑ Plan de Zagreb, Situation de l'église Saint-Mirko (Svetog Mirka)
  6. ↑ Institut de lexicographie Miroslav Krieza, Croatie, le pays et ses habitants - Les beaux arts
  7. ↑ Miodrag B. Protić, Les hommes et les tendances de la peinture contemporaine, Le Monde diplomatique, février 1975, page 26
  8. ↑ Michel Tapié, Kulmer, Galerie d'art international, Paris, 1980.
  9. 1 2 3 Natasa Ivancević, Image, gestualité, matière - La collection des années 1980 du Musée d'art moderne et contemporain de Rijeka, 2004
  10. ↑ Galerie Forom, Exposition Ferdinand Kulmer, Zagreb, janvier 2013
  11. ↑ Galerie Adris, présentation de l'exposition Ferdinand Kulmer, 2006
  12. ↑ Ouvrage collectif sous la direction d'Ante Glibota, Nouvelles tapisseries - The new tapestry, Paris Art Center/Musée d'art contemporain de Dunkerque/Musée d'art contemporain de Zagreb, 1985
  13. ↑ Arrabal Espace, présentation de l'exposition, Milan, 1998
  14. 1 2 Musée municipal de Varaždin, présentation de la collection d'art croate du XXe siècle et de l'exposition
  15. ↑ Zvonimir Mrkonjić, Ferdinand Kulmer, Éditions Galerie Forum, Zagreb, 1988.
  16. ↑ Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, tome 8, page 79.
  17. ↑ Victoria and Albert Museum, Ferdinand Kulmer dans l'inventaire des estampes
  18. ↑ Musée d'art contemporain de Zagreb, présentation des collections
  19. ↑ Glyptothèque de Zagreb, présentation de la collection de dessins
  20. ↑ Blog Ken Munsie, Visite de la Galerie des beaux-arts de Split
  21. ↑ Galerie Galženica, présentation du musée
  22. ↑ Musée de l'Héritage, Rovinj, Présentation des collections
  23. ↑ Moslavina Museum & Gallery, Présentation des collections
  24. ↑ Musée d'art moderne et contemporain, Les œuvres de Ferdinand Kulmer
  25. ↑ Gordana Dobrić, conservateur du Centre culturel de Belgrade, présentation du site et des collections
  26. ↑ Musée des beaux-arts d'Osijek, Présentation des collections
  27. ↑ Centre culturel de Vala Luka, présentation du site et des collections
  28. ↑ Union postale universelle, Le jardin de Pégase par Ferdinand Kulmer, 2007
  29. ↑ Poste de Croatie, Le jardin de Pégase par Ferdinand Kulmer, 2007

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes