Fernand Lepage

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Fernand Lepage
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d'azur au chevron d'hermine accompagné au chef dextre de deux étoiles l'une sur l'autre, au chef senestre d'un croissant tourné, le tout d'or, et en pointe d'une rose tigée et feuillée au naturel.
Naissance
Grammont
Décès (à 90 ans)
Bruxelles
Nationalité Belge
Pays de résidence Belgique
Diplôme
Docteur en droit (ULB)
Profession
Premier Président du Conseil de l’Etat, Administrateur de la Sûreté de l'Etat, Avocat, Magistrat, Magistrat Militaire
Activité principale
Chef des services secrets durant le Seconde Guerre mondiale
Autres activités
avocat
Formation
ULB
Conjoint
Marie-Joseph Brocorens

Fernand Marie Gustave Edmond Lepage est un avocat, magistrat, magistrat militaire et homme d’état belge né à Grammont (ou Geraardsbergen) le et mort à Bruxelles le . Il est essentiellement connu pour son rôle d’Administrateur de la Sûreté de l’État durant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie

Enfance et formation

Fernand Lepage naît à Grammont le dans un foyer à conviction catholique. Il est le troisième enfant de Léona Doutreligne et d’Edmond Lepage, son père, qui travaille dans l’entreprise de textile de la commune.

La Première Guerre mondiale conduit la famille à se réfugier en Angleterre, où Lepage termine ses années de primaires et entame ses secondaires. Là-bas, il acquiert une connaissance de la langue et de la culture anglaise qui joueront un grand rôle dans sa nomination au poste d’Administrateur de la Sûreté de l’État. Au terme du conflit, la famille retourne à Grammont, où Lepage termine ses études secondaires.

Il poursuit ses études à l’ULB, où il obtient un doctorat en droit au tout début des années 1930.

Vie professionnelle et familiale avant la Seconde Guerre Mondiale

Une fois son diplôme obtenu, il s’inscrit comme avocat au barreau de Bruxelles (à Berchem-Sainte-Agathe), où il s’installe au début des années 1930. Petit à petit, il gravit les échelons, devenant substitut de complément (le ), premier substitutdu procureur du roi au tribunal de première instance de Bruxelles.

Dans les mois précédant la Deuxième Guerre Mondiale, il est nommé substitut auprès de l’auditeur militaire pour ce qui concerne la répression des atteintes à la sûreté extérieure de l’état belge.

Parallèlement à cette ascension professionnelle, Fernand Lepage fonde une famille à la sortie de ses études : il épouse Marie-Josèphe Brocorens à Grammont le . De leur union naîtront trois enfants, deux filles et un garçon. Toute sa famille l’accompagnera à Londres pendant la Seconde Guerre mondiale, où naîtra leur troisième enfant, en 1942 à Reigate.

Carrière et vie pendant la Seconde Guerre Mondiale

Il suit le gouvernement belge lors de son exil vers la France et rallie l’Angleterre via Lisbonne avec sa famille, le , quelques jours après l’arrivée de Spaak et Pierlot. Là-bas, Fernand Lepage encourage Hubert Pierlot à recréer une Sûreté de l’État, et se propose d’en occuper le poste d’Administrateur. L’institution serait chargée de renouer contact avec le territoire occupé, notamment pour permettre au "Gouvernement des Quatre" (composé de Gutt, de Vleeschauwer, Pierlot et Spaak) d’avoir une idée de sa popularité en territoire occupé : sa légitimité étant à ce moment-là fort fragile. En effet, Pierlot et les trois autres ministres sont discrédités par leur soutien affiché au Roi. Lepage doit donc recréer un service de renseignement à partir de rien, avec des moyens alors limités.

C'est pendant ces années londoniennes que naît la seconde fille de Fernand Lepage, en 1942 à Reigate, près de Londres.

Retour à une vie normale : la vie de Lepage à la Libération

Après la Libération, Fernand Lepage transfère immédiatement ses services à Bruxelles. Comme de nombreux collaborateurs londoniens, Fernand Lepage quitte ses attributions à la Sûreté de l'État (il est remplacé par Paul Bihin) en novembre 1944. Il reprend aussitôt sa carrière dans la magistrature en s'inscrivant en tant qu'avocat à la Cour d'Appel au barreau de Gand . En 1947, il sera nommé au conseil de État., où il termine sa carrière en tant que Premier Président, en 1975.

Il fut également président de L'Œuvre nationale des anciens combattants et des victimes de guerre et assura la présidence de l'association de l'Ordre de Léopold, jusqu'en 1995.

Resté catholique toute sa vie, Fernand Lepage s'éteint le à Bruxelles. Il est aujourd'hui enterré dans le caveau de sa famille, à Grammont.

Années à la Sûreté de l'État

En , on réorganise la Sûreté Publique, qui devient Sûreté de l’État en . Alors dirigée par Robert de Foy, l'institution est chargée de surveiller les dangers extérieurs, et reprend donc le contre-espionnage jusque-là rattaché à la seconde section.

Après la défaite de , les hauts responsables de la Sûreté, dont de Foy, sont capturés. Il ne reste donc rien de la Sûreté de l’État belge au lendemain de l'invasion allemande.

Plusieurs facteurs permettent d’expliquer le choix de Lepage à la tête de cette institution : non seulement il participe à sa réédification, mais il a en plus acquis une certaine expérience en matière de contre-espionnage durant sa carrière d’auditeur général. Il est ainsi parmi les plus qualifiés en place à Londres et dispose en outre de contacts et d’une bonne maîtrise de la langue anglaise grâce à l'exil londonien que lui imposa la Première Guerre mondiale durant son enfance. A Roger Taymans, qui lui propose une affectation dans les services secrets, il écrivit: « Le service de renseignements que j’envisage n’aura dès lors pas pour effet principal de rechercher des renseignements d’ordre militaire. Sa tâche sera infiniment plus vaste et plus délicate : il s’agira de recueillir au jour le jour les éléments qui devront permettre au gouvernement d’établir son diagnostic sur l’état de la Belgique et de ses nationaux, de ses occupants et ennemis, voire de ses amis ».

Il sera ainsi nommé administrateur ad interim et auditeur général faisant fonction le , la Sûreté étant placé sous la juridiction du ministère de la Justice. La tâche de Lepage est double : il doit renouer contact avec le pays occupé et y faciliter la tâche des mouvements de résistance. Par la suite, il sera également chargé d’enquêter sur des particuliers demandant d’aider le gouvernement de Londres afin de pouvoir donner au Conseil des ministres toutes les informations nécessaires pour accepter, ou non, cette aide.

Au printemps 1941, Lepage, sur le modèle britannique comme à structurer son service en différentes sections: le renseignement, l'action, la guerre politique, l'évacuation, la sûreté.

Pour peupler ces sections, Lepage engage dans un premier temps des hommes qu’il connaît et en qui il sait pouvoir faire confiance.

En , Ganshof van der Meesch quitte la Belgique après deux détentions et rejoint le gouvernement à Londres, où il sera nommé Auditeur général de la Sûreté de l’État (poste jusque-là occupé par Lepage). il se place ainsi de facto au-dessus de Lepage, qui voit sa marge de manœuvre considérablement réduite notamment en matière de recrutement, car une fois au poste, il engage personnellement une série de juristes restés à Bruxelles, pas forcément connus de Lepage.

Avec le débarquement, Lepage sent que la guerre touche à sa fin et adresse à Hubert Pierlot un mémorandum où il reprend toute une série de considérations qu’il juge indispensable pour l’avenir du pays. Cette lettre semble indiquer qu’il envisage déjà à ce moment de quitter son poste une fois la Belgique libérée.

Reconnaissances

En 1976, Fernand Lepage reçut concession de noblesse héréditaire, avec le titre personnel de baron.

Bibliographie

Articles connexes

Références

  1. ↑ Registre d’état civil de la ville de Grammont : Edmond Lepage.
  2. ↑ Moniteur belge du 17 novembre 1933 dans Moniteur Belge 1933, vol. 4 : octobre à décembre, p. 5734
  3. ↑ Registre d’état civil de la ville de Grammont : Fernand Lepage.
  4. ↑ Moniteur belge 17 novembre 1933 dans Moniteur Belge 1933, vol. 4 : octobre à décembre, p. 5734
  5. 1 2 Debruyne, E., La Guerre secrète des espions belges, Bruxelles, 2008, p. 108.
  6. ↑ Information communiquée par l’Association de la Noblesse de Belgique.
  7. 1 2 COOMANS de BRACHENE, O., État présent de la noblesse belge, annuaire de 1992, vol. 2, Bruxelles, 1993, p. 311.
  8. 1 2 Gotovitch, J., L’an 40, Bruxelles, 1971, p. 259.
  9. ↑ Debruyne, E., La Guerre secrète des espions belges, Bruxelles, 2008, p. 107.
  10. ↑ Angel Bernardo y Garcia, L. et De Mecheleer, L., Inventaire des archives et des cabinets du Premier Ministre Hubert Pierlot à Londres, Bruxelles, 2010, p. 12.
  11. ↑ Balteau, B., William Ugeux, Un témoin du siècle, 1997, p. 176-177.
  12. ↑ Information confirmée par l’Ordre de Léopold.
  13. ↑ Faire-part de décès du Baron Lepage dans Le Soir du mercredi 16/02/1996.
  14. ↑ Registre du cimetière de la ville de Grammont
  15. ↑ Debruyne, E., La Guerre secrète des espions belges, Bruxelles, 2008, p. 16.
  16. ↑ Citations tirées de la lettre de Lepage à Taymans, 30.10.1940 (AGR, Archives du cabinet du Premier ministre à Londres, no 361 in Debruyne, Cegesoma.be
  17. ↑ Moniteur belge 17 novembre 1933 dans Moniteur Belge 1933, vol. 4 : d’octobre à décembre, p. 5734
  18. ↑ AGR, Archives du cabinet du Premier Ministre à Londres, n° 626, Lettre du Ministre des Affaires Etrangères Paul-Henri Spaak à Pierlot, 07/03/41.
  19. ↑ voir Debruyne, E., La guerre secrète des espions belges, 1940-1944, Bruxelles, Racine, 2008.
  20. ↑ Debruyne, E., La guerre secrète des espions belges, 1940-1944, Bruxelles, Racine, 2008, p. 109.
  21. ↑ CEGES, Fonds William Ugeux, Archives William Ugeux, n° 4, Rapport pour le Ministre de la Justice sous le couvert de Monsieur l'Administrateur de la Sûreté de l'État, 27 juillet 1943.
  22. ↑ AGR, Archives du cabinet du Premier Ministre à Londres, n° 599, Lettre de Lepage au Ministre de la Justice Albert de Vleeschauwer, 07/03/41.
  23. ↑ Interview de F. Cattoir, 26/10/1996, CEGES, CAS 00246-00001
  24. ↑ AGR, Archives du cabinet du Premier Ministre à Londres, n° 599, Lettre Lepage à Hubert Pierlot, 05/06/44.
  25. ↑ Humbert de Marnix de Sainte Aldegonde, État présent de la noblesse belge. Annuaire de 2009, Brussel, 2009.