Feu follet

Reconstitution d'un feu follet.
Le Pleurote de l'olivier, Foxfire dans lequel le phénomène de bioluminescence peut se produire : l’Octoshroom dans le film Avatar évoque ces lamelles bioluminescentes qui pourraient être aussi une explication concernant l'origine de certains feux follets.

Le feu follet est une manifestation lumineuse ayant l'apparence d'une petite flamme.

Connue et décrite depuis longtemps, cette manifestation fut longtemps uniquement vue comme celle d'esprits malins et d'âmes en peine venues sous forme de petites flammes hanter les forêts désertes, les marécages et les cimetières, et fit l'objet d'un folklore important, tant sur l'origine de ces esprits que sur les façons de s'en débarrasser.

Plus récemment, des recherches en marge des travaux de zététique concernant ces croyances, orientées vers la chimie, donnent plusieurs explications scientifiques du phénomène.

Étymologie et terminologie

Le mot français « feu follet » vient d'ignis fatuus en latin, qui signifie « feu bouffon ». Le feu follet en tant qu'esprit est connu sous plusieurs autres noms en fonction des régions du monde, en Angleterre, ils sont nommés Will-o'-the-wisp (Will à la torche ou Will au tortillon), ils portent le nom de fi follet ou feu-follet en Louisiane ainsi que spook-lights ou ghost-lights (« lumières de fantômes ») ailleurs aux États-Unis, donné par les folkloristes et les amateurs de paranormal,.

Description

Un feu follet peut apparaître sous la forme d’une lueur pâle de couleur bleutée, parfois jaunâtre ou vermillon, en forme de flammèche flottant dans l’air à une faible hauteur au-dessus du sol ou de l’eau. La lumière est plus ou moins diffuse, vacillante et brève. Certains feux follets pourraient persister dix à trente secondes, voire exceptionnellement plusieurs minutes. Selon les témoins, ils ne produisent pas de fumée ni n’enflamment les objets, ni ne brûlent les herbes avec lesquelles ils sont en contact. Ils ont beaucoup été observés dans ou autour des marais, et surtout dans les cimetières humides (milieux anoxiques favorisant le développement de bactéries anaérobies ou semi-anaérobies). D'après une explication scientifique, avec le drainage et la régression des zones humides et des forêts inondées, ainsi que l’enterrement des morts dans les cercueils, il est probable que les feux follets soient devenus plus rares.

Explications

Le phénomène (dont il existe peut-être plusieurs formes ou qui parfois pourrait être confondu avec d’autres phénomènes) a reçu diverses explications :

Folklores

Un folklore abondant est associé aux feux follets et ce, dans toutes les régions du monde.

France

Les feux follets sont décrits dans le folklore français comme des âmes en peine. Il peut s'agir d'esprits mauvais qui cherchent à entraîner les voyageurs nocturnes dans les marais et les précipices, ou au fond des forêts. Les feux follets se manifestent uniquement la nuit, et en particulier autour de la période de l'avent. Dans les Landes, le fantôme de l'abbé Ducasse se serait manifesté plusieurs fois vêtu de son surplis et de son étole vers 1822, mais d'après le texte « le chemin bordait un marais, et le peuple avait pris pour un revenant les feux follets qui s'élevaient par intervalles au milieu des marécages ». Les feux follets étaient vus dans la région de Pont-Audemer comme les spectres de femmes pécheresses condamnées à garder cette apparence sept ans durant.

Dans le marais du Yeun Elez, au cœur des monts d'Arrée, ils sont probablement à l'origine de la légende des « Portes de l'enfer ».

Les feux follets du lac de Sewen, fréquents par temps chaud et humide, ont contribué à la légende selon laquelle le lac serait hanté par le fantôme d'un fermier frappé par la foudre un soir d'orage. Ils apparaissent dans les zones de tourbière et sont en réalité le résultat de dégagements gazeux principalement de méthane.

Une série d'incendies à Boncourt, dans les années précédant 1670, a été associée à des feux follets.

Dans le Finistère, le folklore local parlait d'un démon au corps grand et maigre du nom de Yan-gant-y-tan, faisant tournoyer sa main droite enflammée semblable à un chandelier pour perdre les voyageurs dans la nuit.

Angleterre et pays de Galles

En Angleterre, les feux follets sont décrits comme des esprits du feu qui prennent la forme de jeunes garçons portant des lanternes, d'où les noms de Jack-o'-lantern (Jack à la lanterne) et Will-o'-the-wisp (Will au tortillon). Ils entraînent ensuite les voyageurs malheureux au fond des forêts et au bord des précipices, avant de souffler leur lanterne et de les précipiter au fond d'un ravin. Les feux follets sont vus au pays de Galles comme des esprits revenus chercher un parent sur le point de mourir, et la taille de leur flamme correspond à l'âge de la personne concernée : si le feu follet est tout petit, il annonce la mort d'un enfant. Le lutin maléfique Pwcca était aussi réputé pour se changer en petite flamme afin d'égarer les voyageurs.

Asie

Représentation de feu follet, par Ogita Ansei, vers 1687.

Dans le folklore asiatique, les feux follets sont associés à des phénomènes magiques produits par les renards (bake-kitsune), dans le folklore japonais, ils sont désignés sous le nom de kitsunebi (狐火、feux du renard). D’autres phénomènes similaires également sont décrits dans le folklore japonais, incluant hitodama (人魂、 « balle humaine » en tant que « balle d'énergie »), Hi no Tama (« balle de flammes »), Aburagae, Koemonbi, Ushionibi, etc. Tous ces phénomènes sont décrits comme des boules de feu ou de lumière, parfois associées aux cimetières, mais observés au Japon dans une grande variété de lieux.

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Will-o'-the-wisp » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ (en) Maria Wilhelm et Dirk Mathison, James Cameron's Avatar : An Activist Survival Guide, Harper Collins, , p. 133-134.
  2. ↑ (en) Frank M. Dugan, « Fungi, folkways and fairytales: Mushrooms and mildews in stories, remedies, and rituals, from Oberon to the Internet », North American Fungi, vol. 3, no 7,‎ , p. 23-72 (DOI 10.2509/naf2008.003.0074)
  3. ↑ (en) « will o' the wisp », sur wiktionary.org
  4. 1 2 3 4 5 6 7 Édouard Brasey, La Petite Encyclopédie du merveilleux, Paris, Éditions le pré aux clercs, , 435 p. (ISBN 978-2-84228-321-6), p. 61
  5. ↑ (en) Stephen Wagner, « Spooklights: Where to Find Them », sur About.com (consulté le )
  6. ↑ (en) Randall Floyd, « Historical Mysteries: Ghostly lights as common as dew in Dixie », sur Augusta Chronicle, (consulté le )
  7. ↑ (en) Günter Gassmann & Dietmar Glindemann, « Gassmann, G. & Glindemann, D. (1993). Phosphane (PH3) in the biosphere. – International Edition, 32 », Angewandte Chemie, vol. 32, no 5,‎ , p. 761–763 (DOI 10.1002/anie.199307611).
  8. ↑ Marc-André Selosse, L'origine du monde. Une histoire naturelle du sol à l'intention de ceux qui le piétinent, Arles/61-Lonrai, Actes Sud Nature, , 468 p. (ISBN 978-2-330-15267-3), p. 155.
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  10. ↑ V Foix, Sorcières et loup-garous dans les Landes, Auch,
  11. ↑ Jamie Hall Half Human, Half Animal: Tales of Werewolves and Related Creatures. Bloomington, Indiana: Authorhouse, 2003. p. 142.
  12. ↑ Shigeru Mizuki, Graphic World of Japanese Phantoms. 講談社, 1985. (ISBN 978-4-06-202381-8)

Voir aussi

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Bibliographie

Articles connexes

Liens externes