La Flottenpolitik (littéralement « politique de flotte » en allemand) désigne la stratégie navale de l’Empire allemand à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle siècle. Elle est mise en œuvre sous le règne de l’empereur Guillaume II et portée par l’amiral Alfred von Tirpitz, secrétaire d’État à la Marine impériale.
À partir des années 1890, l’Allemagne impériale cherche, sous Guillaume II, à accroître son influence mondiale et à obtenir une Weltgeltung dans le cadre de la Weltpolitik. À partir de 1897-1898, le développement d’une puissante flotte de haute mer est présenté comme nécessaire à la politique mondiale et coloniale de l’Empire, tout en visant à renforcer la position de l’Allemagne face à la puissance maritime britannique.
La Flottenpolitik se concrétise par une série de lois navales (Flottengesetze) votées par le Reichstag :
Cette politique entraîne une course aux armements navals entre l’Allemagne et le Royaume-Uni, qui adopte la stratégie du « Two-Power Standard » et lance le Dreadnought en 1906. La rivalité navale est l’un des facteurs de tension précédant la Première Guerre mondiale.
La mise en œuvre de la Flottenpolitik se traduit par une forte augmentation du budget militaire et suscite d’intenses débats politiques au sein du Reichstag. Elle contribue à renforcer le prestige de la Marine impériale allemande, mais détériore en parallèle les relations entre l’Empire allemand et le Royaume-Uni, inquiet de voir sa suprématie navale contestée. Si cette politique favorise le sentiment national et la cohésion autour de l’empereur, elle alimente également les tensions internationales qui précèdent la Première Guerre mondiale. Lorsque le conflit éclate en 1914, la flotte de haute mer allemande reste relativement peu engagée, son rôle se limitant notamment à la bataille du Jutland et à la guerre sous-marine.