Folpel

Folpet (ou Folpel)
Image illustrative de l’article Folpel
Structure moléculaire du folpel (ou folpet)
Identification
Nom UICPA 2-(trichlorométhylsulfanyl)isoindole-1,3-dione
Synonymes

folpet
N-(trichlorométhylthio)phtalimide
2-{(trichlorométhyl)thio}-1H-isoindole-1,3(2H)-dione

No CAS 133-07-3
No ECHA 100.004.627
No CE 205-088-6
No RTECS TI5685000
PubChem 8607
SMILES
InChI
Apparence cristaux blancs
Propriétés chimiques
Formule C9H4Cl3NO2S  [Isomères]
Masse molaire 296,558 ± 0,019 g/mol
C 36,45 %, H 1,36 %, Cl 35,86 %, N 4,72 %, O 10,79 %, S 10,81 %,
Propriétés physiques
T° fusion 177 °C (ou 178,5 °C ?)
Solubilité quasi-insoluble dans l'eau (où il ne se dissocie pas) 0,8 mg/L (1,4 mg/L à 20 °C selon GESTIS) et seulement 0,5 mg/L à 15 °C, mais très soluble dans certains solvants organiques (ex. : acétone : 34 g/L à 25 °C, acétonitrile : 19 g/L à 25 °C, chloroforme (87 g/l), benzène (22 g/l), heptane : 0,45 g/L à 25 °C ou isopropanol (12,5 g/l), méthanol : 3,1 g/L à 25 °C, octanol : 1,4 g/L à 25 °C, tétrachlorure de carbone : 6 g/L à 25 °C, toluène : 26,3 g/L à 25 °C
Pression de vapeur saturante <0,0013 Pa à 20 °C et 2,1 × 10−5 Pa à 25 °C, 9,7 × 10−5 Pa à 35 °C et 45 × 10−4 Pa à 45 °C

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le folpet (nom ISO), plus souvent dénommé folpel en France ([N-(trichlorométhylthio)phtalimide] ou N-(trichlorométhylthio)phtalimide ou 2-{(trichlorométhyl)thio}-1H-isoindole-1,3(2H)-dione dont la formule est C9H4Cl3NO2S), est un pesticide de la famille des biocides industriels et agricoles organochlorés et organosulfurés, proche du thalidomide et destiné à tuer les champignons.

C'est un fongicide du groupe des dicarboximides, à large spectre. Il est notamment efficace contre l'oïdium, le mildiou, le botrytis et le rougeot parasitaire. Il est pour ces raisons très utilisé et depuis plus d'un demi-siècle contre le mildiou de la vigne et de la tomate.

En Europe, il n'est autorisé que comme fongicide et principalement utilisé dans la culture du blé ordinaire, des tomates et en viticulture, mais aussi à faibles doses dans certaines peintures et matières plastiques. Pour lutter contre les phénomènes de résistance aux pesticides ou avoir plus d'efficacité, il est souvent utilisé en association avec d'autres fongicides (ex. : fosétyl-aluminium et cymoxanil dans les années 2000-2015,).

Ce pesticide n'est pas classé parmi les plus toxiques, et il est réputé peu rémanent, mais il peut être localement très utilisé (vignes, tomates, blé) dont les mois d'été en région viticole et/ou d'arboriculture fruitière. Son bilan toxicologique et écotoxicologique doit donc tenir compte d'une « balance toxicité/quantité ». Selon sa fiche de sécurité, il est « très toxique pour les organismes aquatiques. Cette substance entre dans l'environnement lors d'une utilisation normale. Un grand soin devrait cependant être apporté pour éviter tout rejet supplémentaire, par exemple par un déversement inapproprié ».

Le folpet est un puissant sensibilisant notamment responsable d'« œdèmes de la face, de rash cutané, de phlyctènes, de conjonctivites, rhinites et troubles respiratoires » chez le viticulteur et les personnels agricoles qui y sont exposés. Selon le réseau Phyt'attitude créé par la MSA, il est en France la première cause de signalement chez l'agriculteur.

Sa forte prégnance (notamment dans les zones viticoles européennes) est donc une source de préoccupations en santé environnementale,. Les tonnages utilisés en France ne sont pas connus des auteurs d'évaluations sanitaires (lors d'une évaluation récente, les administrations et autorités compétentes ayant rédigé le rapport précisent que malgré « une convention […] signée le 10 mars 2003 entre le préfet, les fédérations régionales des coopératives et du négoce, le Comité interprofessionnel des vins de Champagne et les 12 distributeurs de produits phytosanitaires, il n’a pas été possible d’obtenir ces données par secteur viticole »).

Il fait depuis plusieurs années l'objet d'études de réévaluation toxicologique ou écotoxicologique sous l'égide de la Commission européenne. Dans ce cadre, les groupes d'experts en toxicologie et sur les résidus (réunis en et ) ont rediscuté des données dont ils disposaient au sujet de ce pesticide, conduisant à une modification des valeurs de référence qui dataient de 2006. Les nouvelles valeurs ont été présentées dans un rapport scientifique de l'AESA en 2009. Le demandeur souhaitait disposer d'une autorisation de mise sur le marché incluant la pulvérisation foliaire sur le blé d'hiver, les tomates et les raisins de cuve à des taux allant jusqu'à 750 g/ha de folpet sur les céréales d'hiver d'application céréales, jusqu'à 1,6 kg sur les tomates et jusqu'à 1,5 kg sur le raisin.

Classification et étiquettes de sécurité

Ce biocide appartient au groupe antibiotique/antifongique des phtalimides (tout comme le captafol et le captane).

Selon sa fiche internationale de sécurité (consultée 2015-09-13), ce produit est classé comme suit :

Histoire

Ce produit chimique a été lancé sur le marché au début des années 1950 au XXe siècle.

Il est actuellement vendu sous plusieurs noms de marque, dont :

En 1989, la consommation mondiale a été estimée à plus de 5 000 t/an.

Aspect, chimie, mécanisme d'action et dangers chimiques

À l'état pur, il se présente sous la forme de cristaux incolores.

Théoriquement, le folpet a une pureté d'au moins 94 % selon l'Union européenne (ou 86 % pour la FAO). Deux de ses impuretés organochlorées sont réglementées :

  1. perchlorométhylmercaptan (R005406) : 3,5 g/kg ;
  2. Tétrachlorure de carbone : 4 g/kg.

Son mécanisme d’action est basé sur l'« inhibition de la respiration cellulaire (des champignons), bloquant ainsi la production d’énergie. L’action est donc préventive et curative ».

Exposé à la chaleur, au-delà d'une certaine température, « il produit des fumées toxiques et corrosives, notamment d'oxydes de soufre, d'oxydes d'azote et de chlorure d'hydrogène (cf. ICSC 0163) ».

Application

Le folpet est un puissant fongicide, à large spectre.

En agriculture et arboriculture, il est pulvérisé sur les plantes en aérosols (dispersion aqueuse, pulvérisé sur les feuilles). Les pépinières l'utilisent pour désinfecter des plants (de vigne…) par trempage (« à l'égard des champignons associés aux maladie s du bois » ; ex. : 1 h de trempage dans une solution à 200 g/hL selon l'Institut français de la vigne et du vin) sans que l'on sache comment ce traitement pourrait ou non ensuite éventuellement nuire à la bonne mycorhization du plan.

Le folpet n'est pas autorisé en agriculture biologique et sur la vigne classique c'est le fongicide chimique le plus utilisé (6 applications par an, essentiellement en fin de printemps et été, avec des dosages de 5 à 16,7 mg/L selon G. de Lozzo (2015)), en association avec d'autres fongicides souvent (ex. : 2 applications par saison de dithiocarbamates dosées à 10 mg/L) et l'INSERM pointait en 2013 le fait que selon les statistiques disponibles, la vigne française bien que ne couvrant que 3 % de la surface agricole utilisable consommerait (avec l’arboriculture) 20 % des pesticides.

C'est l'un des pesticides parfois pulvérisés par hélicoptère ou avion, dont sur les vignes.

Il a autrefois été proposé en sylviculture pour le traitement d'arbres attaqués par des maladies fongiques (exemple contre la maladie chancreuse du pin d'Alep).

Présence, biodisponibilité, mobilité et cinétique environnementale

30 à 50 % du produit peut donc être retrouvé dans l'environnement immédiatement après la pulvérisation ; peu de données semblent disponibles au sujet du devenir de la molécule et de ses sous-produits dans ces cas (sauf pour la fraction solubilisée dans l'eau). Il est probable qu'il varie avec la température et l'ensoleillement (pour ce qui concerne la photodégradation). Dans une zone viticole de Gironde (Sud-Ouest de la France) et durant plusieurs années, l'Agence Airaq et l'InVS ont quantifié les principaux pesticides dans l'air ambiant ; en 2004, lors des 2 mois de la période d'épandage à Rauzan, un préleveur situé près d'une parcelle « où pouvaient être réalisés des épandages de produits phytopharmaceutiques » a détecté la présence d'un cocktail de pesticides à des taux très hétérogènes, allant du seuil de détection à plusieurs centaines de ng/m3 et le produit quantitativement le plus présent était le folpel (avec le chlorpyriphos-éthyl, un insecticide organophosphoré homologué et récemment rendu obligatoire contre le vecteur de la flavescence dorée par arrêté préfectoral). Lors des traitements, le taux de folpel dans l'air était multiplié par 5 et était dans cette commune 20 fois plus présent qu'à Saint-Symphorien (Gironde) où la vigne est moins cultivée. La saisonnalité est forte « avec des niveaux très faibles relevés au printemps et plus élevés en été » (avec, en Aquitaine, une diminution de teneur dans l'air observée « à partir de la 2e quinzaine du mois d’août » quand les traitements de la vigne sont moins nombreux ou cessent). Les taux retrouvés dans l'air varient également fortement selon l'heure de la journée. En Aquitaine, c'est la molécule la plus présente dans l'air avec le chlorpyriphos-éthyl (qui est moins présent et qui disparait rapidement et presque complètement de l'air après les périodes de traitement, ce qui n'est pas le cas du folpet qui est retrouvé en « bruit de fond » jusque mi-septembre au moins (en 2004)). C'est l'un des rares pesticides peu volatil néanmoins trouvé dans l'air en quantité et fréquences significatives à importantes), ce qui fait que certains auteurs le classent désormais parmi les produits moyennement volatils plutôt que faiblement volatils. Une étude espagnole a été conduite à Alzira, au cœur d'une zone rurale située à 43 km de Valence (Espagne). On y a recherché et dosé 16 pesticides communément utilisés dans cette région, dans des échantillons d'air prélevés (en 2012-2013) en les classant par taille de particule. C'est dans la fraction fine (dans 6 % des prélèvements) et plus encore (5 fois plus) dans la fraction des particules atmosphériques ultra-fines (37 % des prélèvements à Valence) que le folpet a été le plus retrouvé, ce qui laisse penser qu'il peut facilement passer dans le sang des animaux et des hommes ou dans le tractus digestif, via le mucus pulmonaire avalé.

Un sous-produit (le phtalimide) a fait l'objet d'expérimentations ; elles montrent qu'il est « moyennement mobile dans le sol » (K foc = 72 à 385 ml/g).

Écotoxicologie

Le folpet est un produit écotoxique en ce qu'il affecte la mycoflore du sol, la flore aquatique et le milieu aquatique.

À partir d'une certaine dose, il semble également présenter des effets toxiques pour les plantes ou certains insectes auxiliaires utiles (ex. : après pulvérisation à la dose de 5,25 kg/ha, on a observé une mortalité de plus de 50 % des Aphidius rhopalosiphi exposés aux résidus frais du produit (animal utile pour l'agriculture, du groupe des Aphidiinae car parasitant les pucerons)). De même la coccinelle à sept points semble insensible dans un contexte d'application unique de 3,38 kg/ha, mais une mortalité plus significative est constatée dans un environnement pulvérisé à la dose de 5,25 kg de folpel par ha (+ 11,8 %).

Son écotoxicité (phytotoxicité en particulier) semble pourvoir évoluer synergiquement (synergies positives ou négatives) quand il est utilisé en présence d'autres produits, dont par exemple avec le cuivre ou le diuron. Sa phytotoxicité (quand elle est observée) semble au moins liée à l'induction d'un stress oxydatif (génération d'espèces réactives de l'oxygène quand le fongicide est absorbé par la feuille).

Au-delà d'une certaine dose (10 mg/jour/kg de poids corporel), il diminue la croissance du lapin (en laboratoire), sans effets tératogènes observés, ce qui a fait suggérer en 2009 de lui associer l'étiquette de danger R63 (décision en réflexion).

Toxicologie et sécurité

Selon sa fiche internationale toxicologique, ses valeurs limites d'exposition professionnelle n'ont pas été établies pour la TLV (Not-Established) et le MAK (not established). La contamination individuelle est difficile à mesurer, car ce produit à courte demi-vie circule rapidement dans l'organisme où il est également rapidement métabolisé ; les analyses classiquement faites dans deux liquides biologiques (sang, urine) ne sont peut être pas de bons indicateurs biologiques d’exposition, même si elles sont réputées refléter l'ensemble des contaminations (absorption orale, transcutanée et par inhalation).

Selon les bases de données françaises Agritox (Inra/ANSES), Extoxnet et Teletox et le rapport 2009 de l'AESA, à partir des données alors disponibles sur ce produit.

Sa toxicité aiguë est également à ce jour considérée comme faible envers les oiseaux et les abeilles (DL50 orale : >236 µg/abeille ou DL50 contact : >160 µg SA/abeille, et DL50 orale :>179 µg SA/abeille en cas d'exposition plus longue (heures).

Ce produit présente une toxicité significative pour certains poissons, bien plus que ses métabolites. La « concentration sans effet prévisible pour les organismes aquatiques » (PNEC) a été établie en 2012 à 39 ug/L (FS = 10).

Il est jugé modérément toxique pour les invertébrés aquatiques (sur la base de tests sur la daphnie Daphnia magna exposée durant 48 h à du Folpan 80 WDG ou des métabolites, ou exposée 21 jours à du Folpan 80 WDG ; alors : CSEO (CN+) =: 0,055 mg SA/L) , et les algues (test sur Scenedesmus subspicatus, de même pour les vers de terre). Si la molécule (qui n'est presque pas soluble dans l'eau) est associée à un solvant organique, elle peut être source de nausées et vomissements(en cas d'intoxication, il faut alors aussi consulter la fiche toxicologique ICSC (ou autre) du solvant en cause). Les surfactants ou solvants utilisés peuvent aussi modifier les propriétés du folpet et devraient donc être pris en compte par les évaluations toxicologiques et écotoxicologiques. La littérature scientifique ne semble pas citer d'études en microcosme ni en mésocosme.

En 2009, le folpet ne s'est pas montré neurotoxique chez le rat de laboratoire, ni génotoxique in vivo, mais des données de laboratoire montrent qu'il est cancérigène pour le modèle animal murin (souris de laboratoire qui développe des tumeurs du duodénum selon un mécanisme a priori non génotoxique) sans l'être chez le rat ; une majorité des experts de l'AESA l'ont proposé en 2009 pour la catégorie 3, R40.

Le folpet est considéré sur cette base comme « peut-être cancérogène pour l'homme ».

Mutagénicité : elle est soupçonnée et testée dès les années 1960 et au milieu des années 1970 mais souvent avec des résultats contradictoires ou non reproductibles.

Une évaluation de mutagénicité de cette molécule a été faite en même temps que pour le captane, le captafol, le dichlofluanide (et le thalidomide) en observant ses effets via des tests sur la Salmonelle (souches TA102 et TA104) et des micro-mammifères. Les tests ont mis en évidence un effet mutagène du Captan et du folpet pour la souche TA104, alors que le captafol se montrait mutagène pour la souche TA102 mais non pour deux souches de lapins dont les embryons s'étaient montrés très sensibles au thalidomide, ni pour les souris et rats de laboratoires selon une expérience de 1975, ni pour des hamsters de laboratoire, ni pour des femelles enceintes de deux espèces de primates non humains testés en laboratoire, selon une étude publiée en 1971 alors que chez ces espèces le thalidomide se montrait mutagène et/ou tératogène. Chez la drosophile, des effets mutagènes ont été observés, mais non reproductibles, ce qui a fait conclure à une mutagénicité possible mais faible.

En termes de reprotoxicité, des effets sont observés (sur le modèle animal, à partir d'une certaine dose délivrée par voie orale, avec des effets différents selon l'espèce testée et l'âge de l'animal exposé). Il ne semble pas y avoir d'études à partir de contamination transcutanée. Il se montre tératogène chez le lapin (en 2009, une classification en R63 était en discussion et la décision repoussée en attendant des données complémentaires).

L'exposition du public serait de 1,6 % de l'AOEL. Sans gants de protection adéquats, dans le cas particulier de la récolte des raisins, l'AOEL serait dépassé de 133 % (et serait approché pour 68 % lors de la récolte de tomates traitées). Avec les seuls gants comme équipement de protection individuelle, on suppose (en 2009) que l'exposition est inférieure à l'AOEL. On suppose aussi que l'exposition des travailleurs exposés au folpet pulvérisé sur le blé devrait être inférieure à ce qu'elle est dans le secteur du vignoble ou de la culture de tomate. Pour les experts de l'AESA (2009), le port de gants de protection est nécessaire pour les travailleurs manipulant le raisin, faute de quoi ils peuvent dépasser de 130 % environ la dose acceptable pour les travailleurs (AOEL), tout en sachant qu'avec des gants l'exposition resterait quand même de 68 % de l'AOEL.

Métabolisation, dégradation, biodégradation et résidus

Le phtalimide est son principal métabolite connu, notamment sur le grain de raisin. Et selon les conclusions de 2009, des experts de l'AESA, sur la base des informations disponibles, la photolyse ne contribue pas de manière significative à la dissipation du folpet dans l'environnement.

Réglementation ; autorisation d'usages et de mise sur le marché (AMM)

La Directive de l'Union européenne sur les pesticides (directive 91/414/CEE) implique que le folpet soit réévalué en tant que substance active susceptible d'avoir des effets pour la santé ou être source de risques environnementaux (avec 51 autres pesticides).

Cette évaluation est basée sur une revue par les pairs (peer review) organisée par l'AESA, avec l'Italie comme État-membre rapporteur. Sur la base des conclusions des experts sollicités, la Commission pourra inclure ou non le folpet dans la liste des substances actives interdites ou autorisées,.

Cette procédure d'enregistrement a débuté le 1er octobre 2007 pour son utilisation en hiver, et court jusqu'au 30 septembre 2017. La procédure se double d'une réévaluation toxicologique et écotoxicologique (pour les applications non hivernale, des données appropriées doivent être fournies comme preuves que ce produit satisfait les exigences de la Directive de l'Union européenne sur les pesticides.

Méthodes analytiques pour le dosage

Des méthodes d'analyses existent pour le doser dans l'eau, l'air et le sol, mais l'AESA fait remarquer en 2008 que « pour les aliments d'origine végétale aucune méthode analytique validée n'est disponible à des fins de surveillance sanitaire » et que « ne sont disponibles que des méthodes d'analyse de sous-produits résiduels individuels, car les méthodes d'analyse multi-résidus (comme le S19 allemand ou le MM1 néerlandais) ne sont pas ici applicables en raison de la nature des résidus de ce produit ».

En 2009, l'AESA estimait que l'on disposait de méthodes analytiques suffisantes ainsi que de données suffisantes (relatives aux propriétés physiques, chimiques et techniques du produit) pour permettre des mesures de contrôle de la qualité du produit phytopharmaceutique, mais que « toutefois, en raison de certaines données manquantes, aucune spécification finale ne peut être proposée pour le matériel technique pour le moment » (2009).

Les dosages dans le sol sont encore difficiles en raison du fait que de nombreuses molécules peuvent être fortement adsorbées sur les composants du sol. Des méthodes d'extraction/désorption bien plus précises et performantes que l'extraction par solvants sont en cours de développement depuis les années 1980, dont via une désorption (en une seule étape) des échantillons de sols assistée par ultrasons (extraction assistée par ultrasons) et/ou micro-ondes (extraction assistée par micro-ondes). L'acétone se montre un mauvais solvant d'extraction (par rapport à l'acétate d'éthyle par exemple, qui est un produit pouvant naturellement apparaitre dans la fermentation alcoolique de fruit, et que l'on peut trouver dans le rhum et donc dans la sangria).

Suspicion d'effets sanitaires négatifs

Ce produit fait partie des pesticides qui pourraient affecter la santé des vignerons et ouvriers travaillant dans la vigne ou l'arboriculture ou d'autres secteurs agricoles utilisant cette molécule.

Une étude rétrospective de mortalité conduite sur un groupe de 134 ouvriers potentiellement exposés à cette molécule durant au moins trois mois a conclu à une augmentation apparente du nombre de décès chez ces travailleurs par rapport à la normale (en raison de maladies de la circulation et des causes externes non reliées au métier, dans l'augmentation détectée de cancers duodénaux). D'autres études ont recherché des liens entre exposition au folpet et mortalité, sans trouver de preuve précise que l'exposition potentielle au folpet puisse être un facteur de morbidité ou mortalité.

Selon l'InVS et l'Agence régionale de santé Aquitaine,, les pesticides utilisés sur la vigne pourraient être liés à l'accroissement de cancers pédiatriques dont le nombre est anormalement élevé dans la commune de Preignac. Le folpet étant très utilisé et très présent dans l'air de cet environnement, il fait partie des molécules pouvant être suspectées.

Une carte de risque des zones d'épandages aériens de folpet a été réalisée pour la Marne (saison 2001), montrant que l'Est du département y a été très exposé en 2001. Et les mesures de terrain montrent que le folpet est retrouvé dans l'environnement y compris hors période de traitement, bien que ce produit ait longtemps été jugé très rapidement dégradé.

Précautions à prendre

Selon la fiche internationale de sécurité du produit :

En cas de fuite ou déversement, « ne pas laisser ce produit contaminer l'environnement. Balayer et récupérer la substance répandue dans des récipients couverts. S'il y a lieu, humidifier d'abord pour prévenir la formation de poussières. Recueillir soigneusement les résidus. Puis stocker et éliminer conformément à la réglementation locale ».

Les mentions d'avertissement sont :

Références

  1. ↑ Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Fiche internationale de sécurité (version francophone), IPCS, mise à jour en 2012 (consultée le 13 septembre 2015)
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 Fiche du folpel, Agritox (Inra)
  4. ↑ Entrée « Folpel » dans la base de données de produits chimiques GESTIS de la IFA (organisme allemand responsable de la sécurité et de la santé au travail) (allemand, anglais), accès le 19 avril 2020 (JavaScript nécessaire)
  5. 1 2 3 « Folpet » dans la base de données Hazardous Substances Data Bank
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  8. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 EFSA (2009), Conclusion regarding the peer review of the pesticide risk assessment of the active substance folpet (Question no EFSA-Q-2009-605) EFSA Scientific Report (2009) 297, 1-80 : document de réévaluation publié en 2009 remplaçant celui du 24 avril 2006 (EFSA Scientific Report, 2006) [PDF], 80 p.
  9. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Exposition aérienne aux pesticides des populations à proximité de zones agricoles Bilan et perspectives du programme régional intercire, [PDF], 64 p., voir notamment fig. 3 (carte de modélisation des zones d'épandage de Folpel) et haut de la page 19 (« En dehors des périodes de traitement, seules trois substances sont retrouvées, dont le folpel en quantité beaucoup plus faible qu’en période de traitement »)
  10. ↑ Piperkova, N. (2014). In vitro screening of fungicides for yeast like form of Taphrina deformans/Berk./Tul. Agrarni Nauki, 6(16), 33-38. (résumé)
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  12. 1 2 3 4 5 6 7 De Lozzo, Geoffroy (2015), Impact des pesticides sur la santé du vigneron, thèse de doctorat en pharmacie, soutenue le 28 avril 2015 à l'université de Toulouse III. Voir notamment p. 25 et 63/128
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  17. ↑ NSERM (2013) Pesticides et effets sur la santé, Expertise collective (voir p. 7)
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  19. ↑ Source : Agritox, citant la Commission européenne (consulté le 13 septembre 2015)
  20. ↑ EFSA (2009), Conclusion on the peer review of folpet, EFSA Scientific Report (2009) 297, 51-80, voir p. 68/80 du [PDF]
  21. ↑ EFSA (2009), Conclusion on the peer review of folpet EFSA Scientific Report (2009) 297, 51-80, voir chap. PEC (ground water) (Annex IIIA, point 9.2.1) p. 68/80 du [PDF]
  22. ↑ Airaq, InVS. Campagne de mesures de produits phytosanitaires dans l’air ambiant sur la commune de Rauzan (33) du 12/07/04 au 16/09/04
  23. 1 2 3 « All pesticides detected only in year 2013 also presented a high volatility (>10-1 Pa), except for folpet (2.110-2Pa), which have medium volatility. They also have atmospheric life (DT50) of few hours (Tables SD-1.1 and 1.2) » in Coscollà, C., Muñoz, A., Borrás, E., Vera, T., Ródenas, M. et Yusà, V. (2014), Particle size distributions of currently used pesticides in ambient air of an agricultural Mediterranean area. Atmospheric Environment, 95, 29-35 (voir notamment le tableau 2 page 33).
  24. ↑ « Trichlomethylsulfenic acid and tricloromethylmercaptan are postulated to be the two major non characterized hydrolysis metabolites of folpet », in Rapport d'évaluation EFSA 2009, p. 3-3/80
  25. 1 2 3 4 David Vernez (2012), [http://www.revmed.ch/rms/2012/RMS-325/Pesticides Pesticides] (séminaire), Rev. Med. Suisse 2012;180-181
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  37. ↑ CEr50 :> 10 mg/L - Durée d'exposition : 72 heures selon agritox
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  59. ↑ source : étude épidémiologique, relayée par Le Parisien, commandée par Jean-Pierre Manceau, ancien maire de la commune, qui s'inquiétait de la multiplication de cancers chez les enfants à Preignac. De 1990 à 2012, neuf cas de cancers - dont six pouvant être liés à une exposition aux pesticides - ont été détectés sur les 2.595 enfants de Preignac et des communes environnantes. Ce taux est très supérieur à la moyenne nationale.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

IPCS (2004-2012), Fiche de sécurité internationale du Folpet, ICSC:0156 (dans les archives du Net) et Fiche actuelle, rédigée dans le cadre de la coopération entre l'International Programme on Chemical Safety et la Commission européenne (mise à jour en 2012).

Bibliographie