Formats de document

En informatique, un format de document est un format de fichier utilisé pour représenter un document numérique. Il existe un grand nombre de formats de documents, pour la plupart incompatibles.

Subjectivité de la notion de document

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Selon la science de l'information, le mot document désigne la réunion d’un support physique et d’une information (qui soit pertinente pour l’utilisateur). Le critère déterminant si un fichier informatique est un document reste subjectif et contextuel. Une conception courante est qu’un document doit être constitué de texte imprimable, sous une forme ou une autre. Outre les programmes informatiques, ceci exclut notamment les images, les sons et les vidéos. Si les formats produits par des logiciels de traitement de texte ou d’autres tâches bureautiques (comme le format RTF, les fichiers .doc et .docx produits par Microsoft Word, ou les formats OpenDocument employés notamment par LibreOffice) sont qualifiés d’emblée, certains excluent les fichiers de texte brut (portant par exemple l’extension .txt) de cette notion.

Le vocabulaire employé par le système d’exploitation ou le gestionnaire de fichiers peut affecter la perception par l’utilisateur de la nature ou non de document. Par exemple, l’Explorateur Windows pourrait qualifier de « document » les fichiers de la suite bureautique Microsoft Office sans appliquer la même désignation aux fichiers non reconnus provenant de suites bureautiques concurrentes. Autre exemple, bien qu’on considère généralement un document comme un fichier unique, le système d’exploitation macOS applique le vocable à son concept de bundle (en) qui est, en fait, un répertoire.

Formats de document courants

Texte brut

Un document peut prendre la forme d’un simple fichier texte, visionné et édité directement par un éditeur de texte, mais les possibilités sont alors très limitées : absence de mise en forme du texte — à moins d’employer des conventions typographiques comme dans le cas d’un langage de balisage léger —, impossibilité d’insérer des tableaux ou des images, etc.

De plus, un fichier texte ne comportant pas de méta-données, on s’expose aux problèmes d’incompatibilité entre les innombrables normes de codage des caractères (par exemple Windows-1252, latin-9, UTF-8, UTF-16...) et même entre conventions pour les fins de lignes.

Langages de composition

Pour pallier ces limitations, certains systèmes de composition de documents traitent le fichier texte comme du code source. L’auteur du document écrit directement ce code au moyen d’un éditeur de texte, dans un langage qui se rapproche d’un langage de programmation et qui comporte des instructions de mise en forme. En revanche, le code n’est pas destiné à être visionné tel quel : un logiciel spécialisé en réalise le rendu. Contrairement à un simple fichier texte, ce type de systèmes permet des fonctionnalités complexes, comme l’insertion d’images ou de tableaux, car il suffit d’ajouter au langage des instructions idoines.

Bureautique 

Émergeant dans les années 1980, les logiciels de bureautique permettent également d’éditer des documents bien plus riches qu’un simple fichier texte, et ce, généralement dans une interface utilisateur de type WYSIWYG. Un logiciel de traitement de texte permet d’éditer un texte mis en forme et paginé. Un tableur permet d’éditer des feuilles de calcul. Un logiciel de présentation permet quant à lui de réaliser des diapositives destinées à être projetées.

Documents paginés

D’autres formats décrivent des documents paginés et prêts pour l’impression, dont le contenu est figé. Ces documents sont en général produits par un système d’édition — comme TeX ou Microsoft Word — qui en a assuré la mise en forme. Un objectif est alors de préserver cette mise en forme, en garantissant un rendu rigoureusement identique quel que soit l’imprimante ou le logiciel de visionnage utilisé. Face à la multiplication de logiciels et de formats bureautiques incompatibles, la disponibilité d’un format de présentation universel, lisible par tous à l’identique, est d’ailleurs devenu un enjeu[Quand ?].

En outre, l’impression sur papier offrant une résolution typiquement bien supérieure à celle d’un écran d’ordinateur, ces formats de description de page sont généralement vectoriels : autrement dit, ils décrivent la forme et l’agencement des constituants en termes géométriques. Cette façon de représenter un document permet de l’agrandir indéfiniment sans perte de qualité. Une exception notable est le format DjVu, qui emploie une description matricielle pour mieux représenter des documents numérisés.

Documents redimensionnables

Par opposition aux formats paginés, qui décrivent précisément l’aspect d’un document tel qu’imprimé sur papier et de ce fait découpé en pages d’une certaine dimension, certains formats décrivent des documents textuels destinés à la consultation sur écran. L’espace de visionnage étant alors de taille inconnue et largement variable, ces documents sont redimensionnables (en) : le découpage du texte en lignes s’adapte à la largeur disponible et à la taille de la police employée. De ce fait, ces formats s’attachent davantage au contenu sémantique des documents — par exemple, quel est le titre, quel est le texte, quelles sont les chapitres, etc. — qu’à leur aspect, lequel est déféré au logiciel d’affichage. Celui-ci peut donc prendre en compte l’espace disponible, mais également les préférences du lecteur concernant la taille du texte ou la police à employer.

Cette catégorie de formats a connu des développements dans les années 1990 avec l’explosion du web, puis dans les années 2000 avec la multiplication des liseuses électroniques.


Notes et références

Notes

  1. ↑ Le format .doc de WordPerfect ne doit pas être confondu avec le format .doc de Microsoft Word.
  2. ↑ Ces formats sont propriétaires car soumis à certains brevets, mais ils sont ouverts depuis que Microsoft en a publié une spécification en 2008, assortie de la promesse (en) de ne pas faire valoir ses brevets vis-à-vis des implémentations qui respecteraient cette spécification.
  3. ↑ L’adoption de cette norme internationale a marqué un tournant pour la bureautique car, jusque là, chaque logiciel développait son propre format. La tentative précédente de standard interopérable, l’Architecture de document ouverte, n’avait guère été suivie.
  4. ↑ Cette normalisation est polémique, Microsoft ayant été accusé de vouloir concurrencer la norme OpenDocument, sur laquelle la communauté internationale s’était déjà accordée, avec la sienne propre, sans avantage technique évident mais avec une complexité bien supérieure.
  5. ↑ L’ISO a également normalisé des sous-ensembles spécialisés du format PDF : PDF/X (pour l’échange de documents destinés à l’impression), PDF/A (pour l’archivage et la conservation à long terme), PDF/E (pour les documents d’ingénierie), PDF/UA (pour l’accessibilité) et PDF/VT (pour l’impression de données variables et transactionnelles).

Références

  1. ↑ (en) « iWork », sur fileformats.archiveteam.org (consulté le )