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Paul-Loup Sulitzer |
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- |
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Lyne Chardonnet Magali Colcanap (d) Delphine Jacobson (d) |
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Thriller politico-financier (western financier) saga romanesque |
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Paul-Loup Sulitzer, né le à Boulogne-Billancourt (Seine) et mort le à l'île Maurice, est un homme d'affaires et écrivain français, inventeur d'un genre littéraire : le « western financier »,. Ses livres sont traduits dans plus de quarante langues et vendus à plus de quarante millions d'exemplaires.
Son père, Jules Sulitzer, né le à Brăilaet mort le à Ramatuelle, immigré juif roumain et ancien résistant décoré de la croix de guerre, cofondateur des remorques Titan, meurt lorsqu’il a dix ans. Sa mère, Cécile Braunstein, est née le à Bucarest, en Roumanie et est morte le dans le 13e arrondissement de Paris. Paul-Loup Sulitzer a une sœur, hôtelière à Gassin dans le golfe de Saint-Tropez de 1967 à 1992 (Le Mas de Chastelas).
À 16 ans, Paul-Loup Sulitzer abandonne ses études au lycée Janson-de-Sailly, enchaîne les petits boulots et reste six mois dans un kibboutz en Israël.
Il entre dans une entreprise de transport au Moyen-Orient. Selon son éditeur, il devient à 19 ans le plus jeune PDG de France et fait fortune en vendant des gadgets (notamment à Pif Gadget, ainsi que des porte-clefs qui seront très prisés dans les années 1960 et 1970), repérés au Royaume-Uni et fabriqués en Extrême-Orient.
En 1968, il intègre une holding puis s'établit comme consultant financier. La même année, il apparait dans le long métrage Les Poneyttes réalisé par Joël Le Moigné. Le film est resté inédit en salles, malgré une première organisée à l'Olympia.
En 1980, Paul-Loup Sulitzer propose aux éditions Denoël qu’on l’associe à un écrivain pour produire un « western financier », un roman d’aventures de finance-fiction. C'est le début de sa carrière d'« écrivain ». Loup Durand, journaliste et écrivain, accepte de servir de plume à l’expert, lequel choisit de réinjecter astucieusement son à-valoir dans la publicité du livre. Les journalistes parlent de « système Sulitzer » pour évoquer la façon dont l'écrivain produit ses livres. Bénéficiant des techniques de marketing les plus poussées, Money rencontre un large public. Ce premier roman contient quelques éléments autobiographiques mais la trame du roman est similaire à celle du Comte de Monte-Cristo. Suivront Cash ! (1981) — prix du Livre de l'été — et Fortune (1982), suites des exploits et revers financiers de Franz Cimballi, un homme d’affaires.
Après ces thrillers d’un genre nouveau, le duo publie chez Bernard Fixot en 1983 Le Roi vert, une épopée romanesque qui connaît un succès public considérable et qui sera traduite dans une quarantaine de pays.
À compter de ce moment, les romans se succèdent, au rythme d’un par an : Popov (1984), qui dépeint l’espionnage économique soviétique, Hannah (1985) et L’Impératrice (1986), inspirés du destin d'Helena Rubinstein.
Désormais à la tête d'une fortune d'au moins 30 millions de francs, il vit luxueusement dans un hôtel particulier parisien de la rue de Varenne et roule en Ferrari. Il met en scène médiatiquement ses signes extérieurs de richesse.
En 1987, Pierre Assouline, directeur du magazine Lire, relayé par Bernard Pivot dans Apostrophes, dévoile le « système Sulitzer-Durand » (Sulitzer travaille avec une équipe), avec l’aide de Robert Laffont. Sulitzer riposte en livrant dans la presse les noms de ses collaborateurs, reconnaissant être un « metteur en livre » et non un « auteur ».
En 1994, il publie Le Régime Sulitzer, après avoir perdu 26 kilos.
Paul-Loup Sulitzer déclare au cours d'une interview qu'« un type qui ferme une usine fait plus de mal qu'un cowboy qui entre dans un ranch avec un pistolet ». Son éditeur invente alors l'expression « western financier », genre auquel Sulitzer restera attaché en tant qu'inventeur.
En 1995 survient la mort de Loup Durand, qui n’a jamais admis nettement avoir collaboré à l'écriture de certains romans de Paul-Loup Sulitzer. Sa mort n’empêche pas le système de perdurer, avec des tirages toutefois moins élevés.
Au total, ses 35 ouvrages auraient été tirés à 42 millions d’exemplaires.
En 2003, il lance un journal économique, Savoir s'enrichir,.
Souffrant des suites d'un accident vasculaire cérébral en 2004, il emménage chez un ami dans le 17e arrondissement de Paris après avoir quitté quelques années plus tôt son appartement de 400 mètres carrés dans le 16e arrondissement, saisi et vendu aux enchères.
En 2007, il publie Puits de Lumière, un thriller consacré à l'assassinat de Kennedy. Le thriller suivant, Le Roi Rouge (2008), s'inspire de la vie d'Arcadi Gaydamak et de l'affaire des ventes d'armes à l'Angola, pour laquelle l'écrivain a été cité. Il reproduit dans le roman une grande part du mécanisme de pots de vin qui caractérise cette affaire.
En 2000, Paul-Loup Sulitzer est mis en examen dans l’affaire des ventes d'armes à l'Angola. En 2005, il est condamné à six mois de prison avec sursis pour fraude fiscale.
En s'ouvre à Paris le procès de l'Angolagate dans lequel il est mis en examen. Par jugement du Tribunal correctionnel de Paris, il est condamné pour « recel d'abus de biens sociaux » à 15 mois de prison avec sursis et 100 000 euros d'amende. Cette condamnation lui vaut d'être exclu de l'ordre national du Mérite en .
En 2009, il publie Angolagate, chronique d'un scandale d'État écrit au jour le jour durant le procès, d' à .

En , Paul-Loup Sulitzer revient au thriller financier en publiant L'Escroc du siècle, qui a pour toile de fond la crise financière mondiale et l'affaire Madoff.
En , trente ans après la parution de Money, sort Money 2, un clin d’œil envers ses lecteurs les plus fidèles. Le livre ne dépasse pas les 1 300 ventes.
En , il publie L'Empire du nénuphar, qui met à nouveau en scène son héros fétiche, Franz Cimballi.
En 2012, il annonce travailler sur son autobiographie. Le projet, baptisé Monstre sacré, est reporté plusieurs fois et sort finalement en aux Éditions du Rocher. Il y reconnaît que Loup Durand a été son « vieux complice d'écriture », son « collaborateur et ami » : Durand a collaboré à l'écriture notamment de Cash !, Fortune, Le Roi vert (« Ce livre, je l'ai également écrit avec Loup Durand »).
En 2014, il part pour l'île Maurice, pour affaires, à la suite d'un précédent séjour et d'une invitation du gouvernement du pays. Engagé par le Board of Investment (BOI) qui dépend du Premier ministre Anerood Jugnauth, il travaille sur le film Vivre et investir à Maurice, réalisé par Jean-François Marty et commandé par le Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA). Il s'y installe à Pointe aux Canonniers, au nord de Port Louis.
Il écrit une tribune mensuelle dans Jour de France, magazine du groupe indépendant Lafont presse.
Fin 2016, Paul-Loup Sulitzer part vivre dans la région de Bruxelles, à Uccle, dans un appartement de 100 mètres carrés.
En 2018, dans une interview à la presse, il dit vivre chichement avec une pension de retraite de 1 500 € par mois. Ruiné par ses condamnations judiciaires et les frais de son divorce avec Delphine Jacobson, il précise avoir « bouffé [ses] réserves ». Se souvenant de l'époque où il pouvait gagner jusqu'à 200 000 € par mois, lorsqu'il était propriétaire d'un palais rue de Varenne, d'une villa à Saint-Tropez ou encore d'un ranch en Arizona, il conclut toutefois : « Je n'ai jamais été matérialiste. Pour moi l'argent n'a pas grande valeur. »
En , souffrant d'arythmie cardiaque, il est victime d'un malaise à Monaco.
Hospitalisé après une chute, Paul-Loup Sulitzer meurt à l'âge de 78 ans après un AVC le sur l'île Maurice, où il s'était installé depuis plusieurs mois. Il est inhumé au cimetière juif de l’Île Maurice le .
Contrairement à ce que sa fille aînée, Olivia Sulitzer, a raconté dans la presse, Paul-Loup Sulitzer ne repose pas au cimetière du Montparnasse. Un tribunal français a fait obstacle à la crémation et au rapatriement des cendres demandés par Olivia Sulitzer (jugement rendu le par le Tribunal judiciaire de Nice), cette dernière ne respectant pas les dernières volontés du défunt.
Paul-Loup Sulitzer a contracté trois mariages :
De 1984 à 1992, il partage sa vie avec la styliste Alejandra Di Andia. Ensemble, ils ont une fille en 1985, Joy.
De 2002 à 2007, il est en couple avec Eva Kowalewska, une artiste peintre polonaise. C'est en cette qualité qu'elle participe, en 2004, à la première saison de l'émission de téléréalité La Ferme Célébrités sur TF1. Elle publie le livre Sulitzer et moi (Calmann Levy, 2003).
Officier de l'ordre national du Mérite (1996) ; chevalier (1987), puis exclusion de l'ordre suite à sa condamnation dans le procès de l'Angolagate, décret du Journal officiel du .
Opposé à la marchandisation de la culture et de la société, au « prêt à penser », et à la catégorisation, Alain Souchon attaque Sulitzer dans sa chanson Foule sentimentale (1993) : « On nous Claudia Schiffer, on nous Paul-Loup Sulitzer… ». Transformant en verbe le patronyme de l'écrivain, il en fait un symbole de la société de consommation. Mais après que Souchon a appris que Sulitzer était orphelin, il laisse un blanc dans la chanson.
Dans son roman, La Petite Marchande de prose (1990), Daniel Pennac parle d'un auteur fictif, J.-L. Babel (« JLB »), inventeur d'un genre littéraire appelé le réalisme libéral, et auteur entre autres de Pactole, Dollar et Dernier baiser à Wall Street.
Dans Nazis dans le métro, Didier Daeninckx évoque « un libraire qui avait coulé sa boutique en refusant de vendre du Zaraï et du Jardin, du Sulitzer et du Giroud ».
Le philosophe Régis Debray monte un canular dans Le Monde daté du : il prétend avoir appris qu'une commission, mise en place par l'Élysée et présidée par Marc Levy, Paul-Loup Sulitzer et Michel-Édouard Leclerc, aura pour objectifs de « réformer la lecture et moderniser le livre ». Dans un pré-rapport, ladite commission propose d'explorer des pistes pour redynamiser cette « branche industrielle passablement nécrosée » : abolition du dépôt légal pour tous les ouvrages (sauf les best-sellers) ; abrogation de la loi Lang ; abandon du projet de bibliothèque numérique européenne et soutien « atlantiste » à l'initiative de Google ; autorisation de la publicité pour le livre sur les grandes chaînes privées de télévision.
En 1987, à la suite de l'intervention de Paul-Loup Sulitzer, l'avion Cessna 172 piloté par Mathias Rust qui s'est posé sur la place Rouge de Moscou, a été ramené en France sous le nom « Avion de la Liberté » et a fait l'objet d'une importante médiatisation à l'époque (journal télévisé de 13 heures avec Yves Mourousi et autres supports médias).
Paul-Loup Sulitzer a participé à la médiatisation mondiale du procès fait aux époux Ceauşescu exécutés à l'issue de ce procès par le gouvernement révolutionnaire de Roumanie. En effet, Paul-Loup Sulitzer avait été mandaté par Răzvan Theodorescu (en), alors président de la télévision roumaine devenu ministre de la Culture puis sénateur de Roumanie. Sulitzer avait aidé à la diffusion de la cassette du procès, faisant alors l'objet d'un scandale car ladite cassette avait été copiée alors que le master appartenait conjointement à la télévision roumaine et à la société PLS international SA. La société PLS International SA avait agi comme une agence de presse mandatée par les autorités roumaines et a passé par la suite un accord cadre avec Francis Bouygues (propriétaire du groupe TF1) et Patrick Le Lay (P-DG TF1), lequel a mis ainsi fin à une polémique sur cette révélation historique.
« Les pauvres ont des problèmes d'argent, les riches ont des problèmes de fortune »
« De plus en plus de nègres sortent d'ailleurs de l'ombre comme Loup Durand, coauteur de plusieurs livres de Paul-Loup Sulitzer. »