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Jacques Frédéric Marie Temple-Boyer |
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Frédéric Jacques Temple, né le à Montpellier et mort le à Aujargues dans le Gard, est un écrivain et poète français.
Son œuvre comprend des poèmes (recueillis en 1989 dans une Anthologie personnelle, puis en 2020 dans La Chasse infinie et autres poèmes), des romans, des récits de voyage et des essais.
On lui doit également des traductions de l'anglais (Thomas Hardy, David Herbert Lawrence, Henry Miller, Lawrence Durrell…) et de l'italien (Rino Cortiana).
Il est le fils d'Emmanuel Temple et de Geneviève Bosc.
À Montpellier, sa ville natale, Frédéric Jacques Temple est pensionnaire au collège de l'Enclos Saint-François où, dira-t-il, « la musique et l'art comptaient autant que les études ». Il transformera ce lieu aujourd'hui disparu en mythe personnel dans L'Enclos.
À partir de , il participe, avec le corps expéditionnaire français du général Juin, à la campagne d'Italie (les Abruzzes, Mont Cassin, le Garigliano). Il sert comme brigadier au sein du 3e régiment des spahis algériens (3e RSA) de reconnaissance de la 3e division d’infanterie algérienne (3e DIA), commandée par le général de Monsabert. Brigadier devenu maréchal des logis en 1945, il dirige un peloton d'automitrailleuse M8 de reconnaissance.
De cette expérience de la guerre, qui le marque profondément, témoignent un récit comme La Route de San Romano et ses Poèmes de guerre.
Démobilisé, il devient journaliste au Maroc, puis à Montpellier. En 1954, il est nommé à la direction de la Radiodiffusion-télévision française (RTF, puis ORTF et FR3) pour le Languedoc-Roussillon. Il occupera ces fonctions jusqu'en 1986.
La rencontre de Blaise Cendrars, en 1949, est décisive dans sa vocation d'écrivain. Il lui rendra souvent hommage, notamment dans son poème « Merry-go-round ». Comme l'auteur du Transsibérien, Temple est un « poète du monde entier », passionné de nouveaux départs, de rencontres et de découvertes. Tout en étant profondément inscrite dans sa région natale, l'œuvre de cet homme du Sud, qui se présentait comme un Occitan de langue française, n'a jamais cessé de s'ouvrir sur d'autres horizons (États-Unis, Québec, Brésil, Italie, Russie) et ce goût insatiable du voyage a pu le faire considérer comme un poète américain.
Cette ouverture au monde se manifeste dans ses amitiés sans frontières avec Henry Miller, Henk Breuker, Curzio Malaparte, Joseph Delteil, Richard Aldington, Camilo José Cela, Lawrence Durrell, Jean Carrière, Gaston Miron ou Max Rouquette.
Ami des peintres (Jean Hugo, Albert Ayme, Vincent Bioulès, Jean-Pierre Blanche, Alain Clément, Pierre Soulages, Pierre Cayol…), il a très souvent collaboré avec eux pour réaliser des livres-objets précieux et recherchés.
Dès son enfance, Temple a été un dévoreur de livres, fasciné par les romanciers de l'aventure (Jules Verne, James Fenimore Cooper, Joseph Conrad, Herman Melville), les écrivains qui procèdent à l'inventaire du monde (François Rabelais, Walt Whitman) et les « héros doubles », comme Jack London, Arthur Rimbaud ou Cendrars, pour lesquels « l'écrire n'est qu'une des nombreuses formes du vivre. » Plus soucieux des forces élémentaires que des théories littéraires, prenant le risque d'être parfois incompris, il s'est tenu à l'écart des doctrines qui voient dans la poésie un pur exercice de l'esprit.
Dans sa « chasse infinie », ce collectionneur passionné ne cesse de recueillir ce que proposent à sa gourmandise l'histoire naturelle, l'archéologie, la musique, la peinture, le voyage, l'amour ou la gastronomie.
L’Académie française lui décerne le prix Roland de Jouvenel en 1993 pour l'ensemble de son œuvre de critique et de traducteur et le prix Paul-Verlaine en 2007 pour l'ensemble de son œuvre.
Frédéric Jacques Temple a reçu en 2003 le grand prix de poésie de la SGDL (Société des gens de lettres) et en 2013 le prix Guillaume-Apollinaire, considéré comme le prix Goncourt de la poésie. Il est membre du comité d'honneur de la Maison internationale des poètes et des écrivains de Saint-Malo.
Il est le père de trois enfants, Frédéric, Véronique et Christophe, nés de son premier mariage avec Éliane Duponchelle en 1947. À partir de 1971, il partage la vie de Brigitte Portal et de ses deux enfants, Pierre et Matthieu Charvet. Devenu compositeur, Pierre, a mis en musique certains de ses poèmes ; la mezzo-soprano, Adèle Charvet, la fille de Pierre, et lui-même évoquent souvent le rôle qu'à joué Frédéric-Jacques Temple dans le développement de leur vocation artistique.
La médiathèque centrale Émile-Zola à Montpellier reçoit depuis 2009 la donation Frédéric Jacques Temple. Ce fonds rassemble plus de 6 700 documents (photographies, correspondances, manuscrits, etc.) et continue de s'accroître.