| Gaston About | |
| Fonctions | |
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| Député français | |
| – (12 ans, 6 mois et 15 jours) |
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| Élection | 16 novembre 1919 |
| Réélection | 11 mai 1924 22 avril 1928 |
| Circonscription | Haute-Saône |
| Législature | XIIe, XIIIe et XIVe (Troisième République) |
| Groupe politique | ERD (1919-1924) URD (1924-1932) |
| Successeur | André Liautey |
| Conseiller général de la Haute-Saône | |
| – (6 ans) |
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| Circonscription | Canton de Vitrey-sur-Mance |
| Prédécesseur | Aster Baissey |
| Successeur | Marcel Rousselot |
| Directeur de l'hôpital psychiatrique public autonome de Bailleul | |
| – (19 ans, 5 mois et 12 jours) |
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| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Bruyères |
| Date de décès | (à 63 ans) |
| Lieu de décès | Bailleul |
| Sépulture | Ancien cimetière de Vesoul |
| Nationalité | Française |
| Père | Nicolas Émile About |
| Mère | Marie Clémence Grémillet |
| Profession | Employé des chemins de fer de l'Est, puis directeur d'hôpital |
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Gaston, Paul, Marie About, né le à Bruyères et mort le à Bailleul, est un grand mutilé de guerre, militant du monde combattant, homme politique et administrateur hospitalier français.
Employé des chemins de fer de l'Est, il renonce en 1914 à l'affectation spéciale qui le maintient à son poste pour s'engager dans l'artillerie. Grièvement blessé en Macédoine en 1916 alors qu'il sert à l'armée d'Orient, il est amputé du bras gauche. Fondateur en 1917 de la fédération départementale des mutilés de la Haute-Saône, qu'il préside une quinzaine d'années, il est présenté à sa mort comme l'un des proches d'André Maginot. Député de ce département de 1919 à 1932, il consacre l'essentiel de son activité parlementaire aux pensions des victimes de guerre. Il dirige ensuite, de 1934 à sa mort, l'hôpital psychiatrique de Bailleul, où sa décision de faire descendre les malades dans les sous-sols plusieurs jours avant les bombardements de mai 1940 est créditée du très faible bilan humain de l'attaque, qui détruit pourtant partiellement cinq pavillons.
Gaston Paul Marie About naît le à Bruyères, dans les Vosges, fils de Nicolas Émile About et de Marie Clémence Grémillet. Il est incorporé au 8e régiment d'artillerie à pied le et nommé brigadier le , avant d'être renvoyé dans ses foyers en novembre 1913.
Le , il entre à la Compagnie des chemins de fer de l'Est comme aide-monteur, candidat employé, au service central de l'ingénieur en chef du Matériel et de la Traction. Le , il est déclaré « affecté spécial » à ce titre, statut qui le maintient à son emploi civil en cas de mobilisation.

En septembre 1914, About renonce à son affectation spéciale et contracte un engagement pour la durée de la guerre le ; il rejoint le 8e régiment d'artillerie à pied le 25 septembre,. Affecté à l'instruction des recrues à Épinal, il demande à passer dans une unité désignée pour le front et obtient une permutation avec un brigadier venu des quartiers-maîtres de la marine, ce qui lui permet de partir avec la 6e batterie, première unité complète du régiment envoyée aux armées, sur le front de Champagne les 28 et . Ces deux gestes sont retenus en 1930 par l'autorité militaire comme motif de sa proposition dans l'ordre de la Légion d'honneur.
Chef de pièce de tir, il sert des obusiers de 155 mm courts. Blessé à la nuque le près de Suippes par l'éclatement d'un obus, il est cité à l'ordre du 4e corps d'armée le pour avoir refusé les soins, « avant de s'évanouir », en disant : « je n'ai rien, occupez-vous des autres ». Il est nommé maréchal des logis le .
Une seconde citation, à l'ordre de l'artillerie de la 10e armée le , récompense l'énergie dont il a fait preuve le 7 juin pour assurer les liaisons téléphoniques dans des tranchées bouleversées par un bombardement.

Passé au 118e régiment d'artillerie lourde en décembre 1915, puis au 105e régiment d'artillerie lourde au début de 1916, il rejoint l'armée d'Orient et sert à la 34e batterie, 4e groupe de 155 courts,. L'unité tient successivement le front du camp retranché de Salonique, puis les positions devant Doiran, avant de participer aux opérations qui précèdent la prise de Monastir.
Le , à Florina, un éclat d'obus lui emporte l'avant-bras gauche alors qu'il sert une pièce dont une partie des servants faisait défaut ; la blessure entraîne une désarticulation du coude,. La citation qui lui vaut la médaille militaire rapporte les mots qu'il adresse à l'infirmier l'accompagnant au poste de secours : « Allez voir, il y en a d'autres qui doivent être touchés, ne vous inquiétez pas de moi ».
La médaille militaire lui est concédée à la date du par ordre du Grand Quartier général signé du général Joffre, avec attribution de la croix de guerre avec palme.
Il reprend son service à la Compagnie de l'Est comme employé le et est rayé des contrôles de l'armée le . La commission de réforme de Paris lui reconnaît en 1929 une invalidité de 90 %, portée ensuite à 100 %, au titre de quatre infirmités : désarticulation du coude gauche avec moignon inappareillable, emphysème pulmonaire, séquelles commotionnelles de la blessure de 1915, ainsi que des reliquats de paludisme contracté en Macédoine, non pensionnés,. L'affection pulmonaire est expressément écartée en 1936 comme ne résultant « ni d'une blessure de guerre ni d'une blessure en service commandé ».
Titulaire de la carte du combattant no 1392, délivrée à Vesoul le , il relève du statut de grand mutilé de guerre, réservé aux militaires titulaires de cette carte atteints, par suite d'une blessure de guerre, d'une infirmité nommément désignée telle que l'amputation. Sa pension comporte à ce titre le supplément prévu à l'article 12 de la loi du 31 mars 1919, et les pièces administratives comme la presse le désignent constamment comme « grand mutilé »,,.
Le , moins de trois mois après sa reprise de service civil, About fonde la fédération départementale des mutilés, veuves, ascendants, orphelins et victimes de la guerre de la Haute-Saône, affiliée à la Fédération nationale Maginot. Il la préside pendant une quinzaine d'années. Lors de ses obsèques, Marcel Hollinger, son successeur à la tête de la fédération et vice-président national, déclare que celle-ci « fut son œuvre ». Il rappelle surtout que « votre bon sens, votre jugement plein de droiture et surtout votre sagesse conciliante vous signalèrent à l'attention d'André Maginot, dont vous fûtes l'un des intimes ». Maginot, lui-même grand mutilé de guerre et ministre des Pensions, fut l'artisan de la loi du 31 mars 1919 sur le droit à réparation ; la fédération haut-saônoise fondée par About est affiliée à l'organisation qui porte aujourd'hui son nom.
Membre par la suite de la 449e section des médaillés militaires de Bailleul, il y est décrit en 1955 comme « un bon et dévoué camarade, l'ami de tous », qu'« une maladie consécutive à ses blessures » a enlevé prématurément.

Élu député de la Haute-Saône le sur la liste de l'Union des républicains, à la majorité absolue des suffrages exprimés, il siège au groupe de l'Entente républicaine démocratique. Réélu en 1924 sur la liste d'Union nationale républicaine, puis en 1928 au premier tour dans la circonscription de Vesoul après le rétablissement du scrutin d'arrondissement, il rejoint le groupe de l'Union républicaine démocratique. Il est secrétaire de la Chambre des députés en 1923 et 1924. Battu au second tour en 1932 par le radical André Liautey, il se retire de la vie politique,.
Au début des années 1920, il est cité parmi les petits « boîtiers » de la Chambre des députés, c'est-à-dire les parlementaires détenant les boîtes de bulletins de quelques collègues lors des scrutins publics.
Il est par ailleurs conseiller général du canton de Vitrey-sur-Mance de 1928 à 1934, succédant à Aster Baissey et précédant Marcel Rousselot.

Membre sans interruption des commissions des pensions et des travaux publics, About consacre l'essentiel de son activité aux victimes de guerre. Sous la XIIe législature, il est rapporteur de la proposition de loi du colonel Picot révisant les taux de majoration pour enfants accordés aux veuves de guerre pensionnées, et prend part aux débats sur les emplois réservés aux mutilés, veuves et orphelins de guerre, ainsi qu'à l'élaboration de la loi de 1924 réformant le régime des pensions civiles et militaires.
Le , il dépose une proposition de loi tendant à modifier le deuxième alinéa de l'article 30 de la loi du 31 mars 1919, afin d'aligner la pension du père veuf d'un « mort pour la France » sur celle de la mère veuve. Le texte, salué par l'Union nationale des combattants comme l'aboutissement de « réclamations répétées », est renvoyé à la commission des pensions civiles et militaires.
Sous la XIVe législature, ses interventions au budget des pensions portent successivement sur les anciens combattants, les infirmes non pensionnés, les ascendants et les pères veufs (1929), les fonctionnaires anciens combattants (1930), les pensionnés pour infirmités multiples, les amputés de guerre et les anciens prisonniers de guerre (1931), puis l'office national des mutilés et les grands invalides (1932). Il intervient également, en 1931, dans le débat sur la péréquation des pensions des fonctionnaires, où il soutient le texte gouvernemental.

Le , Gaston About est nommé à la direction administrative de l'hôpital psychiatrique public autonome de Bailleul, dans le Nord, où il s'installe route d'Ypres,. L'établissement, ancien asile départemental d'aliénées transféré de Lille à Bailleul en 1863, détruit en 1918 et reconstruit jusqu'en 1936, accueille alors environ 1 800 malades. Il en assure la direction jusqu'à sa mort ; l'établissement est aujourd'hui l'établissement public de santé mentale des Flandres.
La mobilisation prive l'hôpital de la moitié de son personnel masculin administratif, de deux médecins sur trois et de quatre internes. Selon le témoignage d'un fonctionnaire de l'établissement publié après guerre dans la presse locale, le directeur « reste à son poste et ne le quitte pas » et parvient, « par son calme et son énergie », à maintenir la prise en charge des malades.
Le , l'hôpital accueille une ambulance britannique, suivie de convois transportant environ six cents blessés anglais et français. Des tentes sont dressées dans le parc pour pallier le manque de locaux. L'installation de ce convoi sanitaire sert vraisemblablement de point de repère à l'aviation allemande, qui croit avoir affaire à des troupes de combat.
Les bombardements commencent le 24 mai au soir et se poursuivent jusqu'au 28. Le 25, une soixantaine d'avions survolent l'établissement et déversent des bombes à trois reprises dans la journée, démolissant en partie cinq pavillons de malades. L'attaque ne fait pourtant qu'un mort et cinq ou six blessés légers. Le témoin en attribue explicitement la cause à une décision anticipée du directeur : « depuis plusieurs jours les malades avaient été descendues dans les sous-sols, sur les ordres du directeur, qui s'est toujours préoccupé de la sécurité des personnes dont il avait la responsabilité ». La mise à l'abri est donc intervenue avant la première bombe.
Les sous-sols de l'établissement et les caves de la ferme abritent pendant ces journées plus de cinq cents réfugiés et habitants de Bailleul, en plus des pensionnaires. Toutes les canalisations — eau, gaz, électricité — étant coupées, un service d'eau est organisé à partir des citernes de l'hôpital, et les religieuses des cuisines, aidées de deux ou trois femmes de service, parviennent à alimenter une population de plus de deux mille personnes.
Le 29 mai, alors que les chars contournent l'établissement, About se porte au grand portail pour accueillir les autorités allemandes, accompagné des deux médecins, du secrétaire général, de trois religieuses et d'un employé — geste que le témoin attribue au souci « d'épargner des vies humaines ». L'hôpital est de nouveau bombardé en mai 1941.
Lors de ses obsèques en 1954, Maurice Delplace, receveur de l'établissement, revient sur cet épisode : après avoir rappelé que le disparu fut « un glorieux combattant de la guerre 1914-1918 », il souligne que « comme sur les champs de bataille, il a su assurer son service avec courage, et ce surtout dans des circonstances difficiles et dangereuses », évoquant « les jours sombres de 1940 où il fallut assurer l'ordre parmi près de deux mille hospitalisées ainsi que leur subsistance ».
Gaston About meurt le samedi à son domicile de Bailleul, après une maladie de quelques semaines, à l'âge de 63 ans. Ses obsèques sont célébrées le mercredi 17 février en l'église Saint-Vaast de Bailleul, en présence des représentants du préfet du Nord, du député Auguste Damette et de nombreux directeurs d'établissements psychiatriques du département.
Le corps est transféré à Vesoul, où l'inhumation a lieu le vendredi 19 février dans le caveau de famille de l'ancien cimetière, après un service en l'église Saint-Georges. Le cortège réunit une vingtaine de drapeaux des sections départementales de mutilés et d'anciens combattants, ainsi que le préfet de la Haute-Saône, le député et président du conseil général Maurice Georges, et le maire de Vesoul,.