Genettes
Les Genettes (Genetta) sont un genre de mammifères carnivores de la famille des Viverridés. Ce groupe se compose de dix-sept espèces originaires d’Afrique. La Genette commune est la seule genette présente en Europe. Elle se rencontre dans la péninsule Ibérique, en Italie et en France.
Dans son Histoire naturelle, Buffon distinguait la genette, de la civette et du Zibet, du fait que la première est plus petite que les seconds.
Le genre Genetta a été décrit dans le Règne animal de Frédéric Cuvier en 1816, la différenciant des civettes par rapport à la taille des glandes et le peu d’odeur qu’elles excrètent. Le genre comprenait notamment la Rasse (Viverricula indica), appelée « Genette de l’Inde » (Genetta indica) (Lesson, 1827) ; la Fossane (Fossa fossana) sous le nom de « genette malgache »(Genetta fossa) (Lesson, 1827), aujourd’hui classée hors de la famille des viverridés ; ainsi que le Protèle à crête (Proteles cristata) sous le nom de « Genette hyénoïde », aujourd’hui classé dans la famille des hyénidés.
Le nombre d'espèces dans ce genre a toujours été controversé au cours de l’histoire. Ce genre rassemble des espèces qui se ressemble physiquement, toutes originaires du même continent africain, évinçant les espèces précitées.
Lorsque la genette aquatique fut découverte en 1919, elle fut rangée dans le genre Osbornictis puis elle fut, un siècle plus tard, reclassée dans le genre Genetta en 2004.
En 2005, la troisième édition de Mammal Species of the World reconnaissait dix-sept espèces valides,Mammal Species of the World (version 3, 2005) () :
| Espèce (Nom scientifique & auteur) | Sous-espèces (Taxons infraspécifiques) |
|---|---|
| Genetta abyssinica
(Rüppell, 1836) |
— |
| Genetta angolensis
Bocage, 1882 |
— |
| Genetta bourloni
Gaubert, 2003 |
— |
| Genetta cristata
Hayman, 1940 |
— |
| Genetta genetta
(Linnaeus, 1758) |
|
| Genetta johnstoni
Pocock, 1908 |
— |
| Genetta maculata
(Gray, 1830) |
— |
| Genetta pardina
I. Geoffroy Saint-Hilaire, 1832 |
— |
| Genetta piscivora
(J. A. Allen, 1919) |
— |
| Genetta poensis
Waterhouse, 1838 |
— |
| Genetta servalina
Pucheran, 1855 |
|
| Genetta thierryi
Matschie, 1902 |
— |
| Genetta tigrina
(Schreber, 1776) |
|
| Genetta victoriae
Thomas, 1901 |
— |
La genette féline, originellement une sous-espèce de la genette commune, a été classée au rang d’espèce.
| Espèce | Habitat | Répartition et statut UICN |
|---|---|---|
| Genetta genetta (Linnaeus, 1758) Genette commune |
Habitats boisés et savane | |
| Genetta tigrina (Schreber, 1776) Genette tigrine |
Fynbos, prairies et forêts côtières | |
| Genetta felina (Thunberg, 1811) Genette féline |
Savane boisée, prairies, fourrés, zones sèches de vlei | |
| Genetta fieldiana Du Chaillu, 1860 Genette panthère |
Savane boisée, mosaïque savane-forêt, forêt tropicale humide et forêt de montagne jusqu'à 3 400 m | |
| Genetta pardina I. Geoffroy Saint-Hilaire, 1832 Genette pardine |
Forêts tropicales primaires et secondaires, forêts-galeries, forêts humides, plantations et zones suburbaines | |
| Genetta abyssinica (Rüppell, 1836) Genette d'Éthiopie |
Forêt de montagne sèche jusqu'à 3 750 m | |
| Genetta poensis Waterhouse, 1838 Genette royale |
Forêt tropicale humide | |
| Genetta servalina Pucheran, 1855 Genette servaline |
Forêts de plaine jusqu'aux forêts de bambous d'altitude et fourrés de récifs coralliens | |
| Genetta angolensis Bocage, 1882 Genette d'Angola |
Forêt claire de miombo | |
| Genetta victoriae Thomas, 1901 Genette géante |
Forêts tropicales humides | |
| Genetta thierryi Matschie, 1902 Genette de Thierry |
Savane et forêts humides | |
| Genetta johnstoni (Pocock, 1908) Genette de Johnston |
Forêt tropicale humide dense | |
| Genetta piscivora (Allen, 1919) Genette aquatique |
Forêts tropicales humides | |
| Genetta cristata Hayman, 1940 Genette à crête |
Broussailles et forêts décidues primaires | |
| Genetta bourloni Gaubert, 2003 Genette de Bourlon |
Forêts tropicales humides |
Des fossiles de genette datant du Miocène supérieur et de périodes ultérieures ont été découverts dans des sites d'Éthiopie, du Kenya et du Maroc,.
Les scientifiques estiment que les genres Genetta et Poiana ont divergé il y a environ 9,5 à 13,3 millions d’années. Les espèces de Genetta auraient commencé à diverger il y a au moins 8,5 millions d’années, en commençant par la Genette de Thierry, suivie par la Genette géante il y a 3,98 à 6,01 millions d’années.

Les genettes sont des animaux sveltes ressemblant à de petits félins, dotés d'un corps allongé, d'une longue queue annelée, de grandes oreilles, d'un museau pointu et de griffes partiellement rétractiles. Leur pelage est tacheté, bien que des individus mélaniques aient également été observés. Elles possèdent des glandes musquées et des sacs anaux,. Elles disposent également de glandes périnéales.
Toutes les espèces de genettes présentent une bande sombre le long de la colonne vertébrale ; elles diffèrent par la couleur de leur pelage et le motif de leurs taches. Leur taille varie selon les espèces de 40,9 à 60 cm pour la longueur tête-corps, avec des queues de 40 à 47 cm ; leurs queues sont presque aussi longues que le reste du corps. Elles possèdent de grands yeux aux pupilles elliptiques ; l'iris est généralement de la couleur du pelage. Elles peuvent bouger leurs yeux dans leurs orbites de manière limitée et déplacent leur tête pour se concentrer sur des objets en mouvement. Leurs pavillons auriculaires présentent une fine couche de poils à l'intérieur et à l'extérieur, qu’elles peuvent incliner d'environ 80° vers l'avant ou le côté, et les passer d'une position dressée à une position pointant vers le bas. Leur rhinarium joue un rôle important tant pour l'odorat que pour le toucher.

Les genettes sont extrêmement agiles, possèdent de bons réflexes et des capacités d’escalade exceptionnelles. Ce sont les seuls viverridés capables de se tenir debout sur leurs pattes arrière. Elles marchent, trottent, courent, grimpent aux arbres et sautent. Elles vivent au sol et passent également une grande partie de leur temps dans les arbres. Elles sont considérées comme solitaires, sauf pendant la période de reproduction et lorsque les femelles élèvent leurs petits.
Elles sont omnivores et capturent de manière opportuniste des invertébrés et des petits vertébrés et se nourrissent également de plantes et de fruits. La genette aquatique se nourrit principalement de poissons. La genette d'Angola se nourrit de sauterelles et d'autres arthropodes. La genette de Johnston se nourrit probablement principalement d'insectes.
En 2014, un piège photographique dans la réserve d'Hluhluwe-Umfolozi a capturé l'image d'une genette tigrine voyageant sur le dos de deux buffles différents et d'un rhinocéros. C'était la première fois qu'une genette était enregistrée faisant de l'« auto-stop ».
Les femelles peuvent avoir jusqu'à cinq petits par portée. Elles élèvent leur progéniture seules.
Les femelles de la genette commune atteignent leur maturité sexuelle à l'âge de deux ans. Après l'accouplement, la période de gestation dure de dix à onze semaines. Elles sont polyestriennes[Quoi ?] et mettent bas deux fois par an, au printemps et de la fin de l'été jusqu'à l'automne. Des genettes communes en captivité ont vécu jusqu'à treize années. Un mâle a vécu 22,7 ans en captivité.

La perte d'habitat due à la déforestation et à la conversion des terres pour l'agriculture est une menace effective pour la genette à crête et la genette de Johnston. Ces deux espèces sont également chassées pour leur viande et pour leur peau. Elles sont classées comme vulnérables sur les listes rouges de l'UICN. Les mêmes pratiques nuisent activement à la genette de Bourlon, classée comme quasi menacée.
La genette aquatique peut être affectée par la chasse ; les menaces qui la concernent n'ont pas encore été identifiées. Elle est classée comme quasi menacée sur la liste rouge de l'UICN. La genette royale et la genette d'Abyssinie sont si mal connues que les menaces ne peuvent être identifiées ; elles sont classées dans la catégorie non évaluées. Les autres espèces de genettes ne sont pas considérées comme menacées et sont classées en préoccupation mineure.
À l'échelle internationale, la Genette commune est protégée par la convention de Berne du où elle figure à l'annexe III. Ce statut impose que toute exploitation de l'espèce soit réglementée afin de maintenir les populations hors de danger, notamment par l'instauration de périodes de fermeture de la chasse, d'interdictions locales ou temporaires et d'un encadrement du transport et de la vente. Dans l'Union européenne, elle est inscrite à l'annexe V de la directive habitats (92/43/CEE) du , la classant comme une espèce d'intérêt communautaire dont le prélèvement dans la nature et l'exploitation peuvent faire l'objet de mesures de gestion. À l'inverse, elle n'est soumise à aucune réglementation au titre de la convention de Bonn.
En France, la Genette commune bénéficie d'une protection totale depuis l'arrêté ministériel du relatif aux mammifères protégés sur l'ensemble du territoire. Il est par conséquent interdit de la détruire, de la mutiler, de la capturer, de l'enlever ou de la perturber intentionnellement. Sa naturalisation, ainsi que la destruction, l'altération ou la dégradation de son milieu de vie sont également proscrites. Qu'elle soit vivante ou morte, il est strictement interdit de la transporter, de la colporter, de l'utiliser, de la détenir, de la vendre ou de l'acheter.
La plupart des genettes gardées comme animaux de compagnie sont des genettes communes, des genettes panthère ou des genettes tigrine.
Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), la possession d'une genette comme animal de compagnie est interdite dans certains États des États-Unis. Le prix d'une genette peut dépasser 1 500 $ pour l'achat et l'expédition. Les genettes ne sont pas adaptées à la vie en captivité et il n'est pas recommandé d'en garder une. Ce sont des animaux solitaires à l'état sauvage qui ne s'entendent généralement pas avec les animaux domestiques comme les chats ou les chiens.