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The Aioli Dinner, série des Blue Dog |
George Rodrigue, né le à Nouvelle-Ibérie (en) (Louisiane) et mort le à Houston (Texas), est un peintre américain. Peintre des paysages, des réunions familiales et des scènes de genre de la Louisiane cadienne à partir de la fin des années 1960, il acquiert une notoriété mondiale au milieu des années 1990 avec sa série des Blue Dog (« chien bleu »), inspirée de la légende cadienne du Rougarou.
George Rodrigue naît le 13 mars 1944 à Nouvelle-Ibérie, en Louisiane. Il fait ses études secondaires au St. Peter's College, établissement des Frères des écoles chrétiennes situé près du Bayou Teche. Il étudie ensuite l'art à l'Université de Louisiane à Lafayette (alors University of Southwestern Louisiana) puis à l'ArtCenter College of Design de Pasadena, en Californie. De retour en Louisiane à la fin des années 1960, il se fait connaître par ses interprétations des sujets et des paysages cadiens, inspirés de ses racines.
Ses premières œuvres marquantes comprennent The Aioli Dinner, partagée entre le Musée d'Art de La Nouvelle-Orléans et l'Ogden Museum of Southern Art, et The Class of Marie Courrege, qui obtient une mention honorable au Salon de Paris en 1975,, ce qui vaut à Rodrigue d'être surnommé « le Rousseau américain » par Le Figaro. Ses tableaux montrent souvent des chênes couverts de mousse espagnole, caractéristiques de l'Acadiane.
Parmi ses sujets les plus célèbres figurent l'héroïne acadienne Évangéline, tirée du poème de Henry Longfellow (1847), et son pendant cadien moderne, Jolie Blonde. Il conçoit également trois affiches pour le New Orleans Jazz & Heritage Festival, avec les portraits de Louis Armstrong, Pete Fountain et Al Hirt. Entre 1985 et 1989, il peint la Saga of the Acadians, série de quinze tableaux retraçant le parcours des Acadiens de la France à la Nouvelle-Écosse puis à la Louisiane, jusqu'au retour officiel à Grand-Pré.
Rodrigue doit sa notoriété internationale à la série des Blue Dog, mettant en scène un chien aux teintes bleues, au museau blanc et aux yeux jaunes. Il reprend la silhouette et la posture de sa chienne Tiffany, morte quelques années plus tôt, et s'inspire surtout de la légende du loup-garou cadien, le Rougarou : le premier tableau de la série, Watch Dog, est peint pour Bayou, un recueil d'histoires de fantômes de Louisiane. Le Blue Dog est popularisé en 1992 par Absolut Vodka, qui fait de Rodrigue l'un de ses artistes, après Andy Warhol, puis repris par Xerox dans une campagne nationale.
Rodrigue décrit ainsi son motif : « Les yeux jaunes sont vraiment l'âme du chien. Il a ce regard perçant. […] Le chien ne change jamais de position. Il vous fixe. Et vous le regardez, cherchant des réponses, "Pourquoi sommes-nous ici ?", et il vous regarde en retour, se demandant la même chose ».
L'artiste possède des galeries à Carmel-by-the-Sea (Californie), à Lafayette et à La Nouvelle-Orléans. En 2007, la Dixon Gallery and Gardens de Memphis organise une rétrospective de quarante ans de carrière, présentée en 2008 au Musée d'Art de La Nouvelle-Orléans. Il reçoit un doctorat honoris causa de l'Université de Louisiane à Lafayette le 17 mai 2009 et, en 2013, l'Opus Award de l'Ogden Museum of Southern Art.
Contraint de quitter La Nouvelle-Orléans après l'ouragan Katrina en 2005, Rodrigue installe temporairement son activité à Lafayette. Quelques jours après la catastrophe, il crée We Will Rise Again, un Blue Dog à demi submergé aux yeux rouges, portant une croix rouge sur la poitrine, au profit de la Croix-Rouge américaine. Cette œuvre inaugure la campagne « Blue Dog Relief », qui produit d'autres estampes (Throw Me Something FEMA, You Can't Drown the Blues, To Stay Alive We Need Levee 5) au bénéfice notamment du Musée d'Art de La Nouvelle-Orléans, fermé six mois pour cause d'inondation. En septembre 2006, les dons collectés atteignent 700 000 dollars.
En 2009, Rodrigue crée la George Rodrigue Foundation of the Arts, organisation à but non lucratif qui promeut la place des arts visuels dans le développement de l'enfant, notamment par un concours annuel de bourses et par des dons de matériel aux écoles de Louisiane.
En octobre 2013, l'artiste et son épouse Wendy annoncent qu'un cancer du poumon de stade 4 lui a été diagnostiqué en 2012. Rodrigue l'attribue au vernis toxique qu'il pulvérisait sur ses toiles, au début de sa carrière, dans un atelier non ventilé. Il meurt le 14 décembre 2013 à Houston, à l'âge de 69 ans. Une messe publique est célébrée le 19 décembre en la cathédrale Saint-Louis de La Nouvelle-Orléans.