Georges Suffert

Georges Suffert
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Fonction
Secrétaire général
Club Jean-Moulin
-
Jacques Pomonti (d)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 84 ans)
BourgesVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Georges André SuffertVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Autres informations
A travaillé pour
Le Figaro (-)
Le Point (-)
Le Républicain lorrain (-)
RTL ()
L'Express (-)
Les Cahiers de la République (d) (-)
Le Nouvel Obs (-)
Témoignage chrétien (-)
Commissariat général du Plan (-)
La Manche libreVoir et modifier les données sur Wikidata
Conflit
Distinctions

Georges Suffert, né le dans le 7e arrondissement de Paris et mort le à Bourges, est un journaliste et écrivain français. Il a notamment collaboré à France Observateur, L'Express, Le Figaro et Le Point dont il fut l’un des fondateurs en 1972.

Biographie

Origines et jeunesse

Georges Suffert est le fils de Gustave, ancien élève du collège Stanislas, et propriétaire de l'hôtel Jeanne d'Arc, rue Vaneau, fréquenté par les responsables religieux en visite chez l’archevêque de Paris, mais aussi des mercenaires et des trafiquants d’armes comme Raymond Westerling. Il possédait une villa des années 1920 dotée d'un parc planté de séquoias, à Saint-Vérain dans la Nièvre.

Georges Suffert entre à seize ans dans un réseau de résistance avec son frère et se bat l'année suivante sur une barricade du boulevard Saint-Michel lors de la Libération de Paris. Blessé, il reçoit la Croix de guerre.

Il étudie à la Sorbonne où il s'inscrit dans le sillage de la Jeunesse étudiante chrétienne, la JEC. Il écrit dans le journal des étudiants catholiques de la faculté Tala Sorbonne,.

Il organise à vingt ans un colloque dans l'hôtel de son père avec les intellectuels catholiques Jean Daniélou, François Mauriac, Gabriel Marcel et Étienne Borne et lance une revue gauchiste, Les Mal Pensants.

Engagement politique

En 1953, Georges Suffert entre au Commissariat général au Plan. En y côtoyant Jean Monnet, il devient ardent défenseur de la construction européenne.

Proche d'André Mandouze, il collabore à La Tribune des Peuples, de K.S. Karol, s'engage pour l'indépendance du Maroc puis de l'Algérie. Il milite contre la guerre d'Algérie et le recours à la torture.

Aux élections législtives de 1958, il est candidat UFD dans la 33e circonscription de la Seine, mais n'est pas élu.

De 1958 à 1965, Georges Suffert est secrétaire général du Club Jean Moulin, fondé le par, notamment, Daniel Cordier, ancien secrétaire de Jean Moulin, et Stéphane Hessel. Jusqu'en 1970, ce club a contribué à la rénovation de la gauche.

Rejetant le mouvement de Mai 68, il se tourne alors vers la figure de Raymond Aron et la droite libérale.

Carrière journalistique

Devenu journaliste, après avoir collaboré à Témoignage chrétien puis aux Cahiers de la République, revue dirigée par Pierre Mendès France, il entre à France Observateur.

Il écrit également dans la revue Esprit.

Georges Suffert a été rédacteur en chef à L’Express, puis, après la rupture de l'équipe dirigeante de cet hebdomadaire avec Jean-Jacques Servan-Schreiber, en 1971, il se lance avec ces derniers (Olivier Chevrillon, Claude Imbert, Jacques Duquesne, Pierre Billard...) dans l’aventure du Point à partir de 1972.

L'Affaire Henri Curiel

Article détaillé : Honneur de la Police, section l'affaire Henri Curiel

Dans son numéro du , Le Point publie un article de Georges Suffert qui accuse le militant Henri Curiel d’être « à la tête d’un réseau de soutien au terrorisme », complice d'Carlos et agent du KGB. Il dira trente ans après « C'était gonflé, d'écrire ça. Je n'en savais rien ».

Curiel sera abattu le à Paris, XIIIe, par deux hommes jamais identifiés, relançant la polémique née à la parution de l'article. Ce meurtre a été attribué à un mystérieux Commando Delta proche de l’OAS,. Certains[Qui ?], au Point, reprochèrent alors à Suffert son article, ce qui conduisit à une grave crise au sein de la rédaction et au départ de Georges Suffert et au ralentissement de sa carrière journalistique.

Edito sur la fausse agression du RER D

Dans son numéro du 12 juillet 2004, Le Figaro publie un édito de Georges Suffert, dénonçant une prétendue agression antisémite survenue dans le RER D trois jours avant. Bien qu'aucun élément de l'enquête de Police ne corrobore le récit de la victime présumée, Suffert évoque « [les agresseurs qui] se sont jetés sur une jeune femme parce qu’elle était en face d’eux, parce que la violence les fascine, parce qu’ils se considèrent comme des militants de quelque Hamas, c’est-à-dire la forme la plus moderne de l’antisémitisme ».

Bien qu'aucun signalement sur les agresseurs présumés n'a été confirmé par la vidéo surveillance, Suffert écrit : « Les petits-enfants du Maghreb veulent participer à leur manière à la lutte des Palestiniens. La voyageuse du RER a soudain incarné l’ensemble des Israéliens. La haine est en train de franchir la Méditerranée ».

La victime présumée, Marie-Léonie Leblanc, avouera avoir intégralement inventé l'agression, afin d'attirer l'attention de son mari.

Fin de carrière

De 1980 à 1981, il présente La rage de lire sur TF1.

Il a été membre du comité éditorial du quotidien Le Figaro et éditorialiste pour Le Républicain lorrain. Il écrit également, par le truchement de son ami Pierre Chaunu, dans La Manche Libre à partir de 1999.

Il publie de nombreux ouvrages, sur l'histoire de l'Église et la politique.

Il meurt dans la nuit du 16 au à Bourges, des suites d'une crise cardiaque, à l'âge de 84 ans. Ses obsèques ont été célébrées à Saint-Vérain (Nièvre), ville où il est inhumé.

Prix et distinctions

L’Académie française lui décerne le prix Ève Delacroix en 1982 pour Un royaume pour une tombe et le prix Roberge en 1984 pour Saint-Fargeau/Ancy-le-Franc.

Ses Mémoires d'un ours lui valent le Prix Saint-Simon 1995.

Son livre Tu es Pierre - Histoire de l’Église fondée par Jésus-Christ, il y a 2000 ans, publié aux Éditions de Fallois, a obtenu le Prix des Maisons de la Presse en 2000. Le Pape et l’Empereur, chez le même éditeur, reçoit le Prix Cazes en 2003.

Georges Suffert était officier d'Ordre national de la Légion d'honneur et commandeur de l’Ordre national du Mérite.

Essais

Notes et références

  1. ↑ Relevé des fichiers de l'Insee.
  2. 1 2 3 4 5 Olivier Chevrillon, « Georges Suffert (1927-2012). Un grand journaliste », Commentaire, vol. 4, no 140,‎ , p. 1157-1160 (DOI 10.3917/comm.140.1157, lire en ligne Inscription nécessaire).
  3. ↑ Le journal Tala Sorbonne par Mgr Maxime Charles. Consulté le 17 janvier 2012.
  4. ↑ Tala est le nom traditionnellement donné dans la France universitaire aux catholiques pratiquants car, ils « vont-à-la messe ». Les élèves membres de l’aumônerie de l’École normale supérieure de Paris, rue d’Ulm, les khâgneux catholiques pratiquants… sont toujours désignés comme des Talas.
  5. ↑ Guy Rossi-Landi, « Critique : Un ours plutôt bien léché », Lire, .
  6. ↑ Daniel Schneidermann, « Curiel, Giazzi, et la carte de presse », sur Libération, (consulté le )
  7. ↑ Daniel Schneidermann, « Curiel, Giazzi, et la carte de presse », libération,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. ↑ Myriam Chaplain-Riou, Agence France Presse « Décès de Georges Suffert, cofondateur du Point et écrivain. Consulté le 17 janvier 2012. .
  9. ↑ Solenn de ROYER, « La fausse agression du RER D », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. ↑ Georges Suffert, « Il faut punir plus », Le Figaro,‎ .
  11. ↑ « Marie Leblanc, sa vie, ses drames, ses mensonges », Le Monde,‎ (lire en ligne [archive du ] Accès payant, consulté le ).
  12. ↑ « Georges Suffert est mort », Le Point,‎ (lire en ligne).
  13. ↑ Google.com.
  14. ↑ « Avis de décès ».

Bibliographie

Liens externes