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Georges Yver, né le à Caen et mort le dans la même ville est un historien français. Ancien élève de l'École française de Rome, il se consacre d'abord à l'histoire économique de l'Italie médiévale et publie sa thèse en 1903.
À la suite de son installation à Alger, en 1903, il se tourne vers l'étude de la conquête coloniale de l'Algérie et l'histoire de l'Afrique du Nord française. Il fait partie des universitaires auxquels la faculté des lettres d'Alger doit son rayonnement,.
Georges Octave Théodore Yver est né le à Caen, dans le Calvados,. Fils aîné de Louis Georges Yver et de Louise Le Corsu, il passe son enfance à Caen, au no 30 de la rue des Carmes,. Son oncle maternel, Octave Victor Le Corsu, était éditeur maritime.

Le jeune Georges Yver est admis à l'École normale supérieure en 1890. Mais il effectue d'abord son service militaire. Engagé pour trois ans le 16 , il passe une année, jusqu'au , au 5e régiment d'infanterie alors en garnison à Caen.
Le , il obtient sa licence ès lettres et deux ans plus tard, il est reçu à l'agrégation d'histoire (1894). Il est ensuite pensionnaire de l'École française de Rome de 1894 à 1896 ; celle-ci occupait le deuxième étage du palais Farnèse.
Le , il soutient ses deux thèses en Sorbonne : thèse latine : De Guadagniis (les Gadagne), mercatoribus Florentinis Lugduni, XVIe. P. CHRN. sæculo, commorantibus, ; thèse française : Le commerce et les marchands dans l'Italie méridionale aux treizième et quatorzième siècles.
De retour en France, il est nommé professeur dans différents lycées : à Tours d' à ; puis à Bourges de à . À cette date, il est envoyé au lycée Carnot de Tunis et y reste cinq ans.
Georges Yver est arrivé à Alger au début de l'automne 1903. Il se marie le , au Mans, avec Alice Berthe Lucie Guillet.
Pendant la Première Guerre mondiale, il appartient au 3e bataillon territorial de Zouaves et est affecté au dépôt des prisonniers de guerre à Tizi-Ouzou, de à .

Après avoir été chargé de cours à l'École supérieure des lettres d'Alger (1903-1904), il occupe la chaire d'histoire moderne de l'Afrique dans cette même faculté, de 1904 à la fin des années 1930. Il habite d'abord au no 21 de la rue Clauzel (1903-1909) puis au no 8 de la rue Monge (1909-1914), et enfin à partir de 1914 au no 23 de la rue Michelet,, proche de la faculté où il enseigne. Il quitte cette ville au moment de la Seconde Guerre mondiale, pour s'installer à Nice puis à Paris.
Georges Yver était membre de la Société historique algérienne, il en a même été un moment secrétaire général ; et membre de la Société de géographie d'Alger et d'Afrique du Nord.
Il est mort le , à Caen.



Avec sa thèse sur Le commerce et les marchands dans l'Italie méridionale au XIIIe et au XIVe siècle, Georges Yver est devenu, selon Fernand Braudel, le «premier des historiens économistes de son temps».
Ce ne n'est pas le jugement de certains de ses pairs à l'époque, rapporte Maurice Prou, professeur à l'École des chartes : «La tentative faite par M. Georges Yver de tracer le tableau de la vie économique dans l'Italie méridionale aux XIIIe et XIVe siècles, a paru à quelques-uns prématurée. Un savant professeur en Sorbonne a même prétendu, si nous avons bien compris sa pensée, qu'une pareille entreprise était condamnée à l'avortement, car l'établissement d'une série de statistiques serait nécessaire pour faire l'histoire économique».


À la suite de ses nominations au lycée Carnot de Tunis en 1898, puis à Alger en 1903, Georges Yver a modifié le cours de ses recherches.
Son arrivée en Afrique du Nord «l'avait amené dans un pays qu'il allait passionnément aimer, mais elle l'avait aussi détourné de sa vraie vocation et jeté en pleine histoire corrosive, celle de la conquête de l'Algérie par les Français, où tout était à élaborer et d'abord la trame des événements, le rôle des individus, la place des institutions».
Georges Yver y contribue par la publication de nombreux articles, par des livres de synthèse (en 1927 et en 1937), mais surtout par l'édition scientifique de correspondances de grandes figures militaires : le capitaine Daumas, le général Damrémont et le maréchal Valée.

Selon l'historien Alain Messaoudi, la désignation de Georges Yver à la chaire d'histoire moderne de l'Afrique, vacante depuis la mort d'Édouard Cat en 1903, a donné lieu à une controverse.

Le , le gouverneur général de l'Algérie institue une commission pour assurer la publication d'une collection de documents inédits sur l'histoire du pays conquis depuis 1830. La commission décide qu'il y aurait deux sortes de publications ; la correspondance générale des commandants en chef de l'armée d'Afrique et des gouverneurs généraux : des documents se rapportant à des sujets divers comme les négociations ou les épisodes de la conquête.

Cette édition compte cinq volumes : d' à , de juin à , 1839, de janvier à , de à . Le maréchal Valée a été gouverneur général de l'Algérie d' à . Le travail de Georges Yver conduit à revaloriser la politique et les idées de Valée contre celles de Bugeaud.
Dans la Revue historique, Henri Brunschwig rend compte de ces ouvrages qui fournissent une masse d'informations sur la conquête de l'Algérie à la fin des années 1830.
Georges Yver a consacré plusieurs années à la correspondance de Valée. Les derniers ouvrages paraissent de 1954 à 1957.



