Gilbert Fastenaekens, né à Bruxelles le , est un photographe, vidéaste et plasticien belge.
Gilbert Fastenaekens est né le . Son travail explore la notion de territoire, scrutant la ville, les paysages « naturels » et leurs mutations à travers une approche à la fois documentaire et artistique. Dès le début des années 1980, il est reconnu pour Nocturne, une série de lieux urbains photographiés de nuit. En 1984, il participe à la Mission photographique de la DATAR, dont l’enjeu est de représenter le paysage français des années 1980.
En plus de son activité de photographe et de vidéaste, Gilbert Fastenaekens a fondé en 1993 une maison d’édition avec Joël Van Audenhaege : ARP éditions. Il a également enseigné à l’École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre ainsi qu’à l’École de Recherche Graphique de Bruxelles, et a été pendant plusieurs années intervenant extérieur en formation supérieure au Centre d’Enseignement Professionnel de Vevey (Suisse).
Il est représenté par la Galerie Les Filles du Calvaire à Paris.
L’un des fils conducteurs de l’œuvre de Gilbert Fastenaekens est l’observation et l’interprétation des territoires, qu’il explore de lui-même ou à l’occasion de missions photographiques. S’il est d’abord photographe, Gilbert Fastenaekens investit également le format vidéo (Libre de ce monde, Vis-à-vis, Besós, territoire élargi…).
Nocturne est une série de lieux urbains photographiés de nuit en Allemagne, en Angleterre, en Belgique et en France. Ces photographies, qui montrent des endroits déserts, envisagés comme des décors sans personnages où se révèle la dimension théâtrale de la ville, ont assuré une renommée internationale à Gilbert Fastenaekens.
Le cycle Essai pour une archéologie imaginaire correspond à une commande de la DATAR qui vise à rendre compte du paysage français dans les années 1980. Il s’agit d’une œuvre montrant des paysages industriels ou des intérieurs d'usines photographiés principalement en Lorraine. Dans ce cycle, Gilbert Fastenaekens s’attache notamment aux sites industriels et à leurs infrastructures, abordés comme les vestiges d’une civilisation oubliée ou inconnue.
Noces est un cycle de photographies prises dans la forêt de Vauclair, près de Reims, que traverse le Chemin des Dames. Pendant plusieurs années, Gilbert Fastenaekens vient photographier la même portion de cette forêt, une parcelle de cent mètres de longueur par trente mètres de largeur. En s'imposant des contraintes de temps et d’espace, le photographe accepte « le temps présent pour ce qu’il [est], révélant par là même son sens ».
Les photographies qui composent Site I résultent d’une mission photographique intitulée 04°50° et initiée par la galerie Contretype sur la ville de Bruxelles. Les photographies de grande taille (1,05 x 1,3 mètre), sont regroupés par cahiers thématiques (chantiers, carrefours en « T », ciels, verdures, etc.) et donnent à voir un inventaire des formes urbaines propre à l'artiste,. Il s’agit d’une cité en perpétuelle mutation, oscillant entre grandeur et banalité — un lieu de tous les possibles. Fragmentée de manière chaotique, elle invite à une quête dont le but même semble s’être effacé de la mémoire. Les cahiers sont exposés sur des lutrins et sont ouverts chaque jour sur une page différente, ce qui permet à l’exposition d’évoluer continuellement.
Site II est également un travail sur la ville de Bruxelles, où Gilbert Fastenaekens porte son attention sur les façades mitoyennes, « qui n’ont jamais été dessinées pour être montrées, qui relèvent non de l’architecture mais de la construction et qui, à force d’attendre en vain une mitoyenneté, sont devenues un repère, une marque, un phare dans la ville. Leurs forces obtuses et leur « beauté » sculpturalement photographique finissent par se mélanger pour former des mots incertains, voire des phrases décousues qui nous parlent d’urbanisme et nous permettent de lire la ville depuis les coulisses, des décors vers la scène. »
Site II est le premier cycle de Gilbert Fastenaekens à contenir des photos en couleur.
Libre de ce monde est un ensemble de vidéos tournées en plan fixe, où des personnes (seuls ou en groupe) s’abandonnent au fou-rire. Dans ces vidéos, Gilbert Fastenaekens s’intéresse à la perte ou à la reprise de contrôle qu’exercent ses sujets sur eux-mêmes.
Vis-à-vis résulte d’une commande du Musée de la photographie contemporaine de Milan. L’œuvre est formée de 5 vidéos juxtaposées, qui présentent de façon alternée des plans courts et fixes tournés à Milan où le spectateur voit des scènes de rues, des gestes simples du quotidien, des portraits soumis à la durée. L’installation vidéographique invite le spectateur à adopter la lenteur essentielle à l’appréciation contemplative du monde.
Dans Correspondance, Gilbert Fastenaekens met en regard 300 anciennes cartes postales montrant des vues de Bruxelles avec des photographies, dans lesquelles il s’attache à rendre compte très exactement du cadre initial de la carte postale. Loin d’être nostalgique, ce travail porte un regard neutre sur l’évolution architecturale de la ville.
Cette commande du MACBA (Barcelone) a permis à Gilbert Fastenaekens de réaliser une vidéo tournée en juin et en , et présentée sur cinq écrans. L’enjeu de ce projet est de mettre en lumière des lieux de Barcelone qui n’ont jamais intégré le récit officiel de la ville, bien qu’ils soient essentiels à son fonctionnement. Ces vidéos, dépourvues de narration, reposent sur des plans fixes où le décor s’impose avant que n’apparaissent les acteurs et passants, dévoilant ainsi de multiples micro-récits du quotidien. Le projet comprend des vues urbaines ainsi qu’une série de portraits vidéographiques. Au montage, il s’agit de faire tenir ensemble ces plans sur cinq écrans alignés, tout en composant chaque enchaînement de manière à créer des effets d’addition, de contrepoint et de conjugaison entre les images.
Depuis 2023, Gilbert Fastenaekens assure la mission d'observatoire du paysage du Domaine Les Davids, propriété située dans le Luberon (France) dont le parc a été conçu par le paysagiste Bas Smets, également lauréat du concours pour l'aménagement des abords de la cathédrale Notre-Dame de Paris après l'incendie de 2019. Par des prises de vue en reconduction sur le long terme, Fastenaekens documente l'évolution du site dans le temps.
Gilbert Fastenaekens a reçu en France en 1986 le Prix Kodak de la critique photographique.
Il est membre titulaire de la Classe des Arts de l’Académie Royale de Belgique depuis le , et Grand Officier de l’Ordre de Léopold depuis le .