Gilbert Lely

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Gilbert Lely
Gilbert Lely à son domicile parisien.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Gilbert Pierre Raphaël LévyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Gilbert Lely, né Lévy le à Paris XIIe et mort le à son domicile à Paris XVIIe, est un poète français.

Vie et œuvre

Jeunesse et débuts

Après une enfance marquée par « la solitude et le manque d'affection », Gilbert Lely se passionne pour la littérature grecque et latine. Il est tenté par le théâtre, avant de travailler dans l'édition d'art.

Ses premiers poèmes sont marqués par une tonalité parnassienne. En 1933, il devient responsable de rédaction de la toute jeune revue Hippocrate, revue d'humanisme médical.

Éditeur et biographe du marquis de Sade

Il est membre du comité de rédaction de la revue Le Courrier graphique (1938). Fin connaisseur de l’histoire de la médecine, qu’il illustre dans la revue Hippocrate, et historiographe — à la suite du travail fondamental de Maurice Heine — du marquis de Sade, Gilbert Lely est également l'éditeur de ses œuvres complètes (1962-1964), dont il publie en outre la correspondance inédite.

C'est en 1942, face aux ruines du château de Lacoste, autrefois propriété de Sade, qu'il a une véritable illumination — « sa première rencontre mystique avec Sade » : l'amour de celle nommée « Josée » dans les poèmes du Château-Lyre se conjuguant soudain avec la présence de Sade et le souvenir de Maurice Heine. En 1948, il rencontre le comte Xavier de Sade, qui lui ouvre les archives de sa famille, lui permettant ainsi d'entamer un travail d'historiographe et d'éditeur de Sade, qui sera poursuivi et complété, à sa manière, par Jean-Jacques Pauvert.

En 1952 et 1957, il fait paraître les deux tomes de Vie du marquis de Sade.

Poète

Protéiforme, son œuvre présente des libres traductions poétiques (Les Métamorphoses, 1930 ; La Folie Tristan, 1954), des poèmes dramatiques (Solomonie la Possédée, 1979) et des recueils divers (L’Épouse infidèle, 1966).

Yves Bonnefoy mentionne le côté « intemporel » de sa poésie et l'intérêt aiguisé de Lely pour le langage, sa relation particulière au langage, avec « un emploi rigoureux des mots, mené dans le scrupule le plus tendu mais avec des intuitions brusques, des intuitions fulgurantes », étant entendu que « l'écriture de poésie est l'intensification réciproque de la réalité que l'on vit et de la langue qui l'interroge ». Bonnefoy lit dans cette tension entre vécu et langage un « grand cri de présence ».

Pour Gilbert Lely, la poésie doit « dévorer la réalité » et « sert à rendre assimilables les éléments nutritifs de la Réalité. » Ainsi, rendant hommage à son ami René Char, dans le sillage du surréalisme, il donne cette définition de la poésie ou du « seul mode magnifique de vivre » :

« Nous avons toujours pensé que ce qui peut être dit de plus philosophique sur le fourvoiement éternel de l'homme, c'est que celui-ci a horreur de l'abolition des contraires. Or, le plus fécond espoir de l'existence nous semble précisément résider en des actes où se manifeste le refus des antinomies psychiques et métaphysiques que prétendent nous imposer les lois de la famille, de la religion et de l'ordre social présent ou à venir. »

Vie privée et décès

Marie-Françoise Lely, en 1995.

Gilbert Lely épouse à Paris en 1979, Marie-Françoise Le Pennec, née le .

Mort le , il est inhumé au cimetière de Montmartre.

Postérité

Après la mort de son mari en 1985, Marie-Françoise Lely va s'employer à la réédition de son œuvre. Cela passe par la publication d'ouvrages comme Vie du marquis de Sade, réédité au Mercure de France en 1989 puis en 2004 ; la publication en trois volumes des Poésies complètes, édition critique établie et dirigée par Jean-Louis Gabin au Mercure de France en 1990, 1996, 2000 ; divers numéros d'hommage dans des revues, dont L'Infini en 1989, dirigée par Philippe Sollers.

En 1991, une soirée est organisée au Centre Georges-Pompidou, à l'initiative d'Yves Bonnefoy, dans le cadre de la Revue parlée, accompagnée d'une exposition intitulée « Pour Gilbert Lely ».

À l'occasion du festival d'Avignon 1996, le metteur en scène Christian Rist monte cinq spectacles originaux tirés de l’œuvre de Gilbert Lely et créés spécialement à cette occasion, en particulier deux pièces de théâtre, Ne tue ton père qu'à bon escient, tragédie de jeunesse, datée de 1932, saluée à l'époque par l'écrivain André Suarès, et Solomonie la possédée, poème dramatique tiré du conte russe d’Alexeï Remizov ; une lecture originale, par de très jeunes gens, de La Folie Tristan, poème anglo-normand du XIIe siècle, adapté et réécrit par Lely tout au long de son existence, telle une œuvre « fétiche » ; ainsi qu'une mise en scène des Six métamorphoses d'Ovide, dans une traduction libre du latin par Lely. Ces créations sont reprises à la rentrée au Théâtre Molière à Paris.

En 2004 ont lieu les manifestations du « Centenaire de Gilbert Lely » avec un colloque à la Maison de l'Amérique latine et à la Sorbonne. Ce Centenaire est d'abord conçu comme la recherche de lieux symboliques dans Paris ; le cœur en est une exposition « Hommage à Gilbert Lely - 1904-1985 », qui se tient à la bibliothèque de l'Arsenal. Enfin, une soirée Revue parlée, intitulée « Gilbert Lely biographe, écrire Sade », a lieu au Centre Pompidou.

Publications

Édition de et sur Sade

Notes et références

  1. ↑ Richard Blin, notice « Gilbert Lely », in Le Nouveau Dictionnaire des auteurs, de tous les temps et de tous les pays, volume II, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1994, p. 1854.
  2. ↑ Ensemble Gilbert Lely de la bibliothèque littéraire Jacques Doucet.
  3. 1 2 3 Voir sur centrepompidou.fr.
  4. ↑ Entretien par Bernard Noël sur France Culture, 30 septembre 1976. Il écrit dans Le Château-Lyre : « Debout dans la gravitation des certitudes, / L'ombre magnétique de Sade nous répondait de notre amour. […] Toi, l'espace, les monts, Sade, les jours futurs, / La volupté, le verbe, en un seul diamant. »
    Poésies complètes, tome I, Mercure de France, 1990, p. 84-85.
  5. ↑ Jean-Louis Gabin, Gilbert Lély. Biographie, Paris, Librairie Suéguier, (ISBN 2-87736-175-6), p. 249.
  6. ↑ Yves Bonnefoy, « Crier le nom », préface à Gilbert Lely, Poésies complètes, tome I, Mercure de France, 1990, p. 12-13.
  7. ↑ Ma civilisation clandestine (1942), in Poésies complètes, tome III, Mercure de France, 2000, p. 74. Phrase qu'il reprend ailleurs, dans plusieurs autres écrits, et notamment dans La Sylphide ou l'Étoile carnivore (1938), recueil par lequel Yves Bonnefoy eut la révélation d'un « grand poète », in Poésies complètes, tome III, p. 64.
  8. ↑ « René Char », in Poésies complètes, tome III, Mercure de France, 2000, p. 194.
  9. ↑ Voir sur centrepompidou.fr.
  10. ↑ Brigitte Salino, « L'église des Célestins saisie par la chair et la volupté. Le directeur du Studio classique, Christian Rist, fera découvrir le théâtre voluptueux de Gilbert Lely, le biographe de Sade. », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès limité)
  11. ↑ René Solis, « FESTIVAL D'AVIGNON. Redécouverte du poète et biographe de Sade. Rist relit Lely à très bon escient «Ne tue ton père qu'à bon escient» et «Solomonie la possédée», de Gilbert Lely, mise en scène de Christian Rist, jusqu'au 19 juillet, à 18 heures, église des Célestins. », Libération,‎ (lire en ligne Accès limité)
  12. ↑ Organisé par Emmanuel Rubio.
  13. ↑ Centre de recherches sur le surréalisme, Paris 3 - CNRS, sous la direction d'Henri Béhar.
  14. ↑ Organisée par la Bibliothèque nationale de France, sous la direction de Sabine Coron.

Annexes

Bibliographie

Iconographie


Audio

Liens externes