| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 76 ans) Marina di Pisa |
| Sépulture | |
| Surnom |
Nino Costa |
| Nationalité |
Italienne |
| Activité | |
| Maître | |
| Lieu de travail | |
| Mouvement |
École étrusque, In Arte Libertas |
| Fratrie |
Filippo Costa (d) |
| Conjoint |
Maria Antonia Miniati (d) (de à ) |
| Enfants |
Femmes chargeant du bois au port d'Anzio La Nymphe Le Réveil |
Giovanni Costa, dit Nino Costa, né le à Rome et mort le à Marina di Pisa, est un peintre paysagiste et un patriote italien du Risorgimento.
Formé dans les ateliers néoclassiques de Rome, il combat en 1848-1849, puis se consacre à l'étude du paysage dans la campagne romaine, au contact de peintres français, allemands et anglais. Il exerce une influence sur les Macchiaioli de Florence et, plus encore, sur plusieurs peintres anglais, dont Frederic Leighton et George Howard. Il fonde à Rome l'École étrusque, puis la société In Arte Libertas.
Giovanni Costa naît à Rome le , fils de Gioacchino Costa, originaire de Santa Margherita Ligure, qui fonde à Rome une grande fabrique de tissus, et de Maria Chiappi ; la famille habite le quartier du Trastevere. Selon le Victorian Web, il est présenté à douze ans au peintre néoclassique Vincenzo Camuccini, qui l'encourage à étudier la nature.
Après le collège des jésuites de Montefiascone, il fréquente de 1842 à 1845 le collège Bandinelli et étudie le dessin avec Luigi Durantini, puis travaille dans les ateliers de Francesco Coghetti et de Francesco Podesti,. Ugo Fleres (it) cite aussi parmi ses maîtres Camuccini et Filippo Agricola, et parle à ce propos de « l'académisme le plus froid »,.
Volontaire en 1848, il combat pendant la première guerre d'indépendance, notamment à la défense de Vicence ; en 1849, membre de l'état-major de Garibaldi, il participe à la défense de la République romaine sur le Janicule,,.
Après la chute de la République romaine, il se réfugie dans la campagne romaine, à Ariccia,,. Entre 1850 et 1853, il y mène des études d'après nature autour d'Ariccia, d'Ardea, du Circeo et de Porto d'Anzio, et y fréquente des peintres de diverses nationalités, dont les Allemands Achenbach et Böcklin et l'Anglais George Heming Mason (en) ; un voyage à Naples lui fait connaître l'école du Pausilippe.
En 1853, il se lie d'amitié avec le peintre anglais Frederic Leighton, à qui il transmet son intérêt pour l'étude de la nature,. Son Porto d'Anzio est probablement peint vers 1853 lors d'une expédition avec George Heming Mason, qui peint lui aussi la côte d'Anzio.
En 1859, il quitte Rome pour s'engager comme volontaire dans le régiment des chevau-légers d'Aoste de l'armée piémontaise, qui n'atteint jamais le front,,. Après l'armistice de Villafranca, il séjourne à Pise puis à Florence, où il fréquente les artistes du Caffè Michelangiolo.
En 1861, il présente à l'Exposition nationale de Florence ses Femmes chargeant du bois au port d'Anzio, sous le titre Plage romaine,. Selon la notice de la Galerie nationale d'art moderne de Rome, l'œuvre pousse des peintres toscans comme Giovanni Fattori à abandonner la peinture d'histoire pour la peinture en plein air. Le Dictionnaire de la peinture Larousse juge son séjour florentin déterminant pour l'orientation naturaliste de Fattori, tout en estimant que Costa n'est que partiellement touché par les théories des Macchiaioli. Selon Gianna Piantoni, Costa poursuit une voie autonome : le critique Gustavo Uzielli voyait chez les Macchiaioli des impressions avant tout physiques, chez Costa des impressions psychiques et idéalistes.
Il expose ses Femmes chargeant du bois au port d'Anzio au Salon de Paris, où l'œuvre reçoit, selon la notice de la Galerie nationale d'art moderne, les éloges de Decamps, Troyon, Gleyre, Hébert et Corot,. Pendant l'été qui suit, à Londres, Leighton l'introduit dans le milieu artistique anglais et lui fait connaître George Frederic Watts et Edward Burne-Jones ; avec Mason, il travaille ensuite près de la forêt de Fontainebleau, à Marlotte, où naît la première idée de sa Nymphe,.
À partir de 1864, il prépare à Rome une action insurrectionnelle. En 1867, il rejoint Garibaldi et combat dans son état-major à la bataille de Mentana,. De novembre 1867 à août 1870, il vit à Florence,, où il est élu en 1870 professeur de peinture à l'Académie des beaux-arts de Florence,.
En septembre 1870, il est parmi les premiers à entrer dans Rome, avant les troupes du général Raffaele Cadorna. Il siège ensuite au conseil municipal de Rome, pour le Trastevere, jusqu'en 1877,.
En 1873, il organise au Pincio une exposition réunissant ses œuvres et celles d'artistes comme Elihu Vedder et Charles Coleman, en opposition à la peinture de genre alors en vogue. Il fonde en 1876 le Golden Club, pour promouvoir l'étude directe de la nature, puis en 1878 le Cercle des artistes italiens,. Il publie des articles critiques contre l'art académique et officiel, notamment dans la Gazzetta d'Italia en 1877 et en 1883, et dans le Fanfulla della domenica (it) en 1881,.
Il rencontre George Howard, futur comte de Carlisle, peintre amateur et mécène, au milieu des années 1860 ; Howard achète plusieurs de ses œuvres principales, aujourd'hui conservées à Castle Howard,,. Costa se lie aussi avec Walter Crane et William Blake Richmond.
En 1882, une exposition de ses peintures, organisée à la Fine Art Society de Londres par le révérend Stopford Brooke (en), connaît un succès critique et commercial,,. Il expose aussi à la Royal Academy, puis à la Grosvenor Gallery et à la New Gallery,,. Le portrait que Leighton fait de lui en 1878 est acquis en 2004, avec le soutien de l'Art Fund, par la Leighton House, à Londres.
Au cours de l'hiver 1883-1884, il fonde à Rome l'École étrusque, qui réunit des peintres anglais, dont George Howard, William Blake Richmond, Matthew Ridley Corbet et son épouse Edith Corbet, et des élèves italiens, dont Giuseppe Cellini et Cesare Formilli,,. Selon About Art Online, le nom du groupe vient du surnom d'« Étrusque » donné à Costa,.
Il est ensuite à l'origine de la société In Arte Libertas, née parmi les artistes qui fréquentent le Café Greco, dont la première exposition a lieu à Rome en 1886,,. Selon le Larousse, la société présente aussi des œuvres des préraphaélites anglais,.
Il passe de longues périodes dans sa villa de Marina di Pisa, à l'embouchure de l'Arno, où il reçoit ses amis peintres. À partir de l'hiver 1892-1893, il dicte ses souvenirs à sa fille Giorgia, qui les publie en 1927 sous le titre Quel che vidi e quel che intesi ; il les reprend plus tard avec Olivia Rossetti Agresti, qui publie sa biographie à Londres en 1904. Frappé en 1897 d'une commotion cérébrale, il voit son activité se ralentir,.
Il meurt dans sa villa de Marina di Pisa le ,,,. D'abord inhumé à Pise, il est transféré au cimetière du Campo Verano, à Rome, qui décrète en son honneur des funérailles publiques. Ses œuvres sont présentées la même année à la Biennale de Venise, où la Galerie nationale d'art moderne de Rome achète ses Femmes chargeant du bois au port d'Anzio,.
Costa décrit lui-même sa méthode : réaliser d'abord d'après nature, le plus rapidement possible, une esquisse d'impression, puis des études de détail, et enfin ébaucher le tableau sans jamais s'écarter de l'esquisse,. Il privilégie un long format horizontal et, comme Corot, le rendu de l'atmosphère plutôt que le détail réaliste. Selon la notice de la Galerie nationale d'art moderne, sa conception d'un « vrai » filtré par le sentiment et la pensée est ensuite théorisée au contact de John Ruskin.
Selon Gianna Piantoni, un même fil conducteur relie ses premières expériences romantiques à ses œuvres néo-Renaissance et symbolistes. La Nymphe, commencée en 1863 et achevée vers 1895, conservée à la Galerie nationale d'art moderne de Rome, qu'il ne voulut jamais vendre, en est l'exemple ; L'Unificazione la considère comme son œuvre la plus célèbre,. Le Réveil, offert à la National Gallery de Londres par souscription de ses amis anglais, est détruit pendant la Seconde Guerre mondiale.
La notice de la Galerie nationale d'art moderne considère les Femmes chargeant du bois au port d'Anzio comme l'œuvre la plus représentative de ses débuts, et peut-être la plus novatrice de l'art italien du début des années 1850 ; le musée la compte parmi les chefs-d'œuvre de ses collections. Ugo Fleres la juge, en 1931, « un peu lourde et laborieuse, mais très personnelle », admirable par son caractère et son intonation. Il voit en Costa un esprit critique « plutôt spirituel que profond », souvent aimable et toujours hardi, mais trop souvent guidé par ses antipathies, ce qui explique selon lui les aversions et les enthousiasmes excessifs suscités par son art.
Selon le Delaware Art Museum, son influence sur les peintres anglais travaillant en Italie est plus profonde encore que sur les Macchiaioli ; il est à sa mort probablement l'artiste italien moderne le plus connu en Angleterre, et marque la peinture de paysage britannique de son temps. Un texte anglais de l'époque l'appelle le « Wordsworth de l'art pictural ». La monographie d'Arnika Schmidt, en 2016, l'étudie comme une figure des échanges transnationaux de la peinture de paysage européenne. Pour About Art Online, il est à l'origine de toute la peinture de paysage à Rome.
| Date | Œuvre | Technique | Lieu de conservation |
|---|---|---|---|
| 1852 | Femmes chargeant du bois au port d'Anzio | Huile sur toile, 73 × 147 cm | Galerie nationale d'art moderne, Rome, |
| vers 1853 | Porto d'Anzio | Huile sur chêne, 12,5 × 37,1 cm | Collection Gere, en dépôt à la National Gallery, Londres |
| 1854 | Les Chênes secs | ||
| 1860 | Champ de blé avec charrette | Musée de Capodimonte, Naples | |
| 1863-vers 1895 | La Nymphe | Galerie nationale d'art moderne, Rome | |
| Le Baiser du soleil mourant à la pinède odorante | Galerie nationale d'art moderne, Rome | ||
| Femmes volant du bois sur la côte d'Ardea | Castle Howard | ||
| commencé en 1878 | Frère François et frère Soleil | Castle Howard | |
| vers 1879 | Campagne de Naworth | Galerie nationale d'art moderne, Rome | |
| 1886-1896 | Le Réveil | Détruit | |
| 1895 | Ad fontem Aricinum | Collection particulière, Pise | |
| fin du XIXe siècle | Après une averse près de Pise | Huile sur bois, 13,3 × 29,2 cm | Collection Gere, en dépôt à la National Gallery, Londres |
| Étude d'arbre | Dessin | Delaware Art Museum, Wilmington |