| Goethite Catégorie IV : oxydes et hydroxydes | |
Goethite - Restormel, Cornouailles (Angleterre) | |
| Général | |
|---|---|
| Numéro CAS | |
| Classe de Strunz | 4.FD.10
4 OXYDES et HYDROXYDES |
| Classe de Dana | 6.1.1.2
Oxydes |
| Formule chimique | α-FeIIIO(OH) |
| Identification | |
| Masse formulaire | 88,852 ± 0,003 uma H 1,13 %, Fe 62,85 %, O 36,01 %, |
| Couleur | noir, brun ou jaunâtre en amas |
| Système cristallin | orthorhombique |
| Réseau de Bravais | Primitif P |
| Classe cristalline et groupe d'espace | dipyramidale ; Pnma |
| Clivage | parfait à {010}, moins bon à {100} |
| Cassure | irrégulière |
| Habitus | cristaux aciculaires fragiles, cristaux en prismes courts particulièrement rares, cristaux en primes peu allongés, voire en lames allongées ou en aiguilles, relativement fréquents dans certains gisements. Plus fréquent, prismes aplatis, en lattes, et aussi en groupements, radiés ou en faisceau d'aiguilles. Masses mamelonnées et stalactites, irisées ou non, nullement rares. |
| Échelle de Mohs | 5 - 5,5 |
| Trait | brun jaunâtre, brun jaune à ocre |
| Éclat | Adamantin à métallique (mat, soyeux en concrétion) |
| Propriétés optiques | |
| Indice de réfraction | α=2,260 β=2,393 γ=2,398 |
| Biréfringence | Δ=0,138 ; biaxe négatif |
| Angle 2V | 20° (calculé) |
| Fluorescence ultraviolet | aucune |
| Transparence | translucide à opaque |
| Propriétés chimiques | |
| Densité | 4,3 (le plus souvent entre 4,27 et 4,29) |
| Température de fusion | > 1000 °C |
| Solubilité | Soluble dans HCl |
| Propriétés physiques | |
| Magnétisme | antiferromagnétique |
| Radioactivité | aucune |
| Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire. | |
| modifier |
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La goethite est une espèce minérale fréquente, variété d'oxyhydroxyde de fer(III), polymorphe α du composé FeO(OH) avec des traces de Mn et H2O. Les cristaux noirs brillants ou bruns noirs, facilement observables à l'œil, en prismes courts ou en lamelles, sont relativement rares, striés sur {001}, mais peuvent atteindre 45 cm. Les concrétions terreuses apparaissent le plus souvent en amas brun jaune ou jaunâtre.
Ce corps chimique de formule FeIIIO(OH) oxyhydroxyde de fer(III) α-FeO(OH), le signe alpha indiquant ici une première structure cristalline connue de maille orthorhombique, est le composant principal de la minette de Lorraine, autrefois important minerai de fer. Il forme un biomatériau sec et dur, qui figure notamment dans la composition des patelles, et contribuerait à la résistance des dents de ces coquillages. L'hydratation de la goethite engendre la limonite, en faisant décroître la densité et la dureté initiale des cristaux ou amas.
La goethite est connue depuis la préhistoire. Elle a été utilisée comme pigment dans les peintures de la grotte de Lascaux,.
Elle est décrite par le minéralogiste Johann Georg Lenz (1748-1832) en 1806. La dénomination Göthit est d'abord choisie en l'honneur du mariage de l'homme d'état, ministre du duc de Weimar et fonctionnaire des mines, Johann Wolfgang von Goethe, considéré comme un grand poète allemand durant sa jeunesse. Elle est portant le fruit d'un débat savant sur sa forme orthographique. Le prêtre Heinrich Adolf Achenbach (1765-1819) et le maître minier Johann Daniel Engels (1761-1828), habitant Siegen, ont d'abord proposé le nom goethenite pour le minerai. Ludwig Wilhelm Cramer opte pour le minéral Göthit. Friedrich Wilhelm Riemer incite Johann Georg Lenz à changer le nom par francisation en goethite[réf. souhaitée].
À haute température la goethite se décompose en hématite et eau selon une réaction analogue à une déshydratation :
La goethite possède un ordre antiferromagnétique à quatre sous-réseaux.

Paramètres de la maille conventionnelle : a = 4,596 Å, b = 9,957 Å, c = 3,021 Å, Z = 4 ; V = 138,25 Å3, densité calculée = 4,27 g cm−3.
Les oxygènes et les hydroxyles forment des couches à empilement hexagonal compact, les cations fer (III) remplissent la moitié des cavités octaédriques. Le polymorphe à empilement non compact, moins stable, est la lépidocrocite, γ-FeO(OH).
Comme pour d'autres silicates porteurs de groupes hydroxyles (kaolinite, muscovite, illite, smectite, chlorite), les deux sites de l'oxygène ne sont pas équivalents, et les isotopes les plus lourds se partagent préférentiellement dans le site sans hydrogène associé. Ce partage est caractérisé par :
qui est accessible à la mesure (le premier rapport isotopique est mesuré directement sur la goethite, et le second sur l'eau extraite par décomposition thermique). Cet est en pratique indépendant de la composition isotopique et du pH du fluide présent lors de la formation de la goethite, et dépend essentiellement de la température de formation T (mesurée en kelvins) :
ce qui fait de la goethite un paléothermomètre (en).
Les gisements de goethite sont innombrables.
Minéral d'occurrence fréquente, la goethite se forme :
Hématite, lépidocrocite, manganite, pyrite, pyrolusite, sidérite.

Il existe assez peu de localités qui aient donné des cristaux notables, en dehors des pseudomorphoses (par exemple de pyrite en goethite/limonite des chapeaux de fer)
La goethite n'est pas un minéral de collection spécialement recherché. Il existe toutefois des cercles restreints de spécialistes[Lesquels ?].