Écriture gothique

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Ne doit pas être confondu avec Alphabet gotique ou Écriture wisigothique.

Écriture gothique
Image illustrative de l’article Écriture gothique
Psautier du XIVe siècle (Vulgate Ps 93:16-21), exemple-type de textus prescissus dérivé de la textura.
Caractéristiques
Direction Gauche à droite
Historique
Époque XIe siècle-1941

L’écriture gothique est une famille de styles d'écriture manuscrite de l'alphabet latin apparue à la fin du Moyen Âge, puis de polices de caractères adaptées des premiers. Il ne faut pas confondre cette manière d'écrire l'alphabet latin avec l'alphabet gotique.

Cette écriture est parfois appelée « lettre noire » (black letter ou blackletter en anglais). Les Allemands, quant à eux, parlent d’écriture « brisée » (gebrochene Schrift), car les arrondis sont brisés, évoquant les arcs de l’architecture gothique.

Les caractères gothiques ont longtemps été en concurrence avec les caractères dits « latins » ou « romains », notamment en Allemagne, où le débat (appelé querelle Antiqua-Fraktur) occupa tout le XIXe siècle et la première moitié du XXe.

L’écriture gothique n’est plus guère utilisée aujourd’hui qu’à des fins ornementales ou publicitaires, notamment dans des enseignes, ainsi que dans les manchettes et logos de certains quotidiens, surtout de langues anglaise et allemande. On n’y utilise jamais uniquement les lettres capitales, contrairement aux autres écritures (voir le dernier paragraphe de la section ci-dessous).

Naissance et évolution

Apparition de l'écriture gothique

Au XIe siècle : apparition de la minuscule gothique (gothique « primitive ») dans le Nord de la France (scriptoriums de l’abbaye de Corbie et de l’abbaye de Saint-Riquier), en Flandre et en Angleterre.

Au XIIe siècle : extension en Allemagne.

Les différentes écritures gothiques

Page d’une Bible de 1497, imprimée à Strasbourg par J. R. Grueninger.

Typologie

Somme théologique (1477), rédigée dans une gothique rotunda, dite aussi « lettre de somme ».

L’écriture gothique est une déformation de la minuscule caroline, selon un mouvement qui a commencé dans l'Europe septentrionale, plus précisément dans le royaume anglo-normand. Le tracé des lettres, d’arrondi, devient anguleux. Les raisons historiques de ces déformations ne sont pas parfaitement connues. L'apparition de la plume d'oie au VIIe siècle et sa généralisation aurait aussi joué un rôle selon Émile Javal : « c'est la forme carrée du bec de plume qui a donné naissance à l'écriture gothique », ainsi que la tendance à lier les lettres afin d'écrire plus rapidement et ainsi répondre à la demande croissante de textes. Selon Charles Higounet, la recherche d'une nouvelle esthétique aurait aussi joué : « La coïncidence entre la brisure de l'écriture et la généralisation de l'arc brisé en architecture est trop frappante pour avoir été entièrement fortuite. »

Claude Mediavilla distingue les principaux types suivants :

Adaptations typographiques

La gothique est une minuscule manuscrite qui utilise de nombreuses abréviations et ligatures. Les majuscules sont peu individualisées, à l’exception des initiales qui sont dessinées, ornementées et coloriées selon des types variables, onciales, capitales lombardes, etc. Les premiers caractères typographiques créés reprennent les écritures gothiques en usage. Les polices vont évoluer selon leur logique propre avec le temps.

On va créer des capitales et des caractères particuliers pour disposer de polices complètes, qui auront peu à voir avec les écritures manuscrites d’origine. C’est particulièrement vrai pour les créations des XIXe et XXe siècles qui cherchent délibérément un retour plus ou moins historiciste aux formes médiévales. En Allemagne, la tradition de la gothique s’est maintenue à peu près constamment et les créations modernes introduisent des innovations formelles.

Unicode

Les caractères de lettres noires mathématiques sont codés séparément en Unicode dans la plage de symboles alphanumériques mathématiques à U + 1D504-1D537 et U + 1D56C-1D59F (gras), à l'exception des lettres individuelles déjà codées dans la plage de symboles de type lettre (de S long à U + 017F),.

Ce bloc de caractères ne doit être utilisé que pour définir du texte mathématique, car ces textes utilisent des symboles de lettres noires contrairement aux autres styles de lettres. Pour la prose stylisée en lettres noires, les lettres latines normales doivent être utilisées, en choisissant la police ou un autre balisage indiquant le style des lettres noires.

Les noms de caractères utilisent le mot « Fraktur » pour les symboles alphanumériques mathématiques, tandis que « lettre noire » est utilisé pour les caractères de la plage de symboles de type lettre.

Fraktur Mathématique :

𝔄 𝔅 ℭ 𝔇 𝔈 𝔉 𝔊 ℌ ℑ 𝔍 𝔎 𝔏 𝔐 𝔑 𝔒 𝔓 𝔔 ℜ 𝔖 𝔗 𝔘 𝔙 𝔚 𝔛 𝔜 ℨ
𝔞 𝔟 𝔠 𝔡 𝔢 𝔣 𝔤 𝔥 𝔦 𝔧 𝔨 𝔩 𝔪 𝔫 𝔬 𝔭 𝔮 𝔯 𝔰 𝔱 𝔲 𝔳 𝔴 𝔵 𝔶 𝔷

Fraktur Mathématique en Gras:

𝕬 𝕭 𝕮 𝕯 𝕰 𝕱 𝕲 𝕳 𝕴 𝕵 𝕶 𝕷 𝕸 𝕹 𝕺 𝕻 𝕼 𝕽 𝕾 𝕿 𝖀 𝖁 𝖂 𝖃 𝖄 𝖅
𝖆 𝖇 𝖈 𝖉 𝖊 𝖋 𝖌 𝖍 𝖎 𝖏 𝖐 𝖑 𝖒 𝖓 𝖔 𝖕 𝖖 𝖗 𝖘 𝖙 𝖚 𝖛 𝖜 𝖝 𝖞 𝖟

Note : (Ce qui précède peut ne pas s'afficher entièrement dans tous les navigateurs Web.)

Les polices prenant en charge la gamme incluent Code2001 (en), Cambria Math, et Quivira (style de texture).

Pour l'écriture normale de texte, les points standards du code latin sont utilisés. Le style de lettre noire est alors déterminé par une police avec des glyphes de lettre noire.

Galerie

Notes et références

  1. ↑ Le seul usage du gothique dans un contexte administratif en France est le fait de l’administration forestière qui utilise toujours, pour marquer les arbres à couper, des marteaux ayant comme empreinte les lettres AF (Administration Forestière) en capitales gothiques, selon un modèle fixé en 1831 (Magalie Bonnet, Marteaux forestiers et empreintes, instruments et traces de la gestion d’un patrimoine, dans le carnet de recherches Labo des archives des Archives nationales).
  2. ↑ « Fraktur, une rupture typographique », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le ).
  3. ↑ Annabelle Georgen, « Comment l'écriture est devenue une arme de propagande sous Hitler », sur Slate.fr, (consulté le )
  4. ↑ « Les gothiques : quand la typographie rencontre le pouvoir », sur BnF Essentiels (consulté le )
  5. ↑ Mediavilla 1993, p. 153.
  6. ↑ Javal 1905, p. 14.
  7. ↑ Mediavilla 1993, p. 156.
  8. ↑ Mediavilla 1993, p. 173.
  9. ↑ « Mathematical Alphanumeric Symbols Unicode Chart »
  10. ↑ « Letterlike Symbols Unicode Chart »
  11. ↑ The Unicode Standard, Version 14.0, Mountain View, CA, Unicode, Inc, (lire en ligne), « 22.2 Letterlike Symbols, Mathematical Alphanumeric Symbols »

Voir aussi

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Bibliographie

Articles connexes

Liens externes