Étroits et crochus, on les appelait autrefois «griffes du diable».
Description
Mur en calcaire à gryphées dans la région lyonnaise (à Oullins). Issu des carrières des Monts d'Or du Lyonnais, cette roche d'âge sinémurien est un véritable cimetière de millions d'huîtres. Certains bancs donnent des gryphées avec une valve gauche qui prend la forme d'une virgule dans les roches sciées.
Il s'agit d'un mollusque bivalve à coquille inéquivalve comme Rastellum, sub-équilatérale au plan de commissure surélevé. Elle est de type monomyaire, dispose d'une charnièredysodonte, d'une aire ligamentaire striée et est recouverte de stries de croissance souvent bien visibles. La valve gauche très bombée est courbée en crochet ou griffe et la droite est plate et petite en forme d'opercule.
Évolution
«Par leur abondance tout au long du Jurassique et la qualité habituelle de leur fossilisation, les Gryphées ont
fait l’objet de nombreuses études et plusieurs modèles évolutifs ont été testés (Johnson, 1993, 1994)… Le genre Gryphaea se différencie très vraisemblablement à la base de l’Hettangien à partir du genre Liostrea(en). Il disparaît dans la partie moyenne de l’Oxfordien».
Les gryphées, très abondantes dans certains dépôts lumachelliques du Lias, caractérisent le calcaire à gryphées.
Dans Lyon (et sa région), on trouve des constructions anciennes (seuils de portail) en calcaire à gryphées: Elle proviennent d'anciennes carrières situées dans les Monts d'Or.
Gryphaea sp. silicifiée du jurassique inférieur. Le Liquier, Aveyron, France. Collection Max Rouger.
Bibliographie
Fernand Nicolas, Une huitre dans nos paysages, revue «Images de Saône-et-Loire» n° 106, , pp. 5-8.
Publication originale
[1801] Jean-Baptiste Lamarck, Systême des Animaux sans vertèbres ou Tableau général des classes, des ordres et des genres de ces animaux, Paris, Muséum d'histoire naturelle, Deterville, libraire, rue du Battoir, n° 16 quartier de l'Odéon, 1801 (an ix).
↑Cette association s'explique, selon l'approche géomythologique, par la taille impressionnante des épaisses coquilles, par leur forme arquée qui évoque celle d'une griffe et par leur surface ornée de stries de croissance qui rappellent en plus grossier les stries d'un ongle. La croyance populaire les considérait comme les ongles de pied du diable, arrachés lorsqu'il pourchassait les âmes en perdition. cf. Bruno David, Guillaume Lecointre, Le monde vivant, Grasset, , p.283.
↑(en) Johnson A.L.A. (1993) - Punctuated equilibria versus phyletic gradualism in European Jurassic Gryphaea evolution. Proceeding of the Geologists’ Association, 104: 209-222; Johnson A.L.A. (1994) - Evolution of the European Lower Jurassic Gryphaea (Gryphaea) and contemporaneous bivalves. Historical Biology, 7: 167-186.
↑Philippe Fauré, «L’Assise à Gryphées du Toarcien supérieur (Jurassique inférieur) du sud-ouest de la France (Pyrénées, Quercy). Histoire, âge et signification. Taxonomie des Gryphées», Carnets Natures, no3, , p.50 (lire en ligne).